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Carton rouge

Zones à défendre: Les Zadistes et Conga, expériences de luttes similaires dans des contextes différents.

Date de publication: 
Vendredi, 5 Avril, 2013
Par: 
RaquelN

Zones à défendre: Les Zadistes et Conga, expériences de luttes similaires dans des contextes différents.

Bocages et zones agricoles de Notre Dame des Landes (NDDL)

Depuis plusieurs mois, de nombreux irréductibles occupent chaque semaine à tour de rôles l'un des campements d'une zone de 2000ha pour le protéger. Ils ont construit des barricades pour empêcher l’entrée des policiers qui les ont, plusieurs fois déjà, délogé violemment. Les agriculteurs de la zone et des fermes menacées, mais aussi tout un réseau de soutien, les aident à se nourrir. L’alimentation est sommaire, pour ne pas dire autre chose, et consiste essentiellement en carottes, patates, betteraves et nouilles décorées de chips faites de pelures de patates. Tout se mange, rien n’est jeté, et les jeunes entrent souvent dans la cuisine morts de faim. La lutte et la résistance à des températures négatives, ça ouvre l’appétit.

Algérie : feu vert pour les gaz de schiste

Après un vote pratiquement à sens unique, la nouvelle loi sur les hydrocarbures N.13-01 du 20 février 2013 modifiant et complétant celle du 28 avril 2005, a été publiée au JO n°11, du 24 février dernier.

Le rideau est donc tombé sur le déjà ancien débat sur l'exploitation des gaz de schiste, en Algérie. La nouvelle loi sur les hydrocarbures n'a pas été tellement remaniée par rapport à l'ancien texte de 2005, hormis l'exploitation des gaz non conventionnels, c'est-à-dire les gaz de schiste et quelques réaménagements concernant le transport de gaz et de pétrole par canalisations qui seront désormais dévolus à Sonatrach.

En Grèce, le village d'Iérissos s'oppose à la réouverture de mines d'or

La Grèce endettée possède de l'or dans ses sous-sols. Ce devrait être une bonne nouvelle, mais dans le village d'irréductibles Hellènes de Iérissos, à quelques kilomètres de la porte d'entrée du mont Athos, la relance des mines est vécue comme une catastrophe. "Non aux mines d'or", proclament des banderoles aucentre du village de 3 000 habitants. Les heurts avec la police sont devenus fréquents dans la forêt de Skouriès de cette région de Chalcidique, à 100 kilomètres à l'est de Salonique, dans le nord du pays.

Pour Christos Pappas, Tolis Papageorgiou, Kostas Efthimiou, Maria Kadoglou, c'est le combat d'une vie. Cela fait des années qu'ils luttent contre les risques de pollution de leur belle Chalcidique et de ses montagnes recouvertes de forêts et de bruyères en fleurs qui tombent dans la mer. Ils se battent devant les tribunaux, dans les médias et sur le terrain. Ils se sont opposés aux exploitants miniers successifs mais trouvent aujourd'hui face à eux un acteur protéiforme, plus difficile à attaquer : la crise économique.

Hommage a Celendin

Date de publication: 
Lundi, 25 Février, 2013
Par: 
RaquelN

Hommage à CelendinConga et NDDLConga et NDDL

Entretien avec Milton Sanchez, Secrétaire  de la Plataforma Interinstitucional de Celendin*

Le peuple de Celendin lutte depuis plus d’un an contre le projet minier Conga.  Cette résistance pacifique lui a couté quatre vies. Malgré l’importance de l’opposition à ce projet, l’entreprise minière et le gouvernement utilisent tous les moyens possibles pour contrecarrer la résistance.

J’offre à Milton une bouteille de  bière de Notre-Dame-des-Landes (NDDL), il en est fier et sourit de voir que les résistances contre des méga- projets se ressemblent. Il est très bien informé de la résistance contre la construction de l’aéroport à NDDL. 

Le gouvernement dit avoir suspendu le projet des mines Conga. Cependant, il oublie de mentionner que selon l’étude d’ impact environnemental de ce projet, la première eétape est constituée par la construction des réservoirs, ce qui de fait est en train de se faire.

J’ai pu le constater de mes propres yeux lors d’une visite aux lacs de Conga. Le gouvernement utilise plusieurs moyens de pression pour mener à mal la résistance: il entre avec force avec plusieurs projets sociaux – jusqu’ ici il n’ en était rien- comme l’allocation de plusieurs aides: familiales, pour les personnes âgées, pour les enfants en bas âge ou tout simplement avec la distribution de 200 soles (60 euros) à toute personne sous la mention “bonus énergétique”. Aussi, des cuisines a gaz sont distribuées, parfois acceptées, parfois refusées par la population.

Les collectifs anti gaz et pétrole de schiste, nouveau visage du terrorisme en France ?

Date de publication: 
Mercredi, 6 Février, 2013
Par: 
Nato Guachi - ALDEAH

L’information serait certainement passée inaperçue si quelques personnes vigilantes ne l'avaient pas exhumée sur le site Internet du Figaro [1]. La brève débute ainsi : « Les services de renseignement de la police ont reçu récemment comme instruction de suivre "au plus près" les entreprises en difficulté afin d'anticiper une éventuelle "radicalisation" de mouvements sociaux ». D'emblée le ton est donné et il est plutôt inquiétant. De vieux et mauvais souvenirs que l'on espérait enfouis à jamais au plus profond de notre mémoire commencent à remonter à la surface. D'autant plus que cette note du directeur central de la sécurité publique (DCSP) dont se fait écho le Figaro fixe les objectifs prioritaires de la sous-direction d'information générale (SDIG, ex-RG). Jamais rassurant en matière de libertés publiques... Petit à petit, la lecture de l'article confirme nos craintes lorsque surgissent soudain les dernières lignes : « Parmi les groupes ou milieux à suivre "avec constance", la note évoque les mouvements de défense de l'environnement, qui peuvent être amenées à conduire des "actions fortes" sur les thèmes du nucléaire ou du gaz de schiste qui doivent également "faire l'objet d'une veille permanente" ». Voilà, c'est donc écrit noir sur blanc, « l'ennemi 'intérieur » pour l’État français, ce sont les mouvements de justice sociale et environnementale.

Le droit à l’eau dans les communautés touchées par les activités minières au Pérou

Date de publication: 
Vendredi, 7 Décembre, 2012
Par: 
Marco Arana

Foro Internacional del Agua

Cajamarca 6 y 7 de Diciembre 2012
 
Par Marco Arana Zegarra[1] 
  

La Nouvelle Loi Générale des Mines promulguée par Fujimori en 1992 avait comme but de promouvoir et de stimuler le développement de l’activité minière au Pérou et son efficacité a été telle que pour la période 2007-2011 les exportations du secteur primaire sont venues à représenter, en moyenne, 70% de toutes les exportations, transformant rapidement le Pérou en le principal producteur d’or de l’Amérique Latine. Cependant, l’industrie minière est aussi la principale source de conflits socio-environnementaux, principalement hydriques, dans le pays.

Arnaud Montebourg : la France doit "redevenir un pays minier"

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a souhaité mardi que la France puisse redevenir un pays minier, afin notamment de sécuriser les approvisionnements en métaux stratégiques, et a regretté l'absence dans l'Hexagone d'un grand acteur dans le secteur. Le ministre "souhaite donner une nouvelle ambition à la France, celle de redevenir un pays dans lequel on peut exploiter des mines, comme le font de nombreux pays européens", a-t-il indiqué dans un communiqué à l'issue du Comité des métaux stratégiques (Comes). "Il s'agit d'améliorer notre connaissance du sous-sol, en revisitant l'inventaire de notre sous-sol", précise-t-il dans le communiqué.

« Eau et Extractivisme » au FAME 2012 [FAL MAG]

Date de publication: 
Dimanche, 6 Mai, 2012
Par: 
Anna Bednik

 «Nous qui appartenons aux différentes luttes contre l’extractivisme […], originaires de nombreux pays du Sud et du Nord, nous nous reconnaissons comme faisant tous partie du même combat […] », [1] - ont déclaré, après deux jours d’ateliers et débats, les participants aux activités de l’axe thématique « Eau et Extractivisme » du FAME 2012. Argentins, Brésiliens, Chiliens, Colombiens, Equatoriens, Guatémaltèques, Mexicains, Péruviens, Pakistanais,… Allemands, Bulgares, Etats-uniens, Irlandais, Polonais, Turcs, Français…, - nous avons été nombreux à nous rassembler autour de ce thème.

Luttes contre l’extractivisme ? Le FAME 2012, avec un axe thématique dédié (6 ateliers et tables rondes) leur a fait la part belle, en assumant de désigner l’extractivisme comme tel, y compris ici en France, où cet emprunt au vocabulaire d’outre-Atlantique faisait surtout référence jusque-là à des combats et débats d’ailleurs. Dans les milieux universitaires et militants d’Amérique hispanophone [2], le terme «extractivisme », amplement utilisé, ne s’arrête généralement plus aux industries extractives au sens strict (mines et hydrocarbures). Il se rapporte, par extension et de façon beaucoup plus large, à l’accélération de toutes les activités d’exploitation des « ressources naturelles » à échelle industrielle (comprenant l’agro-industrie et jusqu’à la conception d’infrastructures facilitant les activités d’extraction). 

L’énergie pour quoi et pour qui? Entretien avec le MAB (Mouvement des Affectés par les Barrages, Brésil)

MABMABLe Brésil a le troisième plus haut potentiel de production d’énergie hydraulique au monde (10% du potentiel mondial) [1]. 30,9%  « seulement » de ce potentiel est exploité actuellement. La construction de plus de 400 barrages hydroélectriques existants (dont 156 grands) a déjà expulsé plus d’un million de personnes de leurs terres et de leurs maisons. Il est prévu de construire 90 nouvelles centrales hydroélectriques d’ici 2016, pour une capacité de production de 36 834 MW . Le Plan National de l’Energie prévoit une production d’hydroélectricité de 94 700 MW à l’horizon de 2030. Le Mouvement des Affectés par les Barrages (MAB), défend les droits des familles expulsées ou menacées, tout en posant la question du modèle de société. Nous avons rencontré Daiane et Rogério Hohn, responsables de la coordination du MAB de l’Etat du Pará, et Moises da Costa Ribeiro, responsable du MAB à Altamira, à Marabá (Pará), en juillet 2010. 

La Méditerranée et l’Île-de-France, nouveaux eldorados des pétroliers ?

Avec l’augmentation du prix du baril, les entreprises pétrolières et gazières prospectent à tout va. La France n’échappe pas à cette ruée vers l’or noir. Des pétroliers texans s’intéressent de près aux côtes marseillaises. Des multinationales s’appuient sur des recherches scientifiques pour sonder les fonds au large de la Camargue. Plusieurs permis d’exploration sont en passe d’être renouvelés à proximité de l’agglomération parisienne. Collectifs citoyens et élus commencent à s’inquiéter.