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Le modèle de développement actuel, que nous souhaitons différent, est basé sur l’accroissement permanent de la production et donc sur l’hyper-exploitation des ressources naturelles et des individus, à la base de la chaîne de production. Appliqué à une zone géographique donnée, ce modèle peut être schématisé de la façon suivante:
Donnons un exemple. Le Brésil gagne son autonomie énergétique en développant les agro-combustibles, ce qui contribue effectivement au développement national. Mais les zones concernées par l’exploitation du soja ou de la canne à sucre souffrent de multiples problèmes : déforestation, expropriations, exploitation des travailleurs, droits collectifs et individuels bafoués, enrichissement d’une poignée, appauvrissement d’une majorité.
Il ne s’agit pas du développement tel que nous l’entendons.
Car, si le développement recherché doit bien entendu être « durable », il doit surtout se faire en concertation avec ceux qu’il concerne en premier lieu. Quoi de plus choquant que de s'amputer d'une partie de son corps pour que les autres soient plus fortes ? Afin qu’aucune partie de la société ne se voit « amputée », cela doit être à elle de décider, parce qu’elle sait mieux que les autres de quelle façon elle souhaite évoluer, avancer, se développer. Parce qu’elle a le plus de légitimité. Une légitimité qu’oublient trop souvent ceux qui invoquent l'intérêt général pour décider à la place des autres ce qui est bon pour eux.
Dans ce sens, nous souhaitons voir se développer la démocratie participative et l’emploi systématique d’outils de consultation populaire. Si une majorité de personnes vivant dans une zone géographique concernée par un plan de développement se prononcent contre, alors le projet doit être revu, corrigé, amendé, voire supprimé.
Ces consultations ne doivent pas se résumer à l’application formelle d’une obligation légale. Au contraire, elles doivent être conçues en collaboration avec les représentants des communautés, des associations et de toutes les organisations locales, s’adresser à l’ensemble de la population concernée et s’accompagner d’un libre accès à l’information utile à la prise de décision. En effet, si le droit au consentement préalable, libre et informé est reconnu par de nombreux textes internationaux de droits de l’homme et des peuples et par la plupart des législations nationales, trop souvent, ce droit n’est respecté que sur le papier, les consultations étant partielles et conduites sans information préalable des participants. Les consultations populaires ne doivent pas être des consultations populistes !
En réponse à cette problématique, et au-delà des référendums initiés par l'État, nous souhaitons que les référendums d'initiative populaire soient reconnus pour ce qu’ils sont : l’expression des volontés d'un peuple.
Nous voulons interpeller les candidats aux élections européennes du 4 et 7 juin 2009 sur la nécessité de réfléchir sur ce qu’on entend par « développement ». Nous sommes de plus en plus nombreux à avoir honte.
En cette époque de crise systémique, ne nous trompons pas de combat, n’essayons pas de colmater les brèches du système. Il est temps d’affirmer clairement que le modèle de développement actuel n’est pas une fatalité.
Qu’il est possible de faire progresser la vraie démocratie partout dans le monde.
Qu’il est possible d’exiger des multinationales occidentales qu’elles se comportent dans « les pays du sud » au moins comme elles le feraient dans « un pays du nord ».
Et enfin, qu’avec plus d’autonomie, il est possible de mieux « se développer », tout en étant respectueux de la nature et en conservant son humanité.
Exigeons un autre monde.