Langue

Articles de presse

Souscription pour le livre DYSTOPIA

Depuis un an et demi, nous travaillons à  un projet sur l’agriculture industrielle qui associe deux écritures : les mots sont un miroir de la réalité telle que nous la percevons, fragmentée, éparse, au fil de l’actualité. Les images sont de l’ordre de la prédiction : voilà demain, si..Si rien ne change dans l’orientation actuelle de l’agriculture.  Rémi Fraisse a été tué par les forces de l’ordre le 25 octobre parce qu’il contestait le projet de barrage de Sivens dans le Tarn.  A Amiens, en première instance, des opposants à l’usine des 1000 vaches ont été condamnés.  L’agriculture industrielle, intensive et d’exportation est défendue avec acharnement par tous ceux qui refusent de voir ce qu’ils ont sous les yeux.  Notre projet s’appelle Dystopia. La production a été rendue possible par un financement participatif. Reste la post-production, c’est à dire en particulier un livre qui doit être édité aux éditions Le bec en l’air à Marseille.  Nous avons besoin de votre aide pour boucler le budget et assurer la parution prévue en février 2015. En achetant dès maintenant cet ouvrage à un prix préférentiel et en diffusant cet appel dans vos réseaux, vous nous aiderez à porter ce débat sur la place publique : quelle agriculture et quelle alimentation pour demain ? 
Merci d’avance. 

Lettre d'information du collectif Aldeah - septembre 2014 -

Alternatives au Développement Extractiviste et AnthropocentréLettre d'information du collectif Aldeah
- septembre 2014 -

  

 
Petit bilan de l’été : le festival international Terre d'aucune mine (No mine's land) , qui s'est tenu à l'occasion de la journée internationale contre la méga-industrie minière sur le périmètre du permis de Villeranges , à Lussat, dans la Creuse,  a rassemblé le 26 juillet dernier plus de 500 personnes, soit l'équivalent de 50 000 participants si on était à Paris ! Et ce n'est pas fini. Après une manifestation et une conférence de presse fin août, le collectif local lance un appel à celles-ceux qui le souhaitent : «  venez dans la Creuse créer des alternatives concrètes» et opposez-vous positivement à l'extractivisme, aujourd'hui imposé comme  le seul « projet d’avenir » pour ce département... « Bientôt des mines près de chez vous ? ». En Europe, les résistances s’articulent. Une coalition européenne de collectifs et d’association réclame d’une seule voix à l’équipe de J.C. Juncker l’interdiction des technologies à base de cyanure dans les mines.
 
L'industrie minière, "Ni ici, ni ailleurs", entend-on dans la Creuse. Les entreprises françaises n'en ont que faire et exploitent au Pérou! Cocorico … beurk !
En lisant l'enquête de Simone Garra "néocolonialisme made in France de Maurel & Prom dans l’Amazonie péruvienne" on apprend comment l'entreprise Maurel & Prom,  issue du système colonial, poursuit ses frasques du Gabon au Pérou en passant par le Canada (et bientôt la France?). Aujourd'hui, elle cherche à exploiter les territoires du Nord de l'Amazonie péruvienne, ignorant le rejet catégorique que les populations concernées ont exprimé vis-à-vis de ce type d'activités qui ont déjà laissé trop de mort dans leur sillage. 
 
Mais les choses ne se passent pas aussi simplement que le souhaiteraient les  dirigeants de ces compagnies prédatrices : au Pérou, on n’aime pas les mines à  ciel ouvert et on le dit. Pour preuve, et même si la lutte contre le projet Conga semble, au bout de trois,  marquer le pas, ce n’est pas un hasard si Raquel  Neyra, militante péruvienne anti-mine donne un coup de pied dans la  fourmilière en signant une tribune ouverte :  «CONGA, la lutte , la mine et les élections ».  
 
Pour poursuivre, nous vous proposons une traduction d’un article de Raúl Zibechi  qui éclaire d’un regard sans tabou « l’Amérique Latine vue d’en bas »  et essaie de répondre, pays par pays, à la question qui fâche : « où  en est-on dans la région (en juin 2013), la matrice productive  change-t-elle de profil ? " Vraisemblablement, et malheureusement, ce  n’est pas le cas, ni là-bas … ni ici, pourrait-on dire : en France, les Grands Projets Inutiles Imposés se poursuivent. Heureusement, les répliques aussi, et les luttes se multiplient. A ce sujet, vous pourrez signerune pétition en défense de la ZAD du Testet  contre le barrage de Siven ou encore participer à une cyberaction contre la ré-activation (encore!) de l'exploration des hydrocarbures de schiste en France. Et si vous en voulez encore, souvenez-vous de vos vacances et protégez la forêt cévenole, où une centrale à Biomasse menace de tout détruire . Ouf !
 

Enfin, voilà des nouvelles de Caméra Shuar :

Chers tous,

Nous avons le plaisir de vous communiquer que Caméra-Shuar a été invité a faire partie du jury du renomé festival indigène ANACONDA. Cette évenement aura lieu pendant le mois d’octobre 2014 dans les communautés shuars de l’Amazonie Equatorienne.

Ce 10 octobre 2014 et pendant une dizaine de jours, démarre le deuxième atelier de cinéma dans la communauté shuar de Kipiamais. A cette occasion nous finirons un deuxième court-métrage de fiction, TSUNKI, tiré d’un mythe shuar sur l’esprit de l’eau.

Vous serez conviés à une soirée en fin Janvier 2015, pour partager le travail réalisé et faire des échanges.

Suite aux ateliers du mois de mai et juin 2014, nous avons tourné le court-métrage de fiction IWIANCH, un mythe shuar sur un être diabolique qui parfois rend visite aux shuars. Nous cherchons des festivals pour le faire tourner. (http://camara-shuar.org/ateliers_cine.html)

https://vimeo.com/102850114 mot de passe: chantes
(pas encore sous-titré au français).

Le mois de mai 2014, pendant quelques jours, une partie de l’équipe de Caméra-Shuar, (Domingo Ankuash, Franklin Mankash, Raul Ankuash, Carolina Soler et moi même), sommes partis faire une visite aux Sarayakus afin de promovoir des échanges sur l’autonomie des médias. Par la suite nous avons produit un court-métrage. (http://camara-shuar.org/sarayakufr.html)

https://vimeo.com/102850114
(pas encore sous-titré au français).

A tous ceux qui m’ont confirmé, les colliers seront envoyés à vos adresses en décembre.
 

Résistance berbère : La mine d’Imider (Maroc)

Au sommet du mont d’Aleban, à deux kilomètres d’Imider, une localité située à quelque 200 km au nord-est d’Ouarzazat, des habitants en colère organisent un sit-in depuis déjà une année. Ils protestent contre l’exploitation d’une mine d’argent sur leurs terres depuis 1969 par la Société métallurgique d’Imider (SMI), une filiale du groupe minier Managem géré par la Société nationale d’Investissement (SNI) appelée aussi « Maroc SA », une propriété du roi du Maroc. Si cette entreprise a généré en 2010 un chiffre d’affaires de 74 millions d’euros, ce qui la place parmi les plus importantes mines d’argent en Afrique, les habitants, eux, vivent à l’âge de pierre, dans l’indigence et la pauvreté. Ils n’ont ni routes, ni dispensaires, ni écoles, ni réseau Internet. L’hôpital le plus proche est situé à 200 km.

Pire encore. La surexploitation de la mine a provoqué la pollution de leur environnement immédiat au cyanure et au mercure, deux produits chimiques que la SMI utilise pour le traitement du minerai. C’est la faiblesse et l’interruption par la suite du débit d’eau dans les puits et dans les robinets des habitants qui ont enclenché le mouvement de colère. La baisse du débit en eau atteint plus de 60 %.
En réaction à ces injustices, les habitants commencent par manifester pacifiquement leur colère devant la mine, mais face au silence méprisant de l’entreprise, ils changent radicalement de méthode. Ils coupent l’alimentation en eau de la mine. Leurs revendications sont claires. Ils exigent de partager les profits matériels de la SMI. Ils revendiquent aussi que 75 % des recrutements soient réservés aux habitants de la région touchée par la sécheresse et le chômage et exigent la participation au développement économique et sociale de la région, considérée comme l’une des plus pauvres au Maroc.

En Lorraine, des boues de gaz de houille disparaissent… - mais on les a retrouvées !

Forage de gaz de couche avec boue en LorraineForage de gaz de couche avec boue en Lorraine

Un chantier de forage de gaz de houille se déroule en Moselle. Elle produit des boues que des camions convoient vers une destination… inconnue. Des habitants, plus qu’inquiets, adressent une lettre ouverte à Philippe Martin, ministre de l’Ecologie.

Mais selon des informations recueillies par Reporterre, les boues iraient à la station d’épuration de Faulquemont.


Actualisation d’information : Suite à la parution de l’article ci-dessous, paru le 20 décembre, un habitant de Faulquemont a appelé Reporterre le 22 décembre pour indiquer que les boues rejetées par la société EGL partent dans une station d’épuration gérée par le district urbain de Faulquemont. Les boues y sont analysées. Elles ne contiennent pas de métaux toxiques ou de produits chimiques hors normes, sans quoi elles ne seraient pas acceptées. Toujours selon cette source, qui a voulu rester anonyme, les boues épurées sont ensuite ré-utilisées comme engrais agricole.

Il aurait été plus simple que les autorités répondent directement aux Collectifs qui leur ont posé la question. Et il serait plus simple qu’elles confirment officiellement ce qu’un citoyen de base a expliqué à Reporterre.[...

Une mère argentine contre Monsanto et les pesticides

(Buenos Aires) En Argentine, pays du soja roi, un procès historique couronne le combat d'une mère contre les pesticides.

En 2001, Sofia Gatica était une femme au foyer, sans diplôme ni passé militant. En 2012, cette mère argentine a décroché la plus haute distinction environnementale, le prix Goldman, surnommé le «Nobel vert». À la clé, une belle somme d'argent mais surtout une reconnaissance «qui donne le courage de continuer à lutter», confie la lauréate de 45 ans. Car cette grande blonde s'est attaquée à un géant: le soja OGM et ses dommages collatéraux. À son initiative, se tient ces jours-ci un procès historique. Pour la première fois en Amérique latine, des producteurs de soja sont jugés pour fumigation de pesticides sur une zone habitée.

«J'ai appris à me battre pour mes enfants, notre droit à la santé, à la vie», raconte-t-elle. Tout commence il y a 13 ans, après le décès d'un de ses bébés d'une malformation des reins, dont elle parle encore avec émotion. Elle réalise alors que de nombreuses maladies inexpliquées frappent son quartier d'Ituzaingo, périphérie ouvrière de la ville de Cordoba. Ici, leucémies et cancers; là, becs de lièvre, allergies, problèmes neurologiques...

AUDIO : L’extractivisme près de chez vous : l’extraction de lignite fait disparaître des villages en Allemagne

Rhénanie-du-Nord-Westphalie, non loin de Düsseldorf. La mine de lignite à ciel ouvert de Garzweiler (Braunkohletagebau Garzweiler), 48 km2 (la surface de la ville de Lyon), exploitée par l'entreprise RWE Power AG, a pris le nom d’un village disparu. Le projet d’extension de la mine, démarré dans les années 1990 doit engloutir 12 autres villages. L’Allemagne […] se fait, depuis plusieurs années, le chantre des énergies renouvelables qui permettent de produire près d’un quart de l’électricité du pays. L’abandon du nucléaire a été décidé au début de la dernière décennie, et accéléré après la catastrophe de Fukushima. Mais le pays présente également un autre visage. Le charbon continue de jouer un rôle central pour la production d’électricité –près de 45%- avec des conséquences négatives sur l’environnement.

Mines de charbon et politique énergétique en Allemagne. Grand reportage RFI sur la mine de lignite à Garzweiler. Pascal Thibaut, Marc Minatel : écouter dans son intégralité sur le site de RFI

Extraits du reportage:

L’Allemagne arrive en tête du palmarès pour l’extraction du lignite, avec 100 millions de tonnes chaque année, dans cette seule région à l’Ouest de Cologne : 1/4 de l’électricité allemande est produite grâce au lignite et près d’1/5 avec du charbon, soit environ 45% avec ces deux minerais (énergies renouvelables : 22% l’an dernier ; le nucléaire : 15%).

La mine de de Garzweiler s’étend sans cesse : il faut déplacer des villages et des villageois. Son nom, Garzweiler, est celui d'un village qui n'existe plus. Après Garzweiler I, la phase II du projet prévoit une extension sur une superficie totale de 45 km2 et provoque des résistances sur le terrain. Lorsque Garzweiler II est autorisé au début des années 1990, le SPD perd la majorité dans son bastion et doit s’allier aux écologistes, opposants de toujours au charbon. A l’arrivée, un compromis boiteux est trouvé, mais Garzweiler II est toujours d’actualité. La société RWE dispose d’une concession jusqu’en 2045. 12 villages doivent disparaître, 7600 habitants expropriés au profit de la RWE et déménagés ; une autoroute doit être déplacée.

BRÉSIL - Le plus grand extractiviste du continent

 [Español] 

L’extractivisme, c’est l’appropriation d’énormes volumes de ressources naturelles ou leur exploitation intensive, les produits obtenus étant alors, en majorité, exportés comme matières premières vers les marchés mondiaux. Il semble passer inaperçu que, selon cette définition, le plus grand extractiviste d’Amérique du Sud est le Brésil.

Cette situation n’est pas toujours reconnue, car lorsqu’on parle d’extractivisme on pense en premier lieu à l’exploitation minière, et en second lieu, on donne comme cas emblématiques le Chili, le Pérou ou la Bolivie. Les représentations populaires font de ces nations andines les leaders miniers continentaux, et même mondiaux.

La réalité des dernières années est différente. Le Brésil est devenu le plus grand producteur et exportateur minier du continent. Ce pays a extrait plus de 410 millions de tonnes de ses principaux minerais en 2011, alors que toutes les autres nations sud-américaines réunies, se sont appropriées un peu plus de 147 millions de tonnes. Ces indicateurs se basent sur l’extraction en Amérique du Sud du cuivre, zinc, plomb, étain, bauxite, charbon et fer (qui représentent les principaux minerais par leur volume d’extraction et d’exportation). Il est impressionnant de noter que le Brésil extrait presque le triple de tous les autres pays sud-américains qui ont une industrie minière significative (Argentine, Bolivie, Colombie, Chili, Équateur, Guyana, Pérou, Suriname, Venezuela).

AMÉRIQUE DU SUD - Progressisme et gauche marron

www.alterinfos.orgwww.alterinfos.orgDans le numéro de novembre, nous publions deux textes de l’Uruguayen Eduardo Gudynas, analyste du Centre latino-américain d’écologie sociale (CLAES), fondé en 1989 et basé à Montevideo (Uruguay). Le premier revient sur la question de l’extractivisme, déjà abordé dans les numéros précédents [1], à partir d’un cas d’école, le Brésil. Le second, ci-dessous, propose une analyse plus large des contradictions des gouvernements de gauche sud-américains sur les questions environnementales.
Les questions environnementales sont devenues un terrain de contradictions et tensions croissantes pour les gouvernements sud-américains qualifiés souvent de « nouvelle gauche » ou de « progressistes ». Cette problématique s’accentue année après année, et semble révéler qu’un changement profond est en marche dans l’esprit de la gauche.
Sous les noms de « progressisme » et de « nouvelle gauche », on regroupe des situations très diverses qui vont du cas de Rafael Correa en Équateur ou d’Evo Morales en Bolivie à celui de Dilma Roussef au Brésil ou de José « Pepe » Mujica en Uruguay. Les uns ont été appelés « gauche radicale », on dit des autres qu’ils ressemblent à la social-démocratie européenne, les uns défendent l’idéal d’un « socialisme du XXIe siècle » tandis que les autres se disent « nationaux-populaires ». Ces descriptions et bien d’autres ont probablement une certaine justesse, mais elles sont aussi incomplètes.

L’industrie minière reine du Canada

LA BOURSE DE TORONTO SÉDUIT LES SOCIÉTÉS DE PROSPECTION ET D’EXTRACTION.

La frénésie extractive qui conduit à fouiller le sous-sol canadien pour en tirer hydrocarbures, charbon et métaux défraie régulièrement la chronique [...]. Mais Toronto s’est également spécialisé dans une facette moins connue de cette activité : la cotation boursière des géants miniers mondiaux, à l’abri d’un paradis fiscal et judiciaire.

« De manière générale, dans l’industrie minière, les capitaux à risque viennent du Canada», assène, sur le ton de l’évidence,  l’ingénieur  belge  René Nollevaux, gestionnaire d’une mine de cuivre dans la province congolaise du Katanga (1). De fait, 75 % des sociétés minières mondiales (diamants, or, cuivre, cobalt, uranium...) choisissent ce pays comme lieu d’enregistrement, et 60 % de celles qui émettent des actions en Bourse s’inscrivent au Toronto Stock Exchange (TSX). Entre 2007 et 2011, 220 milliards de dollars canadiens (près de 157 milliards d’euros) y ont été consacrés au financement par actions du secteur minier – plus du tiers du total mondial –, ce qui place Toronto loin devant son concurrent direct, le London Stock Exchange (LSE). En 2011, 90 % des actions émises par cette industrie dans le monde ont été administrées par le TSX (2). > Lire la suite

« Les pollutions engendrées par l’industrie minière représentent un danger pour les décennies à venir »

Des prix records, une demande croissante, un besoin de sécurisation des approvisionnements : une nouvelle ruée vers les minerais est à l’œuvre, partout dans le monde. Face aux multiples impacts de cette industrie, les résistances se multiplient, en Amérique Latine comme en Afrique ou même en Europe. Réussiront-elles à protéger les eco-systèmes menacés ? Entretien avec William Sacher, chercheur basé à Quito, qui travaille depuis 8 ans sur l’exploitation minière industrielle. Un entretien accompagné de photos de cours d’eau pollués par l’acide utilisé dans les mines. [lire la suite]

 

 

A Jouarre, des activistes ont investi la tour de forage du pétrole de schiste

Le reportage in vivo par Linda Maziz de Reporterre, seule journaliste à avoir suivi l'action des Dindons directement depuis la plateforme dès 6h de matin ! Merci à elle! Les Dindons de la Farce.

Ils en ont assez d’être les "dindons de la farce" : la farce jouée par le gouvernement qui interdit officiellement la fracturation hydraulique, mais laisse des compagnies chercher du pétrole de schiste. Ce dimanche à l’aube, une trentaine d’activistes ont investi la plate-forme de forage de la compagnie Hess Oil, à Jouarre, en Seine-et-Marne. Reporterre raconte.


- Reporterre, Jouarre, "La Petite Brosse"

« On peut y aller, la voie est libre ». Il est 6h30 ce matin quand Marie-Dominique, partie en repérage, rejoint le reste du groupe, resté légèrement en retrait, pour plus de discrétion. C’est le signal que tout le monde attendait. A partir de cet instant, tout va très vite. Chacun a en mémoire le briefing de la veille et sait ce qui lui reste à faire. Juste le temps d’un dernier conseil avant de reprendre la voiture. « N’hésitez pas à prendre des initiaves. Une action se joue aussi au culot ».

A peine trois minutes plus tard, un premier militant s’éjecte d’un des six véhicules et passe de l’autre côté du grillage. Par chance, la porte n’est pas cadenassée. Il s’empresse de déverrouiller cette issue de secours pour libérer l’accès au reste du groupe. « Faites attention, soyez discret, il y a des ouvriers sur le site », prévient quelqu’un en tête. Mais l’effet de surprise aidant, les quelques employés n’ont rien tenté pour les empêcher d’accéder aux installations.

Folie de l’or : mieux vaut prévenir que guérir

Permis de VillerangesPermis de Villeranges

Acteurs

3 millions d’euros. C’est ce qu’ils vont mettre dedans. Il vaut mieux être sûr de son coup à ce tarif. Et c’est la Cominor qui veut exploiter ça. Son chiffre d’affaire (verif.com au 02/09/2013) est de 3 142 776 euros (à peu près le tarif du permis) et son dirigeant est Dominique Delorme, qui dirige aussi le groupe mère « La Mancha Resources INC » (siège social à Vancouver ‑ Cocorico M. Montebourg) qu’Areva a refilé à Weather II (lire l’encadré).

Ils exploitent déjà des gisements en Afrique mais un nouveau territoire (national) à « coloniser » où il n’y aurait pas trop d’autochtones pour gueuler, serait par exemple… la Creuse.

Le 14 février 2013, le préfet, l’ancien, quatre jours avant de partir, faut-il croire puisque la nouvelle préfète a pris ses fonctions le 18 du même mois, a réservé une suite favorable à la demande du permis de Villeranges.

Et la population a eu un gros mois pour dire son avis… en plein été. Ça rassure franchement, on voudrait faire un truc louche qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Mais les messieurs de la Cominor, de la préfecture et du ministère n’habitent certainement pas à Villeranges. Et je me suis déplacé dans le coin pour voir ce que les gens en disaient.

Un déplacement autour de Villeranges (commune de Lussat)

La note de présentation précise déjà que ce sont les hameaux de Villeranges, des Farges et de Varennes (Lussat) les plus concernés.

Je suis d’abord allé sur les communes de Lépaud et Chambon, qui ont des surfaces touchées par le permis. Il y a une personne qui n’en n’avait même pas entendu parler, et qui a dit que ce serait bien s’il y avait de l’or. Je lui ai dit que de toute façon le sous-sol appartient à l’État : elle ne le savait pas. Dans un autre hameau, quelqu’un encore n’était pas au courant d’habiter sur le périmètre d’exploration autorisé. Il m’a dit d’aller voir le propriétaire. Selon celui-ci, c’est surtout le hameau des Farges qui serait concerné, parce qu’ici les carottages d’il y a quelques année n’avaient pas donné grand-chose. Pourtant, « ici » est quand même sur le permis, va savoir pourquoi…

Conga: une lutte de longue haleine

FAL Magazine, automne 2013

Une des stratégies des forces armées est la guerre d’usure. On pourrait se demander si ce n’est pas le cas dans la lutte qui oppose Yanacocha et le gouvernement péruvien aux résistants pacifiques au projet minier Conga.

Au début de la résistance, le gouvernement péruvien avait fait le choix de montrer toute son autorité en réprimant les opposants avec violence[i], en déclarant plusieurs fois l’état d’urgence dans les provinces concernées, en dénonçant constamment les dirigeants, en fouillant leurs foyers, en les diffamant.

El agua es un tesoroEl agua es un tesoro

[i] Cinq morts en juillet 2012, des habitants de Celendin etde Bambamarca

Contamination minière : la communauté de Caimanes au Chili continue d’être mise en danger et de voir nier son droit à une eau de qualité

 


Bien que la communauté soit sortie victorieuse en mars dernier d’un procès engagé par la compagnie minière contre le dirigeant du Comité de Défense et les avocats de la communauté, la situation locale a empiré. Depuis février 2013, le puits d’eau potable alimentant la communauté est devenue insuffisant et seul l’acheminement d’eau potable par des camions permet de subvenir aux besoins de la consommation des habitants : 60.000 litres d’eau sont livrés quotidiennement à la communauté de 1600 habitants, tandis qu’un autre camion fournit de l’eau aux quelques éleveurs et agriculteurs qui tentent de résister et se refusent à cesser leurs activités. L’installation illégale de centaines de travailleurs sous-traitants a accentué plus encore la pression sur l’eau et les tensions sociales. L’entreprise refuse toujours de dialoguer avec l’assemblée de la communauté malgré les demandes des habitants. Elle continue de nier en bloc toute incidence de ses activités sur la quantité et sur la qualité de l’eau.