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Extractivisme

Accident pétrolier à Marinza : 60 foyers évacués - ALBANIE

Date de publication: 
Lundi, 6 Avril, 2015
Par: 
Françoise Lienhard

L'Albanie,  est un producteur de pétrole non négligeable en Europe et l'exploitation du pétrole y a commencé à la fin des années 30. Et depuis, les forages  y ont lieu sans relâche. 145 puits y ont été forés en 2013. Et pourtant, L'Albanie est, après la Moldavie, le pays le plus pauvre d'Europe. Si l'on regarde la vue satellite du secteur de Patos Marinza, près de la ville de Fier, on distingue une plate-forme de forage ou d'exploitation tous les 100 m environ dans toute la zone. Quel est donc le prix environnemental et humain de cette exploitation ? A vrai dire : toute la zone est complètement pourrie par l'exploitation des hydrocarbures non conventionnels. L'eau n'y est plus potable selon certains habitants vivant sur le secteur, qui la boivent faute de mieux.

On ne fait d'omelette sans casser des oeufs. Un accident (1) a d'ailleurs eu lieu mercredi 1er avril à Marinza, village de 4000 habitants situé au cœur même du champ pétrolier : des explosions, des secousses sismiques, des geysers de boue et d'hydrocarbures mélangés aux produits utilisés pour forer les puits ont envahi un quartier de ce village et obligé une soixantaine de familles à évacuer leur maison. Bankers Petroleum, bénéficiaire de la concession, creuse en général dans ce secteur à 1,300 mètres pour atteindre le niveau du pétrole, mais mercredi dernier, le forage du puits atteignait  500 m seulement quand l'accident s'est produit, un accident filmé (2) par une télévision allemande. Ces images montrent la noirceur de la situation et le désarroi des habitants. Des habitants tous malades du pétrole, en particulier les enfants, si l'on en croit un témoignage (3) datant de plus de dix ans.

Changer de maître, mais pas d’école ? Opération Correa en huit leçons.

Date de publication: 
Jeudi, 23 Avril, 2015
Par: 
Collectif Aldeah

Actuellement en salles, le film « opération Correa » de Pierre Carles se propose de dévoiler la logique marchande des grands médias qui pousse les journalistes à ignorer le « miracle équatorien » et son principal protagoniste, Rafael Correa, président de l’Equateur depuis presque neuf ans. De Podemos (Espagne) à Syriza (Grèce), en passant par Jean-Luc Mélenchon en France, le rêve équatorien séduit pourtant la gauche radicale européenne, et l’« opération » de Pierre Carles entend donner à cet enthousiasme un nouvel élan. Mais après ces neuf années, que peut-on dire du projet politique de Rafael Correa? Entre le silence des grands médias et la propagande des hérauts de la « révolution citoyenne », difficile d’y voir clair.  

Bien qu’il soit impossible de dresser un bilan complet, certaines caractéristiques de la gestion de Correa nous interpellent. En tant que militants, français, latino-américains et notamment équatoriens, engagés dans des luttes concrètes contre l'extractivisme, l'autoritarisme et le capitalisme (non, nous ne sommes pas des agents de la CIA), nous sommes inquiets de constater que la « révolution citoyenne » de Correa serve de source d’inspiration aux dirigeants et militants en quête « d’alternatives », qui ne semblent pas être au fait des réalités locales, ou qui décident de les ignorer au risque de cautionner des politiques, discours et attitudes contre lesquels ils se battent ici même en Europe. Une mise au point s’impose.

 (1) Rafael Correa est-il anticapitaliste ?

Il nous répond lui-même : « Nous faisons mieux avec le même modèle d’accumulation, plutôt que de le changer, parce que notre intention n’est pas de porter préjudice aux riches, mais de parvenir à une société plus juste et équitable »[1].

(2) Quel genre de démocratie est l’Equateur de Rafael Correa ?

Rafael Correa et son mouvement politique, Alianza País, ont enclenché un processus de modification de la Constitution (promulguée lors de son premier mandat), qui lui permettrait de briguer plus de deux mandats successifs[2], contredisant ce qu’il affirmait il y a peu : « ce serait très malheureux qu'une personne soit si indispensable, qu'il faille changer la Constitution pour modifier les règles du jeu »[3]. La même réforme constitutionnelle donnerait à l’armée le droit de participer à des opérations de sécurité publique (article 158), limiterait la possibilité de citoyens de se défendre contre les actes abusifs de l’Etat (article 88) et ferait de la « communication gouvernementale » un service public impliquant un droit de diffusion (au nom de ce service) et un contrôle accru sur les médias publics et privés (article 384)[4].

De même, le décret présidentiel n°16 [5] « encadre » si bien l’activité des associations que quelques mois après son entrée en vigueur, il a déjà permis la fermeture de la Fundación Pachamama pour le motif qu’elle aurait exercé une activité politique menaçant la sécurité de l’Etat[6].

Tia Maria, l’extractivisme contre-attaque

Date de publication: 
Samedi, 4 Avril, 2015
Par: 
Raqueln

Le géant Grupo México, premier producteur minier mexicain et  3ème producteur mondial de cuivre, est la propriété de l’entrepreneur German Larrea qui possède la 2ème fortune du Mexique (14 700 millions de dollars). Sa filiale, Southern Peru Copper Corporation, exploite au sud du Pérou les sites de Toquepala et Cuajone et la raffinerie de Ilo. Aujourd’hui, le portefeuille péruvien du groupe s’agrandit grâce au développement du projet Tia Maria dans la vallée d’El Tambo, riche zone agricole de la région d’Arequipa[1].



[1] Vallée de 13 000 ha, production agricole surtout de pommes de terre et d’ oignons pour une valeur de 328 millions de dollars annuels, 30 000 emplois directs et indirects

Avec un investissement estimé à 1 400 millions de dollars, ce gigantesque projet  devrait produire 120 000 tonnes de cuivre en 18 ans d’exploitation. Le minerai serait obtenu en utilisant de l’acide sulfurique, puis par lixiviation et dissolution par des solvants et finalement l’électrodéposition. D’énormes quantités d’eau devraient être utilisées selon le procédé choisi.

La « mine responsable » n'est pas pour demain

Le ministre de l’Economie, de l’industrie et du numérique Emmanuel Macron a présidé ce 1er avril la réunion de lancement de l’initiative « mine responsable ». Un comité de pilotage « au format Grenelle », selon le cabinet du ministre, sera composé d’élus locaux et nationaux, d’organisations non gouvernementales et de représentants des industriels et des salariés. Ce comité aura à charge la rédaction d’un livre blanc d’ici l’automne pour dresser un état de l’art des innovations à même de réduire l’impact de l’activité minière. Ces travaux devront servir de référentiel technique.

Sans vouloir faire d’allusion désagréable sur le choix de la date de cette annonce, cette initiative pose deux questions sérieuses : la mine « verte » et, plus globalement, le retour de l’exploitation minière en France sont-ils envisageables ?

Des ressources naturelles au cœur des conflits : Colombie

Pourquoi les zones d’exploitation minière sont-elles autant concernées par des cas de violations des droits humains ?

Sergio Moreno Rubio : Principalement en raison de la pression foncière qui résulte d’une concurrence pour l’utilisation et l’appropriation du sol et du sous-sol. Cela a été reconnu par des institutions judiciaires telles que la Cour constitutionnelle de Colombie. La cartographie des nombreux conflits que connaît le pays coïncide avec la cartographie de l’exploitation minière et des sources d’énergie. Il est clairement établi qu’une part importante des violations des droits humains enregistrées en Colombie ces dix dernières années (y compris des cas de déplacement forcé et d’expropriation de terres) ont eu lieu dans les régions minières dans lesquelles intervenaient des entreprises multinationales et des groupes paramilitaires.

La carte des permis miniers en France

Cette carte permet de visualiser les permis exclusifs de recherche accordés à des entreprises privées ou en cours d'instruction, ainsi que les mines déjà en activité en France métropolitaine et en Guyane.

Imider: Marche de protestation des femmes

Pour la troisième fois consécutivement, les femmes d’Imider marchent pacifiquement le long de la route nationale n°10. Ces femmes ont pris part à la lutte pour les droits légitimes des habitants en participant au côté de leurs maris et leurs enfants à toutes les formes de protestation qu’Imider a connu jusqu’ici. Aujourd’hui 8 mars 2015, la lutte est plus forte qu’hier sur le mont « Alebban » contre la mine d’argent exploitée par la SMI ( Société Métallurgique d’Imider) et ainsi que contre les politiques de marginalisation et d’appauvrissement imposées par le Makhzen.

Cette marche des femmes, comme celles des deux années précédentes, a également pour objet l’absence de prise en compte des droits humains dans le traitement de cette juste cause. Elle dénonce les pratiques violentes et irresponsables des autorités et des administrations publiques manipulées qui tentent d’ignorer les revendications des habitants. Les militantes ont revendiqué la libération de leurs jeunes fils détenus, victimes de dossiers judiciaires frauduleux, et la levée de l’approche sécuritaire à Imider.

Pichanaki : Un mort pour une promesse

Date de publication: 
Vendredi, 13 Février, 2015
Par: 
Raquel Neyra

Ever Perez Huaman, 25 ans, assassiné par balle de la police, près de 150 blessés, dont 70 par balles, certains en état grave : c’est le bilan de l'affrontement qui a opposé le 10 février dernier la population de Pichanaki (Junin, Pérou) qui protestait contre les activités de l’entreprise PLUSPETROL, de capitaux argentins, et la police péruvienne. Le Ministre de l’intérieur, Urresti, très connu par ses interventions sarcastiques et clownesques, a eu le culot d'affirmer que cette dernière n'a pas eu recours aux armes lors de l’intervention...

Lassée d’éternelles pollutions de cette zone amazonienne par l'exploitation du pétrole, depuis des mois, la population réclame par des grèves, des barrages routiers et des manifestations la fin des activités d’exploration de gaz menées par PLUSPETROL, présente dans la zone depuis plusieurs années. Aucune consultation préalable n’a été réalisée par l’entreprise.

La population prend de plus en plus conscience des effets dévastateurs de la pollution de leurs terres et de l’eau, pollutions irréversibles, dévastatrices ; la biodiversité amazonienne est en danger de mort à cause des flaques de pétrole et des appétits financiers.

Ce n'est qu'à la suite du décès d'Ever Perez Huaman que les Ministres de justice et d’énergie et des mines se sont déplacés dans la zone en conflit. Le dernier a annoncé que PLUSPETROL quittera définitivement la zone dans un délai de trois jours. Un vrai engagement ou un effet d'annonce trompeur ?

Dans tous les cas, l’extractivisme avance à toute allure au Pérou, il fonce, en tuant sur son passage. Les gouvernements en place ne sont que des marionnettes des entreprises. Quelle que soit l’origine de leurs capitaux, celles-ci manipulent finement les fils du néolibéralisme. 

Lois, décrets, presse réactionnaire, députés achetés-vendus au marché du Congrès de la République, « télé poubelle », propagande, - tous les moyens sont bons pour déformer nos cerveaux et adapter la société en sa faveur.

Images de l'affrontement : 

Festival No Mines Land en Creuse

Journée mondiale contre la méga-industrie minière: la Creuse accueille un festival mêlant débats et animations festives “pour refuser la relance de l’activité minière dans le département”.

La commune de Lussat, dans la Creuse, a accueilli samedi 26 juillet, au lieu dit La Nouzière, son festival international No Mines Land (Aucune terre de mines) contre l’exploitation minière. Mis en place dans le cadre de la journée internationale contre la méga-industrie minière “en opposition à tous les permis miniers qui menacent ça et là la santé et la vie des populations”, ce festival mêlait militantisme et animations festives. Lieu choisi par les organisateurs du Collectif de vigilance sur les projets miniers creusois: le site d’un nouveau permis accordé pour l’exploration de l’or et autres métaux (permis de Villeranges, à Lussat).

Autour des stands d’associations et de conférences/débats menées sur le thème “Le renouveau de l’exploitation minière – quelles actions menées ?”, ont pu être organisées balades botaniques, promenades en calèche, théâtre de rue, marché artisanal et bio, apéro concert, “bal trad’” et concert rock et reggae...  Plus de 500 personnes ont répondu présentes.

In Salah poursuit sa grogne anti-schiste dans la confusion, la police hausse le ton

Contrairement à ce qui a été annoncé dans le journal de 12h30 de ce jeudi 29 janvier sur la radio nationale, où a été rapporté que "les jeunes de In Salah ont levé leur campement", les protestataires continuent leur mobilisation contre le gaz de schiste deux jours après les annonces du président Bouteflika.

Jeudi, les habitants d'In Salah ont organisé une marche et tenu un rassemblement à la place "Somoud" pour la 29e journée consécutive alors que la police, jusqu'ici discrète, s'est montrée plus visible. Des centaines de personnes ont rejoint la marche quotidienne contre le gaz de schiste, devenue une habitude depuis presqu'un mois à In Salah.

Le comité des 22, représentant des manifestants, exige, afin de mettre fin à ce mouvement, l'installation d'une commission technique chargé du suivi et du contrôle des forages de gaz de schiste, rapporte le quotidien Liberté. dans son édition d'aujourd'hui.

“Nous sommes contents que Bouteflika décide de la fermeture des puits, mais il doit nous assurer quant à la mise en place d’une commission de suivi et de contrôle de ce processus. Notre souhait est qu’il y aurait au moins cinq techniciens de la région dans cette commission que désigneront les citoyens d’In Salah”, a annoncé Abdelkader Bouhafs, un des leaders du comité.