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Les enjeux du conflit
Les communautés indigènes natives de l'Amazonie péruvienne, rassemblées dans l'Association Interethnique pour le développement de la forêt péruvienne (AIDESEP), avaient entamé depuis le 9 avril 2009 une grève générale en réponse à la politique néolibérale du gouvernement d'Alan Garcia et ses conséquences. Elles dénonçaient notamment l'adoption, dans le cadre de la mise en œuvre des Traités de Libre Commerce signés avec les Etats Unis et avec la Chine et en vue du futur Accord d'Association avec l'Union européenne, d'un paquet de décrets législatifs (DL) qui menacent les droits des populations autochtones de l'Amazonie et la biodiversité de la forêt. Ils s'insurgeaient contre la mise en vente de 10 millions d'hectares de terre de la forêt au profit des filières d'agro-carburants, de la capture de carbone, des cultures transgéniques et de la biopiraterie. Elles manifestaient leur indignation face à la parcellisation de 70% de l'Amazonie péruvienne en lots attribués par le gouvernement aux multinationales pour la prospection et/ou l'exploitation d'hydrocarbures et de minerais. Ces lots se trouvent en grande partie dans des zones classées «réserves naturelles » ou sur les territoires habités par les peuples indigènes. Les impacts de cette exploitation sur l'environnement et la santé des populations sont d'une extrême gravité. Elles souhaitaient enfin dénoncer la pauvreté : près du 59% d'indiens de l'Amazonie vivent en dessous du seuil de pauvreté. Dans les communautés Awajún et Wampis de la province de Condorcanqui, celles qui ont subi le masacre, 72.6% des enfants souffrent de malnutrition.
Pérou : pays méga-divers
Derniers combats des indigènes de l'Amazonie contre les multinationales
Les peuples de l'Amazonie occupent pour la première fois le devant de la scène politique lors des mobilisations de juillet-aout 2008 contre les décrets législatifs 1015 et 1073 qui visaient à faciliter la vente des terres de communautés indigènes aux investisseurs privés. Alors que les mobilisations précédentes des organisations sociales, syndicales de zones urbaines et des communautés indigènes des plateaux andins s'essoufflaient, l'irruption de l'AIDESEP en aout 2008 renversera la vapeur jusqu'à obtenir l'abrogation de ces deux décrets législatifs. C'est à l'occasion de cette première victoire que les Péruviens découvrent l'AIDESEP, devenue aujourd'hui un acteur politique de premier plan.
A partir de décembre 2008, les populations Awajun et Wampis de la province de Condorcanqui, département d'Amazonas, recommencent leur combat pour le retrait de l'entreprise minière canadienne Dorato SAC de leurs territoires. L'exploitation du cuivre, de l'or et de l'uranium menaçait de pollutions graves la zone de la cordillère du Condor, les fleuves Sawientsa, Comaina, Marañón et Amazonas, et le Parc National Ichigkat Muja, la zone réservée Santiago-Comaina et la Reserve Communale Tuntanain. L'entreprise Dorate s'était installée dans des campements de l'armée péruvienne à Tambo et Ciro Alégria pour réaliser ses activités de prospection sous la protection de l'armée.
Depuis le début de l'année 2009, les indigènes ont réalisé de nombreuses actions pour la défense de leurs droits et de l'environnement, contre notamment le groupe pétrolier Franco-britannique Perenco, l'entreprise argentine Pluspetrol Norte S.A. en Loreto (48 accidents pétroliers entre 2006 et 2008) et l'espagnole Repsol YPF dans le bassin de Napo.
Situation actuelle et perspectives
Suite à la forte mobilisation nationale et internationale, le gouvernement péruvien s'est vu obligé d'abroger deux autres décrets législatifs les plus contestés [2] : le DL1090 sur la loi forestière et de la faune silvestre, qui laissait en dehors du régime forestier 45 millions d'hectares - 60% ! - de la forêt péruvienne pour les donner en concession aux entreprises privés, et le DL1064 sur le régime juridique pour les terres à usage agraire, qui changeait l'usage des terres des peuples indigènes sans leur avis ni autorisation, pour laisser place aux oléoducs, gazoducs et installations pour l'exploitation minière et pétrolière. Le premier ministre a annoncé sa probable démission, le Président a reconnu que le gouvernement n' pas respecté la convention 169 de l'OIT relative aux peuples indigènes et tribaux dont le Pérou est signataire.
Aujourd'hui, les peuples indigènes de l'Amazonie sont devenus les principaux acteurs de la lutte politique, économique, sociale, culturelle et écologique au Pérou. Ils ont signé pour la première fois un pacte d'unité historique et irréversible avec les indigènes andins. Ils fédèrent les luttes sociales, syndicales et paysannes de toutes les régions du Pérou. L'espoir d'un autre monde au Pérou est né dans l'Amazonie. L'utopie s'est installée dans la forêt.
par Helia CACERES, FAL
Article à paraître dans le FAL MAG 97
www.franceameriquelatine.org
Malgré les récentes avancées, de nombreux points restent en suspens.
France Amérique Latine exige du gouvernement péruvien:
Notes :
[1] Los Indígenas han forjado la alianza andino-amazónica, que marca una inflexión en la historia del Perú", Roger Rumrrill (chercheur péruvien), Interviewé parYasser Gómez | Sangre en las ideas, Juin 2009
[2] Restent à abroger : DL 994, 1089 y 1020 (parcellarisation de la forêt et d'élimination de la propriété collective), DL 1080 et 1060 (qui favorise l'introduction des OGM et la biopiraterie), DL 1083 et 1081 (privatisation de l'eau), DL 995 qui modifie la norme de la relance de la Banque agraire.
mas sobre la Amazonia
estamos viendo la arremetida del imperio americano que busca tierras virgenes para explotar sus riquezas y luego posesionarse de ellas. Con el recalentamiento del planeta, una segunda era glacial va a afectar a los paises del norte del tropico de cancer, lo que obligara al desplazamiento de estos hacia el sur, por eso los Estados Unidos estan mirando la posibilidad de invadir lentamente la america del sur para tener tierras al momento que necesiten abandonar los territorios del norte, sea de Mejico hacia abajo. Y los calculos han fallado puesto que varios fenomenos atmosfericos previstos para el 2030 ya estan ad-portas, por eso los gringos estan acelerando la invasion.