Hydrocarbures

France: Bientôt des puits de pétrole au large de Marseille ?

Ceux qui ont vécu le premier choc pétrolier se souviennent sans doute de ce slogan-choc inventé par l'État pour inciter nos concitoyens à l'économie : "En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées". Trente-cinq ans plus tard, on pourrait presque renverser l'ordre des propositions : "En France, on n'a plus beaucoup d'idées, mais on a - un peu - de pétrole". D'abord en Guyane, où le gouvernement vient d'autoriser l'exploitation d'un gisement d'une capacité estimée à au moins 1 milliard de barils. Ensuite en Méditerranée, où deux sociétés spécialisées, l'Anglaise Melrose Mediterranean Limited (MML) et l'Américaine Noble Energy, envisagent de forer un puits d'exploration à moins de 30 km au sud de nos côtes. C'est en tout cas ce que MML a demandé à Éric Besson, ministre de l'Industrie, et à Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Écologie, co-responsables de la délivrance des permis et autorisations en matière pétrolière. Dans le dossier déposé en juillet 2010 - et toujours à l'instruction -, MML se montre assez optimiste. Assurant que "tous les éléments nécessaires à un système pétrolifère actif sont potentiellement présents" sur le périmètre qu'elle explore depuis bientôt 10 ans, la société britannique "sollicite une prolongation du permis pour une durée supplémentaire de 5 ans", indiquant que dans l'hypothèse où ses investigations "indiqueraient une implantation de forage techniquement et commercialement viable, un puits d'exploration serait foré", pour un coût "aux alentours de 35 millions de dollars US". A ce prix-là, on se doute que MML n'a pas l'intention de creuser pour la seule beauté du geste. D'où les craintes des associations écologistes, convaincues que le gouvernement autorisera tôt ou tard les plateformes d'extraction en Méditerranée. Jusque là, rien ne permet de leur donner tort.

Une proposition révolutionnaire de l’Équateur : l’Initiative Yasuní ITT

Parc YasuniParc YasuniComment engager de véritables politiques de lutte contre le réchauffement climatique ?

L'échec du sommet de Copenhague, en décembre 2009, a montré les difficultés des États à se remettre en question quant à leur modèle de développement et à présenter de véritables politiques de lutte contre le réchauffement climatique en accord avec les autres pays du monde. Face à cette incapacité à aller au-delà des intérêts nationaux et commerciaux, un petit pays, l'Équateur, propose au monde une idée simple mais révolutionnaire  : l'Initiative Yasuní ITT.

Le projet ITT (sigle venant du nom des trois forages d'exploration se trouvant dans la zone  : Ishpingo-Tambococha-Tiputini) consiste à laisser sous terre quelque 850 millions de barils de pétrole situés dans le parc Yasuní, une réserve naturelle contenant une des plus importantes biodiversités au monde. L'exploitation de ce pétrole lourd pourrait rapporter à l'État entre 5 et 6 milliards de dollars (avec un prix de 70 dollars le baril). Mais en échange, l'Équateur, en partant du principe de coresponsabilité pour les problèmes environnementaux globaux, demande à la communauté internationale une contribution de 50 % au minimum de la manne financière dont il pourrait disposer s'il exploitait ce pétrole. La biodiversité en Amazonie doit être considérée comme un bien commun mondial car c'est la plus grande source d'oxygène au monde.

Pérou: Massacre des communautés indigènes de l'Amazonie et naissance d'un nouvel acteur politique, AIDESEP

Le samedi 5 juin, date de la journée mondiale de l'environnement, le gouvernement péruvien a lancé une attaque armée d'une extrême violence contre les populations indigènes de l'Amazonie péruvienne pour les déloger d'un barrage installé sur une route de la province de Bagua, Amazonas, en signe de protestation face au refus de dialogue sur leur exigence d'abrogation de dix décrets législatifs attentatoires à leurs droits et à l'environnement.
Le résultat : 24 policiers décédés, et un nombre important d'indigènes dont le chiffre exact est sujet à controverse, car si le gouvernement reconnait la mort de 9 personnes, l'enquête de l'association de droits humains APRODEH compte 60 disparus. Des témoignages parlent de nombreux cadavres brûlés et jetés dans des fleuves depuis des hélicoptères, ainsi que de fosses communes. Plus de 300 membres des communautés indigènes ne sont pas retournés chez eux après le massacre, où sont-t-ils passés? Toutes les hypothèses circulent. Le rapporteur de l'ONU qui s'est déplacé à Bagua a reçu ces réclamations.

Procès contre Chevron Texaco en Equateur

En mai 2003 s’ouvre en Equateur le « procès environnemental du siècle » contre la compagnie pétrolière étatsunienne Chevron-Texaco.
Une douzaine de communautés souffrent jusqu’à ce jour des conséquences de la pollution générée par les activités de la compagnie pétrolière dans la forêt amazonienne. En 28 ans de présence, Texaco a contaminé une vaste zone du territoire national, rejetant des déchets toxiques et des « eaux de formation » (eaux utilisées dans le processus d’exploitation pétrolière) dans les estuaires et les fleuves utilisés par plus de 30 000 personnes comme source d’eau potable, d’irrigation et de pêche. La pollution très importante des eaux et des sols a des conséquences catastrophiques pour la santé des populations de la zone, où les taux enregistrés de cancers, leucémies, problèmes digestifs et respiratoires sont sensiblement supérieurs à ceux du reste du pays. De nombreuses personnes ont dû abandonner leurs terres et ceux qui restent n’ont d’autre choix que de consommer une eau au goût de pétrole et de cultiver des terres empoisonnées.

Impacts environnementaux et sociaux de l’industrie pétrolière

L’exploitation du pétrole marque profondément les territoires où elle a lieu. Voici une liste non-exhaustive de ses impacts possibles pour l'environnement et les hommes.