Infrastructures de transport

La Bolivie d'Evo Morales ferme les yeux sur les barrages de Lula

AMAZONIE - Que la gauche remporte ou non le scrutin bolivien de décembre, le rio Madeira n'échappera pas aux dommages écologiques et sociaux des deux futurs barrages brésiliens.
Que restera-t-il dans une décennie du «poumon de la terre» et des populations indigènes qui l'habitent? Que les gouvernements du Brésil ou de Bolivie soient «de gauche» ou «indigéniste» n'y change rien. Entre les mégaprojets énergétiques, les exploitations pétrolières ou minières et les monocultures d'agrocombustibles, l'Amazonie, et ses richesses naturelles stratégiques, est aujourd'hui plus que jamais l'ultime digue face au capitalisme.

IIRSA : l’intégration sur mesure pour les marchés

IIRSAIIRSALe projet « Intégration de l'Infrastructure Régionale Sud-Américaine » (IIRSA), qui est mis en oeuvre en silence, est le plan le plus ambitieux et le plus exhaustif d'intégration de la région au commerce international. S'il était complètement mené à son terme, il réussirait à connecter les régions où se trouvent les ressources naturelles (gaz, eau, pétrole, biodiversité) aux grandes villes et ces deux types de zones aux principaux marchés du monde.

Crise du capitalisme, recolonisation et alternatives populaires

IIRSAIIRSAPar: Frente Nacional Campesino Ezequiel Zamora, Asociación Campesina del Valle del río Cimitarra, Prensa De Frente

Nous vivons une époque où les antagonismes sont terriblement tragiques. Le développement capitaliste oblige le monde à produire un ensemble de marchandises qui subviennent aux besoins de seulement une portion minime de la population mondiale, ce qui, néanmoins, implique la détérioration accélérée et apocalyptique de la terre, ayant pour conséquence logique la mise en danger de l'ensemble de l'humanité. Cette façon d'organiser la vie comporte, en outre, comme élément constitutif intrinsèque, la tragédie des peuples entiers à travers les guerres d'occupation et le pillage.

Nous entendons le capitalisme comme le résultat d'une forme spécifique de concevoir et de penser le monde; une forme qui ne nous est ni propre, ni inhérente. Ce que nous connaissons comme « le capitalisme » a été engendré par la logique occidentale, la civilisation occidentale et ses manières d'appréhender la vie et les savoirs. Le capitalisme est un produit historique concret et non une fatalité de l'histoire.

Contre le TGV en Euskal Herria, pour un modèle de transport durable et démocratique

«Le projet de TGV (TAV) est la principale menace environnementale qui pèse sur la région Euskal Herria», explique Carlos Alonso, «ses impacts sociaux, économiques et territoriaux sont également inacceptables». Ce gigantesque projet (460 km de lignes à haute vitesse) doit relier les capitales basques et les réseaux européens, sans bénéficier aux petites et moyennes municipalités par lesquelles il passera. Pourtant, ce sont ces municipalités, tout comme les zones rurales se trouvant à proximité du tracé, qui en paieront les conséquences: déplacement de grandes quantités de terre lors de la construction des voies et des tunnels, destruction des terres agricoles et forestières, impacts pour les espaces naturels, les systèmes hydriques souterrains et les écosystèmes fluviaux, exploitation accélérée des carrières existantes et ouverture de nouvelles carrières pour fournir le béton nécessaire aux travaux, nuisances sonores... L'investissement pour le projet de TGV est estimé à 4,2 milliards d'euros et pourrait s'élever jusqu'à 6 milliards, l'équivalent du budget du Ministère basque de l'environnement pendant 54 ans! Parallèlement, les réseaux ferroviaires des municipalités de la région sont délaissés.

Amazonie : les peuples indigènes à la défense de leurs droits

La COICA [1] cherche à sensibiliser et à mobiliser la société civile en l'alertant sur les politiques et les projets qui auraient des conséquences néfastes pour les peuples indigènes de l'Amazonie et pour leur environnement. « En Amazonie, le fait d'avoir du pétrole, des minerais et de l'eau est source de problèmes. Nous avons trop de ressources naturelles qui aiguisent les appétits des compagnies multinationales », explique Jorge Gabriel Furagaro, président de l'OPIAC, organisation membre de la COICA.
 
Aujourd'hui, la région amazonienne est confrontée à une menace sans précédents: l'IIRSA, Initiative d'intégration de l'infrastructure régionale d'Amérique du sud, un gigantesque programme qui recouvre 507 projets de construction d'infrastructures - routes, ponts, voies fluviales, liaisons énergétiques et de communication -, concentrés en grande partie dans les zones tropicales et andines.

Ensemble avec d'autres organisations indigènes de Abya Yala (Amérique), la COICA se lance dans une grande campagne de sensibilisation et de mobilisation contre l'IIRSA. Pour les organisations indigènes, ce projet ne sert pas les populations locales et leur production communautaire. Il ne fait qu'entériner le rôle de fournisseurs de matières premières des pays sud-américains, ne profite qu'aux grandes industries internationales et convertit leur région en une zone de transit des marchandises. Il porte atteinte aux territoires indigènes et accélère la destruction de l'écosystème amazonien.