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STOP et NON AUX HYDROCARBURES DE SCHISTES ! (agglutination)

Aux États-Unis 7 millions de personnes menacées de secousses sismiques liées à la fracturation

(!) Info minute – Revue de Presse Environ sept millions de personnes vivent dans des régions du centre et de l’est des États-Unis où la fracturation hydraulique peut causer des secousses sismiques risquant d’endommager les constructions. C’est ce qu’indique un rapport de l’Institut américain de géophysique publié lundi 28 mars 2016. L’Oklahoma, le Kansas, le […]

Gaz et pétrole : 7 millions d’Américains menacés de séismes liés à la fracturation hydraulique

Gaz de Schistes Provence - mar, 29/03/2016 - 09:51
Le Monde.fr avec AFP | 29.03.2016 à 00h09 • Mis à jour le 29.03.2016 à 07h44

image: http://s2.lemde.fr/image/2016/03/29/534×0/4891407_6_db3e_dans-l-oklahoma-l-exploitation-des-gaz-de_a9f0da2229f9a7fe9b587fdf8be5d2e1.png

Environ sept millions de personnes vivent dans des régions du centre et de l’est des Etats-Unis où la fracturation hydraulique peut causer des secousses telluriques risquant d’endommager les constructions, selon un rapport de l’Institut américain de géophysique (USGS – United States Geological Survey) publié lundi 28 mars. L’Oklahoma, le Kansas, le Texas, le Colorado, le Nouveau-Mexique et l’Arkansas sont, dans l’ordre, les plus exposés. L’Oklahoma et le Texas abritent la population la plus importante exposée à ce risque.

Lire aussi :   Dans l’Oklahoma, le gaz de schiste provoque des séismes à répétition

Dans certains endroits, des destructions peuvent être provoquées à la fois par des séismes naturels et par des activités de fracturation. Cette technique consiste à extraire pétrole et gaz naturel par injection d’eau à haute pression dans des puits très profonds, sous les nappes phréatiques. Dans ces régions, le risque de tremblement de terre toutes causes confondues est similaire à celui de séisme naturel en Californie – qui est très élevé.

« Secousses puissantes »

« Le fait d’inclure les secousses telluriques résultant d’activités humaines a fortement accru dans notre évaluation le risque dans plusieurs parties des Etats-Unis », a souligné Mark Petersen, responsable de la cartographie sismique à l’USGS. C’est la première fois que l’USGS publie une carte des risques sismiques résultant de la fracturation hydraulique. Auparavant, seuls les risques de tremblement de terre naturel étaient concernés par ses prévisions.

 Lire aussi :   Primaires américaines : le gaz de schiste, fracture entre Bernie Sanders et Hillary Clinton

« Au cours des cinq dernières années, l’USGS a rapporté des secousses puissantes et des dégâts dans des endroits situés dans les six Etats les plus à risques, et ces tremblements de terre ont résulté pour la plupart d’activités de fracturation », a précisé Mark Petersen. Les scientifiques ont identifié 21 endroits ayant connu ces dernières années un accroissement des séismes provoqués par la fracturation.

Leur carte montre tous les séismes, naturels et résultant de la fracturation, survenus entre 1980 et 2015 dans le centre et l’est des Etats-Unis, et dont la magnitude était égale ou supérieure à 2,5 sur l’échelle ouverte de Richter.

image: http://s1.lemde.fr/image/2016/03/29/534×0/4891403_6_a838_la-carte-de-l-usgs-qui-indique-tous-les_82212adba5a018d6594b96575db15ba6.jpg

Lire aussi :   Le gaz de schiste américain débarque en Europe

 En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/energies/article/2016/03/29/gaz-et-petrole-7-millions-d-americains-menaces-de-seismes-lies-a-la-fracturation-hydraulique_4891405_1653054.html#m0Y4htUqmjvQucsP.99

7 millions d'Américains exposés aux secousses sismiques du gaz ... - EurActiv France

Google actu "Schiste" - mar, 29/03/2016 - 09:37

EurActiv France

7 millions d'Américains exposés aux secousses sismiques du gaz ...
EurActiv France
Les scientifiques ont identifié 21 endroits ayant connu ces dernières années un accroissement des secousses sismiques provoquées par la fracturation hydraulique. crédit [shutterstock/Calin Tatu]. Commentaires Facebook LinkedIn2 Google + Twitter ...

7 millions d'Américains exposés aux secousses sismiques du gaz ... - EurActiv France

Google actu "Schiste" - mar, 29/03/2016 - 09:37

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7 millions d'Américains exposés aux secousses sismiques du gaz ...
EurActiv France
Les scientifiques ont identifié 21 endroits ayant connu ces dernières années un accroissement des secousses sismiques provoquées par la fracturation hydraulique. crédit [shutterstock/Calin Tatu]. Commentaires. Environ sept millions de personnes vivent ...

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Wells drilled since start of 2014 provided nearly half of Lower 48 oil production in 2015 


22.03.16. - U.S. crude oil production from the Lower 48 states from new wells (drilled since the start of 2014) made up 48% of total U.S. crude oil production in 2015, up from 22% in 2007. Production from new wells has grown as advances in horizontal drilling and completion techniques led to growth in oil production from low-permeability tight reservoirs. In 2015, production from tight formations—which include, but are not limited to, shale plays—accounted for more than 4 million barrels per day (b/d), or 50% of total U.S. oil production.

U.S. oil production from tight formations increased from 0.5 million b/d in 2009 to 4.6 million b/d in May 2015, at which point decreasing oil prices contributed to declines in oil production. As of December 2015, oil production from tight formations was 8% lower than the level in May. More than 80% of oil production from tight formations originates from the Eagle Ford, Bakken, and Permian regions.

Horizontal wells drilled into tight formations tend to have very high initial production rates, but they also have steep initial decline rates. With steep decline rates, constant drilling and development of new wells is necessary to maintain or increase production levels. Rig counts and the productivity of newly drilled wells, which are tracked in EIA's Drilling Productivity Report, are two key indicators of future oil production. Future production can also be affected by the current inventory of drilled but not yet completed wells and the potential for recompleting and refracturing existing wells that may increase production from already-producing wells without drilling new wells. The U.S. oil-directed rig count totaled nearly 1,600 rigs in the fall of 2014. However, the decline in oil prices over the past 18 months has reduced drilling activity, with just 413 rigs operating as of February 19, 2016.

Source: U.S. Energy Information Administration, based on Baker Hughes

Low oil prices and reduced capital expenditure for drilling new wells have been reflected in declining crude oil production in the United States since May 2015, despite the continuing increase in initial production rates of the new wells that were still being drilled and completed. Oil production from new wells has so far been able to keep U.S. crude oil production from falling significantly below its level in late 2014. However, EIA's Short-Term Energy Outlook projects that U.S. oil production will decline over the next two years, falling to 8.7 million b/d in 2016 and to 8.2 million b/d in 2017.


isa77_Jouarre's insight:

Visiblement la théorie du verre à moitié vide ou à moitié plein fonctionne sur tous les sujets. L'eia (l'agence officielle américaine d'information sur l'énergie) semble ne pas s'inquiéter de ce que presque la moitié de la production de pétrole domestique provient de puits forés il y a moins de deux ans. 

Au fil de la lecture on apprend que 50% de la production pétrolière américaine provient des gisements de "tight oil". On peut lire aussi que les puits horizontaux dans les gisements de "tight" produisent beaucoup au début mais qu'ils déclinent très rapidement. Et aucune mise en relation entre cette dernière information et le titre de l'article. C'est le verre à moitié plein ! Il est pourtant écrit que la chute rapide de la production nécessite de nouveaux forages pour maintenir (ou augmenter) le niveau de production. 

L'eia reprend les chiffres donnés par Baker Hughes en indiquant que le nombre de foreuses en activité a chuté considérablement. Il y en avait 1600 à l'automne 2014, on n'en compte plus que 413 le 19 février 2016. Là encore pas de mise en relation avec l'information précédente (obligation de forer toujours plus pour maintenir une production)



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Le gaz lorrain prépare son entrée en Bourse

16.03.16. - Créée en 2009, la Française de l'Energie a annoncé l'enregistrement de son document de base en vue d'une introduction sur Euronext Paris. Elle cible la production de gaz de houille au cœur des anciens bassins miniers.

C'est un producteur de gaz français qui se porte à l'assaut des marchés financiers. La Française de l'Energie, une société créée en 2009 et qui a été désignée jeune entreprise innovante par Bpifrance en 2013, a annoncé mardi l'enregistrement de son document de base, une première étape de son projet d'introduction en Bourse sur le marché réglementé d'Euronext Paris. La stratégie industrielle s'articule autour d'un volet peu connu: la production du gaz contenu dans le charbon des anciens bassins houillers français. Après avoir identifié «un potentiel inexploité à ce jour», La Française de l'Energie a procédé à la certification de ses premières réserves de gaz de houille sur le bassin lorrain et «prépare la construction de sa première plateforme de production dans la région». Selon le calendrier fixé par la société, les premières livraisons devraient arriver en 2017.

La Française de l'Energie ne débarque pas dans l'extraction minière: elle produit déjà du gaz de mine sur trois sites de la région Nord-Pas-de-Calais, après l'acquisition de la société Gazonor avec un rythme de production qui lui permet d'alimenter actuellement l'équivalent de 25.000 foyers dans la région. En Lorraine, qui sera l'atout numéro un de l'entreprise, l'objectif de 15 puits de production est assigné pour 2018 avec une production annuelle de 850 millions de mètres cubes. A terme, la société espère fournir 5% de la consommation française en gaz. La Française de l'Energie précise au passage que grâce à «son large portefeuille de permis d'exploitation et de production en France, elle détient l'équivalent de près de six fois la consommation annuelle française». Dans les deux régions où elle est active, dans le nord et l'est de l'Hexagone, elle dispose de 25% du portefeuille de réserves prouvées et probables. Inutile de dire que la jeune société dirigée par Julien Moulin considère son projet comme un élément important au service de la revitalisation des territoires.

S'agissant du gaz de houille proprement dit, la Française de l'Energie précise enfin qu'il s'agit d'un gaz d'excellente qualité et à haut pouvoir calorifique, composé à 96% de méthane alors que le gaz d'importation ne l'est qu'à hauteur de 93%. «De par son rendement, sa proximité aux infrastructures et sa structure de coûts compétitive, nous estimons que son exploitation devrait être rentable dans toutes les configurations de marché», conclue l'entreprise.


isa77_Jouarre's insight:

Cet article est fascinant. On peut y observer la construction d'une bulle spéculative. On y lit des assertions mensongères qui passent comme des vérités sans être interrogées une seule fois par le journaliste. La Française de l'Energie prétend lancer une production sur des territoires où l'autorisation de produire n'existe pas. Cette même entreprise prétend disposer de 25% des réserves prouvées alors que les permis de recherche ne sont pas encore octroyés, uniquement demandés.

Ici, on assiste à la vente de la peau d'un ours qui n'est pas encore conçu !!!



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Le gaz de schiste arrive en Europe - Epoch Times

Google actu "Schiste" - lun, 28/03/2016 - 15:07

Epoch Times

Le gaz de schiste arrive en Europe
Epoch Times
Les premiers milliers de mètres cubes de gaz de schiste américain sont arrivés en Europe le 23 mars, en Norvège. Le gazier suisse Ineos l'a annoncé avec fierté, l'amarrage de son premier tanker étant le point de départ symbolique d'une tentative de ...

et plus encore »

Tunisie – Le ministre de l'Energie et des Mines nie l'exploitation du ... - Economiste Maghrebin

Google actu "Schiste" - lun, 28/03/2016 - 13:14

Economiste Maghrebin

Tunisie – Le ministre de l'Energie et des Mines nie l'exploitation du ...
Economiste Maghrebin
Le « gaz de schiste » est maintenant une réalité à l'échelle internationale et bien des pays essaient de reproduire la success story des Etats-Unis et du Canada, en matière de développement du gaz et du pétrole de schiste, dont les réserves s'avèrent ...

Une préfiguration des conséquences du TAFTA : les cliniques privées contre l’hôpital public de Roubaix — Non au Traité Transatlantique

Gaz de Schistes Provence - lun, 28/03/2016 - 09:21

Le mardi 19 avril à 18h30 aura lieu un débat important à Roubaix (théâtre Pierre de Roubaix, 78 boulevard de Belfort à Roubaix). L’affaire est peu banale. Une fédération de cliniques privées a décidé d’attaquer en justice l’hôpital public. Sur quelles bases ? Tout simplement parce que l’hôpital reçoit des fonds de l’Etat pour assurer […]

via Une préfiguration des conséquences du TAFTA : les cliniques privées contre l’hôpital public de Roubaix — Non au Traité Transatlantique


L’argent du pétrole fait tache dans les musées


22.03.16. - Quand le « greenwashing » (blanchiment écologique ou écoblanchiment) passe par le prestige culturel et artistique… Alors que la prise de conscience des enjeux climatiques s’amplifie, les partenariats entre les entreprises pétrolières et les grands musées internationaux s’avèrent difficiles à légitimer et sont régulièrement pointés du doigt. C’est dans ce contexte que la compagnie pétrolière britannique BP a annoncé, vendredi 11 mars, qu’elle mettrait un terme en 2017 au soutien financier qu’elle apportait à la Tate depuis vingt-six ans.

Le géant du pétrole et du gaz explique officiellement ce choix par des raisons économiques liées à la crise du secteur, en précisant que la fin de cette collaboration est sans lien avec la pression des activistes écologistes. Une pression que la compagnie a vu s’intensifier depuis 2010, année de la marée noire causée par l’explosion de sa plateforme pétrolière Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique.

 

L’année 2015 a été émaillée d’actions de contestation sur ce rapprochement. En janvier, à l’issue d’une procédure de trois ans avec l’association écologiste Platform, la Tate avait dû rendre publics les montants du mécénat de BP entre 1990 et 2006. Ils se sont élevés à 224 000 livres sterling (286 000 euros) en moyenne par an, soit une petite partie du budget de fonctionnement total de la Tate (Tate Britain, Tate Modern, Tate Liverpool et Tate St Yves), qui s’élève à 92 millions de livres.

En juin, le réseau « Liberate Tate », créé dès 2010 pour contester de façon créative ce sponsoring de BP, avait organisé une manifestation-performance non autorisée de 25 heures dans le hall de la Tate Modern, où les participants avaient recouvert le sol de messages sur le climat écrits au charbon. En novembre, à la veille du Sommet international pour le climat organisé à Paris, un groupe d’activistes avait occupé une galerie de la Tate Britain, où ils s’étaient fait tatouer les chiffres de concentration de CO2 dans l’atmosphère de l’année de leur naissance.

Or, ce même mois de novembre, la Museums Association britannique donnait raison aux militants en revoyant son code de déontologie : les musées britanniques devront désormais s’assurer que leurs sponsors et mécènes partagent les mêmes « valeurs éthiques » qu’eux, et n’exercent par ailleurs aucune influence sur le contenu des expositions. Ce deuxième point faisait clairement écho à une polémique qui avait éclaté en mai à propos d’une nouvelle galerie du Science Museum de Londres consacrée au climat, et parrainée par le groupe pétrolier Shell. Des révélations du Guardian ont montré que la compagnie pétrolière aurait tenté d’influencer la présentation et la programmation du musée.

[…]

La conscience environnementale a récemment ciblé d’autres grandes institutions culturelles internationales. Ainsi, en septembre 2014, à quelques jours de la grande marche pour le climat organisée à New York, le collectif Occupy Museums protestait devant le Metropolitan Museum of Art, où l’espace côté rue venait d’être rebaptisé « David H. Koch Plaza », du nom d’un des membres de son conseil d’administration qui a fait don de 65 millions de dollars pour le rénover et le réaménager.

Les manifestants distribuaient un flyer pour faire savoir qui était exactement le généreux donateur : « Koch Industries est le plus grand bailleur de fonds au monde du climatoscepticisme, dépassant même ExxonMobil dans ce domaine. [Lui et ses frères] ont dépensé plus de 67 millions de dollars depuis 1997 pour acheter de la publicité, des médias d’entreprise, des intervenants à la télévision et des lobbyistes, tout en corrompant légalement des hommes politiques pour qu’ils nient les effets catastrophiques du changement climatique. » Or, contrairement à ce qui avait été affirmé par le musée, ce lieu de rassemblement de la Cinquième Avenue a bien pris le nom de l’homme d’affaires, qui y apparaît en lettres d’or.

[…]

Le 9 décembre 2015, en pleine COP21, les Américains d’Occupy Museums comme les Britanniques de Liberate Tate avaient fait le déplacement à Paris pour participer à une action devant le Louvre avec d’autres collectifs d’activistes du monde entier en lutte contre le financement de la culture par des entreprises polluantes, comme Not an Alternative. Pour ces militants d’une « culture décarbonnée », il s’agissait de demander l’arrêt du mécénat de deux géants pétroliers, Total et Eni, dans le musée parisien.

 



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Le bon moment pour se reposer la question du gaz de schiste


27.03.16. - Pour Jean-Louis Schilansky, président du Centre hydrocarbures non conventionnels (CHNC), la période d’incertitude énergétique est le moment dont la France doit profiter pour réévaluer sa politique en matière de gaz de schiste, à l’aune des progrès technologiques réalisés dans les pays les plus avancés en la matière.

L’environnement économique mondial connaît des soubresauts majeurs en ce début d’année. La baisse des prix du pétrole, les interrogations sur le ralentissement de la croissance chinoise et américaine, la perspective d’un Brexit sont autant d’incertitudes qui pèsent sur les places boursières. A cela s’ajoutent les questions sur l’avenir énergétique. En effet, la baisse des prix du pétrole, qui a notamment pour origine la production de gaz de de pétrole de schiste, a fait prendre conscience de l’émergence d’une nouvelle donne énergétique.

Dans ce contexte, les stratégies de long terme se structurent autour de deux impératifs : la recherche d’indépendance énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique. Les Etats-Unis sont ainsi devenus indépendants en gaz naturel et ont réduit leurs importations de pétrole de plus d’un tiers. L’Argentine souhaite réduire également ses importations grâce au développement du gaz de schiste.

 Cette réflexion sur la sécurité énergétique concerne aussi l’Europe. Le Royaume-Uni, devenu importateur d’hydrocarbures, s’engage pour améliorer sa sécurité d’approvisionnement, alors que la production en mer du Nord continue de décliner fortement. A l’est de l’Europe, la Pologne, soucieuse de réduire sa dépendance à l’égard de la Russie, s’est lancée dans l’évaluation de ses ressources potentielles, même si les résultats ne sont pas, à ce stade, à la hauteur de ses objectifs.

Par ailleurs, les Etats cherchent à s’engager durablement dans des politiques de réduction des gaz à effet de serre, avec de multiples initiatives : forte croissance des énergies renouvelables, réduction de la consommation de charbon, développement de l’énergie nucléaire dans certains pays. La Chine en est un bon exemple avec sa politique de substitution du gaz naturel au charbon pour la production d’électricité.

De ce point de vue, la politique de développement du gaz de schiste est une réponse à ces deux défis majeurs : assurer la sécurité d’approvisionnement et réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les Etats-Unis, dont le sous-sol est riche en hydrocarbures de schiste, ont été les premiers à développer massivement cette nouvelle ressource. Ce choix bouleverse maintenant la donne énergétique mondiale, et a des répercussions géopolitiques majeures et durables.

 

Au regard de ces changements, de nombreux autres pays répondent aux nouveaux impératifs énergétiques en incluant l’exploration et la production de gaz de schiste dans leur stratégie nationale. D’une certaine manière, c’est un tournant aussi structurel que le choix fait en France dans les années 70 pour la production d’électricité d’origine nucléaire, qui répondait déjà à l’enjeu d’indépendance énergétique.

Ainsi, de nombreux pays progressent dans la connaissance de leurs ressources non conventionnelles, alors même que les techniques d’exploitation s’améliorent de jour en jour. Ils lancent des études géologiques, évaluent les risques des techniques actuelles, encouragent les recherches scientifiques vers des techniques innovantes. En parallèle, ils encadrent l’exploration et l’exploitation de ces ressources de manière de plus en plus rigoureuse : obligation d’utiliser des séparateurs fermés pour éviter les émissions de méthane, soutien aux innovations vers une moindre utilisation d’eau et d’additifs et une meilleure maîtrise des impacts environnementaux.

Ces exemples, au premier rang desquels l’exemple américain, doivent nous inciter à mener un débat raisonné sur le gaz de schiste afin de définir si, et comment, il peut prendre sa place dans la politique énergétique de notre pays. Ne pas le faire maintenant, c’est prendre le risque, lorsque les prix du pétrole repartiront à la hausse, d’avoir raté une occasion historique.


isa77_Jouarre's insight:

J.-L. Schilansky remet le couvert à heure fixe, sans se lasser…

C'est sûr, risquer de rater un tournant historique aussi important que celui de l'énergie nucléaire, ça fait réfléchir…



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“La baisse des prix du gaz est une bonne nouvelle pour l’Europe”, selon Jérôme Ferrier, président de l’AFG


24.03.16. - Jeudi 24 mars, l’Union Française du Gaz (AFG) tiendra sa convention annuelle. Celle-ci sera en grande partie consacrée au gaz naturel liquéfié. En amont de l’événement, Jérôme Ferrier, Président de l’AFG, revient pour L'Usine Nouvelle sur la conjoncture gazière. 

[…]

Le débat sur le gaz de schiste a ressurgi en France, notamment depuis la décision judiciaire favorable à Total. C’est un sujet que l’AFG porte ?La position de l’AFG sur ce sujet est simple. Ce n’est pas notre combat. Il est inutile d’agiter un chiffon rouge. Comme l’a dit Patrick Pouyanné , "je ne vais pas aller à un endroit où on ne veut pas de moi". C’est plein de bon sens. Le combat de l’AFG, c’est le biogaz et le gaz pour la mobilité. Là, il y a des combats glorieux à mener qui peuvent faire consensus. En ce qui concerne le gaz de schiste, le CHNC (Centre des hydrocarbures non conventionnels) fait très bien son travail d’information à travers son comité scientifique.

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décompte des foreuses en activité aux USA [24/03/16]

24.03.16. - Le nombre de foreuses en activité aux Etats-Unis a encore baissé cette semaine en comparaison avec:

la semaine dernière: il y a 12 foreuses en moins cette semaine. Il n'en reste plus que 464 en activité, dont 372 pour les forages pétroliers.

l'année dernière à pareille date: il y avait 1048 foreuses en activité il y a un an, 584 ont disparu au cours de l'année passée. 

 


isa77_Jouarre's insight:

Le nombre de foreuses ne remonte pas. Et pourtant la production de pétrole et de gaz de schiste aux Etats-Unis repart timidement. Ces derniers mois des puits avaient été forés (les engagements financiers avaient été pris) mais ces puits n'avaient pas été fracturés. Ce qui explique que le nombre de puits en exploitation puisse légèrement augmenter alors que le nombre de foreuses donc de puits est toujours à la baisse depuis plus d'un an. 



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Pour les Rockefeller, l'or noir ne fait plus recette


25.03.16. - Annonce surprise aux Etats-Unis : la famille Rockefeller se désengage totalement de l'industrie pétrolière pour raisons “éthiques”. Explications (raffinées).

On a d'abord envie de rire. On hésite, on vérifie la source – et si c'était encore un truc du Gorafi pris au pied de la lettre par quelque média allègrement copier-colleur? Mais non, pas du tout. C'est une information, une vraie. Les héritiers de la puissante famille Rockefeller prennent leur distance avec l'industrie pétrolière. Finis, l'extraction d'or noir, les forages par milliers et les plate-formes en mer. Périmée, cette vision des sous-sols de la Terre en inépuisable source de revenus stratosphériques. Dans un communiqué presque solennel, les porte-paroles d'un des principaux fonds d’investissement gérés par les héritiers de la famille milliardaire – le sobrement nommé Rockefeller Family Fund – annoncent la vente de la totalité de ses actions ExxonMobil.

Selon les gestionnaires de ce fonds, il n'existe plus, en 2016, « aucune justification saine » pour des entreprises privées d’extraire du pétrole alors que les gouvernements de tous les pays développés semblent déterminés « à se battre pour réduire les émissions de carbone dans le monde ». Parlant de la COP 21 (qui s'est tenue à Paris l'an dernier) comme d'un moment charnière, le Rockefeller Family Fund se place donc sur le plan de l'éthique, allant jusqu'à expliquer, dans son communiqué, que «non seulement il faut arrêter de chercher de nouvelles réserves d'énergie fossile, mais il faut aussi préserver les ressources existantes s'il l'on veut donner une chance aux écosystèmes humains et naturels de survivre et de se projeter dans l'avenir. »

 

On lit une fois, deux fois. Mélange de surprise et d'incrédulité. On se dit que c'est un peu comme si Enzo Ferrari était devenu, au crépuscule de sa vie, un militant de la bicyclette. Ou si Serge Dassault, frappé par la lumière céleste, se lançait dans le commerce de fleurs et la production de fromages au lait bio – tout en devenant le principal mécène de Mediapart. Parce quand même, les Rockefeller, ils viennent de loin, ils viennent de l'Ouest... Le pays des coups de force, des expropriations violentes, des kilomètres de voies ferrées construits à toute allure par des ouvriers payés à coups de bâtons. En 1870, John D. Rockefeller, le flamboyant grand-père, avait fondé la Standard Oil, la plus puissante compagnie pétrolière du pays ;

[…] 

Pendant des décennies, la Standard Oil des Rockefeller pompa le sous-sol des Etats-Unis comme un petit paysan puisant l'eau de son lopin de terre privée. Evidemment, pour faire bonne figure, Rockefeller et ses amis devinrent aussi les champions de la philantropie.

[…]

En 2016, promis, juré, l'heure est donc au vert, à l'éveil des consciences, à la préservation des ressources naturelles. Alors que David Rockefeller, le petit fils de John D., a récemment fêté ses 100 ans, la famille au nom de légende fait un choix qui certes peut faire sourire, mais (soyons beaux joueurs un instant) force aussi le respect par sa dimension médiatique – l'info a fait grand bruit aux Etats-Unis – et son caractère exemplaire. D'autant plus en pleine campagne pour les primaires à la présidentielle de l'automne, à l'heure où un certain Donald Trump répète à longueur de temps que l'exigence écologique est une vue de l'esprit, une coquetterie pour gauchistes attardés.

 
isa77_Jouarre's insight:

Certains media français ont un peu de difficulté à traiter ce type d'information semble-t-il…



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Rockefellers Dump Exxon Holdings That Made Family's Fortune


23.03.16. - 

Descendants of John D. Rockefeller sold their Exxon Mobil Corp. stock and plan to dump all other fossil-fuel investments in the latest move against the industry that made their fortune.

The Rockefeller Family Fund concluded there’s “no sane rationale” for companies to explore for oil as governments contemplate cracking down on carbon emissions, according to a statement on the website of the New York-based philanthropic foundation Wednesday.

The fund singled out Exxon, the world’s biggest oil explorer by market value, for what it called “morally reprehensible conduct,” a reference to a series of articles last year by InsideClimate News that alleged the oil titan knew about global warming as far back as the 1970s and sought to hide what it knew from investors, policymakers and the public. The Rockefeller Family Fund and the Rockefeller Brothers Fund both are listed as financial backers of InsideClimate News on its website.

 

“It’s not surprising that they’re divesting from the company since they’re already funding a conspiracy against us,” Alan Jeffers, a spokesman for Irving, Texas-based Exxon, said in an e-mailed statement on Wednesday.

Exxon, which traces its roots to the 1880s and John D. Rockefeller’s integration of refineries and Pennsylvania oilfields, has dismissed the InsideClimate News allegations as products of “anti-oil and gas activists who cherry-picked documents” to distort the company’s role in climate research.

Fossil-fuel investments represent about 6 percent of the Rockefeller Family Fund’s $130 million in holdings, Lee Wasserman, director of the foundation, said in a telephone interview on Wednesday.


isa77_Jouarre's insight:

une action de désinvestissement hautement symbolique…



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One of oil's founding families is divesting from fossil fuels, and shaming Exxon in the process


24.03.16. - 

The Rockefeller Family Fund just announced that it’s divesting from fossil fuels, saying “we must keep most of the already discovered reserves in the ground if there is any hope for human and natural ecosystems to survive and thrive in the decades ahead.
[…]
This isn’t the first time the Rockefeller family has made waves for its investment decisions: In 2014, the Rockefeller Brothers Fund, which is separate from the Rockefeller Family Fund, announced that it was joining a campaign to withdraw $50 billion from fossil-fuel investments worldwide.
The director of the Rockefeller Family Fund, Lee Wasserman, told Quartz that currently, 6% of the portfolio is in fossil-fuel investments. The trust already has divested its direct stake in Exxon, along with its direct investments in coal and tar-sands companies, he said. It has now instructed third-party managers to keep the fund’s indirect holdings of these kinds of investments below 1% of the total portfolio.
Any proceeds from the liquidation of fossil-fuel investments will be rerouted into “suitable alternatives” in the socially responsible investing space, the fund said.
The full text of the Rockefeller Family Fund’s statement is below:
The Rockefeller Family Fund is proud to announce its intent to divest from fossil fuels. The process will be completed as quickly as possible, as we work around the complications of modern finance, which is increasingly dominated by alternative investments and hedge funds.
While the global community works to eliminate the use of fossil fuels, it makes little sense—financially or ethically—to continue holding investments in these companies. There is no sane rationale for companies to continue to explore for new sources of hydrocarbons. The science and intent enunciated by the Paris agreement cannot be more clear: far from finding additional sources of fossil fuels, we must keep most of the already discovered reserves in the ground if there is any hope for human and natural ecosystems to survive and thrive in the decades ahead.
[…]
To operationalize this decision, the Board has instructed its advisors, effective immediately, to eliminate holdings of ExxonMobil, and all coal, and tar sands-based companies outside the portions of the portfolio managed by third parties, and to keep exposures for these three categories of investment below 1 percent across the entire portfolio. The Family Fund’s Finance Committee will soon be entering the second phase of its divestment work, which will entail seeking suitable alternatives to certain commingled funds now held. The field of Socially Responsible Investing is dynamic and growing and we are confident that a variety of options will soon emerge for mid-sized endowments such as ours.
Needless to say, the Rockefeller family has had a long and profitable history investing in the oil industry, including ExxonMobil. These are not decisions, therefore, that have been taken lightly or without much consideration of their import. But history moves on, as it must. Indeed, it is past time for all people of good will to do everything in their collective power to make our new path one that recognizes the deep interdependence between humanity’s future and the health of our natural systems.


isa77_Jouarre's insight:

une vraie révolution quand on se rappelle que Standard Oil était une entreprise Rockefeller…



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L'industrie de Suisse va consommer du gaz de schiste US


25.03.16. - Tandis qu'en France on tergiverse encore sur le bien-fondé de l'utilisation du gaz de schiste, la Suisse quant à elle y trouve une énergie idéale pour développer son tissu industriel. Un puissant groupe helvète vient en effet de passer commande d'éthane en provenance des bassins US.

Le gaz est de plus en plus sollicité à travers le monde comme énergie de base ou de substitution au pétrole : chauffage, carburant, production d'électricité...et industrie. C'est sur ce créneau que la Suisse vient de faire bouger les lignes. Car si dans la plupart des pays d'Europe de l'ouest le gaz de schiste n'a pas bonne presse, l'industrie suisse quant à elle y voit plutôt des avantages. Une énergie abondante et au prix maîtrisé, voilà ce que recherchent les industriels suisses.

Le puissant groupe Ineos, un acteur figurant dans le top 10 des industriels de la chimie en Suisse, a ainsi commencé à recevoir le gaz de schiste en provenance des Etats-Unis depuis le 23 mars. Un important contrat qui courra par ailleurs sur une quinzaine d'années. Et ce sont les compagnies gazières américaines Range Ressources ainsi que Consol Energy qui viennent de remporter le contrat. Le gaz - de l'éthane en l'occurrence - est extrait des gisements de Marcellus en Pennsylvanie, soit l'un des plus importants puits de gaz de schiste aux Etats-Unis et dans le monde. Le PDG d'Ineos, Jim Ratcliff souligne à ce sujet que "la production de gaz de schiste a ravivé l'industrie américaine. Et pour la première fois, l'Europe peut avoir accès à cette source importante de matières premières énergétiques".

Ineos recevra ainsi d'importantes quantité d'éthane américain, à raison tout de même de 8 livraisons par mois jusqu'à 2020. Concernant la période restante du contrat qui court pendant 15 ans, le rythme des livraisons n'a pas encore été diffusé mais il y a fort à parier qu'il suive la même cadence voire qu'il s'intensifie en fonction du niveau d'activité du groupe. Car l'industriel va utiliser le gaz de schiste américain afin de faire tourner ses usines spécialisées en pétrochimie. Des usines situées en Norvège mais également en Suisse pour la partie production industrielle.

Avec cet important contrat, la Suisse démontre l'intérêt que représente le gaz de schiste US vis-à-vis du secteur industriel comme elle tord le cou parallèlement au cliché selon lequel le gaz de schiste américain est trop cher. A ce titre, le soudain rebond du baril de pétrole - sur lequel est indexé le cours mondial du gaz - qui vient de dépasser la barre symbolique des 40 dollars (contre moins de 30 dollars il y a très peu de temps encore) pourrait bel et bien relancer l'attrait des Européens en faveur du gaz de schiste US. Des forages jusque là stoppés viennent même d'être relancés aux Etats-Unis, ce qui laisse entrevoir une reprise importante de la production et donc à terme des expéditions vers le Vieux Continent notamment.

Et avec ce nouveau contrat, la Suisse se fait également le porte-parole de l'Europe en indiquant à la Russie que son gaz est dorénavant concurrencé par celui de l'Oncle Sam. 

 
isa77_Jouarre's insight:

Wikipedia: 

L'éthane est un polluant atmosphérique classé parmi les COV (Composé organique volatil).

Selon les résultats d'une étude publiée en mai 2015 par la revue Atmospheric Environment, l'éthane est un bon traceur des fuites de gaz liés à l'exploitation du gaz de schiste, fuites qui peuvent être ainsi détectées à des centaines de miles sous le vent des zones d'extraction, y compris aux États-Unis dans les États qui interdisent ou contrôlent strictement la fracturation hydraulique.

 



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Jim Ratcliffe (Ineos), milliardaire, terreur des syndicats, 1er importateur de gaz de schiste américain en Europe


25.03.16. - Jim Ratcliffe raconte qu’il a appris à compter en recensant le nombre de cheminées que, enfant, il voyait de sa fenêtre. Il a grandi à Failsworth, à quelques kilomètres de Manchester. Aujourd’hui, à 63 ans, le patron d’Ineos est milliardaire.

Ineos ? « La plus grande entreprise dont vous ayez jamais entendu parler », a-t-il coutume de dire. Un chiffre d’affaires de 30 milliards d’euros, 15 000 employés, un siège en Suisse et 51 usines dans onze pays, dont deux tiers en Europe – surtout en Allemagne et au Benelux – et un tiers aux Etats-Unis. La France représente 8 % de son chiffre d’affaires. Le tout fait d’Ineos la sixième plus grande entreprise chimique au monde.

Jim Ratcliffe est aussi le premier à importer du gaz de schiste liquide des Etats-Unis. L’usine pétrochimique d’Ineos à Rafnes (Norvège) a en effet reçu cette semaine sa première livraison d’éthane liquéfié en provenance du pays de l’Oncle Sam. « Le gaz est, de loin, l’élément le plus important de notre politique énergétique, a-t-il déclaré dans une interview, fin 2015, au Manchester Evening News. « Mais celui qui vient de la mer du Nord s’épuise à grande vitesse et les 40milliards de livres que nous avons dépensées pour les “moulins à vent” ne représentent que 1% de notre énergie ». Pour lui, pas de doute, il faut trouver autre chose : ce ne sont pas les énergies renouvelables, c’est le gaz de schiste.

Le milliardaire longiligne est connu pour être la terreur des syndicats. En 2013, il avait menacé de fermer sa raffinerie de Grangemouth en Ecosse, qui perdait de l’argent. Les salariés en grève avaient finalement capitulé, acceptant une baisse des salaires et des retraites ! En échange, Jim Ratcliffe s’était engagé à importer du gaz de schiste pour assurer entre autres la pérennité du site. Vu de France, c’est un scénario de science-fiction. 


isa77_Jouarre's insight:

Il a tout pour attirer la sympathie monsieur Ratcliffe. Il importe de l'éthane pour fabriquer du plastique, il fait un chantage à l'emploi, il n'aime pas les énergies renouvelables…



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Le gaz de schiste américain débarque en Europe


25.03.16. - La scène était parfaite pour l’arrivée de l’Intrepid. Dans un fjord norvégien aux eaux translucides, sous un ciel bleu immaculé, le vaisseau de 180 mètres de long a terminé, mercredi 23 mars, sa traversée de l’Atlantique. En accostant au terminal de Rafnes, au sud de la Norvège, où se trouve une grande usine pétrochimique, il a marqué un moment historique : la toute première importation de gaz de schiste américain en Europe. Une véritable révolution dans le monde de l’énergie.

[…]

« Quand on a commencé à réfléchir à importer de l’éthane des Etats-Unis, en 2010, ça paraissait une idée complètement folle, on nous a dit qu’on n’y arriverait pas », se rappelle David Thompson, un dirigeant d’Ineos, une grosse entreprise de pétrochimie britannique.

[…]

La décision d’investir s’est précipitée en 2013. Une grande grève à Grangemouth a contraint alors à la fermeture temporaire du complexe. Jim Ratcliffe, le fondateur d’Ineos – et un homme connu pour son agressivité dans les affaires –, met le pistolet sur la tempe des employés : il ne rallumera pas l’usine si ceux-ci n’acceptent pas une baisse de leur salaire. En cas d’accord, en revanche, il se lancera dans ce pari fou d’importer du gaz de schiste.

Les salariés ont accepté un gel de leur rémunération et une baisse de leur retraite. Ils se sont aussi engagés à ne pas faire grève pendant trois ans. En échange, Ineos a procédé à un investissement de 2 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros). « Nous avons apporté une nouvelle ligne de vie à Grangemouth », s’enorgueillit aujourd’hui M. Ratcliffe.

En 2013, pourtant, tout reste à faire. Les Etats-Unis sont certes importateurs d’hydrocarbures depuis des décennies, mais aucun équipement n’est prévu… pour exporter. Les ports sont conçus pour recevoir des méthaniers ou des pétroliers d’Afrique ou du Moyen-Orient. Les pipelines envoient le gaz ou le pétrole vers l’intérieur des terres. Il faut entièrement inverser le flux.

[…]

Le patron d’Ineos ne jure de toute façon que par le gaz de schiste, qui est d’après lui la seule façon de relancer l’industrie en Europe. « Aux Etats-Unis, 150 milliards de dollars d’investissement dans l’industrie chimique sont prévus d’ici à 2022, grâce au coût de l’énergie qui est très bas. Dans le même temps, sur le Vieux Continent, on voit fermeture d’usine après fermeture d’usine. Personne n’investit ici. »

C’est dans cette logique qu’il a décidé d’acquérir plusieurs licences d’exploration de gaz de schiste dans le nord de l’Angleterre et en Ecosse. Mais son projet fait face à un tollé populaire. Depuis qu’un puits d’exploration de Cuadrilla, une entreprise concurrente, a provoqué une petite secousse sismique près de Blackpool, en 2011, aucun forage n’est en cours au Royaume-Uni. Plusieurs projets ont buté depuis sur de grandes manifestations. Londres fait tout son possible pour lancer cette industrie mais pour l’instant sans succès.

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Béarn : une famille se bat contre un projet de puits de pétrole en face de chez elle


19.03.16. - Un puits de pétrole pourrait voir le jour sur la commune de Gros. Juste en face de chez les Fourie, en colère.

C'est, en somme, leur petit coin de paradis. Garos, entre Arthez et Arzacq. Là où Jean-Christophe et Christelle Fourie ont posé leur valise, voici six ans. Où ils élèvent leur fille et où ils espèrent bien couler des jours heureux une fois la retraite venue. Et c'est vrai qu'on y est tranquille dans ce coin. Vue sur les Pyrénées. À peine une voiture par heure qui passe.

Cette tranquillité, recherchée, c'est peut-être bientôt fini. Car là, juste en face de chez eux à 4 ou 500 mètres à vol d'oiseau, le couple Fourie pourrait bien voir se dresser un puits de pétrole. Rien que ça. Le bruit, les odeurs, et trafic qui va avec. Le tableau idyllique en prend un sacré coup. « J'ai tout perdu », s'exclame déjà Jean-Christophe Fourie, qui s'est endetté pour acheter sa maison.

Le Béarn, on le sait, a un sous-sol plutôt riche en hydrocarbures. Depuis une petite dizaine d'années, un consortium d'entreprises du secteur, Celtique énergie et Investaq énergie, a obtenu un permis d'exploration aux confins du Béarn, des Landes et du Gers. On appelle ce secteur le « permis de Claracq ». Garos est en plein dedans.

En 2014, un premier puits a été monté à Fichous-Riumayou, au lieux-dits Cappouey. Pas un petit derrick. Une vraie tour, que l'on peut voir de loin. On a la distingue même depuis chez les Fourie, derrière les arbres, à quatre kilomètres de là. Il s'agissait d'une mission d'exploration, pour quelques mois.

À l'époque les Fourie n'ont rien vu venir. Ce n'est qu'à la fin de l'année 2015, quand les investigations ont repris sur le site de Cappouey (toujours pour de l'exploration) que la famille a commencé à s'inquiéter.

Mais le maire leur disait encore que « rien n'était fait ». Néanmoins, les craintes étaient justifiées. Début décembre avait lieu une réunion à Garos avec le maire, le président de la Communauté de communes, le député David Habib et les dirigeants d'Investaq énergie, dont Cyril Bouygues, neveu de Martin Bouygues, le patron de l'entreprise de BTP éponyme. Il s'agissait évidemment d'aborder la question de ce puits de Garos qui pourrait voir le jour.

« On nous a dit qu'il ne s'agissait que d'exploration, sans pollution. Que c'était une chance pour la région, qu'il y aura des emplois à la clef », décrit Jean-Christophe Fourie, évidemment présent lors de la réunion. Tout cela, il n'y croit pas.

"Il va y avoir du bruit, la lumière toute la nuit juste devant chez nous. Et puis la sécurité aussi : tous ces camions qui vont passer sur ces petites routes. Notre fille fait souvent du vélo et du cheval sur ces routes, ça sera fini. L'été on vit quasiment dehors, ça sera fini aussi…"Depuis lors, le couple fait feu de tous bois pour se renseigner un maximum sur le très complexe secteur des hydrocarbures et du droit attenant, principalement le code minier.

Depuis le 15 mars et jusqu'au 15 avril a lieu l'enquête publique. Les Fourie sont bien décidés à tenter de décortiquer les 500 pages du dossier. Ils auront pour cela l'aide de la Société pour l'étude, la protection et l'aménagement de la nature dans le Sud-Ouest, mieux connue sous le nom de Sépanso.

C'est que Jean-Christophe et Christelle Fourie ont bien l'intention de remuer le landerneau. Ils ont aussi contacté diverses associations écologistes du secteur qui luttent contre l'installation de ces puits. L'une d'elles organise d'ailleurs samedi prochain une réunion publique à ce sujet à la salle du patrimoine de Garos (18 heures). Jean-Christophe Fourie veut tout faire pour éviter d'avoir un puits devant chez lui.

Sur le plan légal, bien sûr. Mais il n'exclu pas non plus d'essayer de créer un de ces « zones à défendre », les fameuses ZAD.

Nous avons contacté Investaq énergie, mais pendant le mois d'enquête publique, l'entreprise ne peut publiquement s'exprimer.



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