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Articles de presse

Imider: Marche de protestation des femmes

Pour la troisième fois consécutivement, les femmes d’Imider marchent pacifiquement le long de la route nationale n°10. Ces femmes ont pris part à la lutte pour les droits légitimes des habitants en participant au côté de leurs maris et leurs enfants à toutes les formes de protestation qu’Imider a connu jusqu’ici. Aujourd’hui 8 mars 2015, la lutte est plus forte qu’hier sur le mont « Alebban » contre la mine d’argent exploitée par la SMI ( Société Métallurgique d’Imider) et ainsi que contre les politiques de marginalisation et d’appauvrissement imposées par le Makhzen.

Cette marche des femmes, comme celles des deux années précédentes, a également pour objet l’absence de prise en compte des droits humains dans le traitement de cette juste cause. Elle dénonce les pratiques violentes et irresponsables des autorités et des administrations publiques manipulées qui tentent d’ignorer les revendications des habitants. Les militantes ont revendiqué la libération de leurs jeunes fils détenus, victimes de dossiers judiciaires frauduleux, et la levée de l’approche sécuritaire à Imider.

Souscription pour le livre DYSTOPIA

Depuis un an et demi, nous travaillons à  un projet sur l’agriculture industrielle qui associe deux écritures : les mots sont un miroir de la réalité telle que nous la percevons, fragmentée, éparse, au fil de l’actualité. Les images sont de l’ordre de la prédiction : voilà demain, si..Si rien ne change dans l’orientation actuelle de l’agriculture.  Rémi Fraisse a été tué par les forces de l’ordre le 25 octobre parce qu’il contestait le projet de barrage de Sivens dans le Tarn.  A Amiens, en première instance, des opposants à l’usine des 1000 vaches ont été condamnés.  L’agriculture industrielle, intensive et d’exportation est défendue avec acharnement par tous ceux qui refusent de voir ce qu’ils ont sous les yeux.  Notre projet s’appelle Dystopia. La production a été rendue possible par un financement participatif. Reste la post-production, c’est à dire en particulier un livre qui doit être édité aux éditions Le bec en l’air à Marseille.  Nous avons besoin de votre aide pour boucler le budget et assurer la parution prévue en février 2015. En achetant dès maintenant cet ouvrage à un prix préférentiel et en diffusant cet appel dans vos réseaux, vous nous aiderez à porter ce débat sur la place publique : quelle agriculture et quelle alimentation pour demain ? 
Merci d’avance. 

Lettre d'information du collectif Aldeah - septembre 2014 -

Alternatives au Développement Extractiviste et AnthropocentréLettre d'information du collectif Aldeah
- septembre 2014 -

  

 
Petit bilan de l’été : le festival international Terre d'aucune mine (No mine's land) , qui s'est tenu à l'occasion de la journée internationale contre la méga-industrie minière sur le périmètre du permis de Villeranges , à Lussat, dans la Creuse,  a rassemblé le 26 juillet dernier plus de 500 personnes, soit l'équivalent de 50 000 participants si on était à Paris ! Et ce n'est pas fini. Après une manifestation et une conférence de presse fin août, le collectif local lance un appel à celles-ceux qui le souhaitent : «  venez dans la Creuse créer des alternatives concrètes» et opposez-vous positivement à l'extractivisme, aujourd'hui imposé comme  le seul « projet d’avenir » pour ce département... « Bientôt des mines près de chez vous ? ». En Europe, les résistances s’articulent. Une coalition européenne de collectifs et d’association réclame d’une seule voix à l’équipe de J.C. Juncker l’interdiction des technologies à base de cyanure dans les mines.
 
L'industrie minière, "Ni ici, ni ailleurs", entend-on dans la Creuse. Les entreprises françaises n'en ont que faire et exploitent au Pérou! Cocorico … beurk !
En lisant l'enquête de Simone Garra "néocolonialisme made in France de Maurel & Prom dans l’Amazonie péruvienne" on apprend comment l'entreprise Maurel & Prom,  issue du système colonial, poursuit ses frasques du Gabon au Pérou en passant par le Canada (et bientôt la France?). Aujourd'hui, elle cherche à exploiter les territoires du Nord de l'Amazonie péruvienne, ignorant le rejet catégorique que les populations concernées ont exprimé vis-à-vis de ce type d'activités qui ont déjà laissé trop de mort dans leur sillage. 
 
Mais les choses ne se passent pas aussi simplement que le souhaiteraient les  dirigeants de ces compagnies prédatrices : au Pérou, on n’aime pas les mines à  ciel ouvert et on le dit. Pour preuve, et même si la lutte contre le projet Conga semble, au bout de trois,  marquer le pas, ce n’est pas un hasard si Raquel  Neyra, militante péruvienne anti-mine donne un coup de pied dans la  fourmilière en signant une tribune ouverte :  «CONGA, la lutte , la mine et les élections ».  
 
Pour poursuivre, nous vous proposons une traduction d’un article de Raúl Zibechi  qui éclaire d’un regard sans tabou « l’Amérique Latine vue d’en bas »  et essaie de répondre, pays par pays, à la question qui fâche : « où  en est-on dans la région (en juin 2013), la matrice productive  change-t-elle de profil ? " Vraisemblablement, et malheureusement, ce  n’est pas le cas, ni là-bas … ni ici, pourrait-on dire : en France, les Grands Projets Inutiles Imposés se poursuivent. Heureusement, les répliques aussi, et les luttes se multiplient. A ce sujet, vous pourrez signerune pétition en défense de la ZAD du Testet  contre le barrage de Siven ou encore participer à une cyberaction contre la ré-activation (encore!) de l'exploration des hydrocarbures de schiste en France. Et si vous en voulez encore, souvenez-vous de vos vacances et protégez la forêt cévenole, où une centrale à Biomasse menace de tout détruire . Ouf !
 

Enfin, voilà des nouvelles de Caméra Shuar :

Chers tous,

Nous avons le plaisir de vous communiquer que Caméra-Shuar a été invité a faire partie du jury du renomé festival indigène ANACONDA. Cette évenement aura lieu pendant le mois d’octobre 2014 dans les communautés shuars de l’Amazonie Equatorienne.

Ce 10 octobre 2014 et pendant une dizaine de jours, démarre le deuxième atelier de cinéma dans la communauté shuar de Kipiamais. A cette occasion nous finirons un deuxième court-métrage de fiction, TSUNKI, tiré d’un mythe shuar sur l’esprit de l’eau.

Vous serez conviés à une soirée en fin Janvier 2015, pour partager le travail réalisé et faire des échanges.

Suite aux ateliers du mois de mai et juin 2014, nous avons tourné le court-métrage de fiction IWIANCH, un mythe shuar sur un être diabolique qui parfois rend visite aux shuars. Nous cherchons des festivals pour le faire tourner. (http://camara-shuar.org/ateliers_cine.html)

mot de passe: chantes

(pas encore sous-titré au français).

Le mois de mai 2014, pendant quelques jours, une partie de l’équipe de Caméra-Shuar, (Domingo Ankuash, Franklin Mankash, Raul Ankuash, Carolina Soler et moi même), sommes partis faire une visite aux Sarayakus afin de promovoir des échanges sur l’autonomie des médias. Par la suite nous avons produit un court-métrage. (http://camara-shuar.org/sarayakufr.html)

style="font-size: small;"> (pas encore sous-titré au français).


A tous ceux qui m’ont confirmé, les colliers seront envoyés à vos adresses en décembre.
 

Russie : la fin de l’impunité pour les compagnies pétrolières ?

16 ans. Depuis 16 ans, Lukoil exploite le sous-sol du district d’Ijemski. La compagnie pétrolière et ses sous-traitants ne sont jamais préoccupés des conséquences de leurs travaux sur l’environnement. Une situation qui a fini par provoquer l’exaspération des populations locales. Elles exigent désormais la suspension de leurs activités.

Le 30 mars dernier, 150 personnes représentant douze villages se sont réunies pour exprimer leur colère. Des représentants de Lukoil avaient été conviés. Il ne sont pas venus. "Ils ont gagné des milliards de roubles, et nous, des enfants malades… Ils agissent comme des barbares avec la nature", s’exclame Svetlana, institutrice.

Dans la salle, un vieil homme renchérit : "Il y a cinq ans, deux personnes étaient malades du cancer, maintenant ils sont au moins 50". Oleg, entrepreneur, s’emporte : "Nous ne pouvons plus tolérer ce qui se passe sur nos terres" !

Le 11 avril, en soutien à cette révolte populaire, le conseil municipal du district a adopté à l’unanimité une résolution réclamant la suspension de l’exploitation et du transport des produits pétroliers sur le territoire de la commune.

L’Amérique du Sud et le débat autour de « l’extractivisme »

Ces dernières années, l’Amériquedu Sud a opéré un « tournant àgauche », en se dégageant dunéolibéralisme qui prévalait.Pourtant, le paradoxe de cettenouvelle phase est de reconduire,voire d’accentuer, le même modèlede développement qu’auparavant.

En mars 2012, la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes des Nations unies (Cepal) tirait la sonnette d’alarme, en évoquant un processus de « reprimarisation » : la part des matières premières dans les exportations du continent est passée de 27 % au début des années 1980 à 40% en 20091. Le continent exporte très majoritairement des matières premières « traditionnelles » – minerais, soja et pétrole brut principalement – en échange de produits manufacturés. Ainsi, en 2011, 42.3 % de toutes les exportations boliviennes étaient constituées de gaz naturel et 35,2 % de minerais. Le pétrole et ses produits dérivés concentrent 57.5 % des exportations équatoriennes et 93.6 % des exportations vénézuéliennes, et près de la moitié des exportations péruviennes sont composées d’or et de cuivre

Liens vers l'article : http://www.cetri.be/IMG/pdf/zindigne_e_savril2014.pd...

En Chine, les terres rares tuent des villages

Vu du ciel, on dirait un grand lac, alimenté par de nombreux affluents. Sur place, on découvre une étendue opaque, où ne vit aucun poisson, où aucune algue n'affleure à la surface. Ses bords sont recouverts d'une croûte noirâtre, si épaisse que l'on peut marcher dessus. Il s'agit en fait d'un immense déversoir de 10 km2, dans lequel les usines environnantes rejettent des eaux chargées de produits chimiques qui ont servi au traitement de 17 minéraux recherchés sur toute laplanète : les "terres rares".

La ville de Baotou, en Mongolie- Intérieure, est le plus grand site chinois de production de ces matériaux stratégiques, indispensables à toute l'industrie high-tech, des smartphones aux GPS, mais aussi aux énergies vertes, éoliennes et surtout aux voitures électriques. Ils sont extraits du gisement minier de Bayan Obo, situé 120 km plus au nord, d'où ils sont acheminés ici pour être traités. La concentration des terres rares dans la roche est en effet très faible, et il faut lesséparer et les purifier, par des procédés hydrométallurgiques et des bains d'acides. La Chine réalise 97 % de la production mondiale, dont 70 % sont traitées à Baotou.

Dans les eaux troubles du bassin d'effluents, on trouve donc toutes sortes de substances chimiques toxiques, mais aussi des éléments radioactifs, comme du thorium, dont l'ingestion provoque des cancers du pancréas, du poumon et du sang.

"Avant l'arrivée des usines, il n'y avait que des champs ici, à perte de vue ! A la place de ces boues radioactives, on pouvait voir des pastèques, des aubergines, des tomates...", soupire Li Guirong. C'est en 1958 - dix ans après sa naissance, se souvient-il - que l'entreprise d'Etat Baogang, numéro un sur ce marché, a commencé à produire des terres rares. Le lac est alors apparu. "Au début, nous ne nous sommes pas aperçus de la pollution engendrée. Comment aurions-nous pu savoir ?", raconte le vieux paysan au visage creusé de rides. Secrétaire général de la section locale du Parti communiste, il est l'une des rares personnes à oser parler.

LES LÉGUMES NE POUSSAIENT PLUS

Vers la fin des années 1980, relate-t-il, les habitants des villages environnants ont observé d'étranges anomalies sur leurs cultures : "Les plantes poussaient mal. Elles donnaient bien des fleurs, mais parfois sans fruit, ou alors petits et sentant mauvais." Dix ans plus tard, il a fallu se rendre à l'évidence : les légumes ne poussaient plus.

L'épuisement annoncé des ressources naturelles

Les ressources minières sont indispensables à notre système économique et à la croissance. Pourtant, elles font partie de ces ressources naturelles non renouvelables et donc appelées à s’épuiser. La cryolithe a déjà disparu. Les mines d’argent seront épuisées dans 10 ans. Les autres minerais suivent ….

Le calendrier de disparition des minerais

Après la cryolithe, le terbium, le hafnium, l’argent et l’antimoine, le palladium est le suivant sur la listes des futurs disparus. 2023 : fin du palladium (Pd) : Le palladium est un minerai dont 13% du volume servent pour l’industrie électronique, surtout pour la production de composants électriques. Le palladium sert aussi pour la fabrication de connecteurs et de composants de puces pour les circuits électroniques et les circuits intégrés hybrides.

Il y a un stock de 3500 tonnes de palladium sur Terre et la production mondiale annuelle serait d’environ 250 tonnes par an. Les réserves connues sont surtout en Russie et en Afrique du Sud. Mais la Russie aurait épuisé ses ressources de palladium à la fin de l’année 2011, d’où la tension sur le marché de de matériau. Le palladium est l’une des 14 matières premières critiquesidentifiées par l’Union européenne.

Du fait de la la rareté du platine, les nouvelles générations de pots catalytiques utilisent de plus en plus le palladium et une grande incertitude pèse sur les réserves réelles disponibles. On n’est pas certain de la date de la fin de la production du palladium.

 

Economie circulaire : La dynamique en marche dans l'Hexagone

En France, depuis un an, le concept d'économie circulaire est en vogue. Après une table ronde consacrée au sujet à la conférence environnementale, une conférence de mise en œuvre a eu lieu en décembre. Mais au-delà des discours, comment ce nouveau modèle de production est-il concrètement mis en œuvre ?

L’économie circulaire : on en parle aujourd’hui beaucoup mais où en est-on réellement en France ? « Il y a une réflexion dans tous les sens mais un manque de structuration nationale », estime François Michel Lambert, député EELV des Bouches-du-Rhône et initiateur de l’Institut de l’économie circulaire créé il y a un an et qu’il considère aujourd’hui comme « une caisse de résonnance » pour le concept avec ses 130 membres « venus d’horizons différents » (entreprises, ONG, écoles, etc).epuis un an en effet, il y a eu un « enchaînement politique » avec la conférence environnementale en septembre 2013 puis la conférence de mise en œuvre trois mois plus tard qui a débouché sur le lancement de plusieurs groupes de travail sur l’amélioration de l’efficacité des ressources et des stratégies industrielles et territoriales notamment. C’est aussi l’un des objectifs de la « France 2025 », portée par le Président de la République. « Il y a clairement eu une accélération. Des opportunités se font jour mais tout reste à inventer dans cette révolution que je compare souvent à celle d’Internet.», constate François-Michel Lambert. D’autant que tout le monde ne parle pas forcément de la même chose. « Nous constatons qu’il y a souvent un mélange de nombreux concepts pour évoquer l’économie circulaire. Les discours restent très orientés « déchets » ou « recyclage » alors que cette vision est très réductrice », souligne ainsi Nathalie Boyer, la directrice générale de l’association multi-acteurs Orée  qui a fait de l’économie circulaire – qu’elle souhaite « globale, systémique et intégrée »- l’une de ses priorités pour l’année 2014. Fixer un cadre commun, avec des indicateurs fiables…c’est donc bien la première urgence.

La chasse à l'or de nouveau autorisée dans le Maine-et-Loire

La France de retour à la mine ? En tout cas, la société Variscan Mines a obtenu mercredi un permis pour chercher de l'or et de l'argent dans le Maine-et-Loire. C'est le deuxième permis de ce type accordé ces derniers mois, alors qu'il n'y en avait pas eu depuis plus de 20 ans. Car, aujourd'hui, il y a un vrai regain d'intérêt des industriels pour ces métaux stratégiques.

La société Variscan Mines retourne sur les traces d'un ancien gisement d'or exploité jusque dans les années 50 sur la commune de Saint-Pierre-Montlimart, près de Cholet. 

"Le permis attribué à la société Variscan Mines, également détentrice d'un permis dans la Sarthe, lui permettra d'entreprendre, dans le périmètre d'exploration déterminé, des démarches de reconnaissance et d'acquisition de données pendant cinq ans, afin d'évaluer les ressources en or et en argent susceptibles d'être présentes", précise dans un communiqué le ministère du Redressement productif qui a accordé ce permis exclusif de recherche de mines d'or et d'argent.

L'empreinte environnementale de l'économie numérique

L’économie virtuelle consomme une énergie bien réelle. Les « data centers », qui regroupent les serveurs indispensables à la navigation sur le Web et à la circulation des 300 milliards de courriels, pourriels, photos ou vidéos envoyés quotidiennement, peuvent consommer autant d’énergie qu’une ville de 200 000 habitants. Sans compter le coût environnemental de la fabrication d’équipements toujours plus nombreux. De quoi relativiser l’apport apparemment écologique de l’économie dématérialisée, avec ses « télé-réunions », son commerce en ligne ou ses téléchargements.

Envoyer un mail, transférer ou répondre à un message... Autant de banals clics qui génèrent pourtant une quantité non négligeable d’émissions de CO2. L’envoi de courrier électronique dans une entreprise de 100 personnes équivaut à quatorze allers-retours Paris – New York (13,6 tonnes de CO2) chaque année. Quant aux requêtes Internet, via un moteur de recherche, elles représentent en moyenne 9,9 kg de CO2 par an et par internaute. Soit un total d’environ 450 000 tonnes de CO2 pour les 46 millions d’internautes français [1]. Apparemment virtuel, le web inclut des équipements très concrets qui consomment beaucoup d’énergie, à commencer par les serveurs et les centres de stockage des données. Ces ordinateurs sur lesquels s’accumulent les centaines de milliers de textes, images et vidéos postés chaque jour, ont besoin de beaucoup d’électricité pour fonctionner mais aussi pour être refroidis.

SUR UNE COLLINE AU MAROC, DES VILLAGEOIS S'OPPOSENT À UNE MINE

Source : saghro.wordpress.comSource : saghro.wordpress.comIMIDER, Maroc – A près de 1500 mètres d’altitude dans l’Atlas Marocain, un minuscule camp de retranchement a pris forme sur une colline depuis deux ans. Les petits bâtiments de pierre ont un air de gaîté avec leur graffiti, et il y a un musée en plein air. On voit sur de nombreuses portes des inscriptions significatives rappelant par exemple le Révérend Martin Luther King ou Mère Térésa. Sur la digue d’une retenue d’eau, quelqu’un a peint le visage d’un militant local qui est en prison en raison d’une accusation que les gens d’ici considèrent comme fabriquée de toutes pièces.

C’est un peu surprenant de voir une telle installation à cet endroit, mais il y a une raison à cela: l’opposition à l’expropriation par une société d’exploitation minière d’un précieuse ressource en eau, ainsi qu’à la pollution causée par la mine.

Les habitants viennent d’Imider, une municipalité qui compte 6000 personnes dispersées dans sept villages et qui avoisine la mine d’argent la plus productive d’Afrique.

Mais si la région est riche en argent, elle compte une des populations les plus pauvres du Maroc. Les gens d’Imider disent que s’ils en veulent à la mine, c’est parce qu’elle ne leur apporte rien, à part la pollution. Et il y a deux ans, quelques-uns d’entre eux ont gravi la colline et ont coupé l’alimentation en eau de la mine. Depuis ce moment, ils occupent la colline et continuent le combat contre la Compagnie Métallurgique d’Imiter, et par voie de conséquence, contre le roi du Maroc, qui en est le principal propriétaire.

« Nous étions prêts à négocier », dit Brahim Udawd, 30 ans, l’un des leaders du mouvement de contestation, en parlant des événements qui ont amené l’occupation de la colline. « Mais personne n’a prêté attention à nous, et donc nous avons fermé la vanne d’alimentation. Ils prennent l’argent et nous laissent les déchets. »

En ce moment, cette colline, le Mont Alebban, est relativement calme. Les femmes viennent tous les jours faire la cuisine dans les petites maisons en pierre et participent aux réunions stratégiques que les villageois organisent régulièrement.

« Cela fait deux ans et demi que nous sommes ici, et personne n’entend nos cris de détresse, » dit Mina Ouzzine, 40 ans. « J’ai voté oui à la nouvelle constitution parce que j’espérais du changement, plus d’égalité. Nous sommes égaux, mais égaux dans la pauvreté. »

De Notre-Dame des Landes à Rosia Montana


Depuis 11 ans que Tatiana vit avec moi sur la ferme, c'était une première pour nous de revenir dans son pays d'origine au moment des fêtes de Noël. L'accueil fût à la hauteur.
Paysans engagés contre le projet d'aéroport à Notre-Dame des Landes, nous avions entendu parler du projet de mine d'or et d'argent à Rosia Montana, situé à 150 kilomètres de notre lieu de villégiature.
Nous y sommes allés le 26 décembre 2013 et avons pu rencontrer Eugen David, paysan de son état et président d'Alburnus Maior (l'équivalent local de l'Acipa).
Rosia Montana est une petite cité minière des monts Apuseni (Nord-Ouest de la Roumanie). L'expoitation de l'or y est ancienne mais en 1999 l'Etat Roumain qui le gérait décide que ce n'est plus rentable et cesse l'activité.
Barricade notre Dame des LandesBarricade notre Dame des Landes

Dès l'année 2000, il concède à la société canadienne RMGC (Rosia Montana Gold Corporation) la recherche et l'exploitation de nouveaux gisements. Il s'agirait d'extraire 315 tonnes d'or et 1480 tonnes d'argent. Pour cela il faut arraser 4 montagnes qui entourent la cité minière et construire dans la vallée en contre-bas d'une des montagnes un bassin de rétention de 4 kilomètres de long sur 2 de large. Pour extraire l'or et l'a

rgent il serait nécessaire d'utiliser 12 000 tonnes de cyanure par an.
Quand la RMGC présente son projet à la population elle ne doute pas car il permettra une nouvelle prospérité à Rosia Montana. Elle rassure la population sur le côté «innofensif» du cyanure même à 1000 tonnes par mois.

La France retourne à la mine

Non aux permis de TennieNon aux permis de TennieAlors que personne n'a fouillé le sous-sol métropolitain depuis plus de vingt ans, comment expliquer ce regain d'intérêt de la part des opérateurs miniers?

La France pourrait redevenir une terre de mines. Deux permis miniers ont été récemment accordés sur le sol métropolitain. Une première depuis plus de vingt ans. Le premier, délivré en juin 2013, dit permis de Tennie, autorise la société Variscan Mines à faire des recherches sur 205 km2 dans quinze communes de la Sarthe et deux de Mayenne. Objectif: y trouver du cuivre, du plomb, du zinc, de l'or et de l'argent. Le deuxième permis, dit de Villeranges, concerne sept communes de la Creuse. La société Cominor y cherche de l'or, de l'argent, du cuivre, du zinc, de l'étain, de l'antimoine et du tungstène.