Dans le nord et nord-est du Brésil, près de 350 000 femmes tirent leurs moyens de subsistance de la noix de coco babaçu. Se voyant interdire l'accès aux palmeraies, certaines de ces femmes ont créé un mouvement national, le MIQCB.
Ensemble, elles font front aux propriétaires terriens, exigent le libre accès aux babaçuais et cherchent à empêcher la destruction de celles-ci par les compagnies agro-industrielles, minières et charbonnières
La noix de coco babaçu
De nombreuses familles des zones rurales du nord et du nord-est du Brésil pratiquent « l'agro-extractivisme », une combinaison entre l'agriculture de subsistance et la collecte de noix babaçu, fruit d'un palmier qui pousse en bordure de la forêt amazonienne. Le coco babaçu fournit un nombre impressionnant de produits alimentaires et d'usage domestique : son amande est utilisée pour extraire de l'huile, qui sert pour la cuisine et pour fabriquer du savon, du shampoing, de la lessive et des produits cosmétiques; sa pulpe est transformée en farine (utilisée dans l'alimentation, elle possède des propriétés anti-inflammatoires et analgésiques); la coque de babaçu produit du charbon; enfin, les feuilles du palmier sont utilisées dans la construction (toits) et pour la production artisanale (sacs, paniers, chapeaux, etc.). Traditionnellement, les hommes se consacrent à l'agriculture et les femmes se chargent de ramasser, casser et commercialiser les noix, d'où leur appellation de « casseuses ». Le babaçu est donc aussi une source indispensable de revenus pour les familles.
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