CHÂTEAU-THIERRY (Aisne). La mobilisation contre les gaz de schiste ne faiblit pas, elle devient même internationale.Le collectif local Carmen y a travaillé tout l’été.
PAS de vacances pour les membres du collectif Carmen ! Ils ont enchaîné les réunions publiques et les groupes de travail pendant les deux mois d’été pour préparer les grands rendez-vous de cette rentrée qui s’annonce chaude.
Les 11 et 12 août, les huit collectifs du nord de la Loire, dont Carmen, se sont réunis à l’invitation du Collectif Briard à Verdelot à la Pépinière du point du jour pour organiser la coordination des actions à venir.
Sur le calendrier des défenseurs du patrimoine et de l’environnement, plusieurs dates sont déjà soulignées en rouge : la conférence environnementale organisée par le ministère de l’Écologie les 14 et 15 septembre prochain et la journée internationale contre la fracturation hydraulique (technique polluante pour extraire le gaz ou les huiles de schiste) fixé au 22 septembre.
« Tournan » énergétique
N’étant pas une association, le collectif Carmen n’est pas invité à la conférence du ministère. Néanmoins, il devrait faire entendre sa voix avec ses voisins de la coordination nord de la Loire lors d’un rassemblement place Iéna le vendredi soir de la conférence.
Second rendez-vous la journée internationale contre les gaz de schiste, organisé en parallèle avec la coordination des collectifs du Sud « se déroulera au Parc Cambreux à Tournan-en-Brie en Seine-et-Marne, le samedi 22 septembre à partir de 14 h 30 », annonce le collectif. Un lieu tout trouvé pour parler du « tournant » énergétique que la France doit négocier.
Un village associatif et des conférences sont prévus tout au long de l’après-midi. Les collectifs de la coordination du nord de la Loire seront présents, près de 3 000 personnes sont attendues. Avant de rejoindre les manifestants de Tournan, le collectif ira battre le pavé parisien, place du Trocadéro pour l’inauguration symbolique du premier derrick intra-muros.
L’Union du 6 septembre 2012
LAON (Aisne). Une demande de permis de recherche sur le gaz de schiste touche le Laonnois. Les militants écolos sont prêts à réagir au moindre forage.
LA question du gaz de schiste est revenue sur le tapis cet été, notamment parce qu’elle divise les politiques. Le Premier ministre a affirmé fin août que la question de l’exploitation des gaz de schiste n’était pas tranchée et serait évoquée lors de la conférence environnementale prévue à la mi-septembre.
Pour un moratoire
La technique de la fracturation hydraulique est écartée (loi de 2011), mais le gouvernement ne ferme pas la porte à d’autres procédés. Les collectifs de militants anti-gaz de schiste sont donc sur le qui-vive. Les écologistes comme Eric Delhaye (Cap 21) réclament un moratoire. L’adjoint laonnois à l’Environnement est d’autant plus vigilant qu’une demande de permis de recherche a été déposée avec un périmètre qui arrive aux portes de l’Ailette. Des communes comme Chamouille, Nouvion-le-Vineux, Braye-en-Laonnois, Pinon, Vauxaillon, sont incluses dans la zone.
« Il y a sept demandes de permis qui concernent une partie du département de l’Aisne », explique Eric Delhaye. Celui qui englobe une partie du Laonnois s’appelait à l’origine « permis de l’Ourcq ». Il est devenu le « permis de Soissons ». Et il est en phase finale d’instruction. Pour le moment, il ne s’agit pas d’aller creuser la roche pour en tirer du gaz ou de l’huile. Ce permis, s’il est délivré, autorisera la compagnie à effectuer pendant cinq ans des explorations pour parfaire sa connaissance du sous-sol, voir s’il y a une possibilité de gisement.
« Les compagnies cherchent à gagner du temps. Elles misent sur le surenchérissement du prix du carburant, sur la plus forte dépendance du pays vis-à-vis de l’extérieur. Il y a un intérêt à assouplir la position actuelle et exploiter ce potentiel. Beaucoup de capitaux sont mobilisés ».
Lire la suite dans le journal de l’Union : dans-le-laonnois-les-recherches-sur-le-gaz-de-schiste-se-rapprochent
Depuis quelques semaines, un travail se fait à destination de l’opinion afin de banaliser l’extraction des gaz de schiste : des articles de presse pro-gaz de schiste, financés par Total (ex : le monde - 26 juillet), des ministres assez influencés par les lobbys pétroliers pour affirmer qu’il ne faut pas fermer la porte aux gaz de schiste, une Europe où, comme dans beaucoup de domaines, on veut passer en force contre l’avis des populations.
En France, premier pays à avoir interdit la fracturation hydraulique en 2011, les collectifs anti-gaz de schiste se mobilisent avec des associations comme Attac ou les Amis de la Terre pour rappeler à la nouvelle majorité ses engagements en la matière. Lors de la conférence environnementale organisée par le gouvernement, le sujet sera à l’ordre du jour. Les opposants redoutent en particulier que des industriels contournent les interdictions pour lancer les premiers forages d’exploration, notamment en Seine-et-Marne.
Une mobilisation mondiale s’organise le samedi 22 septembre.
Pour la France :
Rassemblement national à St Christol lez Alès (30) pour le sud
et Tournan-en-Brie, (77) pour le nord
Comme nous le supposions, Jean-Marc Ayrault, premier ministre a confirmé ce matin que la question de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels (gaz de schiste et huiles de schiste) n’était pas tranchée sous réserve de recourir à des techniques différentes de la fracturation hydraulique.
Il reste ainsi sur la ligne du précédent gouvernement en laissant la porte ouverte aux industriels.
De nombreux permis d’exploration restent à ce jour en vigueur tandis qu’un certain nombre de demandes poursuivent normalement leur instruction auprès des services de l’Etat.
Les compagnies pétrolières et gazières cherchent aujourd’hui à poursuivre leurs études sur le sous-sol, améliorer leurs connaissances des gisements et à gagner du temps en misant sur un assouplissement à court ou moyen terme de la position des autorités françaises au vu des bénéfices économiques et sociaux qu’elles ne manqueront pas de défendre.
Lire la suite sur le site de CAP21 : Communiqué de presse de CAP21
Plusieurs permis de recherches sont en cours d’instruction au niveau du Ministère de l’Ecologie. Un permis vient d’être requalifié en permis dit de Soissons couvrant une large région autour de Soissons et du sud-laonnois.
La mobilisation doit rester de mise. Retrouvez l’interview d’Eric Delhaye sur France 3 Picardie : Huiles de schiste : la mobilisation se poursuit dans l\’Aisne
L’industrie pétrolière a perdu la première manche avec l’interdiction des gaz de schiste, elle ouvre maintenant un nouveau front. Première cible : les journalistes.
rue89-planete/2012/08/20/gaz-de-schiste-comment-total-co-travaillent-lopinion
La sécheresse qui sévit dans plus de la moitié des Etats-Unis a singulièrement compliqué l’exploitation du pétrole et du gaz de schiste. Les sociétés de forage recherchent désespérément les milliers de mètres cubes d’eau nécessaires à la fracturation de la roche, ce qui les oppose maintenant aux fermiers qui essaient de conserver leurs précieuses ressources hydrauliques.
A lire dans le Monde/Planète : Etats-Unis : l\’eau manque pour la fracturation hydraulique