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« Grande Transition » : d’autres modèles économiques sont possibles (et nécessaires) !

J’ai été invité à introduire une journée de séminaire très réussie sur les questions d’emploi et de travail dans la transition écologique, avec beaucoup de monde et d’interventions, hier 27 janvier. Le programme est ici. J’ai choisi de traiter une question controversée mais cruciale pour estimer les créations d’emplois dans cette transition : quels modèles économiques (ou socio-écolo-économistes) utiliser, et pourquoi les modèles macro-économiques existants me posent des problèmes ? Voici des extraits de mon support d’intervention.

On trouve dans tous ces modèles des hypothèses de croissance et de gains de productivité perpétuels d’ici 2030 ou 2050, voire 2200 dans le rapport Stern de 2006. Ce qui a changé par rapport aux scénarios plus anciens, c’est que ces hypothèses ont été revues à la baisse (le graphique ci-dessous aide à comprendre pourquoi !), mais la démarche est la même.

Cradle to Cradle Du berceau au berceau

L’expression cradle to cradle, du berceau au berceau, a été introduite en référence à l’expression cradle to grave, du berceau à la tombe, couramment utilisée en analyse du cycle de vie. L’expression du berceau à la tombe fait référence à l’impact environnemental total qu’occasionne un produit, depuis sa conception jusqu’à son démantèlement. Par contraste, l’expression du berceau au berceau revendique l’idée que les produits du démantèlement peuvent eux-mêmes être des matières premières et, finalement, permettre ce qu’on a appelé l’économie circulaire.

Le livre de William McDonough et Michael Braungart [1] propose une révolution dans la production industrielle qui, selon les auteurs, pourrait devenir entièrement verte. Qu’en est-il ?

Il n’y a pas de doutes que les biens qui sont produits aujourd’hui ont généralement de très graves défauts d’un point de vue environnemental. Il n’y a pas de doutes que les émanations, dans l’ambiance de nos maisons, d’un grand nombre de composés chimiques synthétiques contenus dans ces biens sont inquiétantes. Il n’y a pas de doute qu’une grande majorité de produits est destinée à finir rapidement dans les poubelles et sera incinérée ou mise en décharge, épuisant ainsi un peu plus les ressources naturelles non renouvelables et accentuant la pression sur le flux des énergies renouvelables. Des produits environnementalement mieux conçus pourraient certainement représenter une voie de grand progrès. Et tel est, il me semble, un objectif de l’économie verte.

La Louve, le supermarché coopératif du 18ème: le bio pour les bobos, les restes pour les prolos ?

Date de publication: 
Lundi, 26 Janvier, 2015
Par: 
Reçu par email

Avant-proposLe collectif Aldeah a reçu ce texte par courrier électronique. Certains le trouveront probablement incomplet, mais il pose néanmoins des questions légitimes qui nous paraissent valoir la peine d'être débattues. Si vous souhaitez y répondre, merci de nous contacter : http://www.aldeah.org/fr/contact

 

Habitant du 18ème arrondissement, j'ai appris qu'un supermarché se revendiquant coopératif appelé La Louve est en train de voir le jour dans le quartier.

Si de prime abord La Louve encourage l'autogestion ainsi que les préoccupations socio-environnementales, une brève analyse de son modèle d'inspiration et soutien, le Park Slope Food Coop (PSFC) à New York, suffit à déceler sa patte néolibérale. D'abord, l'envergure du PSFC (1000 m2, 16 000 membres) interroge sur sa «gouvernance», articulée autour d'un CA élu pour 3 ans par les membres. Mais «[l]es new­yorkais, tout comme les Parisiens, sont très occupés» et les électeurs tournent, de l'aveu même des promoteurs, «autour de 100 (soit 0.6% des membres)»: une minorité décide donc pour une majorité.

Quant aux objectifs du PSFC, ils ont à première vue de quoi séduire: «soutenir les meilleurs produits et les meilleures pratiques en ce qui concerne la santé, la sécurité et la conservation des humains, des animaux et de la biosphère en général», tout en restant accessible à des personnes «d’origines très différentes, ayant des nécessités et des situations financières très variables».
 
Toutefois, afin d'atteindre cette mixité sociale et d'«offrir à ses membres une gamme de produit ‘complète’», le PSFC concilie l'inconciliable: dans ce supermarché, les «produits bios et locaux sont préférés» mais «on a souvent le choix entre un produit bio et un produit conventionnel», y compris des OGM, sauf «si un équivalent non­OGM peut se trouver au même prix». Autrement dit: du bio pour les bobos, les restes pour les prolos ?

Si La Louve est une version du PSFC adaptée au contexte français, elle conserve la même philosophie pragmatique néolibérale qui légitime la vente de produits issus de la filière agro-industrielle «conventionnelle» par la noble volonté de «rendre la coopérative accessible à tous».

Je souhaite donc interpeller les habitants du 18ème, pour que La Louve ne fasse aucun compromis sur la santé des plus pauvres en acceptant de leur vendre des produits non­bio. En parallèle, une réflexion doit être menée quant au devenir des AMAP, dont je suis membre. Véritables solutions accessibles à tous, elles sont aujourd'hui fragilisées et risquent d'être ingérées par des gloutons, comme La Louve ou «La ruche qui dit oui», qui singent leurs principes mais en retirent l'essence militante. N'y a­t­il pas en effet un risque que les paysans en AMAP se laissent séduire par ces prédateurs, qui pourraient bien leur paraître plus attrayants car économiquement plus sécurisants ?



Un agneau sans berger


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