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Articles de presse

09/09/2014 : Canada, l’industrie minière accusée après un désastre écologique

La digue d’un bassin de décantation de rejets issus d’une importante mine d’or et de cuivre à Mount Polley, dans la province de Colombie-Britannique au Canada, s’est rompue début août 2014. Des milliards de litres d’eaux usées et de boues toxiques se sont déversées dans les lacs et cours d’eau environnant. L’état d’urgence a été décrété localement, assorti d’une interdiction de consommer l’eau du robinet. Simple incident malencontreux ? Ou, bien plutôt, résultat de l’affaiblissement progressif des régulations environnementales au Canada pour faciliter le développement de l’industrie minière ?

L’accident, qui a eu lieu le 4 août dernier, est survenu malgré un rapport officiel de 2011 alertant le propriétaire de la mine, Imperial Metals, sur la nécessité de trouver une solution durable pour évacuer les eaux usées s’accumulant dans le bassin. 

Le rapport, commandé par deux tribus des « Premières nations » et payé par Imperial Metals, notait également que la mine n’avait « ni plan de surveillance ni plan d’urgence détaillés ». Dans le même temps, le ministère de l’Environnement de la province a déclaré avoir adressé un avertissement à Imperial Metals en mai dernier - pour la cinquième fois ! -, après que des inspections aient révélé que le niveau des eaux usées dans le bassin de décantation dépassait la limite autorisée. Des eaux usées qui présentaient aussi une concentration anormalement élevée de plusieurs substances, dont le sélénium et le molybdène.

L’accident, qualifié de « plus grande catastrophe minière jamais survenue au Canada », a détruit les écosystèmes de la rivière voisine de Hazeltine Creek, qui abritaient de nombreuses espèces animales. Les boues ont également atteint les lacs Polley et Quesnel, dont la population locale dépend pour son eau potable ainsi que pour la pêche.

L’eau: au-delà de l’Etat

Les comités de l’eau de la partie sud de Cochabamba, la quatrième plus grande ville de Bolivie, sont le parfait exemple des formes boliviennes de l’autonomie et de l’horizontalité. C’est un réseau toujours actif d’organisations qui se sont signalées après la « guerre de l’eau » de 2000, quand une mobilisation sur une grande échelle a mis le holà à une tentative parrainée par l’Etat de privatiser l’approvisionnement en eau de Cochabamba. L’un des résultats de la mobilisation a été une augmentation de la visibilité du réseau de comités de Cochabamba, qui a renforcé son niveau d’organisation dans la ville depuis sa victoire de 2000. On trouve les comités partout en périphérie, mais ils sont surtout concentrés dans la partie sud de la ville, qui est composée de six districts et compte la moitié de la population de la ville, soit plus de deux cent mille habitants, qui sont parmi les plus exposés à l’inefficacité de la compagnie publique de l’eau, SEMAPA.

Les comités de l’eau de Cochabamba réinventent les traditions boliviennes d’autonomie face à un Etat nouvellement remodelé, mais hautement centralisé.

L’autonomie et l’horizontalité sont parmi les formes boliviennes les plus traditionnelles d’organisation de la société. Elles forment ensemble une voie alternative, qui est réelle, pratique, et quotidienne, et qui recouvre ce que nous désignons par « lo publico », le fait public, et ce que cela implique de pratiquer une démocratie vivante et participative aux marges de l’Etat et des gouvernements qui détiennent le pouvoir.

Les comités de l’eau de la partie sud de Cochabamba, la quatrième plus grande ville de la Bolivie, sont le parfait exemple des formes boliviennes de l’autonomie et de l’horizontalité. C’est un réseau toujours actif d’organisations qui se sont signalées après la « guerre de l’eau » de 2000, quand une mobilisation sur une grande échelle mit le holà à une tentative parrainée par l’Etat de privatiser l’approvisionnement en eau de Cochabamba.

On associe souvent la guerre de l’eau et la « vraie » démocratie, et on pourrait penser qu’il y a là une contradiction : la guerre implique la violence, le gâchis en énergie et en ressources, la mort, les désaccords ; il paraît que c’est ce que la vision occidentale de la démocratie a pour but d’éviter. Mais il ne s’agissait pas d’un conflit direct portant uniquement sur la défense d’une ressource. Cela venait de la lutte historique et permanente du peuple bolivien pour défendre son droit à décider horizontalement et d’une manière autonome de ce qui concerne ses propres besoins, ce qui veut dire son besoin impérieux et permanent de vivre dans une vraie démocratie.

Chili: Non à Pascua Lama - L'eau vaut plus que l'or

Nous sommes des petites gens. Avant d’être des citoyens ou une société civile, ou des écologistes, ou bien tout cela que selon beaucoup, nous sommes aussi, nous sommes des petites gens qui veulent davantage ressembler à nos grands-parents qu’aux personnages de la télévision.

Nous sommes des gens simples qui savent lire la nature, qui savent gratter la terre pour en tirer les fruits, mais qui ne sont pas disposé à violer ou à vendre leur mère pour avoir plus d’argent.

« Plutôt que décroissance, il faut penser bien-être et démocratie »

Rapports Nord/Sud, modèles de production, Grenelle : l'agronome Marc Dufumier revient sur les défis du monde paysan.

Marc Dufumier n'a jamais la langue dans sa poche. Ni pour ses étudiants d'AgroParisTech, où il occupe la chaire d'agriculture comparée et de développement agricole, ni pour les politiques qu'il a abordé au moment du Grenelle de l'environnement.

Agronome bio, passé par le privé avant d'enseigner, il milite pour un « virage à 90 degrés » du monde agricole, tout en se méfiant de la décroissance. Entretien.

 

En Australie, des Aborigènes en ont assez des mines d'uranium

Le géant australien BHP Billiton doit ouvrir une nouvelle mine d’uranium en Australie occidentale l’année prochaine. Faisant souvent les frais de l’exploitation du minerai, une partie des communautés aborigènes s’y oppose.

« Décroissance », le mot qui met les écolos en ébullition

(De Nantes) « Le terme de décroissance a au moins un mérite aujourd'hui, c'est qu'il remplit les salles », se réjouit Paul Ariès, politologue, à la tête du mouvement des « objecteurs de croissance ». Invité à débattre aux Journées d'été Verts-Europe Ecologie, à Nantes, il est vainqueur à égalité à l'applaudimètre avec... Corinne Lepage, l'ancienne ministre de l'Environnement de Jacques Chirac, récemment démissionnaire du MoDem.

C'est son camarade Yves Cochet, « écolo de souche » et vieux théoricien de la fin de la croissance qui l'a invité, au grand dam de Dany Cohn-Bendit, déjà exaspéré lors du premier jour de ces rencontres par l'incantation « anticapitaliste » de Jean-Vincent Placé, numéro deux des Verts. Dany avait boudé et filé à la plage, puis au théâtre.

Dans l'amphi bondé de près d'un millier de sympathisants venus de toutes les familles de l'écologie politique, chacun semble d'accord sur le constat que « la décroissance est une réalité qui s'impose », mais entre l'avocate centriste et l'apôtre de la décroissance, il y a un monde.

Une proposition révolutionnaire de l’Équateur : l’Initiative Yasuní ITT

Parc YasuniParc YasuniComment engager de véritables politiques de lutte contre le réchauffement climatique ?

L'échec du sommet de Copenhague, en décembre 2009, a montré les difficultés des États à se remettre en question quant à leur modèle de développement et à présenter de véritables politiques de lutte contre le réchauffement climatique en accord avec les autres pays du monde. Face à cette incapacité à aller au-delà des intérêts nationaux et commerciaux, un petit pays, l'Équateur, propose au monde une idée simple mais révolutionnaire  : l'Initiative Yasuní ITT.

Le projet ITT (sigle venant du nom des trois forages d'exploration se trouvant dans la zone  : Ishpingo-Tambococha-Tiputini) consiste à laisser sous terre quelque 850 millions de barils de pétrole situés dans le parc Yasuní, une réserve naturelle contenant une des plus importantes biodiversités au monde. L'exploitation de ce pétrole lourd pourrait rapporter à l'État entre 5 et 6 milliards de dollars (avec un prix de 70 dollars le baril). Mais en échange, l'Équateur, en partant du principe de coresponsabilité pour les problèmes environnementaux globaux, demande à la communauté internationale une contribution de 50 % au minimum de la manne financière dont il pourrait disposer s'il exploitait ce pétrole. La biodiversité en Amazonie doit être considérée comme un bien commun mondial car c'est la plus grande source d'oxygène au monde.

La Bolivie d'Evo Morales ferme les yeux sur les barrages de Lula

AMAZONIE - Que la gauche remporte ou non le scrutin bolivien de décembre, le rio Madeira n'échappera pas aux dommages écologiques et sociaux des deux futurs barrages brésiliens.
Que restera-t-il dans une décennie du «poumon de la terre» et des populations indigènes qui l'habitent? Que les gouvernements du Brésil ou de Bolivie soient «de gauche» ou «indigéniste» n'y change rien. Entre les mégaprojets énergétiques, les exploitations pétrolières ou minières et les monocultures d'agrocombustibles, l'Amazonie, et ses richesses naturelles stratégiques, est aujourd'hui plus que jamais l'ultime digue face au capitalisme.

IIRSA : l’intégration sur mesure pour les marchés

IIRSAIIRSALe projet « Intégration de l'Infrastructure Régionale Sud-Américaine » (IIRSA), qui est mis en oeuvre en silence, est le plan le plus ambitieux et le plus exhaustif d'intégration de la région au commerce international. S'il était complètement mené à son terme, il réussirait à connecter les régions où se trouvent les ressources naturelles (gaz, eau, pétrole, biodiversité) aux grandes villes et ces deux types de zones aux principaux marchés du monde.

Deuxième mandat d’Evo Morales : quel modèle de développement pour la Bolivie ?

Bolivie - élections décembre 2010Bolivie - élections décembre 2010En décembre 2009, l'Assemblée générale de l'ONU adopte une résolution dénommée « Harmonie avec la Nature ». Présentée par la Bolivie, cette dernière vise à inclure dans l'agenda des Nations Unies l'analyse de la rupture de l'équilibre entre les êtres humains et la « Terre Mère » afin de générer un débat sur les propositions et les initiatives en faveur d'une vie en harmonie avec la nature. Une note de presse diffusée depuis le gouvernement bolivien affirme : « [le concept d'harmonie] poursuit tout autant l'objectif du bien-être humain présent et futur que celui de la nature. Il ne peut pas y avoir de bien-être ni de développement humain si nous détruisons notre foyer »[1]. Lors du sommet de Copenhague sur le changement climatique[2], la Bolivie poursuit le même combat, en exigeant la reconnaissance d'une dette climatique et la création d'un Tribunal International de Justice Climatique dont les jugements seraient reconnus et inaliénables[3]. Enfin, sur l'invitation du président bolivien, les mouvements sociaux du monde entier se sont donnés rendez-vous à la « Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre-Mère »[4]. Celle-ci se déroulera en avril 2010 à Cochabamba, ville qui avait déjà accueilli en octobre 2009 une première session du Tribunal International de la Justice Climatique, tribunal d'opinion formé par des organisations sociales des différents pays à l'image du Tribunal Russell (1967) et du Tribunal Permanent des Peuples (1979).

Restauration des écosystèmes, restauration des sociétés

La région de Alwar dans le Rajasthan nous offre un exemple édifiant. Tout le pays souffrait de la pénurie en eau aggravée par des sécheresses toujours plus "exceptionnelles"… de plus en plus "exceptionnelles" au fur et à mesure de la régression de la végétation. Pourtant, le pays avait été plutôt prospère. Durant des siècles, les populations avaient entretenu différents dispositifs de conservation de l'eau de pluie, en particulier de petites retenues d'eau en terre (les johads). Particulièrement sous ces climats aux précipitations rares, ces ouvrages captent l'eau qui ruisselle sur les sols trop secs pour faciliter son infiltration dans le sol, réapprovisionnant ainsi les nappes phréatiques. C'est l'une des grandes différences avec les techniques industrielles d'irrigation superficielle, laquelle entraîne une forte évaporation au détriment de l’alimentation des nappes phréatiques. En outre, utilisant des eaux déjà chargées en sels minéraux, celles-ci provoquent trop souvent la salinisation des sols.

Le feu à la planète

Destruction des forêts primaires, El Niño, et autres bascules écologiques et climatiques
Inondations au Venezuela, tempêtes sur l’Europe occidentale, sécheresses et inondations en Afrique, canicule et incendies aux Etats Unis, sécheresses et incendies en Australie, sécheresse en Asie centrale, en Chine et en Mongolie, sécheresses en Méditerranée, pluies torrentielles, incendies, cyclones... Tous phénomènes records, d'ampleur « exceptionnelle ». mais qui se produisent de plus en plus souvent. L’effet de serre, hier encore largement contesté, fournit maintenant l’explication de toutes les anomalies climatiques. Le goût dominant pour les relations simples et linéaires ne serait-il pas en passe de masquer d’autres phénomènes, d'autres causes ?
On peut, par exemple, s’interroger sur les effets à grande échelle des processus de désertification causés plus encore par les politiques de « développement » que par une population humaine déjà pléthorique.

Romain Felli : « L’écologie est devenue un facteur de légitimation de l’ordre existant »

Tremble, écolo old school : le "Green Business" gagne du terrain. Il est même en passe de devenir le meilleur allié d'un capitalisme sur le point de virer bio. Et ce n'est pas une bonne nouvelle, tant cette forme abâtardie d'écologie contemporaine n'a plus rien à voir avec une pensée contestataire. Retour sur la question en compagnie de Romain Felli, auteur des Deux âmes de l'écologie.
Il y a eu Grenelle et le sourire niais de la Hulotte - profession, sauveur de terre [1] -, benêt médiatique aux anges d'être instrumentalisé. Arthus-Bertrand et ses raids « écolo » hélitreuillés, son film « grandiose » matraqué partout. L'avènement d'Europe Ecologie et de Dany le-moins-rouge-que-jamais, désormais intronisé homme politique incontournable de ce début de décennie. La mascarade Sarkozy levant ses petits poings rageurs pour l'avenir de nos enfants. Le lancement récent de ce nouveau magazine, Green-Business, dont le nom dit tout [2]. La débandade de Copenhague après les annonces en cascade... Une avalanche d'épisodes tragi-comiques - et pléthore de vedettes éco-tartuffes - dont on s'échinerait en vain à faire le compte. Avec cette vérité émergeant peu à peu du barnum : le green maquillage permet au capitalisme de se racheter une virginité à peu de frais et à ses maquignons - hommes politiques & chefs d'entreprise main dans la main - de se poser en sauveurs. Finies les postures industrielles et les discours ultra-libéraux, place aux pollueurs hypocrites la bouche en cœur [3], à la croissance relookée because beaucoup plus pimpante dans ce green qui désormais l'enrobe.
Lire l'intégralité de cet article sur : http://www.article11.info/spip/spip.php?article694 

Exploitation minière en Argentine : la résistance d’un procureur

Il est des procureurs plus respectables que d’autres… Celui de la province de Tucumán en Argentine, Antonio Gustavo Gómez, se bat pour que les crimes commis pendant la dictature soient punis. Il est également très impliqué dans la lutte contre les crimes écologiques. L’homme a donné, samedi au CICP, une conférence sur l’exploitation minière en Amérique Latine. Compte-rendu.