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Articles de presse

La chasse à l'or de nouveau autorisée dans le Maine-et-Loire

La France de retour à la mine ? En tout cas, la société Variscan Mines a obtenu mercredi un permis pour chercher de l'or et de l'argent dans le Maine-et-Loire. C'est le deuxième permis de ce type accordé ces derniers mois, alors qu'il n'y en avait pas eu depuis plus de 20 ans. Car, aujourd'hui, il y a un vrai regain d'intérêt des industriels pour ces métaux stratégiques.

La société Variscan Mines retourne sur les traces d'un ancien gisement d'or exploité jusque dans les années 50 sur la commune de Saint-Pierre-Montlimart, près de Cholet. 

"Le permis attribué à la société Variscan Mines, également détentrice d'un permis dans la Sarthe, lui permettra d'entreprendre, dans le périmètre d'exploration déterminé, des démarches de reconnaissance et d'acquisition de données pendant cinq ans, afin d'évaluer les ressources en or et en argent susceptibles d'être présentes", précise dans un communiqué le ministère du Redressement productif qui a accordé ce permis exclusif de recherche de mines d'or et d'argent.

L'empreinte environnementale de l'économie numérique

L’économie virtuelle consomme une énergie bien réelle. Les « data centers », qui regroupent les serveurs indispensables à la navigation sur le Web et à la circulation des 300 milliards de courriels, pourriels, photos ou vidéos envoyés quotidiennement, peuvent consommer autant d’énergie qu’une ville de 200 000 habitants. Sans compter le coût environnemental de la fabrication d’équipements toujours plus nombreux. De quoi relativiser l’apport apparemment écologique de l’économie dématérialisée, avec ses « télé-réunions », son commerce en ligne ou ses téléchargements.

Envoyer un mail, transférer ou répondre à un message... Autant de banals clics qui génèrent pourtant une quantité non négligeable d’émissions de CO2. L’envoi de courrier électronique dans une entreprise de 100 personnes équivaut à quatorze allers-retours Paris – New York (13,6 tonnes de CO2) chaque année. Quant aux requêtes Internet, via un moteur de recherche, elles représentent en moyenne 9,9 kg de CO2 par an et par internaute. Soit un total d’environ 450 000 tonnes de CO2 pour les 46 millions d’internautes français [1]. Apparemment virtuel, le web inclut des équipements très concrets qui consomment beaucoup d’énergie, à commencer par les serveurs et les centres de stockage des données. Ces ordinateurs sur lesquels s’accumulent les centaines de milliers de textes, images et vidéos postés chaque jour, ont besoin de beaucoup d’électricité pour fonctionner mais aussi pour être refroidis.

« Les pollutions engendrées par l’industrie minière représentent un danger pour les décennies à venir »

Des prix records, une demande croissante, un besoin de sécurisation des approvisionnements : une nouvelle ruée vers les minerais est à l’œuvre, partout dans le monde. Face aux multiples impacts de cette industrie, les résistances se multiplient, en Amérique Latine comme en Afrique ou même en Europe. Réussiront-elles à protéger les eco-systèmes menacés ? Entretien avec William Sacher, chercheur basé à Quito, qui travaille depuis 8 ans sur l’exploitation minière industrielle. Un entretien accompagné de photos de cours d’eau pollués par l’acide utilisé dans les mines. [lire la suite]

 

 

A Jouarre, des activistes ont investi la tour de forage du pétrole de schiste

Le reportage in vivo par Linda Maziz de Reporterre, seule journaliste à avoir suivi l'action des Dindons directement depuis la plateforme dès 6h de matin ! Merci à elle! Les Dindons de la Farce.

Ils en ont assez d’être les "dindons de la farce" : la farce jouée par le gouvernement qui interdit officiellement la fracturation hydraulique, mais laisse des compagnies chercher du pétrole de schiste. Ce dimanche à l’aube, une trentaine d’activistes ont investi la plate-forme de forage de la compagnie Hess Oil, à Jouarre, en Seine-et-Marne. Reporterre raconte.


- Reporterre, Jouarre, "La Petite Brosse"

« On peut y aller, la voie est libre ». Il est 6h30 ce matin quand Marie-Dominique, partie en repérage, rejoint le reste du groupe, resté légèrement en retrait, pour plus de discrétion. C’est le signal que tout le monde attendait. A partir de cet instant, tout va très vite. Chacun a en mémoire le briefing de la veille et sait ce qui lui reste à faire. Juste le temps d’un dernier conseil avant de reprendre la voiture. « N’hésitez pas à prendre des initiaves. Une action se joue aussi au culot ».

A peine trois minutes plus tard, un premier militant s’éjecte d’un des six véhicules et passe de l’autre côté du grillage. Par chance, la porte n’est pas cadenassée. Il s’empresse de déverrouiller cette issue de secours pour libérer l’accès au reste du groupe. « Faites attention, soyez discret, il y a des ouvriers sur le site », prévient quelqu’un en tête. Mais l’effet de surprise aidant, les quelques employés n’ont rien tenté pour les empêcher d’accéder aux installations.

Folie de l’or : mieux vaut prévenir que guérir

Permis de VillerangesPermis de Villeranges

Acteurs

3 millions d’euros. C’est ce qu’ils vont mettre dedans. Il vaut mieux être sûr de son coup à ce tarif. Et c’est la Cominor qui veut exploiter ça. Son chiffre d’affaire (verif.com au 02/09/2013) est de 3 142 776 euros (à peu près le tarif du permis) et son dirigeant est Dominique Delorme, qui dirige aussi le groupe mère « La Mancha Resources INC » (siège social à Vancouver ‑ Cocorico M. Montebourg) qu’Areva a refilé à Weather II (lire l’encadré).

Ils exploitent déjà des gisements en Afrique mais un nouveau territoire (national) à « coloniser » où il n’y aurait pas trop d’autochtones pour gueuler, serait par exemple… la Creuse.

Le 14 février 2013, le préfet, l’ancien, quatre jours avant de partir, faut-il croire puisque la nouvelle préfète a pris ses fonctions le 18 du même mois, a réservé une suite favorable à la demande du permis de Villeranges.

Et la population a eu un gros mois pour dire son avis… en plein été. Ça rassure franchement, on voudrait faire un truc louche qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Mais les messieurs de la Cominor, de la préfecture et du ministère n’habitent certainement pas à Villeranges. Et je me suis déplacé dans le coin pour voir ce que les gens en disaient.

Un déplacement autour de Villeranges (commune de Lussat)

La note de présentation précise déjà que ce sont les hameaux de Villeranges, des Farges et de Varennes (Lussat) les plus concernés.

Je suis d’abord allé sur les communes de Lépaud et Chambon, qui ont des surfaces touchées par le permis. Il y a une personne qui n’en n’avait même pas entendu parler, et qui a dit que ce serait bien s’il y avait de l’or. Je lui ai dit que de toute façon le sous-sol appartient à l’État : elle ne le savait pas. Dans un autre hameau, quelqu’un encore n’était pas au courant d’habiter sur le périmètre d’exploration autorisé. Il m’a dit d’aller voir le propriétaire. Selon celui-ci, c’est surtout le hameau des Farges qui serait concerné, parce qu’ici les carottages d’il y a quelques année n’avaient pas donné grand-chose. Pourtant, « ici » est quand même sur le permis, va savoir pourquoi…

Conga: une lutte de longue haleine

FAL Magazine, automne 2013

Une des stratégies des forces armées est la guerre d’usure. On pourrait se demander si ce n’est pas le cas dans la lutte qui oppose Yanacocha et le gouvernement péruvien aux résistants pacifiques au projet minier Conga.

Au début de la résistance, le gouvernement péruvien avait fait le choix de montrer toute son autorité en réprimant les opposants avec violence[i], en déclarant plusieurs fois l’état d’urgence dans les provinces concernées, en dénonçant constamment les dirigeants, en fouillant leurs foyers, en les diffamant.

El agua es un tesoroEl agua es un tesoro

[i] Cinq morts en juillet 2012, des habitants de Celendin etde Bambamarca

Contamination minière : la communauté de Caimanes au Chili continue d’être mise en danger et de voir nier son droit à une eau de qualité

 


Bien que la communauté soit sortie victorieuse en mars dernier d’un procès engagé par la compagnie minière contre le dirigeant du Comité de Défense et les avocats de la communauté, la situation locale a empiré. Depuis février 2013, le puits d’eau potable alimentant la communauté est devenue insuffisant et seul l’acheminement d’eau potable par des camions permet de subvenir aux besoins de la consommation des habitants : 60.000 litres d’eau sont livrés quotidiennement à la communauté de 1600 habitants, tandis qu’un autre camion fournit de l’eau aux quelques éleveurs et agriculteurs qui tentent de résister et se refusent à cesser leurs activités. L’installation illégale de centaines de travailleurs sous-traitants a accentué plus encore la pression sur l’eau et les tensions sociales. L’entreprise refuse toujours de dialoguer avec l’assemblée de la communauté malgré les demandes des habitants. Elle continue de nier en bloc toute incidence de ses activités sur la quantité et sur la qualité de l’eau.

Au Chili, des villageois affrontent l’une des plus grandes fortunes mondiales

C'est l'histoire de villageois qui osent s'opposer à la plus riche famille du Chili. Après avoir asseché une vallée avec la construction d'une mégadécharge, le consortium minier Antofagasta, domicilié à Londres mais appartenant à la puissante famille Luksic, intrente un procès contre le comité de défense des Caimanes. Les villageois sont accusés d'"association illicite" pour s'être opposé à la dévastation environnemental.

Extractivisme et obsolescence

Dans la société d’hyperconsommation, la recherche effrénée de la croissance entre en écho avec la volonté de provoquer le plus rapidement possible le remplacement des biens que nous possédons, même s’ils ne sont pas périmés ni hors service. Voilà comment la stratégie de l’obsolescence organisée veut forcer les consommateurs à renouveler inutilement nombre d’objets et à augmenter les profits des détenteurs de capitaux. Mais une telle stratégie n’aurait pas pu exister sans l’accès facile aux matières premières du Sud, lesquelles n’auraient pas pu arriver à des prix aussi bas dans les pays industrialisés sans le couple infernal formé par les dettes illégitimes et la corruption organisée.

L’extractivisme est ce principe si difficile à faire entrer dans le concept du « développement durable ». L’extraction des matières premières est à la base du développement de la société matérialiste actuelle dont les oligarques sont les grands bénéficiaires. Comment extraire toujours plus sans épuiser la ressource ni polluer durablement l’environnement ? Comment faire du productivisme agricole à coup d’engrais et de pesticides chimiques sans extraire la fertilité des sols jusqu’à épuisement, sans tarir et polluer les ressources en eau ?
Alors les tenants de l’extractivisme inventent des oxymores comme le développement durable, le profit éco-compatible, le capitalisme moral ou vert, etc. « C’est pour masquer cette vérité incontournable que notre société multiplie les oxymores. Pour se cacher à elle-même cette horrible vérité, que son projet fondamental est insensé et intenable et qu’il mène l’humanité aux abîmes. » [1].

La péremption artificielle existe depuis longtemps. L’utilisation industrielle d’un pétrole à très bas prix avait décuplé la puissance de la révolution thermo-industrielle. La mécanisation, la taylorisation du travail et les chaînes de montage avaient fait chuter les prix, en multipliant les quantités produites avec le même nombre de travailleurs.
Ainsi pour faire face à la surproduction, les citoyens devaient acheter en continu les innombrables biens qui sortaient des usines. Pour que chacun renouvelle aussi bien sa garde robe ou son réfrigérateur que son automobile ou son téléphone portable, qu’il achète plus de viande et de céréales que nécessaire, il a fallu imposer la révolution culturelle consumériste, qui a transformé l’acheteur de biens nécessaires, en consommateur pulsionnel de biens à répétition.
Le démodé dans l’habillement, la fragilisation calculée de pièces mécaniques ou électroniques, des dates de péremption de plus en plus courtes et, surtout, la propagande publicitaire sont les bases de l’obsolescence des objets et du renouvellement infini de l’acte d’achat. Et pour que le plus grand nombre participe, les banquiers ont proposé aux particuliers des crédits à la consommation. Surendettement et surconsommation, pillage et gâchis des richesses de la planète, pollution et réchauffement sont les conséquences de l’obsolescence artificielle, un principe aujourd’hui incompatible avec la survie de l’espèce humaine.

Argentine, nouvelle frontière des gaz de schiste

Entretien avec Diego di Risio, à retrouver dans le prochain FAL MAG.

Observatorio Petrolero Sur, organisation du réseau OilWatch, travaille depuis cinq ans sur les problèmes environnementaux, sociaux et économiques générés par l’exploitation d’hydrocarbures en Argentine. Diego di Risio, membre de l’Observatorio, répond à nos questions au sujet de l’exploitation des gaz et huile « de schiste ».

Où en est l’exploitation de gaz et huile de schiste en Argentine ?

L’histoire des hydrocarbures non conventionnels en Argentine commence en 2009 - 2010. Dans un contexte de baisse importante des niveaux de production, ce sont les différents gouvernements provinciaux - qui exercent le contrôle sur les ressources naturelles (et décident de leur exploitation, ndlr), mais aussi l’Etat national, qui ont fait leur promotion. La province de Neuquén, dans le nord de la Patagonie, est devenue le fer de lance de l’avancée de l’exploitation des hydrocarbures de schiste, et on y exploite déjà des formations de tight gaz . La province compte déjà 200 puits forés. Au-delà de cette formation, connue comme “Vaca Muerta”, les gisements s’étendent sur une bonne partie du pays, y compris dans des bassins qui n’ont pas encore été explorés et qui n’ont pas d’histoire pétrolière. YPF et d’autres entreprises ont aussi l’intention d’explorer dans le nord-est, à la frontière avec Uruguay et le Brésil. Dans cette zone se trouve l’aquifère Guarani, l’un des plus grands aquifères d’eau douce au monde. Selon l’agence américaine EIA (Energy information administration), l’Argentine recèlerait la troisième réserve mondiale de gaz de schiste.

Les droites, les gauches et l’écologie libertaire

Les droites, les gauches et l´écologie libertaire

par Marco Arana, traduction de Thierry Uso

Tous les présidents d’Amérique latine, qu’ils soient de droite ou de gauche, ont été élus par leurs promesses de continuer à promouvoir la croissance économique et de diminuer ou éradiquer la pauvreté. Pour certains d’entre eux, la recette est le néolibéralisme économique. Pour d’autres, une plus grande participation de l’Etat dans les activités économiques et la redistribution de la rente. Dans tous les cas, ils parient sur l’intensification et l’extension des activités extractivistes (mines, pétrole, pêche), sous-entendant que les besoins sont infinis et les ressources naturelles également. Je ne crois pas avoir entendu un seul de ces présidents tenir un discours sophistiqué disant que « les avancées technologiques compenseront et résoudront les graves problèmes écologiques que le modèle de développement actuel génère » ; comme l’ont fait les défenseurs de l’économie verte au dernier sommet sur l’environnement à Rio+20.

Algérie : feu vert pour les gaz de schiste

Après un vote pratiquement à sens unique, la nouvelle loi sur les hydrocarbures N.13-01 du 20 février 2013 modifiant et complétant celle du 28 avril 2005, a été publiée au JO n°11, du 24 février dernier.

Le rideau est donc tombé sur le déjà ancien débat sur l'exploitation des gaz de schiste, en Algérie. La nouvelle loi sur les hydrocarbures n'a pas été tellement remaniée par rapport à l'ancien texte de 2005, hormis l'exploitation des gaz non conventionnels, c'est-à-dire les gaz de schiste et quelques réaménagements concernant le transport de gaz et de pétrole par canalisations qui seront désormais dévolus à Sonatrach.

En Grèce, le village d'Iérissos s'oppose à la réouverture de mines d'or

La Grèce endettée possède de l'or dans ses sous-sols. Ce devrait être une bonne nouvelle, mais dans le village d'irréductibles Hellènes de Iérissos, à quelques kilomètres de la porte d'entrée du mont Athos, la relance des mines est vécue comme une catastrophe. "Non aux mines d'or", proclament des banderoles au centre du village de 3 000 habitants. Les heurts avec la police sont devenus fréquents dans la forêt de Skouriès de cette région de Chalcidique, à 100 kilomètres à l'est de Thessalonique, dans le nord du pays.

Pour Christos Pappas, Tolis Papageorgiou, Kostas Efthimiou, Maria Kadoglou, c'est le combat d'une vie. Cela fait des années qu'ils luttent contre les risques de pollution de leur belle Chalcidique et de ses montagnes recouvertes de forêts et de bruyères en fleurs qui tombent dans la mer. Ils se battent devant les tribunaux, dans les médias et sur le terrain. Ils se sont opposés aux exploitants miniers successifs mais trouvent aujourd'hui face à eux un acteur protéiforme, plus difficile à attaquer : la crise économique.

Reponse des collectifs anti-gaz et petrole de schiste aux propos de Philippe chalmin dans marianne du 11 fevrier 2013.

En réaction à une tribune parue dans le magazine Marianne le gaz de schiste, nouvel étendard de la "pensée verte"  voici la réponse des collectifs anti gaz et pétrole de schiste

Non, Mr Chalmin, le front du refus ne joue pas sur la peur ! la Gauche à la Droite, il passe également et, de plus en plus, par des Citoyens de tous bords, avec ou sans étiquette politique, qui ne jouent pas, quand ils se retrouvent unis sur le front du refus au nom de la raison et du principe de précaution.

Non, Mr Chalmin, la France et l'Europe ne sont pas les Etats-Unis et ce n'est pas en allant piocher dans notre sous-sol des hydrocarbures de roche-mère, appellation pour l'exploitation des ressources du sous-sol français, que nous atteindrons une plus grande indépendance énergétique. D'une part, parce que les pétroliers et géologues eux-mêmes avouent que le potentiel des réserves existantes n'est pas connu et souvent surestimé. D'autre part, parce que, et vous omettez de le dire, le coût des recherches de ces énergies fossiles sera 2 à 3 fois supérieur en Europe par rapport aux Etats-Unis (Etude de 2010 de l'Oxford Institute of Energy Studes et validée par l'AIE). Vous oubliez également de parler des subventions dont bénéficient les sociétés pétrolières américaines, qui faussent le résultat de la rentabilité de cette exploitation outre-atlantique.