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Décidément nous sommes loin d'en avoir fini avec la destruction de la nature !
En Argentine, depuis quelques années, on constate la mise en œuvre d'une politique de relance de l'activité minière. La crise de 2001 avait largement contribué à l'abandon de l'activité du secteur minier. Aujourd'hui, c'est la crise économique mondiale qui pousse le gouvernement argentin à accélérer une activité destructrice, tant sur le plan humain que sur le plan environnemental. En effet les moyens utilisés pour extraire le minerai sont tout d'abord extrêmement polluants. La plupart des mines sont « à ciel ouvert », ce qui demande de creuser et de retourner les sols en les dynamitant (provoquant ainsi des nuages de poussière portant des particules de métaux lourds particulièrement nocifs pour la santé), et parfois de raser les forêts (selon un rapport du WRM il « est estimé que l'extraction minière jointe à la prospection du pétrole, met en péril 38 % des dernières étendues de forêt primaire du monde »). Mais la destruction ne s'arrête pas là ! Le plus souvent le minerai est extrait de la roche grâce à des solutions contenant des produits chimiques tels que le cyanure ou le mercure. Ces produits une fois utilisés sont rejetés dans les sous-sols ou dans les cours d'eau qui alimentent les agricultures locales et les villages. De plus, une mine gaspille des quantités d'eau faramineuses dans des endroits extrêmement arides : la seule mine de Pirquita (située dans le Nord de l'argentine) consomme 70 000 m3 par jour ! Enfin notons que les sols en Argentine sont riches en uranium. Les mines d'uranium à ciel ouvert sont de loin les plus polluantes puisque qu'elles laissent derrière elles des collines entières de roches non traitées, appelées « stériles ».Celles-ci rejettent du radon et des poussières radioactives dans l'air et par infiltration d'eau de pluie des matières toxiques et radioactives passent dans les eaux souterraines et superficielles.
Sur le plan humain, les conséquences ne sont pas plus glorieuses. Les populations sont parfois chassées de leurs terres, ou contraintes de les quitter par la destruction de l'environnement. De plus, l'installation des mines vient perturber les modes de vie qui composent le plus souvent avec le milieu naturel dans lesquels ils s'insèrent. L'agriculture et les élevages traditionnels sont compromis par la contamination des eaux. Beaucoup revendiquent ces modes de vie contre un certain type de développement qu'on veut leur imposer. Ceci prouve bien qu'ils les ont choisis et qu'ils n'y sont pas contraints ! Bien sur, même si cela tombe sous le sens, il faut rappeler que les dégâts environnementaux ont un impact sur la santé de ces populations.
Au niveau politique, l'extraction minière est soutenue par des accords entre le gouvernement et les entreprises multinationales, mais aussi par les gouverneurs de provinces largement corrompus. Dans certaines provinces qui possèdent des lois contre les mines à ciel ouvert et l'utilisation des produits chimiques, les entreprises essaient de s'attaquer à la législation (avec l'aide des gouverneurs). A la fin de l'année 2008, c'est la présidente Cristina Kirchner qui a tenté d'imposer son véto sur les lois protégeant les glaciers contre les mines, sous prétexte que l'environnement ne devait pas empêcher le développement ! Aujourd'hui, le même gouvernement essaie de modifier ces lois afin de favoriser l'implantation minière.
Malgré tout, des populations essaient de résister. Des organisations telles que les voisins autoconvoqués (« vecinos auto-convocados »), UAC (« Union assemblea cuidadanas ») ou encore les assemblées « indigénistes » tentent de faire pression sur le gouvernement par de multiples actions !
En France, en septembre 2008 a été initié par le philosophe et militant Miguel Benasayag un collectif de soutien chargé de monter un observatoire et d'envoyer une campagne des lettres à la présidente de l'Argentine par une délégation composée de personnalités médiatiques. L'idée était de faire pression sur le gouvernement. De par les relations étroites que la France a entretenues avec l'Argentine, nous pensions avoir un impact (aussi minime soit-il) sur la situation. Nous avons alors décidé de faire une conférence sur le sujet. Celle-ci a eu lieu le 25 octobre 2008. Malheureusement nous n'avons pas réussi à toucher la communauté argentine en France pour de nombreuses raisons. La campagne de lettre ne fut pas plus glorieuse. La raison de cet échec est principalement due au manque d'effectif et de temps, mais aussi au fait que nous n'avons pas réussi à toucher les bonnes personnes.
Nous faisons parti des anciens membres de ce collectif. Nous voulons aujourd'hui continuer à réagir contre l'inconcevable et la destruction programmée de la vie. Nous voulons recréer un collectif chargé de monter un observatoire et de tisser de liens concrets avec l'Argentine et une campagne de lettre contre l'ensemble des politiques minières. Nous voulons soutenir les populations qui souffrent (ou qui vont souffrir) de cette politique de mort, mais aussi faire pression sur le gouvernement. Bien sur nous sommes aussi ouverts à toute autre proposition d'action qui pourrait avoir de l'effet.
Nous tenons à préciser que la destruction qui se prépare en Argentine est à l'échelle mondiale des plus « banales »! En effet, l'activité minière opérée par l'Occident fait des ravages dans le monde entier. La situation en Argentine est loin d'être la pire. Cependant, il nous a semblé que de part les liens qui rapprochent l'Argentine et la France nous pouvions agir sur la situation.
Nous n'appelons toute personne susceptible d'être intéressée, à nous contacter. Nous acceptons tout type de participation et sommes ouverts à toutes les propositions. Chacun est libre de contribuer dans la mesure de ses moyens, de ses capacités et de son temps !
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