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STOP et NON AUX HYDROCARBURES DE SCHISTES ! (agglutination)

PERH du bassin d'Alès : les collectifs rencontrent le préfet du Gard

COLLECTIF 07 STOP AU GAZ DE SCHISTE - mer, 17/06/2015 - 15:30
PERMIS EXCLUSIF DE RECHERCHE D'HYDROCARBURES DU BASSIN D'ALÈS :
LES COLLECTIFS STOP GAZ ET HUILE DE SCHISTE
RENCONTRENT LE PRÉFET DU GARD

Depuis 5 ans, la population des communes du bassin d'Alès réunie au sein de collectifs anti-gaz de schiste s'oppose à l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures dits non conventionnels, sources de futures et graves pollutions.

Au mois d'avril 2015, la société Mouvoil a demandé le renouvellement du permis. Le délai administratif pour répondre à cette demande est de 15 mois et seule une décision explicite de rejet par le ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie peut mettre fin au permis.

Vendredi 19 juin, le préfet du Gard, recevra une délégation, composée de deux maires représentant les communes de l'Ardèche et du Gard concernées par le permis du Bassin d'Alès » et de deux militant(e)s pour l'inter-collectif Gardéchois et le Collectif 07 Stop au Gaz de Schiste.

Cette délégation sera épaulée par l'association des maires du Gard en la personne de sa présidente, Mme Chaleyssin.

Elle remettra à monsieur le Préfet les pétitions (*) signées en début d'année contre le renouvellement de ce permis. Elle exposera les vives préoccupations citoyennes et insistera sur les risques environnementaux concernant ce permis.

Le nombre important de pétitions récoltées et le message porté par les délégués des collectifs ainsi que le nombre important de motions prises par les communes et portées par les maires devraient être suffisants pour manifester la volonté, la fermeté, la détermination et l'opposition de tous à une éventuelle prorogation de ce permis. Le rapport (**) de la commission scientifique des collectifs amènera les arguments nécessaires pour étayer ce refus.

Il en va de l'avenir des populations de ces territoires, de la qualité de leur environnement, de leur économie agricole et touristique et de leur santé.
Nous ne laisserons pas les compagnies détruire notre pays pour leur profit. (***)

* Pétition signée par 3600 habitants de ces 13 communes et alentour, et par plus de 10000 sympathisants sur internet.

** Le rapport remis au préfet du Gard sera consultable en ligne vendredi 19 juin.

*** Un tract contre les trois PERH du nord du Gard et du sud de l'Ardèche ( Plaine et Bassin d'Alès et Navacelles) sera mis en ligne et distribué à partir du 1 juillet 2015.

Télécharger le communiqué de presse (pdf 78 ko)

TAFTA. Les Vauclusiens à l’écoute de Thomas Porcher et Frédéric Farah

Gaz de Schistes Provence - mer, 17/06/2015 - 12:59

Vendredi 12 juin, le collectif STOP TAFTA Vaucluse recevait à Lagnes , Thomas Porcher, Docteur en économie à Paris Sorbonne, et Frédéric Farah, diplômé de Sciences Po et chargé de cours à Paris V.

Les gros orages tombés quelques minutes auparavant n’ont pas rebuté l’assistance qui a bien compris l’explication par nos 2 intervenants de l’inutilité du TAFTA .

Soirée très riche en échange.

Merci à Thierry de la Télé du Sud Est d’avoir enregistré la soirée.

Vous en trouverez les résumés  en cliquant ci dessous :

Intervention de Thomas PORCHER

Intervention de Frédéric FARAH

JLR

 

 


Traité transatlantique : les collectivités territoriales françaises haussent le ton

Gaz de Schistes Provence - mer, 17/06/2015 - 08:56

Il n’y a pas qu’au Parlement européen que le traité commercial avec les Etats-Unis provoque des secousses. Pour les collectivités territoriales, cet accord en cours de négociation menace la libre organisation des services publics.

Les collectivités territoriales ne baisseront pas la garde, tant les garanties offertes par la Commission européenne ne semblent pas suffire. Les services publics tels que la gestion de l’eau, la justice ou la police sont exclus de l’accord commercial négocié entre les États Unis et l’Union européenne. Mais des doutes pèsent toujours sur le reste des services publics.

Des propositions trop « ambiguës »

« La question du périmètre d’exclusion de ces services reste ouverte et appelle à la vigilance » relève l’Association française des communes et régions d’Europe(AFCCRE), qui s’inquiète du sort réservé aux services alliant fonds publics et privés. Pour l’association, le système des listes négatives, qui retire de l’accord uniquement les services explicitement cités, est trop « ambiguë ». L’AFCCRE demande la mise en place d’une liste positive afin que la liberté d’administration ne soit pas « remise en question par l’ouverture de certains secteurs qui seraient intégrés aux accords en cours de négociation ».

Des clauses qui menacent le principe de libre administration

Dans un souci de réciprocité, le texte de l’accord transatlantique prévoit une clause dite « du traitement national ». Ainsi, les différents prestataires de services publics inclus dans l’accord seront traités de la même manière par les États. En réalité, cette clause se heurte à une protection très variable. Le Small Business Act, adopté par Washington en 1953, réserve entre 23 % et 40 % de la commande publique aux PME américaines. À ce titre, le Comité des régions rappelle que « 85 % des marchés publics passés au sein de l’Union européenne sont déjà accessibles aux soumissionnaires américains, contre 32 % seulement des marchés publics américains qui sont accessibles aux soumissionnaires de l’UE ».

Si les collectivités territoriales françaises ne sont pas convaincues de l’efficacité de cette clause, elles s’opposent aussi fermement à celles dites du « statu quo » et du « cliquet » qui remettent en cause, selon elles, la libre administration des collectivités. « Les clauses posent des problèmes sur le mode de gestion des services publics locaux », s’inquiètent l’AFCCRE.

La clause « statu quo » fixe définitivement l’ampleur de la libéralisation des secteurs. En clair, si les collectivités confient la gestion d’un service public à un prestataire privé, elles redoutent que ce choix soit irréversible, excluant donc le retour à une gestion en régie. La clause « cliquet » pousse la logique encore plus loin, amenant le Comité des régions à en réclamer le retrait pur et simple. Si elle inquiète tant, c’est parce qu’elle induit une extension des secteurs à libéraliser.

Les tribunaux d’arbitrage « comportent des risques significatifs »

Pour les collectivités, la menace qui plane sur le principe de libre administration des services publics vient aussi de l’introduction de tribunaux d’arbitrage dans l’accord transatlantique. Les investisseurs privés pourront-ils contester les règles adoptées par les autorités nationales devant un autre juge que celui de droit commun ? C’est bien ce qu’appréhende l’AFCCRE qui se joint ainsi aux critiques déjà formulées par les gouvernements français et allemands. Les mesures politiques et administratives ne devraient pas être « remises en cause par des tribunaux d’arbitrages » car elles bénéficient « d’une légitimité démocratique » renchérit le Comité des régions.

Face au désaccord général, le Parlement européen a décidé, le 9 juin, de reporter le vote sur un rapport consacré au traité transatlantique. Le sujet sera sur la table des eurodéputés de la commission du commerce international, qui reviendront, le 29 juin, sur les 116 amendements déposés. Pour calmer les tensions, Bruxelles envisage quelques ajustements, sans pour autant abandonner les tribunaux d’arbitrage. La qualification et le parcours des responsables seraient visés par l’UE et les Etats-Unis, qui s’entendraient sur une liste d’arbitres indépendants. Un système d’appel bilatéral des décisions pourrait aussi être mis en place. Reste à savoir si cela suffit à lever les griefs pointés par les collectivités locales.


La roulette russe, la foudre et le faible risque des gaz de schiste - Contrepoints

Google actu "Schiste" - mer, 17/06/2015 - 07:21

Contrepoints

La roulette russe, la foudre et le faible risque des gaz de schiste
Contrepoints
Quel risque le gaz de schiste fait-il courir à l'eau potable ? Une étude américaine apporte une réponse scientifique qui ne plait pas à tout le monde… Par Youri Chassin, depuis le Canada. the russian roulette way credits zedorwin via Flickr ((CC BY-NC ...

et plus encore »

La roulette russe, la foudre et le faible risque des gaz de schiste - Contrepoints

Google actu "Schiste" - mer, 17/06/2015 - 07:21

Contrepoints

La roulette russe, la foudre et le faible risque des gaz de schiste
Contrepoints
Quel risque le gaz de schiste fait-il courir à l'eau potable ? Une étude américaine apporte une réponse scientifique qui ne plait pas à tout le monde… Par Youri Chassin, depuis le Canada. the russian roulette way credits zedorwin via Flickr ((CC BY-NC ...

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PERH DU BASSIN D’ALÈS. Communiqué du collectif 07 Stop au Gaz de Schiste

Gaz de Schistes Provence - mar, 16/06/2015 - 23:17

Vendredi 19 juin, le préfet du Gard, recevra une délégation composée de
deux maires représentant les communes de l’Ardèche et du Gard concernées
par le permis du Bassin d’Alès » et de deux militant(e)s pour
l’inter-collectif Gardéchois et le Collectif 07 Stop au Gaz de Schiste.
Cette délégation sera épaulée par l’association des maires du Gard en la
personne de sa présidente, Mme Chaleyssin.

À cette occasion, les collectifs et élus des territoires concernés par
ce PERH n’ont pas jugés nécessaire ni stratégique de lancer un appel à
mobilisation ou un appel à soutien d’accompagnement.

Nous réservons ce genre d’initiatives pour un moment plus propice et
peut-être pas si lointain que cela.

Un communiqué de presse sera envoyé à la presse le 17 juin et le rapport
remis au préfet sera mis en ligne vendredi 19 juin.

Un tract contre les 3 PERH du nord du Gard et du sud de l’Ardèche (
Plaine et Bassin d’Alès et Navacelles) est en cours de finalisation et
sera mis en ligne et distribué à partir du 1 juillet.

Xtophe
Collectif 07 Stop Gaz et Huiles de Schiste
GNU/Linux. Pour une informatique libre et citoyenne.


Gaz de schiste : premier feu vert au Royaume-Uni

Gaz de Schistes Provence - mar, 16/06/2015 - 20:06
Source: Les Echos Vincent Collen / Correspondant à Londres | Le 16/06 à 06:00 Le britannique Cuadrilla va être autorisé à forer dans le nord-ouest de l’Angleterre.
Les autorisations prennent plus de temps que prévu au niveau local.

C’est un feu vert à la fracturation hydraulique et à l’exploitation du gaz de schiste au Royaume-Uni. Lundi, une collectivité locale du Lancashire, dans le nord-ouest de l’Angleterre, a recommandé d’autoriser la demande de forage pour plusieurs puits déposée par le britannique Cuadrilla.

La direction de l’entreprise a souligné lundi qu’elle attendait maintenant la décision formelle du comté du Lancashire, attendue la semaine prochaine. Sauf surprise, celui-ci devrait suivre la recommandation formulée par les responsables de l’aménagement pour cette collectivité. Si c’est le cas, ce sera la première fois qu’une telle autorisation est donnée en Grande-Bretagne depuis 2011.

Une victoire en demi-teinte

Cette année-là, un moratoire avait été imposé, à cause de Cuadrilla justement. La société avait provoqué des mini-tremblements de terre en raison de la fracturation hydraulique. Si tout se passe comme prévu, ce projet pourrait devenir le premier pour l’exploitation du gaz de schiste au Royaume-Uni.

En réalité, c’est une victoire en demi-teinte pour Cuadrilla. Si l’un des projets de la société est bien sur le point d’être approuvé, un autre, dans une partie plus rurale de la même région, semble bien mal parti. La même collectivité locale a recommandé de l’interdire parce que son exploitation entraînerait un trafic trop important, ce qui aurait « un impact inacceptable sur le réseau routier rural ». Quant au premier projet lui-même, le comté ne devrait l’autoriser que sous des conditions très strictes pour protéger l’environnement, estiment les experts.

Cette décision illustre le paradoxe qui règne outre-Manche sur la question du gaz de schiste. Au niveau national, aucun obstacle légal n’empêche les industriels d’aller de l’avant. Le Premier ministre, David Cameron, a plusieurs fois affirmé son engagement en faveur de l’exploitation, même si celle-ci reste controversée dans le grand public.

Sur le terrain, le jeu est beaucoup plus compliqué pour les industriels, qui ont jusqu’à présent peiné à obtenir les autorisations nécessaires. « Le processus est beaucoup plus lent que prévu. La réglementation locale sur l’aménagement s’est avérée imprévisible », critique Dan Lewis, auteur d’un rapport sur le gaz de schiste pour l’Institute of Directors, un organisme patronal. Le cabinet de conseil Pöyry estime que la production ne pourra pas démarrer avant 2019 ou 2020, soit cinq ans de plus que ce qui était prévu il y a quelques années.

Vincent Collen, Les Echos Correspondant à Londres @VincentCollen

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/journal20150616/lec2_industrie_et_services/021137455253-gaz-de-schiste-premier-feu-vert-au-royaume-uni-1128564.php?LQPcXW0e1CBfyF9L.99#


Gaz de schiste : premier feu vert au Royaume-Uni - Les Échos

Google actu "Schiste" - mar, 16/06/2015 - 00:48

Gaz de schiste : premier feu vert au Royaume-Uni
Les Échos
C'est un feu vert à la fracturation hydraulique et à l'exploitation du gaz de schiste au Royaume-Uni. Lundi, une collectivité locale du Lancashire, dans le nord-ouest de l'Angleterre, a recommandé d'autoriser la demande de forage pour plusieurs puits ...
Gaz de schiste en Angleterre : un premier forage lancéLeGazdeSchiste

2 autres articles »

Belves: Les élus ont voté contre le Tafta

Gaz de Schistes Provence - lun, 15/06/2015 - 22:49

source: sud ouest

Maryse Maunoury est intervenue au Conseil. ©

Photo dr Mercredi, lors de la réunion du Conseil municipal, à la demande de Gilles Heyraud, élu de l’opposition, le Tafta (1) a été mis à l’ordre du jour. Des intervenants extérieurs ont pu participer à la réunion pour interpeller les élus sur la problématique soulevée par ce traité s’il était entériné.

Une motion à l’unanimité

Première intervenante, Maryse Maunoury a exposé, avec une série de diapositives, les risques que prendraient les Européens en acceptant ce traité. Son exposé fut étayé par Hélène Bouchard et Michel Bastide. Ces trois intervenants sont tous affiliés à Attac et au collectif Stop Tafta.

Le maire Christian Léothier a admis que plusieurs personnes, dans les rangs du public, puissent, comme les élus, poser des questions à la conférencière. Quand il a soumis la motion déclarant la commune opposée, en l’état, au Tafta, celle-ci, sans la moindre réticence, a été votée à l’unanimité.

(1) Trans-Atlantique Free Trade Agreement, accord commercial entre les États-Unis et l’Europe dont le deuxième cycle de négociations a commencé en octobre 2013.


Électricité de France (EDF) fait dans le gaz de schiste aux États-Unis

(!) Info minute – Revue de Presse Comme le rapporte Multinationale.org, EDF, l’entreprise publique d’électricité française, exploite discrètement des puits de gaz de schiste aux États-Unis. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, il s’agit là d’un scénario bien réel. Alors qu’elle appartient à un État qui a interdit la fracturation hydraulique sur son propre territoire […]

Les petites affaires d'EDF dans le gaz de schiste américain

COLLECTIF 07 STOP AU GAZ DE SCHISTE - lun, 15/06/2015 - 14:07
LES PETITES AFFAIRES D'EDF
DANS LE GAZ DE SCHISTE AMÉRICAIN

Article d'Olivier Petitjean sur l'Observatoire des Multinationales

Et si EDF, entreprise publique d'électricité française, exploitait discrètement des puits de gaz de schiste aux États-Unis ?
Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, il s'agit là d'un scénario bien réel. Alors qu'elle appartient à un État qui a interdit la fracturation hydraulique sur son propre territoire en raison des risques environnementaux, EDF a décidé d'adopter une politique exactement inverse, en achetant des puits de gaz de schiste en Pennsylvanie et au Texas.

Tout part d'une filiale d'EDF opérant loin des regards du grand public : EDF Trading. Celle-ci regroupe les activités de négoce du groupe et emploie environ de millier de personnes, principalement à Londres, où elle a son siège, et aux États-Unis. Comme beaucoup d'autres activités d'EDF hors de France, elle reste mal connue dans notre pays, et le gouvernement français semble ne s'y intéresser que lorsqu'il est temps d'encaisser les dividendes reversés à la maison mère.

EDF Trading est chargée de l'achat et de la vente de charbon, de pétrole, de gaz et d'électricité pour le compte du groupe EDF, dont elle est filiale à 100%, ainsi que du négoce des crédits carbone. Elle mène aussi des opérations de trading en son nom propre. Son chiffre d'affaires pour 2014 s'élevait à 856 millions d'euros (contre 787 millions d'euros en 2013), pour un profit net de 386 millions d'euros (373 millions en 2013), dont elle a reversé 251 millions au groupe EDF sous forme de dividendes.

Quand EDF se réinvente en pétrolier texan
Pour optimiser ses activités de négoce, EDF Trading a été amenée à acquérir des infrastructures de transport et de stockage de charbon, de gaz et d'autres matières premières. _ Et désormais, elle a choisi d'acquérir et opérer directement ses propres opérations d'extraction de gaz. Pour ce faire, EDF Trading a créé une sous-filiale dédiée, EDF Trading Resources (ou EDFTR), dont le siège social est à Austin au Texas, et qui se présente comme une « compagnie indépendante d'exploration et de production de pétrole et de gaz naturel » ! Elle est dirigée par une petite équipe de cadres issus du milieu pétrolier texan. EDFTR ne possède en fait que deux zones d'opérations, l'une dans l'Est du Texas (environ 500 puits sur 120 kilomètres carrés), l'autre en Pennsylvanie, dans le comté de Greene, qui correspond à la formation de gaz de schiste de Marcellus (sur 80 kilomètres carré).

Dans son Rapport développement durable 2014, EDF reconnaît recourir à la fracturation hydraulique en Pennsylvanie. « Le premier forage est prévu fin 2014-début 2015. Le projet est en phase de développement (préparation pour le premier forage et acquisition de droits fonciers) », précise le rapport (de manière quelque peu anachronique puisque ce document a été publié début juin 2015) [1]. Le site web d'EDF Trading Resources évoque quant à lui 45 puits en Pennsylvanie.

L'Est du Texas est lui aussi une zone d'exploitation de gaz de schiste (formation de Haynesville), mais EDF ne dit pas explicitement dans ce cas si elle y recourt ou non à la fracturation hydraulique. Ces puits ont été achetées à la firme canadienne Encana en 2012. Et d'autres investissements pourraient être sur les rails puisqu'EDF Trading a également signé en 2013 un protocole d'accord avec l'entreprise énergétique indienne GAIL pour rechercher conjointement des concessions de gaz de schiste à acquérir aux États-Unis.

Une activité controversée
EDF assure que ses forages par fracturation hydraulique seront développés « selon les plus hauts standards industriels ». Mais pour ses opérations en Pennsylvanie, il a choisi un partenaire qui n'a rien de rassurant : Alpha Natural Resources, une entreprise spécialisée non dans le gaz de schiste, mais dans le charbon. Et notamment dans la pratique dite du « mountaintop removal », consistant à faire exploser le sommet des montagnes dans la chaîne des Appalaches pour en extraire plus facilement du charbon (lire notre enquête). Alpha Natural Resources a écopé en 2014 d'une amende record de 227,5 millions de dollars, la plus importante jamais infligée dans le secteur du charbon par l'Agence fédérale de protection de l'environnement (EPA).
En cause, le déversement illégal de millions de litres de déchets toxiques dans les cours d'eau de Virginie occidentale. Ce qui n'augure pas forcément bien de l'impact environnemental des forages d'EDF en Pennsylvanie. La région de Marcellus est l'un des exemples les plus emblématiques et les plus controversés des risques de l'exploitation du gaz de schiste pour les ressources en eau. Plusieurs études ont confirmé la pollution des eaux souterraines de la région du fait de la fracturation hydraulique, et même l'Agence fédérale de l'environnement a récemment reconnu des problèmes [2]

La France, propriétaire d'EDF, a pourtant interdit la fracturation hydraulique en 2011 et, pour l'instant, le gouvernement tient bon face aux pressions des lobbies industriels qui souhaitent revenir sur cette mesure.
À l'époque où il était PDG de l'entreprise, Henri Proglio est même réputé avoir fait pression contre l'exploitation du gaz de schiste en Europe, au contraire de la plupart de ses homologues des grands groupes énergétiques du continent, apparemment parce qu'il en craignait la concurrence vis-à-vis du nucléaire. EDF est aussi ostensiblement absente du « Centre hydrocarbures non conventionnels », le lobby récemment créé par les grands groupes du CAC40 pour promouvoir la cause des gaz et pétroles de schiste en France.

Le TAFTA et les exportations de gaz en filigrane
En juillet dernier, EDF avait déjà subi une avalanche de critiques lorsqu'il avait été annoncé qu'elle avait conclu avec Cheniere un contrat d'achat de gaz naturel liquéfié en provenance des États-Unis, pour partie issu de gisements de schiste. Dans le cadre de ce contrat, EDF importera jusqu'à 770 000 tonnes de gaz à partir de 2016. Cheniere est en train d'achever la construction d'un terminal de liquéfaction géant sur la côte de la Louisiane pour faciliter ces exportations. Le secteur du schiste américain est en crise en raison de la surproduction domestique de gaz et de la chute des prix qui s'en est suivie. Les industriels misent désormais sur les marchés d'exportation, l'Asie et peut-être l'Europe, pour se relancer, suivi en cela par quelques grands groupes européens.

La question de la libéralisation des exportations de gaz est ainsi au cœur des projets d'accords commerciaux trans-pacifique (TPP), pour l'Asie, et transatlantique (TAFTA/TTIP), pour l'Europe [3]. Engie (ex GDF Suez) est partie prenante d'un autre projet d'usine géante de liquéfaction de gaz sur la côte de Louisiane, Cameron LNG. Ce secteur d'activités intéresse aussi évidemment au premier chef EDF Trading
Plus qu'un galop d'essai à visée purement expérimentale, comme le suggère la maison mère dans son rapport de développement durable, l'entrée d'EDF dans la production de gaz de schiste se veut aussi peut-être une option stratégique de plus long terme.

EDF vient de se voir désigner sponsor officiel de la Conférence climat (COP21) qui doit se tenir à Paris à la fin de l'année, malgré ses investissements substantiels dans les énergies fossiles et notamment dans le charbon [4]. Pour justifier leur choix, les autorités françaises ont argumenté qu'au moins EDF et les autres entreprises choisies avaient pris des engagements en termes de transition énergétique et de passage à une économie « décarbonée ». Avec la décision d'investir dans le gaz de schiste – qui émet autant de gaz à effet de serre que le charbon en raison des fuites de méthane-, on prend plutôt le chemin inverse.

Lire l'article d'Olivier Petitjean sur l'Observatoire des Multinationales

Les petites affaires d’EDF dans le gaz de schiste américain

Gaz de Schistes Provence - lun, 15/06/2015 - 12:30

Observatoire des multinationales// // //

15 juin 2015 par Olivier Petitjean

Et si EDF, entreprise publique d’électricité française, exploitait discrètement des puits de gaz de schiste aux États-Unis ? Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, il s’agit là d’un scénario bien réel. Alors qu’elle appartient à un État qui a interdit la fracturation hydraulique sur son propre territoire en raison des risques environnementaux, EDF a décidé d’adopter une politique exactement inverse, en achetant des puits de gaz de schiste en Pennsylvanie et au Texas.

Tout part d’une filiale d’EDF opérant loin des regards du grand public : EDF Trading. Celle-ci regroupe les activités de négoce du groupe et emploie environ de millier de personnes, principalement à Londres, où elle a son siège, et aux États-Unis. Comme beaucoup d’autres activités d’EDF hors de France, elle reste mal connue dans notre pays, et le gouvernement français semble ne s’y intéresser que lorsqu’il est temps d’encaisser les dividendes reversés à la maison mère. EDF Trading est chargée de l’achat et de la vente de charbon, de pétrole, de gaz et d’électricité pour le compte du groupe EDF, dont elle est filiale à 100%, ainsi que du négoce des crédits carbone. Elle mène aussi des opérations de trading en son nom propre. Son chiffre d’affaires pour 2014 s’élevait à 856 millions d’euros (contre 787 millions d’euros en 2013), pour un profit net de 386 millions d’euros (373 millions en 2013), dont elle a reversé 251 millions au groupe EDF sous forme de dividendes.

Quand EDF se réinvente en pétrolier texan

Pour optimiser ses activités de négoce, EDF Trading a été amenée à acquérir des infrastructures de transport et de stockage de charbon, de gaz et d’autres matières premières. Et désormais, elle a choisi d’acquérir et opérer directement ses propres opérations d’extraction de gaz. Pour ce faire, EDF Trading a créé une sous-filiale dédiée, EDF Trading Resources (ou EDFTR), dont le siège social est à Austin au Texas, et qui se présente comme une « compagnie indépendante d’exploration et de production de pétrole et de gaz naturel » ! Elle est dirigée par une petite équipe de cadres issus du milieu pétrolier texan. EDFTR ne possède en fait que deux zones d’opérations, l’une dans l’Est du Texas (environ 500 puits sur 120 kilomètres carrés), l’autre en Pennsylvanie, dans le comté de Greene, qui correspond à la formation de gaz de schiste de Marcellus (sur 80 kilomètres carré).

Dans son Rapport développement durable 2014, EDF reconnaît recourir à la fracturation hydraulique en Pennsylvanie. « Le premier forage est prévu fin 2014-début 2015. Le projet est en phase de développement (préparation pour le premier forage et acquisition de droits fonciers) », précise le rapport (de manière quelque peu anachronique puisque ce document a été publié début juin 2015) [1]. Le site web d’EDF Trading Resources évoque quant à lui 45 puits en Pennsylvanie.

L’Est du Texas est lui aussi une zone d’exploitation de gaz de schiste (formation de Haynesville), mais EDF ne dit pas explicitement dans ce cas si elle y recourt ou non à la fracturation hydraulique. Ces puits ont été achetées à la firme canadienne Encana en 2012. Et d’autres investissements pourraient être sur les rails puisqu’EDF Trading a également signé en 2013 un protocole d’accord avec l’entreprise énergétique indienne GAIL pour rechercher conjointement des concessions de gaz de schiste à acquérir aux États-Unis.

Une activité controversée

EDF assure que ses forages par fracturation hydraulique seront développés « selon les plus hauts standards industriels ». Mais pour ses opérations en Pennsylvanie, il a choisi un partenaire qui n’a rien de rassurant : Alpha Natural Resources, une entreprise spécialisée non dans le gaz de schiste, mais dans le charbon. Et notamment dans la pratique dite du « mountaintop removal », consistant à faire exploser le sommet des montagnes dans la chaîne des Appalaches pour en extraire plus facilement du charbon (lire notre enquête). Alpha Natural Resources a écopé en 2014 d’une amende record de 227,5 millions de dollars, la plus importante jamais infligée dans le secteur du charbon par l’Agence fédérale de protection de l’environnement (EPA). En cause, le déversement illégal de millions de litres de déchets toxiques dans les cours d’eau de Virginie occidentale. Ce qui n’augure pas forcément bien de l’impact environnemental des forages d’EDF en Pennsylvanie. La région de Marcellus est l’un des exemples les plus emblématiques et les plus controversés des risques de l’exploitation du gaz de schiste pour les ressources en eau. Plusieurs études ont confirmé la pollution des eaux souterraines de la région du fait de la fracturation hydraulique, et même l’Agence fédérale de l’environnement a récemment reconnu des problèmes [2]

La France, propriétaire d’EDF, a pourtant interdit la fracturation hydraulique en 2011 et, pour l’instant, le gouvernement tient bon face aux pressions des lobbies industriels qui souhaitent revenir sur cette mesure. À l’époque où il était PDG de l’entreprise, Henri Proglio est même réputé avoir fait pression contre l’exploitation du gaz de schiste en Europe, au contraire de la plupart de ses homologues des grands groupes énergétiques du continent, apparemment parce qu’il en craignait la concurrence vis-à-vis du nucléaire. EDF est aussi ostensiblement absente du « Centre hydrocarbures non conventionnels », le lobby récemment créé par les grands groupes du CAC40 pour promouvoir la cause des gaz et pétroles de schiste en France.

Le TAFTA et les exportations de gaz en filigrane

En juillet dernier, EDF avait déjà subi une avalanche de critiques lorsqu’il avait été annoncé qu’elle avait conclu avec Cheniere un contrat d’achat de gaz naturel liquéfié en provenance des États-Unis, pour partie issu de gisements de schiste. Dans le cadre de ce contrat, EDF importera jusqu’à 770 000 tonnes de gaz à partir de 2016. Cheniere est en train d’achever la construction d’un terminal de liquéfaction géant sur la côte de la Louisiane pour faciliter ces exportations. Le secteur du schiste américain est en crise en raison de la surproduction domestique de gaz et de la chute des prix qui s’en est suivie. Les industriels misent désormais sur les marchés d’exportation, l’Asie et peut-être l’Europe, pour se relancer, suivi en cela par quelques grands groupes européens.

La question de la libéralisation des exportations de gaz est ainsi au cœur des projets d’accords commerciaux trans-pacifique (TPP), pour l’Asie, et transatlantique (TAFTA/TTIP), pour l’Europe [3]. Engie (ex GDF Suez) est partie prenante d’un autre projet d’usine géante de liquéfaction de gaz sur la côte de Louisiane, Cameron LNG. Ce secteur d’activités intéresse aussi évidemment au premier chef EDF Trading. Plus qu’un galop d’essai à visée purement expérimentale, comme le suggère la maison mère dans son rapport de développement durable, l’entrée d’EDF dans la production de gaz de schiste se veut aussi peut-être une option stratégique de plus long terme.

EDF vient de se voir désigner sponsor officiel de la Conférence climat (COP21) qui doit se tenir à Paris à la fin de l’année, malgré ses investissements substantiels dans les énergies fossiles et notamment dans le charbon [4]. Pour justifier leur choix, les autorités françaises ont argumenté qu’au moins EDF et les autres entreprises choisies avaient pris des engagements en termes de transition énergétique et de passage à une économie « décarbonée ». Avec la décision d’investir dans le gaz de schiste – qui émet autant de gaz à effet de serre que le charbon en raison des fuites de méthane-, on prend plutôt le chemin inverse.

Olivier Petitjean

[1] Voici les « éléments de réponse » d’EDF dans ce rapport pour faire face aux éventuelles critiques : « EDF, acteur global et intégré dans le domaine de l’énergie, a renforcé ces dernières années sa présence sur les activités amont du cycle du gaz naturel. Ce projet vise à lui permettre de développer ses compétences et sa compréhension de cette source d’énergie qui fait partie du paysage énergétique actuel, tout en sachant que le gaz de schiste n’est pas un élément central de sa stratégie industrielle. Les activités seront développées suivant les plus hauts standards industriels et dans le respect des guidelines du Center for Sustainable Shale Development, organisation de référence pour les bonnes pratiques de développement du gaz de schiste qui intègre des ONG environnementales comme l’Environmental Defense Fund. »

[2] Lire par exemple ici et ici.

[3] Lire à ce sujet notre entretien avec Ilana Solomon.

[4] Lire notre article.


Les petites affaires d'EDF dans le gaz de schiste américain - Observatoire des multinationales

Google actu "Schiste" - lun, 15/06/2015 - 09:25

Observatoire des multinationales

Les petites affaires d'EDF dans le gaz de schiste américain
Observatoire des multinationales
Et si EDF, entreprise publique d'électricité française, exploitait discrètement des puits de gaz de schiste aux États-Unis ? Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, il s'agit là d'un scénario bien réel. Alors qu'elle appartient à un État qui a ...
Quand EDF, sponsor de la conférence sur le climat, investit ...Basta !

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« Boomtown, USA », voyage au paradis du pétrole de schiste - Les Échos

Google actu "Schiste" - dim, 14/06/2015 - 22:07

Les Échos

« Boomtown, USA », voyage au paradis du pétrole de schiste
Les Échos
D'un revers de main, elle balaie les prévisions des analystes qui, à quelques milliers de kilomètres de là, spéculent sur l'éclatement à venir de la bulle du pétrole de schiste. « L'activité se poursuit et il y a toujours énormément de demandes de ...

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Ils produisent l'Unique gaz de schiste en Biterre - Midi Libre

Google actu "Schiste" - dim, 14/06/2015 - 14:02

Midi Libre

Ils produisent l'Unique gaz de schiste en Biterre
Midi Libre
Un vin effervescent, un terroir de schiste et une bonne rasade d'humour. Il n'en fallait pas davantage à Sophie et François Vidal, viticulteurs du Château de la Liquière, en Faugères, pour imaginer l'Unique gaz de schiste. Un rosé pétillant, pensé ...

Gaz de schistes/développement durable : quelle voie prendre ? - Le Matin DZ

Google actu "Schiste" - dim, 14/06/2015 - 11:09

Le Matin DZ

Gaz de schistes/développement durable : quelle voie prendre ?
Le Matin DZ
Depuis quelques mois, il y a une véritable "cacophonie" sur l'exploration/exploitation de gaz de schistes en Algérie, du côté d'In Salah. C'était une période caractérisée par un quiproquo car tout le monde parlait en même temps et personne n'écoutait.

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Etude de l’impact de la fracturation hydraulique : interférences majeures de l’industrie du gaz de schiste

Gaz de Schistes Provence - sam, 13/06/2015 - 19:17

Originally posted on STOP GAZ DE SCHISTE ! (Ni ici Ni Ailleurs):

(!)Info minute – Revue de Presse

Cinq ans après s’être lancée dans une étude ambitieuse surl’impact de la fracturation hydraulique sur l’environnement, l’Agence fédérale américaine de protection de l’environnement (EPA) a considérablement réduit la portée et l’importance de ses recherches. Quelle en est la raison? L’immixtion de l’industrie pétrolière et gazière dans ce processus.

Tentative de conduire une étude scientifique faisant référence

Dans plus de 3000 pages de documents que l’ONG Greenpeace a pu obtenir suite à une requêted’accès aux dossiers, il est possible de constater que le travail des responsables de l’EPA est constamment annoté, édité et révisé par des responsables de l’industrie des combustibles fossiles. Mais pourquoi l’industrie est-elle impliquée à ce point? Parce que dans son approche initiale, l’étude de l’Agence nécessitait le soutien de l’industrie.

L’Agence de protection de l’environnement voulait identifier quels étaient les risques –s’il en existait-…

Voir l'original 660 mots de plus


L’inertie du G7 prépare de nouveaux crimes climatiques ! Décryptage

Gaz de Schistes Provence - sam, 13/06/2015 - 19:15
L’inertie du G7 prépare de nouveaux crimes climatiques ! Décryptage

09 juin 2015 |  Par Maxime Combes

L’analyse de la déclaration du G7 est sans appel : le G7 fait du surplace par rapport au G8 de 2009, accentuant le fossé entre les discours et la réalité du chaos climatique. Loin de la décarbonation de l’économie mondiale, le G7 défend le business as usual et des politiques climaticides.

 

Les pays du G7 étaient attendus au tournant. Mis à l’index par des ONG (Oxfam, Greenpeace, Amis de la Terre etc) demandant aux pays du G7 (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada) de stopper leur soutien aux centrales au charbon, et invités par Angela Merkel, hôte du G7, à s’engager sur des objectifs ambitieux de réduction d’émission de gaz à effet de serre (GES), les pays du G7 ont envoyé un message clair au reste du monde : la lutte contre les dérèglements climatiques n’est pas une priorité absolue ! La recherche de la croissance et la défense du business as usual restent leur priorité. Au final, dans le meilleur des cas, le G8 fait du surplace en matière d’engagements pour le climat, tandis qu’il renouvelle son soutien à des politiques économiques et financières qui sont à l’origine de la crise climatique.

La déclaration finale du G7 fait dix-neuf pages en anglais (ici en anglais et ici en français). Voilà une première analyse qui porte principalement sur les parties consacrées au climat, mises en rapport avec les parties portant sur l’économie mondiale (commerce, finance, etc).

1. En matière de climat, le G7 fait du surplace.

Certains vont sans doute se féliciter que les pays du G7 annoncent vouloir rester en deçà des 2°C de réchauffement climatique global et qu’ils reconnaissent la nécessité de réduire les émissions globales de 40 à 70 % d’ici à 2050 par rapport à 2010. Soit le strict minimum au regard des recommandations du GIEC. Ce serait oublier un peu vite que les pays du G8 (G7 + Russie) s’étaient déjà engagés en 2009 (G8 de L’Aquila – Italie) à ne pas dépasser les 2°C et à atteindre une réduction d’au moins 50 % des émissions mondiales d’ici à 2050 (voir la déclaration de l’époque). Rien de neuf donc dans la déclaration de 2015. Sauf qu’à l’époque, ils s’étaient également engagés à réduire de 80 %, ou plus, leurs propres émissions d’ici 2050. Aucune mention de cet objectif n’est présent dans la déclaration de cette année. Les pays du G7 ne se sont tout simplement pas fixés d’objectifs de réduction d’émissions pour 2050. Ni pour aucune autre date intermédiaire (2020, 2030, etc). C’est une régression par rapport à 2009.

Dans cette déclaration, le G7 se félicite des engagements pris par ses pays-membres pour la période post-2020. Ce que l’on appelle les contributions nationales, les INDC, dans le jargon des négociations. Etonnant quand on sait que les engagements des Etats-Unis sont très largement insuffisants (voir ici), tout comme ceux que le Japon et le Canada viennent de rendre public. De son côté, la copie rendue par l’Union européenne, bien que meilleure, est loin d’être à la hauteur des enjeux (voir ici). Bref, le G7 se félicite des contributions de ses membres qui conduisent la planète sur une tendance de réchauffement de 3 à 4°C. Pour être à la hauteur de l’objectif des 2°C que les pays du G7 disent vouloir respecter, chacune de leurs contributions nationales devrait être très largement revue à la hausse. Ce n’est pas le cas. Aucun ne le souhaite, ni pour la période prè-2020 ni pour celle qui suit. Le fossé entre les bonnes intentions et la réalité des émissions ne peut que s’accroître.

2. Big Oil et Big Coal peuvent se frotter les mains

Les observateurs vont également se féliciter que la déclaration finale du G7 parle de décarbonation de l’économie. Certains le font déjà avec emphase puisque l’European Climate Foundation décrit cette déclaration comme « historique », signalant « la fin de l’âge des fossiles ». Un peu de sérieux est sans doute nécessaire. Les pays du G7 soulignent effectivement la nécessité d’une « décarbonation de l’économie mondiale au cours du siècle ». Est-ce un progrès ? Cela aurait pu en être un si une date limite et des objectifs intermédiaires avaient été fixés et si les pays du G7 s’étaient donné une feuille de route. Pour respecter les 2°C et atteindre la décarbonation de l’économie mondiale, cela suppose que les pays du G7 réduisent leurs émissions de près de 95% d’ici à 2050. Comme nous l’avons vu, les pays du G7 ne se sont pas fixés d’objectifs pour 2050. Pas plus qu’il n’y a d’objectifs intermédiaires. Quand ils parlent d’eux-mêmes, les pays du G7 n’évoquent plus la décarbonation, mais affirment qu’ils feront leur part pour aller vers « une économie mondiale sobre en carbone à long terme ». Difficile de faire plus vague et imprécis. La décarbonation (terme mentionné une seule fois) est donc un objectif sans calendrier de mise en œuvre : c’est un objectif qui flotte dans l’air et qui n’est rattaché à aucune feuille de route. Pendant les quatre-vingt cinq ans à venir, d’ici à la fin du siècle, Big Oil peut dormir tranquille et continuer à profiter de la bombe climatique sur laquelle il est assis.

Les ONG en sont pour leurs frais. Le G7 ne s’est bien-entendu pas engagé à sortir de l’ère du charbon, pas plus que de l’ère des fossiles. Mieux, le charbon n’est pas un problème pour les pays du G7 puisqu’ils ne l’évoquent même pas. Aucune mention dans la déclaration. Les énergies fossiles ? Guère mieux. Elles sont évoquées une fois pour annoncer que les subventions aux énergies fossiles doivent être supprimées. Un progrès ? Pas vraiment, puisque seules les subventions jugées « inefficaces » doivent l’être. C’est-à-dire les subventions qui gênent la bonne marche de l’économie mondiale. Que des subventions « efficaces » (la majeure partie sans doute) contribuent au réchauffement climatique ne pose aucun problème aux pays du G7. Rappel : les subventions aux énergies fossiles représentent près de 100 milliards de dollars pour les pays de l’OCDE. Le FMI les évalue lui à 10 millions d’euros par minute, pour l’ensemble des pays de la planète.

Avec les pays du G7, « l’ère des énergies fossiles » a de beaux jours devant elle et les multinationales pétrolières, gazières et charbonnières peuvent se frotter les mains : le G7 n’a pas prévu de réguler leurs activités climaticides (elles ne sont pas mentionnées de la déclaration). Bien-entendu, aucune mention n’est faite du processus de désinvestissement que connaît le secteur des énergies fossiles – sans doute l’une des initiatives les plus pertinentes et appropriées que l’on connaisse à l’heure actuelle – alors que des pays réellement convaincus de l’urgence climatique devraient promouvoir et renforcer cette dynamique. Pas les pays du G7.

3. Les pays du G7 ne veulent pas payer ! Ils confient la tâche au secteur financier

Les pays du G7 sont responsables de plus de 50 % des émissions mondiales depuis la révolution industrielle. Ce qui revient à dire qu’ils sont largement responsables des dérèglements climatiques actuels (typhons, sécheresses, inondations, fonte des glaces etc) qui font déjà des milliers et des milliers de morts et dévastent des territoires entiers. Il était attendu qu’ils trouvent des solutions pour accroître les financements internationaux en matière de climat (mitigation, adaptation, pertes et dommages, etc). Résultat : aucun nouvel engagement en la matière. Ils sont d’ailleurs contents d’eux-mêmes, déclarant que « les financements climat se déploient déjà à des niveaux supérieurs ».

Si l’objectif des 100 milliards de dollars est mentionné, aucune feuille de route n’est fixée. Personne ne sait quand et comment ils seront disponibles alors qu’à peine 10 milliards, sur plusieurs années, ont été récoltés jusqu’à présent. Les pays du G7 appellent les banques de développement (Banque mondiale, etc) à « débloquer des financements climat ». Ces banques ont pourtant toujours financé des infrastructures et des programmes contraire à la lutte contre les dérèglements climatiques (centrales à charbon, etc). Ils en appellent également à la mobilisation du secteur privé, dont on sait qu’il ne finance pas ce qui n’est pas rentable : ceux qui n’ont pas les moyens de se protéger des conséquences du dérèglement climatique devront donc se débrouiller tous seuls. Non, pas tout à fait. Les pays du G7 ont aussi pensé à eux. Les pays du G7 s’engagent à ce que « 400 millions de personnes supplémentaires des pays les plus vulnérables aient accès à une assurance pour faire face aux conséquences des risques liés au changement climatique d’ici à 2020 ». Les assurances se frottent les mains. C’est à elles que les pays du G7 confient la survie des populations les plus vulnérables de la planète !

4. La croissance à tout prix, et le business as usual, voilà l’objectif du G7

La déclaration fait dix-neuf pages (en anglais). La lutte contre les dérèglements climatiques est une priorité des pays du G7. La preuve ? Après un petit mot en introduction, le chapitre qui y est consacré, se trouve en page quatorze. Soit à la fin de la déclaration. Très loin des chapitres consacrés à l’économie mondiale, au commerce international, au système financier, etc. qui eux se trouvent en tête de déclaration. L’occurrence des termes est également frappante. La « croissance », dont on sait qu’elle est (souvent ? toujours ?) contradictoire à la lutte contre les dérèglements climatiques, est mentionnée à 20 reprises en moins de vingt pages, dans presque tous les chapitres. Le commerce international à une quinzaine de reprises. La crise climatique n’est réellement évoquée que dans le seul chapitre qui lui est consacré. Preuve que la crise climatique est une priorité secondaire pour les pays du G7.

Et sur le contenu ? L’ambition du pays du G7 est clairement de retrouver le chemin de la croissance économique. Pour ce faire, la déclaration expose en détail, par exemple, comment il faut généraliser les politiques de libéralisation du commerce et de l’investissement : les pays du G7 se félicitent du dernier accord au sein de l’OMC qui favorisent les multinationales au détriment des pays les plus faibles (voir ici) ; ils encouragent la poursuite des négociations sur le commerce des services (TISA) et sur le commerce des biens et services environnementaux ; sans oublier de mentionner les efforts menés pour finaliser les négociations du Ceta, du Tafta, du TPP, ou encore de l’EPA (UE-Japon). Tous les pays de la planète sont invités à faire de même. Plus de commerce international pour plus de croissance, voilà le message des pays du G7 au reste du monde. Il est hors de question de revenir sur les règles qui organisent le business as usual.

Or, comme nous l’avons expliqués dans d’autres papiers, la lutte contre les dérèglements climatiques est incompatible, si l’on souhaite être un peu sérieux sur la question, avec la poursuite de la libéralisation du commerce et de l’investissement. Les pays du G7 ne sont pas prêts à s’y résoudre. Ils s’engagent ainsi à poursuivre des politiques qui nous conduisent vers le chaos climatique.

Comme le dit Attac France dans son communiqué, « plutôt que de dépenser 200 millions d’euros pour se réunir dans un château surprotégé, il serait temps de créer un tribunal international pour juger les crimes climatiques. Nul doute que l’inaction irresponsable des dirigeants du G7 leur vaudrait une comparution immédiate ».

Maxime Combes, Economiste, membre d’Attac France et de l’Aitec,

@MaximCombes sur Twitter

http://blogs.mediapart.fr/blog/maxime-combes/090615/linertie-du-g7-prepare-de-nouveaux-crimes-climatiques-decryptage


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