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Articles de presse

La France retourne à la mine

Non aux permis de TennieNon aux permis de TennieAlors que personne n'a fouillé le sous-sol métropolitain depuis plus de vingt ans, comment expliquer ce regain d'intérêt de la part des opérateurs miniers?

La France pourrait redevenir une terre de mines. Deux permis miniers ont été récemment accordés sur le sol métropolitain. Une première depuis plus de vingt ans. Le premier, délivré en juin 2013, dit permis de Tennie, autorise la société Variscan Mines à faire des recherches sur 205 km2 dans quinze communes de la Sarthe et deux de Mayenne. Objectif: y trouver du cuivre, du plomb, du zinc, de l'or et de l'argent. Le deuxième permis, dit de Villeranges, concerne sept communes de la Creuse. La société Cominor y cherche de l'or, de l'argent, du cuivre, du zinc, de l'étain, de l'antimoine et du tungstène.

Résistance berbère : La mine d’Imider (Maroc)

Au sommet du mont d’Aleban, à deux kilomètres d’Imider, une localité située à quelque 200 km au nord-est d’Ouarzazat, des habitants en colère organisent un sit-in depuis déjà une année. Ils protestent contre l’exploitation d’une mine d’argent sur leurs terres depuis 1969 par la Société métallurgique d’Imider (SMI), une filiale du groupe minier Managem géré par la Société nationale d’Investissement (SNI) appelée aussi « Maroc SA », une propriété du roi du Maroc. Si cette entreprise a généré en 2010 un chiffre d’affaires de 74 millions d’euros, ce qui la place parmi les plus importantes mines d’argent en Afrique, les habitants, eux, vivent à l’âge de pierre, dans l’indigence et la pauvreté. Ils n’ont ni routes, ni dispensaires, ni écoles, ni réseau Internet. L’hôpital le plus proche est situé à 200 km.

Pire encore. La surexploitation de la mine a provoqué la pollution de leur environnement immédiat au cyanure et au mercure, deux produits chimiques que la SMI utilise pour le traitement du minerai. C’est la faiblesse et l’interruption par la suite du débit d’eau dans les puits et dans les robinets des habitants qui ont enclenché le mouvement de colère. La baisse du débit en eau atteint plus de 60 %.
En réaction à ces injustices, les habitants commencent par manifester pacifiquement leur colère devant la mine, mais face au silence méprisant de l’entreprise, ils changent radicalement de méthode. Ils coupent l’alimentation en eau de la mine. Leurs revendications sont claires. Ils exigent de partager les profits matériels de la SMI. Ils revendiquent aussi que 75 % des recrutements soient réservés aux habitants de la région touchée par la sécheresse et le chômage et exigent la participation au développement économique et sociale de la région, considérée comme l’une des plus pauvres au Maroc.

« Décroissance », le mot qui met les écolos en ébullition

(De Nantes) « Le terme de décroissance a au moins un mérite aujourd'hui, c'est qu'il remplit les salles », se réjouit Paul Ariès, politologue, à la tête du mouvement des « objecteurs de croissance ». Invité à débattre aux Journées d'été Verts-Europe Ecologie, à Nantes, il est vainqueur à égalité à l'applaudimètre avec... Corinne Lepage, l'ancienne ministre de l'Environnement de Jacques Chirac, récemment démissionnaire du MoDem.

C'est son camarade Yves Cochet, « écolo de souche » et vieux théoricien de la fin de la croissance qui l'a invité, au grand dam de Dany Cohn-Bendit, déjà exaspéré lors du premier jour de ces rencontres par l'incantation « anticapitaliste » de Jean-Vincent Placé, numéro deux des Verts. Dany avait boudé et filé à la plage, puis au théâtre.

Dans l'amphi bondé de près d'un millier de sympathisants venus de toutes les familles de l'écologie politique, chacun semble d'accord sur le constat que « la décroissance est une réalité qui s'impose », mais entre l'avocate centriste et l'apôtre de la décroissance, il y a un monde.

Une proposition révolutionnaire de l’Équateur : l’Initiative Yasuní ITT

Parc YasuniParc YasuniComment engager de véritables politiques de lutte contre le réchauffement climatique ?

L'échec du sommet de Copenhague, en décembre 2009, a montré les difficultés des États à se remettre en question quant à leur modèle de développement et à présenter de véritables politiques de lutte contre le réchauffement climatique en accord avec les autres pays du monde. Face à cette incapacité à aller au-delà des intérêts nationaux et commerciaux, un petit pays, l'Équateur, propose au monde une idée simple mais révolutionnaire  : l'Initiative Yasuní ITT.

Le projet ITT (sigle venant du nom des trois forages d'exploration se trouvant dans la zone  : Ishpingo-Tambococha-Tiputini) consiste à laisser sous terre quelque 850 millions de barils de pétrole situés dans le parc Yasuní, une réserve naturelle contenant une des plus importantes biodiversités au monde. L'exploitation de ce pétrole lourd pourrait rapporter à l'État entre 5 et 6 milliards de dollars (avec un prix de 70 dollars le baril). Mais en échange, l'Équateur, en partant du principe de coresponsabilité pour les problèmes environnementaux globaux, demande à la communauté internationale une contribution de 50 % au minimum de la manne financière dont il pourrait disposer s'il exploitait ce pétrole. La biodiversité en Amazonie doit être considérée comme un bien commun mondial car c'est la plus grande source d'oxygène au monde.

La Bolivie d'Evo Morales ferme les yeux sur les barrages de Lula

AMAZONIE - Que la gauche remporte ou non le scrutin bolivien de décembre, le rio Madeira n'échappera pas aux dommages écologiques et sociaux des deux futurs barrages brésiliens.
Que restera-t-il dans une décennie du «poumon de la terre» et des populations indigènes qui l'habitent? Que les gouvernements du Brésil ou de Bolivie soient «de gauche» ou «indigéniste» n'y change rien. Entre les mégaprojets énergétiques, les exploitations pétrolières ou minières et les monocultures d'agrocombustibles, l'Amazonie, et ses richesses naturelles stratégiques, est aujourd'hui plus que jamais l'ultime digue face au capitalisme.

IIRSA : l’intégration sur mesure pour les marchés

IIRSAIIRSALe projet « Intégration de l'Infrastructure Régionale Sud-Américaine » (IIRSA), qui est mis en oeuvre en silence, est le plan le plus ambitieux et le plus exhaustif d'intégration de la région au commerce international. S'il était complètement mené à son terme, il réussirait à connecter les régions où se trouvent les ressources naturelles (gaz, eau, pétrole, biodiversité) aux grandes villes et ces deux types de zones aux principaux marchés du monde.

Deuxième mandat d’Evo Morales : quel modèle de développement pour la Bolivie ?

Bolivie - élections décembre 2010Bolivie - élections décembre 2010En décembre 2009, l'Assemblée générale de l'ONU adopte une résolution dénommée « Harmonie avec la Nature ». Présentée par la Bolivie, cette dernière vise à inclure dans l'agenda des Nations Unies l'analyse de la rupture de l'équilibre entre les êtres humains et la « Terre Mère » afin de générer un débat sur les propositions et les initiatives en faveur d'une vie en harmonie avec la nature. Une note de presse diffusée depuis le gouvernement bolivien affirme : « [le concept d'harmonie] poursuit tout autant l'objectif du bien-être humain présent et futur que celui de la nature. Il ne peut pas y avoir de bien-être ni de développement humain si nous détruisons notre foyer »[1]. Lors du sommet de Copenhague sur le changement climatique[2], la Bolivie poursuit le même combat, en exigeant la reconnaissance d'une dette climatique et la création d'un Tribunal International de Justice Climatique dont les jugements seraient reconnus et inaliénables[3]. Enfin, sur l'invitation du président bolivien, les mouvements sociaux du monde entier se sont donnés rendez-vous à la « Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre-Mère »[4]. Celle-ci se déroulera en avril 2010 à Cochabamba, ville qui avait déjà accueilli en octobre 2009 une première session du Tribunal International de la Justice Climatique, tribunal d'opinion formé par des organisations sociales des différents pays à l'image du Tribunal Russell (1967) et du Tribunal Permanent des Peuples (1979).

Restauration des écosystèmes, restauration des sociétés

La région de Alwar dans le Rajasthan nous offre un exemple édifiant. Tout le pays souffrait de la pénurie en eau aggravée par des sécheresses toujours plus "exceptionnelles"… de plus en plus "exceptionnelles" au fur et à mesure de la régression de la végétation. Pourtant, le pays avait été plutôt prospère. Durant des siècles, les populations avaient entretenu différents dispositifs de conservation de l'eau de pluie, en particulier de petites retenues d'eau en terre (les johads). Particulièrement sous ces climats aux précipitations rares, ces ouvrages captent l'eau qui ruisselle sur les sols trop secs pour faciliter son infiltration dans le sol, réapprovisionnant ainsi les nappes phréatiques. C'est l'une des grandes différences avec les techniques industrielles d'irrigation superficielle, laquelle entraîne une forte évaporation au détriment de l’alimentation des nappes phréatiques. En outre, utilisant des eaux déjà chargées en sels minéraux, celles-ci provoquent trop souvent la salinisation des sols.

Le feu à la planète

Destruction des forêts primaires, El Niño, et autres bascules écologiques et climatiques
Inondations au Venezuela, tempêtes sur l’Europe occidentale, sécheresses et inondations en Afrique, canicule et incendies aux Etats Unis, sécheresses et incendies en Australie, sécheresse en Asie centrale, en Chine et en Mongolie, sécheresses en Méditerranée, pluies torrentielles, incendies, cyclones... Tous phénomènes records, d'ampleur « exceptionnelle ». mais qui se produisent de plus en plus souvent. L’effet de serre, hier encore largement contesté, fournit maintenant l’explication de toutes les anomalies climatiques. Le goût dominant pour les relations simples et linéaires ne serait-il pas en passe de masquer d’autres phénomènes, d'autres causes ?
On peut, par exemple, s’interroger sur les effets à grande échelle des processus de désertification causés plus encore par les politiques de « développement » que par une population humaine déjà pléthorique.

Romain Felli : « L’écologie est devenue un facteur de légitimation de l’ordre existant »

Tremble, écolo old school : le "Green Business" gagne du terrain. Il est même en passe de devenir le meilleur allié d'un capitalisme sur le point de virer bio. Et ce n'est pas une bonne nouvelle, tant cette forme abâtardie d'écologie contemporaine n'a plus rien à voir avec une pensée contestataire. Retour sur la question en compagnie de Romain Felli, auteur des Deux âmes de l'écologie.
Il y a eu Grenelle et le sourire niais de la Hulotte - profession, sauveur de terre [1] -, benêt médiatique aux anges d'être instrumentalisé. Arthus-Bertrand et ses raids « écolo » hélitreuillés, son film « grandiose » matraqué partout. L'avènement d'Europe Ecologie et de Dany le-moins-rouge-que-jamais, désormais intronisé homme politique incontournable de ce début de décennie. La mascarade Sarkozy levant ses petits poings rageurs pour l'avenir de nos enfants. Le lancement récent de ce nouveau magazine, Green-Business, dont le nom dit tout [2]. La débandade de Copenhague après les annonces en cascade... Une avalanche d'épisodes tragi-comiques - et pléthore de vedettes éco-tartuffes - dont on s'échinerait en vain à faire le compte. Avec cette vérité émergeant peu à peu du barnum : le green maquillage permet au capitalisme de se racheter une virginité à peu de frais et à ses maquignons - hommes politiques & chefs d'entreprise main dans la main - de se poser en sauveurs. Finies les postures industrielles et les discours ultra-libéraux, place aux pollueurs hypocrites la bouche en cœur [3], à la croissance relookée because beaucoup plus pimpante dans ce green qui désormais l'enrobe.
Lire l'intégralité de cet article sur : http://www.article11.info/spip/spip.php?article694 

Exploitation minière en Argentine : la résistance d’un procureur

Il est des procureurs plus respectables que d’autres… Celui de la province de Tucumán en Argentine, Antonio Gustavo Gómez, se bat pour que les crimes commis pendant la dictature soient punis. Il est également très impliqué dans la lutte contre les crimes écologiques. L’homme a donné, samedi au CICP, une conférence sur l’exploitation minière en Amérique Latine. Compte-rendu.

A La Gloria, des habitants accablés par la pollution

LA GLORIA (ETAT DE VERACRUZ) ENVOYÉE SPÉCIALE.


Les habitants de La Gloria, un village perdu dans la poussiéreuse vallée de Perote, entre les Etats de Veracruz et de Puebla, n'avaient jamais imaginé qu'une épidémie de grippe leur apporterait une célébrité planétaire et une pluie inespérée de cadeaux. La presse internationale y défile pour voir de plus près le petit Edgar Hernandez, dont la toux, désormais inoffensive, a inquiété jusqu'en Chine et en Nouvelle-Zélande.

Un système alimentaire qui tue : La peste porcine, dernier fléau de l’industrie de la viande

Le Mexique assiste à une répétition infernale de l'histoire de la grippe aviaire asiatique, mais à une échelle encore plus tragique. Une fois de plus, la réponse officielle arrive trop tard et entachée de mensonges. Une fois de plus, l'industrie mondiale de la viande est au centre de l'histoire, s'obstinant à nier toute responsabilité, alors que le poids de l'évidence concernant son rôle ne cesse de s'accroître. Cinq ans après le début de la crise de grippe aviaire H5N1 et après cinq ans aussi d'une stratégie mondiale contre les pandémies de grippe coordonnée par l'Organisation mondiale de la santé (l'OMS ou WHO) et l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), le monde chancelle sous les coups d'un nouveau désastre, la grippe porcine. La stratégie mondiale a échoué et doit être remplacée par un nouveau système de santé publique qui puisse inspirer confiance au public.

Intag, Equateur : « Canton écologique » contre une mine de cuivre à ciel ouvert (Fal Mag)

Anna Bednik - FAL Mag 92 - 1er trimestre 2008

Pour la deuxième fois en 12 ans de lutte contre le projet d’exploitation de cuivre dans Intag, les communautés rurales et les organisations environnementalistes de la région sont sur le point de fêter le départ d’une multinationale minière. Au-delà du rejet de la mine, le combat des habitants d’Intag a donné la vie à un modèle de développement basé sur la justice sociale et respectueux de l’environnement, aujourd’hui appliqué à l’échelle du canton Cotacachi. Au moment où l’Assemblée constituante s’interroge sur la direction à donner au pays, l’expérience d’Intag fournit matière à réflexion.