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Articles de presse

Lettre d'information du collectif Aldeah - septembre 2014 -

Alternatives au Développement Extractiviste et AnthropocentréLettre d'information du collectif Aldeah
- septembre 2014 -

  

 
Petit bilan de l’été : le festival international Terre d'aucune mine (No mine's land) , qui s'est tenu à l'occasion de la journée internationale contre la méga-industrie minière sur le périmètre du permis de Villeranges , à Lussat, dans la Creuse,  a rassemblé le 26 juillet dernier plus de 500 personnes, soit l'équivalent de 50 000 participants si on était à Paris ! Et ce n'est pas fini. Après une manifestation et une conférence de presse fin août, le collectif local lance un appel à celles-ceux qui le souhaitent : «  venez dans la Creuse créer des alternatives concrètes» et opposez-vous positivement à l'extractivisme, aujourd'hui imposé comme  le seul « projet d’avenir » pour ce département... « Bientôt des mines près de chez vous ? ». En Europe, les résistances s’articulent. Une coalition européenne de collectifs et d’association réclame d’une seule voix à l’équipe de J.C. Juncker l’interdiction des technologies à base de cyanure dans les mines.
 
L'industrie minière, "Ni ici, ni ailleurs", entend-on dans la Creuse. Les entreprises françaises n'en ont que faire et exploitent au Pérou! Cocorico … beurk !
En lisant l'enquête de Simone Garra "néocolonialisme made in France de Maurel & Prom dans l’Amazonie péruvienne" on apprend comment l'entreprise Maurel & Prom,  issue du système colonial, poursuit ses frasques du Gabon au Pérou en passant par le Canada (et bientôt la France?). Aujourd'hui, elle cherche à exploiter les territoires du Nord de l'Amazonie péruvienne, ignorant le rejet catégorique que les populations concernées ont exprimé vis-à-vis de ce type d'activités qui ont déjà laissé trop de mort dans leur sillage. 
 
Mais les choses ne se passent pas aussi simplement que le souhaiteraient les  dirigeants de ces compagnies prédatrices : au Pérou, on n’aime pas les mines à  ciel ouvert et on le dit. Pour preuve, et même si la lutte contre le projet Conga semble, au bout de trois,  marquer le pas, ce n’est pas un hasard si Raquel  Neyra, militante péruvienne anti-mine donne un coup de pied dans la  fourmilière en signant une tribune ouverte :  «CONGA, la lutte , la mine et les élections ».  
 
Pour poursuivre, nous vous proposons une traduction d’un article de Raúl Zibechi  qui éclaire d’un regard sans tabou « l’Amérique Latine vue d’en bas »  et essaie de répondre, pays par pays, à la question qui fâche : « où  en est-on dans la région (en juin 2013), la matrice productive  change-t-elle de profil ? " Vraisemblablement, et malheureusement, ce  n’est pas le cas, ni là-bas … ni ici, pourrait-on dire : en France, les Grands Projets Inutiles Imposés se poursuivent. Heureusement, les répliques aussi, et les luttes se multiplient. A ce sujet, vous pourrez signerune pétition en défense de la ZAD du Testet  contre le barrage de Siven ou encore participer à une cyberaction contre la ré-activation (encore!) de l'exploration des hydrocarbures de schiste en France. Et si vous en voulez encore, souvenez-vous de vos vacances et protégez la forêt cévenole, où une centrale à Biomasse menace de tout détruire . Ouf !
 

Enfin, voilà des nouvelles de Caméra Shuar :

Chers tous,

Nous avons le plaisir de vous communiquer que Caméra-Shuar a été invité a faire partie du jury du renomé festival indigène ANACONDA. Cette évenement aura lieu pendant le mois d’octobre 2014 dans les communautés shuars de l’Amazonie Equatorienne.

Ce 10 octobre 2014 et pendant une dizaine de jours, démarre le deuxième atelier de cinéma dans la communauté shuar de Kipiamais. A cette occasion nous finirons un deuxième court-métrage de fiction, TSUNKI, tiré d’un mythe shuar sur l’esprit de l’eau.

Vous serez conviés à une soirée en fin Janvier 2015, pour partager le travail réalisé et faire des échanges.

Suite aux ateliers du mois de mai et juin 2014, nous avons tourné le court-métrage de fiction IWIANCH, un mythe shuar sur un être diabolique qui parfois rend visite aux shuars. Nous cherchons des festivals pour le faire tourner. (http://camara-shuar.org/ateliers_cine.html)

mot de passe: chantes

(pas encore sous-titré au français).

Le mois de mai 2014, pendant quelques jours, une partie de l’équipe de Caméra-Shuar, (Domingo Ankuash, Franklin Mankash, Raul Ankuash, Carolina Soler et moi même), sommes partis faire une visite aux Sarayakus afin de promovoir des échanges sur l’autonomie des médias. Par la suite nous avons produit un court-métrage. (http://camara-shuar.org/sarayakufr.html)

style="font-size: small;"> (pas encore sous-titré au français).


A tous ceux qui m’ont confirmé, les colliers seront envoyés à vos adresses en décembre.
 

Russie : la fin de l’impunité pour les compagnies pétrolières ?

16 ans. Depuis 16 ans, Lukoil exploite le sous-sol du district d’Ijemski. La compagnie pétrolière et ses sous-traitants ne sont jamais préoccupés des conséquences de leurs travaux sur l’environnement. Une situation qui a fini par provoquer l’exaspération des populations locales. Elles exigent désormais la suspension de leurs activités.

Le 30 mars dernier, 150 personnes représentant douze villages se sont réunies pour exprimer leur colère. Des représentants de Lukoil avaient été conviés. Il ne sont pas venus. "Ils ont gagné des milliards de roubles, et nous, des enfants malades… Ils agissent comme des barbares avec la nature", s’exclame Svetlana, institutrice.

Dans la salle, un vieil homme renchérit : "Il y a cinq ans, deux personnes étaient malades du cancer, maintenant ils sont au moins 50". Oleg, entrepreneur, s’emporte : "Nous ne pouvons plus tolérer ce qui se passe sur nos terres" !

Le 11 avril, en soutien à cette révolte populaire, le conseil municipal du district a adopté à l’unanimité une résolution réclamant la suspension de l’exploitation et du transport des produits pétroliers sur le territoire de la commune.

Gaz de schiste : L’étude québécoise qui éclate la bulle

Un impact climatique élevé, une forte hausse des émissions de GES, un rendement énergétique très faible, une quantité démesurée d’eaux usées à épurer, des risques pour la santé publique, un impact négatif sur les budgets publics, trois chercheurs québécois viennent de publier une étude dénonçant l’absence de justification du choix énergétique du gaz de schiste. « Ce choix énergétique n’est pas justifiable dans une perspective de lutte aux changements climatiques ni d’indépendance énergétique ». C’est ce qu’explique le préambule d’une note publiée le 17 février à Montréal, au Québec, au sujet de l’exploitation du gaz de schiste par trois chercheurs de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS).

Gaz de schiste : révolution énergétique, menace écologique

Carte réalisée par Marion Boucharlat pour OwniDiscrètement lancée en France, la course aux gaz de schistes pourrait donner au pays son indépendance énergétique mais lui coûter un désastre écologique.

OWNIpolitics vous propose ici sa première enquête. Retrouvez cet article et bien d’autres sur leur site.

Dans le nord du Texas le gisement de Barnett Shale a éveillé une nouvelle ruée vers l’or gris. Chaque mois des milliards de m3 de gaz sont extraits des couches profondes de roches de schiste sous la ville de Fort Worth. Des torrents de gaz drainés par des milliers de camions. Une activité qui, ajoutée aux rejets des raffineries, pollue plus que le tout le trafic automobile de cette ville de 725 000 habitants selon un rapport réalisé par le professeur Al Armendariz en janvier 2009, nouvel administrateur de l’EPA (Agence de protection de l’environnement américaine). Ce précieux gaz, certains des habitants de Fort Worth l’ont retrouvé jusqu’à la sortie de leur robinet. Leur eau même contient des traces de produits chimiques injectés dans les puits, selon des analyses indépendantes menées par le documentariste américain Josh Fox. Nouvel arrivant dans cet Eldorado énergétique, Total a acquis début 2010, 25 % du plus gros exploitant de la Barnett Shale, Chesapeake, pour un montant de 600 millions d’euros et prévoit d’investir 1 milliard supplémentaire pour de nouveaux puits. Sans compter les engagements financiers que le groupe pétrolier prévoit en France.

Ces villes qui tentent de se libérer du pétrole

Tout le monde n’attend pas que gouvernements et chefs d’État s’entendent sur un hypothétique accord pour sauver le climat. Loin de Cancún, où se tiendra le prochain sommet sur le réchauffement climatique, des réseaux associatifs et des municipalités se lancent dans d’ambitieux programmes pour libérer leurs villes de la dépendance pétrolière. Comment font ces « villes en transition » ? Exemple à Boulder, près de Denver, aux États-Unis.

ÉQUATEUR - Écologie : un discours de façade ?

ITT YasuniITT YasuniDial avait présenté l'année dernière le novateur projet ITT [1]. Le Chili a été, au mois de septembre, le premier pays à donner 100 000 dollars pour soutenir l'initiative [2], suivi en novembre par l'Espagne (un million d'euros) [3]. Mais ces éléments encourageants ne dissipent pas cependant toutes les interrogations et les craintes autour la politique d'exploitation minière et pétrolière du gouvernement. Article de Luis Ángel Saavedra publié sur le site de Noticias Aliadas le 28 octobre 2010.

Le gouvernement se sert de l'écologie pour susciter des sympathies internationales

L'initiative Yasuní-ITT, qui permet de conserver le pétrole sous terre dans une des zones les plus riches en biodiversité de la planète en échange d'une compensation financière internationale ; une Constitution qui considère l'écologie comme axe transversal et qui, dans sa structure normative, consacre un chapitre entier aux « droits de la nature » ; la création d'un tribunal ayant pouvoir de sanctionner ceux qui portent atteinte à ces droits : tout cela a fait croire que l'écologie était une préoccupation de la plus haute importance pour le gouvernement du président équatorien Rafael Correa.

Conférence de Cancún : Le Mexique, symbole de l’hypocrisie écologique

ANAAANAAÀ Cancún, on n'est pas à un paradoxe près. La station balnéaire qui accueille les négociations sur le climat est ravagée depuis 35 ans par une frénésie immobilière, au mépris de l'écologie. De nombreuses populations mexicaines sont victimes de désastres socio-environnementaux. Pour dénoncer les décisions du gouvernement qui ont entrainé « un des plus hauts niveaux de dévastation environnementale de la planète », des caravanes ont sillonné le pays, en amont des négociations.

Mouvements socio-environnementaux en Amérique latine : territoires, écosystèmes et cultures

En avril dernier, alors que les 17 tables du sommet de Cochabamba, convoqué par le gouvernement bolivien, analysaient les « causes structurelles et systémiques » du changement climatique et discutaient des stratégies à mettre en place pour défendre « la vie et les Droits de la Terre Mère», la table 18, réunie par des organisations indigènes et écologistes hors programme officiel, débattait des conflits socio-environnementaux locaux et dénonçait, entre autres choses, l'attitude du gouvernement en matière de politique minière et face à la construction des barrages sur le fleuve Madeira. Cette contradiction est révélatrice des tensions, difficiles à ignorer, présentes aujourd'hui dans tous les pays d'Amérique latine, des régimes les plus néolibéraux aux plus progressistes.

Déconstruire l’imaginaire extractiviste, entretien avec Maristella Svampa

Engagée dans le soutien d'une loi de protection des glaciers, Maristella Svampa revient sur son engagement qui vise à sortir d'un modèle de développement fondé sur l'extraction des ressources naturelles - un modèle que les Kirchner n'ont cessé de soutenir - via des multinationales, auxquelles les lois néolibérales des années 1990 accordent de nombreux avantages. Ce modèle commence à être remis en cause un peu partout en Amérique du Sud - en témoignent les débats autour de concepts comme le néo-extractivisme, le buen-vivir auquel le sommet de Cochabamba a donné une visibilité inédite.

Chili: Non à Pascua Lama - L'eau vaut plus que l'or

Nous sommes des petites gens. Avant d’être des citoyens ou une société civile, ou des écologistes, ou bien tout cela que selon beaucoup, nous sommes aussi, nous sommes des petites gens qui veulent davantage ressembler à nos grands-parents qu’aux personnages de la télévision.

Nous sommes des gens simples qui savent lire la nature, qui savent gratter la terre pour en tirer les fruits, mais qui ne sont pas disposé à violer ou à vendre leur mère pour avoir plus d’argent.

« Plutôt que décroissance, il faut penser bien-être et démocratie »

Rapports Nord/Sud, modèles de production, Grenelle : l'agronome Marc Dufumier revient sur les défis du monde paysan.

Marc Dufumier n'a jamais la langue dans sa poche. Ni pour ses étudiants d'AgroParisTech, où il occupe la chaire d'agriculture comparée et de développement agricole, ni pour les politiques qu'il a abordé au moment du Grenelle de l'environnement.

Agronome bio, passé par le privé avant d'enseigner, il milite pour un « virage à 90 degrés » du monde agricole, tout en se méfiant de la décroissance. Entretien.

 

En Australie, des Aborigènes en ont assez des mines d'uranium

Le géant australien BHP Billiton doit ouvrir une nouvelle mine d’uranium en Australie occidentale l’année prochaine. Faisant souvent les frais de l’exploitation du minerai, une partie des communautés aborigènes s’y oppose.

« Décroissance », le mot qui met les écolos en ébullition

(De Nantes) « Le terme de décroissance a au moins un mérite aujourd'hui, c'est qu'il remplit les salles », se réjouit Paul Ariès, politologue, à la tête du mouvement des « objecteurs de croissance ». Invité à débattre aux Journées d'été Verts-Europe Ecologie, à Nantes, il est vainqueur à égalité à l'applaudimètre avec... Corinne Lepage, l'ancienne ministre de l'Environnement de Jacques Chirac, récemment démissionnaire du MoDem.

C'est son camarade Yves Cochet, « écolo de souche » et vieux théoricien de la fin de la croissance qui l'a invité, au grand dam de Dany Cohn-Bendit, déjà exaspéré lors du premier jour de ces rencontres par l'incantation « anticapitaliste » de Jean-Vincent Placé, numéro deux des Verts. Dany avait boudé et filé à la plage, puis au théâtre.

Dans l'amphi bondé de près d'un millier de sympathisants venus de toutes les familles de l'écologie politique, chacun semble d'accord sur le constat que « la décroissance est une réalité qui s'impose », mais entre l'avocate centriste et l'apôtre de la décroissance, il y a un monde.

Une proposition révolutionnaire de l’Équateur : l’Initiative Yasuní ITT

Parc YasuniParc YasuniComment engager de véritables politiques de lutte contre le réchauffement climatique ?

L'échec du sommet de Copenhague, en décembre 2009, a montré les difficultés des États à se remettre en question quant à leur modèle de développement et à présenter de véritables politiques de lutte contre le réchauffement climatique en accord avec les autres pays du monde. Face à cette incapacité à aller au-delà des intérêts nationaux et commerciaux, un petit pays, l'Équateur, propose au monde une idée simple mais révolutionnaire  : l'Initiative Yasuní ITT.

Le projet ITT (sigle venant du nom des trois forages d'exploration se trouvant dans la zone  : Ishpingo-Tambococha-Tiputini) consiste à laisser sous terre quelque 850 millions de barils de pétrole situés dans le parc Yasuní, une réserve naturelle contenant une des plus importantes biodiversités au monde. L'exploitation de ce pétrole lourd pourrait rapporter à l'État entre 5 et 6 milliards de dollars (avec un prix de 70 dollars le baril). Mais en échange, l'Équateur, en partant du principe de coresponsabilité pour les problèmes environnementaux globaux, demande à la communauté internationale une contribution de 50 % au minimum de la manne financière dont il pourrait disposer s'il exploitait ce pétrole. La biodiversité en Amazonie doit être considérée comme un bien commun mondial car c'est la plus grande source d'oxygène au monde.