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Pourquoi est-ce que ces peuples autochtones en colère "ruinent" la protestation?

Date de publication: 
Mercredi, 8 Novembre, 2017
Par: 
Tara Houska

Traduction d’un article de Tara Houska, juriste Anishinaabe, sur le site de Honor the Earth.

Chers alliés,

Tout au long de cette lutte que nous menons pour l'avenir de nos enfants, un sujet profondément problématique continue à s’immiscer dans le débat. Je constate que beaucoup d’entre vous ne font que découvrir maintenant l'idée d'inclure les communautés affectées lorsqu’il s’agit de protéger les terres et les ressources naturelles. Je reconnais que beaucoup d’entre vous ne connaissent pas les droits et les luttes des peuples autochtones, que notre complexité et notre traumatisme ne vous sont pas familiers. Je reconnais que le récit colonial a fait de son mieux pour s'assurer que les peuples autochtones soient presque entièrement effacés de la conscience sociale.

Trop souvent, je vois les droits autochtones traités comme un simple sujet de conversation. Trop souvent, je fais face à ceux qui parlent des peuples autochtones, qui croient pouvoir mieux défendre nos droits que nous. Trop souvent, j'entends des ONG et des alliés non autochtones dénoncer «l'agressivité» et «le comportement intimidant» des peuples autochtones. J'ai même entendu dire que ces autochtones «agressifs» devraient être mis de côté en tant qu'agitateurs extérieurs au mouvement. Agitateurs extérieurs. Réfléchissez un moment. «Terres volées» n'est pas un slogan sur un t-shirt, c'est une réalité que les peuples autochtones vivent chaque jour. "Indigène" n'est pas un mot sur une feuille de papier ou sur une photo colorée et pittoresque d’autochtones, c'est ce que nous sommes.

La survie de la Terre Mère nous unit tous en tant qu'êtres humains. Nous combattons côte à côte pour les générations futures. J'ai beaucoup de camarades, d'alliés, de complices et d'amis incroyables qui luttent pour l'avenir.

Les dommages collatéraux de la COP22 sur l’eau

Date de publication: 
Dimanche, 27 Novembre, 2016
Par: 
Thierry Uso

Tous les experts s’accordent à penser que le changement climatique va aggraver la crise de l’eau partout dans le monde, crise de l’eau qui frappe déjà de plein fouet le Maghreb et le Moyen-Orient. Le Maroc a donc fait en sorte que l’eau soit une des questions au centre des discussions de la COP22 à Marrakech. De ce point de vue, nous n’avons pas été déçus. Pendant toute la durée de la conférence, les ateliers et side-events consacrés à l’eau dans toutes ses dimensions et relations avec le climat, se sont succédés à un rythme soutenu, ponctués par les habituelles déclarations et promesses d’actions.

Ce qu’il ressort de ce brainstorming entre ceux qui s’auto-désignent comme les acteurs compétents dans le domaine de l’eau, à savoir en premier lieu les entreprises privées, mais aussi les Etats, les collectives territoriales et quelques grandes ONG qui les soutiennent, est la volonté de recourir quasi-exclusivement à ce désastre environnemental et social appelé « économie bleue et verte ».

« La déclaration de Marrakech par les alliances mondiales pour l’eau et le climat » est un bon exemple du discours axé uniquement sur la promotion de l’économie bleue et verte. Ont signées cette déclaration :

Caimanes. Rompre l’inacceptable, un chemin encore difficile à se frayer au Chili

Date de publication: 
Lundi, 25 Juillet, 2016
Par: 
Elif Karakartal

Le cas de ce petit village chilien, en amont duquel l'entreprise minière Los Pelambres, propriété des Luksic, la plus grosse formtune du pays, a édifié le plus grand réservoir de déchets miniers d'amérique Latine, scellant les sources d'eau sous des millions de tonnes de déchets miniers, continue de symboliser un combat contre l'injustice.

http://www.france-libertes.org/Caimanes-Rompre-l-inacceptable.html

Surexploitation de l’eau dans le sud-ouest vosgien par Nestlé Waters et la fromagerie Ermitage

Date de publication: 
Dimanche, 31 Juillet, 2016
Par: 
Collectif eau 88

Une catastrophe écologique annoncée, des conflits d’intérêts patents impliquant Nestlé

Les deux entreprises agro-alimentaires, qui consomment 50% de la ressource en eau, sont à l’origine d’un déficit chronique de la nappe d’eau dite des « grès vosgiens » de l’ordre de 1,3 million de m3 par an depuis au moins 30 ans.

Les trois associations environnementales siégeant à la Commission Locale de l’Eau dénoncent les solutions préconisées par cette commission : économies d’eau par les ménages, aucune pour les industriels et transfert massif d’eau sur une distance de 30 à 50 km (le groupe Suez est chargé de cette étude). Aucune mesure d’impact environnemental n’a été réalisée, dans cette période de réchauffement climatique, alors que le Conseil département des Vosges a provisionné en mars 2016 le financement pour une première tranche de travaux.

Nestlé Waters a façonné à Vittel son image verte internationale mais se comporte ici aussi en entreprise extractiviste : stratégie de greenwashing d’une part, et mainmise sur la politique de l’eau du département des Vosges d’autre part. En effet, sa filiale Agrivair, accapare les terres agricoles et y installe des agriculteurs « bio » pour protéger ses zones de captage. Les conflits d’intérêts sont nombreux : la conseillère départementale qui préside la Commission Locale de l’Eau est adjointe au maire de Vittel mais surtout l’épouse d’un directeur environnement chez Nestlé Waters International qui préside aussi la Vigie de l’Eau. Cette association, fondée à son initiative et installée par Nestlé, est chargée de façon dérogatoire par le conseil départemental et la préfecture de porter le schéma d’aménagement de gestion de l’eau du sud-ouest vosgien. La Vigie de l’Eau compte dans son conseil d’administration 6 membres sur 11 qui travaillent ou ont travaillé chez Nestlé.

Festival No mines’land 2016 –Des rencontres en or à Lussat

Date de publication: 
Vendredi, 22 Juillet, 2016
Par: 
Collectis STOP MINES FRANCE


alternatives-projetsminiers.org/festival-no-minesland-2016-debats-conferences-et-convivialite-dans-la-creuse

Les 22-23 juillet 2016

Alors que nous apprenons hier que COMINOR souhaite prolonger son permis de recherches d’or, d’argent, de tungstène, d’antimoine.. (Permis Exclusif de Recherches de Villeranges), pour la troisième édition du festival Stop Mines, la mobilisation bat son plein à Bord-Saint-Georges . Elle s’inscrit dans le cadre de la journée mondiale contre la méga-industrie minière. Comme l’année dernière elle réunit les différents collectifs anti-mines de France.
Notre mouvement prend de l’ampleur, les collectifs locaux se multiplient et se renforcent sur la plupart des territoires concernés par les permis de recherches de métaux.

Nous sommes en lien sans cesse renforcés et déterminés à user de tous les moyens pour stopper les projets contestés. Personne n’est dupe des promesses jamais tenues et des discours rassurants des industriels, des parodies de la démocratie et de la mystification de l’expertise scientifique.

Nous sommes solidaires de toutes les luttes contre les projets miniers destructeurs partout sur terre. Nous nous situons dans une démarche de convergence avec les combats contre l’extractivisme et toute autre forme de destruction des territoires.

Nous invitons les creusois à interpeller leurs élus sur les dangers sanitaires et environnementaux de l’ouverture d’une mine, située en bord de rivière, au dessus de la nappe phréatique et en bordure d’un réserve naturelle nationale classée NATURA 2000.

Sans exploration, pas d’exploitation !

Non à l’extractivisme, ni ici, ni ailleurs !

ALDEAH, Douar Didoull, DéterresMinées35, StopMines87, Conflens Salau Demain, Comité Ecologique Ariégeois, Maiouri Nature, Association de défense des Riverains de Saldigne, Attention Mines, StopMines23.

Déclaration finale de la 1ère conférence du Mouvement Ecologiste de Mésopotamie

Date de publication: 
Samedi, 7 Mai, 2016
Par: 
Thierry Uso

Traduction en français

Les 23 et 24 Avril 2016, a eu lieu dans la ville de Wan (Van, Kurdistan-Nord) la première conférence du Mouvement Ecologiste de Mésopotamie (MEM) avec la participation de 100 délégués des provinces turques Amed (Diyarbakir), Dilok (Gaziantep), Riha (Sanliurfa), Merdin, Wan, Elih (Batman), Siirt, Dersim et Bedlîs (Bitlis), avec des militants des mouvements et groupes suivants : magazine Gaya, Plate-forme anti-nucléaire, Résistance Verte, Journal Vert, Parti vert et de gauche, Mer Noire en Rébellion, Défense des forêts du Nord, Campagne pour le Droit à l’eau, municipalité de Dersim-Ovacik, ICOR (Allemagne), groupe Kurdistan-Est Vert Chiya. Y compris les représentants des partis politiques DTK, KJA, HDK et HDP, il y avait au total 170 personnes pour le premier grand rassemblement du MEM depuis sa création.

La conférence à Wan a été organisée dans une période d’intenses luttes politiques du peuple kurde pour la liberté et l’autogestion qui peuvent changer significativement le futur de la région, mais qui se traduit actuellement par beaucoup de victimes.

Basée sur la trinité ville-classe-état et la méthode domination-accumulation du capital, la modernité capitaliste crée une vie épuisante et improductive pour la société comme elle soumet la nature à toutes sortes de destruction. Au nom du système hégémonique existant, l'État-nation et ses gouvernements affaiblissent la solidarité au sein de la société et imposent le chômage, la pauvreté, la nourriture malsaine via l’agro-industrie et les OGM, la dévastation socio-culturelle des populations. Des projets destructeurs gigantesques comme le GAP (Projet d'Anatolie du Sud-Est), le barrage d'Ilisu, les barrages dans la vallée de Munzur, la centrale solaire Greenway, les mines de Cerattepe et le canal d’Istanbul sont développés et réalisés dans le but d’utiliser les forêts pour la construction, de marchandiser l’eau et la terre, de contrôler la nature et la population et de promouvoir la consommation de combustibles fossiles, ce qui n’est rien d’autre que l'abandon et l'aliénation des gens à leur sort.

À l'heure actuelle, le régime au pouvoir en Turquie est d’une brutalité sans commune mesure dans l'histoire récente du Kurdistan et du Moyen-Orient. Des centaines de milliers de personnes de Sur, Nusaybin, Hezex, Kerboran, Farqin, Guever, Silopi et Cizre sont déplacés de force hors de leurs villes qui sont en cours de destruction. Pendant ce temps, l’opinion publique mondiale garde le silence sur la destruction de la nature et des villes, et sur tous les massacres.

GAZ DE SCHISTE : Après le rassemblement de Barjac du 28 février 2016

 
MERCI A TOUTES ET TOUS PLUS DE 15.000 PERSONNES, PLUS DE 350 ELU(E)S
une demande de rendez-vous au Ministère de l’Environnement, sera envoyé, dans les jours qui viennent, à Ségolène Royal.

A cette occasion nous lui remettrons la pétition papier signée par 5.000 personnes et la pétition numérique qui a
recueillie plus de 9.000 signatures.
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Barrage de Kandadji au Niger, un nouveau désastre environnemental, social et politique ?

Date de publication: 
Jeudi, 4 Février, 2016
Par: 
Thierry Uso

La société Tractebel-Coyne & Bellier (Groupe Suez, France), qui possèderait une équipe dédiée aux études d'impacts sociaux et environnementaux (EIES), vient de remporter le marché de la réinstallation de 20000 à 33000 personnes à déplacer de l'amont vers l'aval, en raison de la construction du barrage hydro-électrique de Kandadji au Niger sur le fleuve en amont de Niamey, près de la frontière malienne. Ce barrage va inonder les terroirs des futurs déplacés. Les autres bureaux d'études candidats qui, semble-t-il, posaient des conditions plus drastiques à tout déplacement ont été écartées, entre autres parce qu'il n'y a pas d'espace de relocalisation disponible à l'aval dans cette région densément peuplée.

La construction de ce barrage financé par un consortium de banques - la Banque Africaine de Développement (BAD), la Banque Islamique de Développement (BID), le Fonds Saoudien de Développement (FSD), le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe (FKDEA), le Fonds de l'OPEC (OFID), la Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique (BADEA), la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), La Banque d'Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) et les Fonds de Abu-Dhabi, rejoints en 2012 par la Banque Mondiale (garante de l'application des directives de la Commission Mondiale des Barrages) - avait été commencée il y a quelques années par une entreprise russe, ZVS, dont le contrat a été dénoncé pour malfaçons et corruption.

Dans un article intitulé "Le barrage de Kandadji, un projet de la Banque mondiale, laisse les communautés nigériennes à sec", International Rivers montre les conséquences dramatiques que le barrage risque d'avoir pour les populations locales. Le gouvernement nigérien s'est empressé de démentir International Rivers par l'intermédiare du Haut Commissariat à l'Aménagement du Niger (voir fichier attaché). Alors que les élections présidentielles au Niger vont certainement reconduire le Président Issoufou au pouvoir, celui-ci promet l'aboutissement de ce projet qui se trouve dans une région dominée par son opposition politique.

Le barrage de Kandadji semble faire bouillir le chaudron sahélien dont on connaît pourtant les tenants et aboutissants depuis plusieurs années. Y a-t-il un lien avec le regain d'incidents, d'attaques et de tensions dans l'aire d'une des plus vieilles civilisations ouest-africaines, aux systèmes de culture perfectionnés, affectée par ce grand barrage ? FL Macina, MUJAO, Ansar Eddine, AQMI, Boko Haram et associés ne viennent-ils pas de recevoir un formidable soutien "involontaire" de la Banque Mondiale et du Niger ? Combien de divisions en réserve pour Barkhane ? Même si, à Boromo, on a croisé 50 véhicules militaires OPEX français fraîchement débarqués à Abidjan et remontant vers le Sahel, ça ne pèse pas lourd dans ces immensités.