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Mis à jour : il y a 3 heures 54 minutes

Les négociations TAFTA expliquées en un dessin

mar, 03/05/2016 - 23:31

02 mai 2016

source: blog le monde

Mais bon, en texte, c’est quand même plus complet et c’est ici : Si vous n’avez rien suivi au Tafta, le traité qui effraie

Vous pouvez me suivre sur  , sur et sur


Tafta : des documents confidentiels révèlent l’avancée des négociations

lun, 02/05/2016 - 10:13

LE MONDE | 01.05.2016 à 19h04 • Mis à jour le 02.05.2016 à 08h11 | Par Maxime Vaudano et Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)

  Le Monde a pu consulter une série de documents confidentiels très récents, et totalement inédits, concernant le désormais fameux « Tafta » (acronyme de Trans-Atlantic Free Trade Agreement), le traité commercial que l’Union européenne (UE) négocie dans la plus grande discrétion avec les Etats-Unis depuis près de trois ans. Obtenus par Greenpeace Netherlands, ils abordent presque tous les aspects de cette très vaste négociation : l’abaissement des tarifs douaniers, mais surtout la coopération réglementaire entre les deux parties.

Portant sur les deux tiers de l’ensemble des textes discutés, ils couvrent 13 chapitres – des télécommunications aux pesticides en passant par la coopération réglementaire – et ont pour l’essentiel servi de base au dernier cycle de négociation du TTIP (sigle du nom officiel du futur traité : Transatlantic Trade and Investment Partnership ou « Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement »), le 13e, entre l’administration Obama et la Commission européenne, qui s’est tenu du 25 au 29 avril dernier, à New York.

Lire l’enquête complète :   Tafta : ce que révèlent les documents confidentiels sur la négociation transatlantique

Une négociation déséquilibrée et encore balbutiante

Ces documents seront rendus publics par Greenpeace dans leur intégralité, lundi 2 mai à 11 heures. Leur intérêt principal est qu’y figurent non seulement la position des Européens mais aussi celle des Américains qui, jusqu’à présent, était restée totalement confidentielle.

Cette série de documents confirme à quel point la discussion est déséquilibrée et peu avancée. Les Européens sont plus impliqués, plus intéressés à la négociation, ils ont produit davantage de propositions, veulent notamment obtenir un accès plus grand aux marchés publics américains, la reconnaissance de leurs indications géographiques et appellations d’origine (comme le parmesan ou le chablis), et une harmonisation la plus poussée possible des standards industriels (automobile, cosmétique…).

De leur côté, les Américains restent campés sur leurs positions, peu enthousiastes. Ils n’ont pas encore produit de proposition sur plusieurs chapitres de la négociation. Malgré l’insistance européenne, ils se refusent toujours, après douze cycles de négociations, à ouvrir les discussions sur la coopération réglementaire dans les services financiers, ou à dissiper les interrogations des Européens sur la portée réelle de l’ouverture des marchés publics (que les Etats fédérés pourraient contourner).

Une menace pour le principe de précaution

Ces documents rappellent aussi que les réglementations des deux côtés de l’Atlantique sont très divergentes. Et montrent que, pour surmonter cette difficulté, les parties envisagent de pratiquer la reconnaissance mutuelle des réglementations (l’UE reconnaît la norme américaine comme équivalente à la sienne, et donc acceptable), plutôt que l’harmonisation (l’UE et les Etats-Unis modifient leurs normes respectives pour les faire converger).

« Les promoteurs du Tafta nous disent que son principal intérêt est davantage d’ordre géopolitique qu’économique. Mais ces documents montrent que cet argument ne tient pas. L’UE et les Etats-Unis vont vers une reconnaissance mutuelle de leurs standards, ouvrant la voie à une course vers le bas des multinationales en matière d’environnement et de santé publique », assure Jorgo Riss, chef du bureau de Greenpeace UE à Bruxelles.

En l’état, le Tafta serait par ailleurs susceptible de porter un coup au principe de précaution, qui permet aujourd’hui à l’Europe de refuser certains produits et pratiques au nom de la santé ou de l’environnement. Il inverserait la charge de la preuve, en contraignant les autorités européennes à justifier chacune de leurs décisions par des preuves tangibles de leur dangerosité – pas toujours consensuelles, comme l’illustre le débat sur les OGM. Malgré les assurances récentes de la commissaire européenne chargée du commerce, Cecilia Malmström, les Européens ne font référence à aucun moment à ce principe central dans les documents de négociation consultés.

Attention toutefois, ces textes sont une photographie, datant d’il y a à peu près un mois, de l’état des négociations entre Europe et Etats-Unis. Par ailleurs, il s’agit de positions de négociation : chacun campe sur ses positions, et il est évidemment impossible de préjuger du résultat final, de là où les parties choisiront d’« atterrir » dans les mois (ou plus probablement les années) qui viennent.

Quels documents va publier Greenpeace ?

L’ONG s’est procuré 15 documents liés à la négociation, totalisant 248 pages, qui seront intégralement publiés lundi 2 mai à 11 heures sur son site web.

1 document tactique européen :

  • Etat des lieux de l’équipe de négociation européenne datant de mars 2016

13 documents de négociation en cours de consolidation (qui reflètent l’état des discussions à l’issue du douzième cycle de négociation) :

  • Traitement national et accès au marché pour les biens
  • Agriculture
  • Services
  • Télécommunications
  • Commande publique
  • Coopération réglementaire
  • Barrières techniques au commerce
  • Mesures sanitaires et phytosanitaires
  • Droits de douane et facilitation du commerce
  • Concurrence
  • PME
  • Entreprises publiques
  • Résolution des différends entre Etats

1 document de négociation américain :

  • Annexe expliquant la proposition américaine de chapitre anti-corruption liée à la commande publique

Il reste a priori 5 documents de négociation consolidés qui n’ont pas fuité :

  • E-commerce
  • Services financiers
  • Cohérence réglementaire
  • Règles d’origine
  • Recours commerciaux

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/05/01/tafta-des-documents-confidentiels-revelent-l-avancee-des-negociations_4911732_3234.html#jzzkPrl6QFzFmeL0.99


Gaz de schiste : Bruxelles décide de poursuivre la Pologne [email protected]_planete — BASTA!GAZ ALES

ven, 29/04/2016 - 19:21

PostureTafta : Paris, opposant de la dernière heure

mer, 27/04/2016 - 10:07

source: libération

Par Lilian Alemagna — 25 avril 2016 à 20:21 Zoom
Le président de la République, François Hollande, le 23 septembre 2015 à Bruxelles. Photo Alain Jocard. AFP

Facebook Twitter Après deux ans de discrétion, François Hollande durcit son discours sur le Tafta. Une occasion de réconcilier la gauche et d’apparaître comme un protecteur de l’Europe.

C’est une phrase passée inaperçue, il y a dix jours, lors de la prestation télévisée de François Hollande. «La France, elle a fixé ses conditions, la France, elle a dit s’il n’y a pas de réciprocité, s’il n’y a pas de transparence, si pour les agriculteurs il y a un danger, si on n’a pas accès aux marchés publics et si en revanche les Etats-Unis peuvent avoir accès à tout ce que l’on fait ici, je ne l’accepterai pas.» En un mot : la France menace de dire «non» au traité de libre-échange transatlantique (Tafta). Posture à un an de la présidentielle pour prouver au reste de la gauche et aux électeurs du Front national qu’«on ne brade pas le modèle français» en ces temps où le souverainisme a le vent en poupe ? «Le président de la République fait très attention à dire que c’est un problème de fond. Le sujet n’est pas de stopper toute discussion commerciale, mais de dire que nous ne signerons pas un accord à n’importe quel prix», précise-t-on à l’Elysée.

Le chef de l’Etat n’a pourtant pas été en pointe du combat anti-Tafta. Durant la présidentielle de 2012, seul Jean-Luc Mélenchon avait porté ce débat. Le sujet n’intéressait par grand monde à part les communistes, les écologistes, quelques eurodéputés socialistes et – pour d’autres raisons – le Front national. Durant la première partie du quinquennat, lorsque les secrétaires d’Etat au Commerce extérieur chargés de ces négociations, Nicole Bricq puis Fleur Pellerin, évoquaient le sujet, c’était pour afficher le «nombre d’emplois que les exportations peuvent créer». Sensible à tout ce qui pouvait relancer l’économie en temps de crise, Hollande «s’était laissé aller sur ce thème», regrette un dirigeant du PS.

Juste échange

Les choses changent à l’arrivée de Matthias Fekl au Commerce extérieur, en septembre 2014. Persuadé que l’accord, tel qu’il est embarqué, est mauvais pour l’Europe et ne peut aboutir, il construit une stratégie d’opposition faites de petits pas et convainc le chef de l’Etat de faire du Tafta un enjeu politique utile pour 2017 : dire «non» à ce traité, c’est protéger l’Europe, donc la France. C’est allier fédéralisme et souverainisme : l’occasion, à gauche, de réconcilier sur le thème du «juste échange» les deux camps du débat de 2005 sur la Constitution européenne. L’occasion, aussi, d’un rapport de forces – à peu de frais – avec Bruxelles et Washington pour faire oublier celui, non mené, sur le traité budgétaire en début de quinquennat. «Quand on tire la pelote du Tafta, fait remarquer un ministre, il y a beaucoup de choses à raconter sur l’Europe que la gauche veut construire.»

«Il y avait besoin d’une expression très forte», justifie Fekl auprès de Libération. Outre la réciprocité demandée dans l’ouverture des marchés publics américains, le secrétaire d’Etat fait ainsi la liste «de ce qui n’a pas avancé depuis des mois» : défense des AOC et des indications géographiques, règles financières… Fekl réclame aussi l’accès des peuples européens au texte de négociation : «A partir du moment où les lobbys économiques l’ont – et je peux vous confirmer que c’est le cas -, il faut que les citoyens l’aient.» Le secrétaire d’Etat s’oppose également au principe des tribunaux d’arbitrage privés, plaidant pour la création d’une Cour internationale traitant les litiges commerciaux. Il appelle par ailleurs à la «cohérence» sur les questions écologiques après la signature de l’accord de Paris : «Les règles environnementales doivent être contraignantes dans les accords commerciaux au même titre que les autres règles.»

Clash

Mais pour l’eurodéputé écolo Yannick Jadot, l’indignation de Hollande est feinte : «Il est le good cop de la mondialisation libérale : il a l’impression de faire plaisir aux altermondialistes mais en demandant l’ouverture du marché américain, il veut que Veolia ou Suez puissent accéder au gaz de schiste américain ! C’est nul !» «Nous avons besoin d’un « Buy European Act »», abonde son collègue PS Emmanuel Maurel, qui laisse toutefois une chance à Hollande : «J’espère qu’il est décidé à imposer un rapport de force ! A Bruxelles, certains pensent que la France bluffe…» «Si la France dit non, les négociations s’arrêtent», assure Fekl. Dans l’entourage du chef de l’Etat, on fait savoir que celui-ci a «hésité» à se rendre à Hanovre ce lundi, craignant de se faire «piéger» par Angela Merkel et Barack Obama, favorables, eux, à la conclusion rapide d’un accord. Un de ses proches décrit un président français prêt à aller au clash : «Il n’a pas prévu de faire de coups d’éclat, mais il répétera ce qu’il a déjà dit. Nos partenaires sont assez intelligents pour ne pas aller au rapport de forces avec nous.» Et l’Elysée d’évoquer l’opposition de la France à la deuxième guerre en Irak, en 2003. Rien que ça.

Lilian Alemagna

La première cargaison de gaz américain vers l’Europe attendue au Portugal

mer, 27/04/2016 - 09:57

source: romandie.com

Lisbonne – La première cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL) américain à arriver en Europe est attendue mardi ou mercredi dans le port de Sines dans le sud du Portugal, a-t-on appris lundi auprès du groupe pétrolier et gazier Galp Energia.

Galp a acquis la première cargaison de GNL américain à destination de l’Europe, qui devrait arriver mardi soir ou mercredi matin à Sines, a déclaré à l’AFP un porte-parole du groupe portugais, sans préciser la quantité ou le prix de la livraison.

Le méthanier, qui a appareillé du terminal de liquéfaction de Sabine Pass en Louisiane dans le sud des Etats-Unis, a été affrété par Cheniere Energy, a-t-il précisé.

Le groupe gazier texan est la première société américaine à exporter du gaz qu’il s’est chargé de liquéfier, avec des installations à Sabine Pass, et prochainement à Corpus Christi, au Texas.

Grâce au boom du gaz de schiste, les Etats-Unis misent désormais sur des exportations qui pourraient chambouler le marché gazier en Europe et conduire à une guerre des prix avec la Russie, jusqu’ici le principal fournisseur de gaz naturel du Vieux Continent.

Echaudée par les crises gazières russo-ukrainiennes des années 2000, l’Union européenne cherche justement à renforcer sa sécurité énergétique en diversifiant ses sources d’approvisionnement.

L’Europe pourrait ainsi devenir le premier débouché du GNL américain, l’Asie se montrant moins gourmande en raison de la relance des réacteurs nucléaires au Japon et du ralentissement économique en Chine.

D’autres cargaisons vers l’Europe devraient suivre, en vertu d’accords commerciaux conclus avec les français EDF et Engie ainsi que le britannique BG. Un premier méthanier de Cheniere Energy en provenance de Louisiane était arrivé en mars au Brésil.


TTIP : Obama confiant malgré l’opposition croissante en Europe

lun, 25/04/2016 - 12:10

 

  « Je ne m’attends pas à ce que nous soyons en mesure de finaliser la ratification d’un accord d’ici à la fin de l’année, mais je prévois que nous ayons terminé les négociations », a déclaré le président américain après des entretiens avec Angela Merkel, le 24 avril. L’accord de libre-échange UE-USA « va échouer » sans concessions de Washington, a toutefois menacé le ministre social-démocrate allemand de l’Économie, Sigmar Gabriel. Quant à François Hollande, il refuse que le sujet soit évoqué lors de la rencontre des chefs d’État à Hanovre ce lundi.


Condamine River set on fire after Greens MP lights bubbling methane gas, blames fracking

dim, 24/04/2016 - 20:03
By Patrick Williams

Updated Sat at 6:18am

Media player: « Space » to play, « M » to mute, « left » and « right » to seek.

One of the music world’s most influential and elusive icons has died. Prince was 57

VIDEO: Watch Greens MP Jeremy Buckingham set fire to the Condamine River (ABC News) PHOTO: Bubbling methane gas was set alight by Jeremy Buckingham. (Supplied: Jeremy Buckingham) RELATED STORY: Call for answers as mysterious river bubbling ‘intensifies’ RELATED STORY: Claim CSG river leak caught on video MAP: Chinchilla 4413

Part of a Queensland river bubbling with methane gas has burst into flames after being ignited by a Greens MP, who blames nearby coal seam gas (CSG) operations for the « tragedy in the Murray-Darling Basin ».

Key points:
  • Methane gas has been bubbling in the Condamine River since 2012
  • Vision shows Jeremy Buckingham setting the bubbling methane alight
  • Origin Energy says it is monitoring the river

New South Wales Greens MP Jeremy Buckingham has released vision of himself on a boat sparking a kitchen lighter above the Condamine River.

« Holy f***. Unbelievable. A river on fire, » he exclaims in the video. « The most incredible thing I’ve seen. A tragedy in the Murray-Darling Basin. »

Mr Buckingham said the river held the flame for more than an hour.

The video, posted to Mr Buckingham’s Facebook page, had been shared more than 20,700 times by Saturday morning.

The methane seeps in the river, near Chinchilla in south-west Queensland, were first reported in 2012, triggering a series of investigations.

Mr Buckingham said nearby CSG operations were to blame.

« This area has been drilled with thousands of CSG wells and fracked. This river for kilometres is bubbling with gas and now it’s on fire, » he said.

« This is the future of Australia and the Murray-Darling Basin if we do not stop the frackers who wants to spread across all states and territories … this is utterly unacceptable. »

PHOTO: Bubbling methane gas was set alight by Jeremy Buckingham. (Supplied: Jeremy Buckingham) Gas seeps pose no risk to public safety, energy company says

A 2013 report by scientific analysis firm Norwest Corporation outlined several « scenarios » that could be contributing to the bubbling in the river.

These included natural events such as drought and the recharging of aquifers after floods.

Human activity such as CSG operations and water bore drilling were other possible contributing factors.

Professor Damian Barrett, the CSIRO’s lead researcher into unconventional gas, has been monitoring the Condamine gas seeps.

« The isotopic signature is telling us it’s coming from coal at that point in the landscape but coal is quite close to the surface and there’s a naturally existing small fault line, which cuts the river at that point, » he said.

He said research over the past 12 months showed the rate of the flow was increasing.

Origin Energy, which operates CSG wells in the district, has also been monitoring the bubbling.

« We’re aware of concerns regarding bubbling of the Condamine River, in particular, recent videos demonstrating that this naturally occurring gas is flammable when ignited, » a statement from the company said.

« We understand that this can be worrying, however, the seeps pose no risk to the environment, or to public safety, providing people show common sense and act responsibly around them.

« Ongoing research has identified several scenarios that could be contributing to the seeps including the natural geology and faults (formed tens-of-millions of years ago), natural events such as drought and flood cycles as well as some human activity, which includes water bores and coal seam gas operations. »

PHOTO: Jeremy Buckingham with nearby landowner John Jenkyn, who helped the Greens MP set the bubbling methane alight. (Supplied: Jeremy Buckingham)

Manifestation anti-Tafta avant la venue d’Obama à Hanovre

dim, 24/04/2016 - 19:37
Reuters   <img alt= »MANIFESTATION À HANOVRE CONTRE UN ACCORD DE COMMERCE TRANSATLANTIQUE » class= »StretchedBox W(100%) H(100%) ie-7_H(a) » src= »https://s.yimg.com/ny/api/res/1.2/GQQlB0O4.AnN3Cl6dG9XIw–/YXBwaWQ9aGlnaGxhbmRlcjtzbT0xO3c9ODAwO2lsPXBsYW5l/http://media.zenfs.com/en_us/News/Reuters/2016-04-23T144517Z_1_LYNXNPEC3M0B6_RTROPTP_3_USA-OBAMA-GERMANY.JPG.cf.jpg »/> Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Hanovre, en Allemagne, pour exprimer leur opposition à l’éventuel accord visant à créer une zone de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis (Tafta) avant la venue de Barack Obama. /Photo prise le 23 avril 2016/REUTERS/Kai Pfaffenbach

BERLIN (Reuters) – Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Hanovre pour exprimer leur opposition à l’éventuel accord visant à créer une zone de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis (Tafta) avant la venue de Barack Obama.

Le président américain est attendu à Hanovre pour une visite dimanche et lundi au cours de laquelle il visitera une foire commerciale.

Environ 35.000 personnes, selon l’estimation de la police, se sont rassemblées dans cette ville du nord de l’Allemagne pour dénoncer les risques de ce partenariat. Les organisateurs ont indiqué que la mobilisation était le double de celle estimée par les autorités.

Les manifestants ont défilé en brandissant des banderoles avec les slogans « Stop au PTCI » ou « Pour un commerce mondial équitable ».

« Le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI) est l’un des meilleurs moyens de promouvoir la croissance et de créer des emplois », affirme Barack Obama dans un entretien au journal allemand Bild.

La chancelière allemande Angela Merkel a expliqué dans son podcast hebdomadaire que la conclusion de cet accord créerait une « situation gagnant-gagnant ».

« C’est une bonne chose pour nous car nous pourrons évaluer nos concurrents », a jugé la chef du gouvernement allemand. Les Etats-Unis sont le premier partenaire commercial de l’Allemagne.

Les partisans du PTCI affirment qu’il favorisera la croissance tandis que ses adversaires jugent qu’il pénalisera les droits des consommateurs et la protection de l’environnement.

(Joseph Nasr; Pierre Sérisier pour le service français)


Rivière en flamme pour dénoncer la fracturation hydraulique

dim, 24/04/2016 - 19:32

source: Romandie

Un homme politique australien a mis le feu à une rivière pour dénoncer ce qu’il présente comme des rejets de méthane dans l’eau à cause de la fracturation hydraulique. Sa vidéo qui fait le buzz sur l’internet.

Jeremy Buckingham, élu des Verts, a utilisé un allume-gaz pour enflammer des bulles de méthane qui émanent de la rivière Condamine, dans l’Etat du Queensland, à 220 km à l’ouest de Brisbane. « Incroyable! Une rivière en feu », lance-t-il dans la vidéo qui a été vue plus de deux millions de fois depuis qu’il l’a postée sur Facebook vendredi soir.

« C’est la chose la plus incroyable que j’ai vue, une tragédie pour le bassin Murray-Darling », poursuit-il en référence au plus vaste bassin versant australien. Il attribue ce phénomène à la fracturation hydraulique pratiquée par un groupe exploitant non loin du gaz de couche.

L’Australie est un grand producteur de gaz naturel, notamment liquéfié. Mais le recours à la technique de la fracturation hydraulique est source de vives critiques des organisations de défense de l’environnement.

Origin Energy, groupe opérant de nombreux forages dans le Bassin Murray-Darling, a affirmé qu’il était au courant des rejets de méthane dans la rivière Condamine et qu’il les surveillait.

« Nous comprenons que cela puisse inquiéter, mais ces émanations ne présentent aucun risque pour l’environnement ou la sécurité publique, si tant est que les gens à proximité fassent preuve de bon sens », poursuit le groupe. Origin Energy affirme que ces émanations peuvent avoir de nombreuses causes possibles, naturelles ou humaines.

(ats / 24.04.2016 08h46)

Treize millions d’Italiens votent pour l’arrêt de l’exploitation du pétrole, mais ça ne suffit pas

lun, 18/04/2016 - 23:44

         

16 avril 2016 / Andrea Barolini (Reporterre)

Plus de treize millions d’Italiens ont voté pour l’abandon de l’exploitation du pétrole offshore. Mais faute d’un quorum suffisant – il fallait 50 % de participation – la décision n’est pas adoptée.

 ActualisationLundi 18 avril – 16 millions d’italiens ont voté dimanche au référendum sur l’exploitation de pétrole dans la mer. Une majorité écrasante, 85,8 %, a dit « oui » à l’abrogation de la loi – fortement soutenue par le gouvernement de Matteo Renzi – qui concède aux pétroliers le droit d’utiliser les gisements d’hydrocarbures sans aucune limitation dans le temps, à moins de 12 milles des plages italiennes, c’est à dire aussi dans des zones qui devraient être protégées.

Mais 16 millions ne sont que 32 % des électeurs italiens. Le quorum de 50% n’a donc pas été atteint, et le référendum n’a pas été validé. L’Italie va continuer a exploiter le gaz et le pétrole, au mépris des engagement pris lors de la Cop 21 de Paris.

Le dimanche 17 avril se tiendra en Italie un référendum qui décidera du futur de l’exploitation pétrolière et gazière en mer. Les citoyens italiens devront décider d’abroger, ou non, une loi entrée en vigueur en février 2016. Celle-ci, soutenue par le gouvernement de Matteo Renzi (Parti démocrate), concède aux entreprises la possibilité d’exploiter le gaz et le pétrole des gisements offshore jusqu’au tarissement des puits et non plus pour la durée des concessions octroyées par l’État.

Neuf conseils régionaux, avec des majorités de droite comme de gauche, ont demandé et obtenu de donner la parole aux citoyens via ce référendum. Ces régions sont les plus exposées au risque environnemental de l’exploitation d’hydrocarbures, avec des plateformes très proches du littoral (en particulier en mer Adriatique). Mais la loi impose qu’au moins 50 % des électeurs participent au référendum pour que le vote soit valide. Sinon, la loi sur l’exploitation d’hydrocarbures restera en vigueur.

Zones d’exploitation et de recherche d’hydrocarbures en Méditerranée en 2015.

Problème : le gouvernement essaie ouvertement de saboter la consultation électorale, Matteo Renzi ayant déclaré que « le non vote est une option légitime ». Ces propos ont suscité les réactions non seulement des associations écologistes qui se battent pour le « oui » mais aussi du président de la Cour constitutionnelle, Paolo Grossi : « Participer au vote fait partie de la carte d’identité du bon citoyen. »

« Une procédure d’infraction contre l’Italie » 

La ligne du gouvernement est très claire : « Dire non au pétrole et au gaz ? C’est quelque chose que je ne comprends pas, a expliqué Renzi. Est-ce que c’est plus intelligent de l’importer de l’Arabie saoudite ou de Russie ? » Ce à quoi les partisans du « non » répondent que l’Italie importe déjà près de 80 % de l’énergie qu’elle consomme. L’exécutif italien ajoute également que l’interdiction de l’exploitation gazière et pétrolière mettrait 5.000 personnes au chômage.

Mais selon les associations et les régions qui soutiennent l’abrogation, le référendum n’est pas un choix entre pétrole italien et importé. Il s’agit de miser sur les énergies propres et renouvelables, d’abandonner les combustibles fossiles et d’éviter le risque de marées noires. En cas de fuite de pétrole, les côtes italiennes et l’industrie du tourisme seraient menacées par une catastrophe car les 88 plateformes offshore en service actuellement en Italie sont très souvent situées à quelques kilomètres du littoral. Ainsi, dans les Abruzzes, région bordée par la mer Adriatique, les infrastructures pétrogazières sont visibles à l’œil nu depuis les plages.

Des militants de Greenpeace ont suspendu une bannière appelant à voter oui au référendum, vendredi 15 avril, à Venise.

« Même si la loi survit au référendum, explique Dante Caserta, vice-président du WWF Italie, l’Union européenne qui lancera une procédure d’infraction contre l’Italie, car les concessions pour l’exploitation d’hydrocarbures doivent obligatoirement avoir une durée limitée. » « On se retrouve dans cette situation, a-t-il ajouté, car le gouvernement et le Parlement ont donné suite aux requêtes du lobby pétrolier, intéressé à prolonger la vie de ses vieilles plateformes, dont 47,7 % a plus de 40 ans. Ainsi, leurs propriétaires peuvent éviter de payer les coûts de démantèlement. »

D’autres investissements, insistent les associations, sont moins risqués et plus rentables. C’est le cas des énergies renouvelables et en particulier du solaire, énergie que la péninsule possède en abondance. L’Italie, selon le dernier rapport de l’International Energy Agency, vient ainsi de décrocher la première place mondiale pour l’utilisation du photovoltaïque. « Notre pays, conclut Caserta, a besoin d’un programme énergétique sérieux de décarbonisation de l’économie qui soit cohérent avec les engagements pris lors de la COP21 de Paris. »


Notre Dame des Landes: faisons exploser le compteur

mar, 12/04/2016 - 10:50
Destinataires : associations, collectifs, syndicats et mouvements politiques des opposants au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes
faites circuler faites voter en masse dans toute la France pour Nantes Atlantique,

faisons exploser le  compteur

http://www.courrierdelouest.fr/sondage/la-meilleure-solution-pour-laeroport-du-grand-ouest-cest-05-04-2016-263206

 


Maud Fontenoy, l’écolo pro-OGM et pro-gaz de schiste rejoint “Valeurs actuelles”

mar, 12/04/2016 - 09:13
Source: les inroks Maud Fontenoy le 3 juin 2009 à l’UNESCO, lors d’une conférence promouvant la Journée mondiale de l’océan. (REUTERS/Philippe Wojazer) A lire sur liberation.fr

Mais que diable est-elle allée faire dans cette galère ? On apprend aujourd’hui que Maud Fontenoy (dont nous évoquions les positions pro-OGM et pro-gaz de schiste dans un portrait il y a moins d’un an) va rejoindre la rédaction du plus droitier des hebdos français, Valeurs actuelles, en la qualité de rédactrice en chef. Son CV est pourtant déjà long comme un fameux trois-mâts. Maud Fontenoy, déjà “navigatrice, présidente de Maud Fontenoy Foundation qui mène des actions d’éducation à l’environnement auprès de la jeune génération et du grand public”, d’après sa bio Twitter, est aussi membre du parti Les Républicains et vice-présidente du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur depuis décembre 2015.

L’écolo-réac est à la mode

L’info est parvenue par nos confrères de Presse News, puis relayée par plusieurs médias parmi lesquels Libération. Maud Fontenoy occupera donc la fonction de rédactrice en chef de la rubrique Environnement-Santé. Il s’agirait d’une création de poste. Il faut croire que l’écologie réac est à la mode après la parution, il y a quelques semaines du deuxième numéro de la “revue d’écologie intégrale”, Limite, où l’on retrouve une autre figure de la presse réac actuelle à la rédaction en chef politique, Eugénie Bastié (également au site internet du Figaro).

Le recrutement de Maud Fontenoy a été confirmé à Marianne par le directeur du magazine Yves de Kerdrel qui a pris les rênes de “ce journal naguère si ‘roupillant’ qu’on en avait oublié son existence”, écrit Libé.


En Algérie, la bataille du peuple contre le gaz de schiste ne faiblit pas [email protected] — BASTA!GAZ ALES

dim, 10/04/2016 - 21:51

Pour ne pas enterrer la COP 21, le sommet de Pau des compagnies gazières et pétrolières ne doit pas avoir lieu

mer, 06/04/2016 - 13:12
Publication: 01/04/2016 22h57 CEST  Mis à jour: 01/04/2016 22h57 CEST 

Le 12 décembre dernier, François Hollande saluait les délégués venus du monde entier, qui venaient d’adopter « l’Accord de Paris »: « Le monde a écrit avec vous une nouvelle page de son Histoire! Nous entrons dans l’ère du bas carbone. C’est un mouvement puissant et irréversible et ce mouvement va bien au-delà des états et des gouvernements (…). C’est la plus belle et la plus pacifique des révolutions qui vient d’être accomplie ».

La « révolution » de la COP21 pourrait ne pas avoir de suite concrète…

Les grandes compagnies gazières et pétrolières s’apprêtent en effet à l’éluder définitivement. Du 5 au 7 avril 2016, Total, Shell, Exxon, Repsol, BP, OneSubsea, ABS, Technip, Vallourec, Halliburton etc. et les différents opérateurs mondiaux de l’exploration, du forage et de l’exploitation en eaux profondes du pétrole et du gaz se réuniront en France (à Pau – 64) dans le cadre d’une conférence internationale intitulée MCE Deepwater Development. Leur objectif est d’étudier comment « réussir une baisse significative des coûts pour que l’industrie opérant en mer profonde puisse rester compétitive(…) à travers un changement d’échelle en matière d’efficience nécessitant des collaborations industrielles renforcées et des technologies innovatrices », pour pouvoir ainsi « développer l’extraction du pétrole et du gaz en eaux profondes » malgré le contexte de baisse actuelle du prix du pétrole.

L’Accord de Paris devait être, selon la formule de Laurence Tubiana, cheville ouvrière de la présidence française pendant la COP21, une « prophétie auto-réalisatrice ». L’Accord devait pousser les principaux investisseurs à délaisser les énergies fossiles et à réorienter leurs investissements vers les énergies renouvelables et les technologies propres. Mais les prophéties ne s’auto-réalisent jamais seules. Leur issue dépend de ce que nous en faisons. De ce point de vue, l’organisation du sommet international MCEDD, moins de quatre mois après la COP21, montre que le pari de Mme Tubiana est loin d’être tenu par les acteurs économiques de ce secteur. En effet, dans la feuille de route des décideurs stratégiques des marchés du gaz et du pétrole offshore se réunissant à Pau, il n’y a pas un mot sur le climat, sur la COP21 ou sur l’Accord de Paris. Bien au contraire, ces derniers semblent plus déterminés que jamais à extraire et exploiter toutes les réserves possibles d’énergies fossiles, y compris les moins accessibles et celles qui ne sont pas encore connues… à bas coût, faisant fi de celui payé par la nature.

Ce qui se joue à Pau, c’est toujours plus de dérèglement climatique

Ce sommet des forages en eaux profondes, voire parfois haute-mer, intervient donc en totale contradiction avec l’Accord de Paris, qui note de façon inédite « qu’il importe de veiller à l’intégrité de tous les écosystèmes y compris les océans ». Ce sommet remet également en question l’ensemble des projections scientifiques, des rapports de l’Agence internationale de l’énergie… et oppose une cinglante fin de non-recevoir aux vœux du Président de la République François Hollande. Ce dernier, anticipant le succès de la COP21, estimait en effet, en juillet dernier, qu’un « Accord sur le climat signifie renoncer à utiliser 80% des ressources d’énergies fossiles dont nous disposons encore ». Nous sommes loin de cette renonciation, une renonciation pourtant tellement nécessaire à l’équilibre de notre planète et aux services écosytémiques rendus par celle-ci dès aujourd’hui et pour les générations futures.

Ce qui se joue à Pau, c’est toujours plus de dérèglement climatique: si les états continuent de laisser les compagnies fossiles repousser toujours plus loin et toujours plus profond les frontières de l’extraction des combustibles fossiles, nous ne parviendrons pas à contenir le réchauffement climatique en deçà de +2°C. Nous nous inscrirons au contraire dans les scénarios les plus noirs en matière de dérèglement climatique -jusqu’à +9°C de réchauffement- en mettant à mal le rôle essentiel de régulateur du climat que joue l’océan.

Comment un engagement adopté par tous les états du monde peut-il ne pas concerner les compagnies travaillant dans le secteur des énergies fossiles, responsables de 80% des émissions de CO2 mondiales? Au lieu de se retrouver, en tant qu’entreprises directement impliquées dans les causes du dérèglement climatique, pour étudier comment contribuer aux trajectoires bas carbone promises par l’Accord de Paris, et entamer ainsi une indispensable reconversion de leurs activités, les « supermajors » du pétrole et du gaz vont au contraire réunir leurs compétences et leurs ressources pour forer toujours plus, plus loin et plus profond.

Comment accepter ce projet qui condamnerait la planète, l’océan et l’humanité toute entière à un avenir fait de tragédies et de catastrophes?

Nous, citoyennes et citoyens, devons entrer en scène et dénoncer l’indécence de ce sommet et son caractère radicalement incompatible avec les résultats de la COP21.

Se mobiliser sur place, du 5 au 7 avril à Pau, et en mai dans le monde entier, dans le cadre de la mobilisation « Libérons-nous des énergies fossiles« , sera l’une des meilleures manières d’affirmer que NOUS prenons les engagements de Paris au pied de la lettre.

Nous devons ainsi envoyer un signal fort aux investisseurs comme aux gouvernements du monde entier: quelque chose doit VRAIMENT changer. Les politiques et projets violant sciemment les objectifs de l’Accord de Paris doivent immédiatement cesser.

Décideurs publics et privés, c’est le moment de réorienter vos investissements et vos politiques. Les citoyens et les peuples du monde entier veillent désormais à l’application des engagements pris à la COP21 de contenir le réchauffement climatique en dessous de +2°C, voire de +1,5°C. A bon entendeur salut!

Signataires:
Jacques Beall (Vice-président de Surfrider Foundation Europe, membre du CESE),
Florent Compain (Président des Amis de la Terre-France),
Thomas Coutrot (Porte-parole d’ATTAC),
Clémence Dubois (Chargée de campagne 350.org),
Cécile Marchand (porte-parole d’ANV-COP21),
Jon Palais (Coordination Européenne des Alternatiba)

Tous à Pau du 5 au 7 avril! Découvrir la vidéo de mobilisation pour bloquer le sommet du pétrole offshore

« Libérons-nous des énergies fossiles« : Découvrir la vidéo des actions de mobilisation prévues du 4 au 15 mai


Bloquer l’industrie fossile, un impératif climatique

mer, 06/04/2016 - 12:21
5 AVR. 2016
    350.org, Attac France, Alternatiba, Amis de la Terre, Surfrider, ANV COP21 s’associent à l’occasion de l’importante mobilisation post-COP21 (actions de désobéissance, blocage, rassemblement et manifestation) qui se tient à partir d’aujourd’hui à Pau, où ces organisations vont bloquer un sommet international qu’accueille Total visant à étendre l’exploration et exploitation pétrolières et gazières offshore.

    Le 12 décembre dernier, en clôture de la COP21, François Hollande n’avait pas assez de superlatifs pour saluer l’accord de Paris  : « le monde a écrit avec vous une nouvelle page de son Histoire ! Nous entrons dans l’ère du bas carbone. C’est un mouvement puissant et irréversible et ce mouvement va bien au-delà des Etats et des Gouvernements (…). C’est la plus belle et la plus pacifique des révolutions qui vient d’être accomplie ». Pour Laurence Tubiana, cheville ouvrière de l’équipe de négociation française, l’accord de Paris devrait être une « prophétie auto-réalisatrice » : la « révolution » de la COP21, entraînerait les principaux investisseurs, qui délaisseraient d’eux-mêmes les énergies fossiles pour réorienter leurs investissements vers les énergies renouvelables et les technologies propres.

    Malheureusement, les révolutions, même climatiques, ne se décrètent pas, et les prophéties ne s’auto-réalisent jamais. Au mieux, elles se construisent pas à pas, avec force et détermination. Le plus souvent, celles et ceux qui n’ont pas intérêt au changement, agissent pour que rien ne change. Faire comme si la COP21 et les engagements pris à Paris n’avaient jamais existé, c’est exactement ce que les industriels du pétrole et du gaz font. Ainsi, du 5 au 7 avril, Total, Shell, Exxon, Repsol, BP, ainsi qu’une impressionnante liste d’entreprises opérant dans l’exploration, le forage et l’exploitation en eaux profondes se réunissent à Pau, à l’occasion d’une conférence internationale sur les hydrocarbures offshore. Objectif ? Trouver les moyens d’obtenir « une baisse significative des coûts pour que l’industrie opérant en mer profonde puisse rester compétitive » et ainsi « développer l’extraction du pétrole et du gaz en eaux profondes », malgré l’effondrement récent du prix du pétrole. Au lendemain de la COP21, il était espéré, et il eût été responsable et judicieux, que les acteurs du secteur de l’industrie des énergies fossiles, lesquelles représentent 80 % des émissions mondiales de CO2, se réunissent pour tenir compte des engagements pris lors de la COP21 et pour entamer l’indispensable reconversion bas-carbone de leurs activités. Ce n’est manifestement pas leur programme : pas un mot sur le climat, sur la COP21 ou sur l’Accord de Paris ne figure à l’ordre du jour de leurs discussions. Les champions du dérèglement climatique n’ont pas prévu de sortir de l’âge des fossiles. Pire, ils affirment que les énergies fossiles resteront largement majoritaires dans le mix énergétique mondial et ils se montrent plus déterminés que jamais à exploiter toutes les réserves possibles, quel qu’en soit le prix environnemental et sanitaire. Pourtant, les projections des climatologues sont très claires. François Hollande lui-même, reprenant les résultats des dernières études et rapports scientifiques, estimait en juillet dernier, qu’un « accord sur le climat signifie renoncer à utiliser 80 % des ressources d’énergies fossiles dont nous disposons encore ».

    Les majors du secteur, qui cherchent, en toute connaissance de cause, à repousser toujours plus loin et toujours plus profond les frontières de l’extraction des combustibles fossiles, acceptent donc nécessairement un réchauffement climatique très largement supérieur à 2°C. Ce qui revient à bafouer les objectifs fixés par l’article 2 de l’Accord de Paris et à planifier de nouveaux crimes climatiques dont les populations les plus démunies paieront le plus lourd tribut. Ce constat ne fait plus débat : il est étayé et dûment documenté. Malheureusement, aucun dispositif contraignant ne peut être actionné pour soumettre les industriels à l’impératif climatique : ils sont libres – et même encouragés – à poursuivre leurs investissements dans l’exploration et l’exploitation de nouveaux gisements fossiles. En entérinant le caractère volontaire et non contraignant des engagements pour le climat, l’accord de Paris n’a pas changé la donne. Aucune institution n’est chargée de jauger et juger de la conformité « climatique » des décisions des acteurs privés et publics. Cette responsabilité est de facto transférée à l’opinion publique mondiale.

    Alors que la température moyenne mondiale du mois de février a été enregistrée supérieure de 1,35°C à celle observée sur la période 1951-1980, nous n’avons plus le temps de tergiverser. Lors de la COP21, nous avions symboliquement décrété l’état d’urgence climatique. Nous sommes désormais conduits à revendiquer une forme d’état de nécessité « climatique », justifiant d’intervenir à chaque fois que des mesures et des projets sont contraires à la stabilisation du climat. Dans un arrêt de la Cour d’appel de Colmar de 1957, cet état de nécessité est défini comme « la situation dans laquelle se trouve une personne qui, pour sauvegarder un intérêt supérieur, n’a d’autre ressource que d’accomplir un acte défendu ». En raison de l’inertie des pouvoirs publics et des institutions internationales, avons-nous d’autres solutions que de bloquer les industriels qui bafouent les objectifs fixés par l’accord de Paris ?

    C’est au nom de cet impératif climatique que nous appelons à nous rassembler à Pau du 5 au 7 avril afin d’exiger qu’il soit mis un terme à cette fuite en avant extractive. Nous espérons être entendus et ne pas être réduits à devoir bloquer, un à un, tous les projets climaticides de l’industrie pétrolière et gazière. La « révolution climatique », nous y croyons fermement. Nous y tenons même. Et nous sommes déterminés à ce qu’elle voit le jour. Pas à pas, avec force et détermination, nous agirons pour que cette prophétie devienne réalité.

    Les signataires :

    Laureline Bourit (Amis de la Terre), Pauline Boyer (Alternatiba), Antidia Citores(Surfrider Foundation Europe), Maxime Combes (ATTAC), Olivier Dubuquoy (Nation Océan), Txetx Etcheverry (ANV-COP21), Nicolas Haeringer (350.org)


    La faillite des pétroliers américains exploitant les Gaz et Pétrole de Schiste

    mar, 05/04/2016 - 16:32

    Source : 2000watts.org , comprendre le business de l’énergie

    « Pétrole de schiste

    Si vous aviez des actions des entreprises Sabine Oil & Gas ou Emerald Oil, pas de bol, ils ont fait faillite. Même punition pour Venoco qui laisse une dette de 1 milliard $ sur le tapis.

    Si vous détenez des actions de Matador Resources (MTDR), Carrizo Oil & Gas (CRZO), Laredo (LPI), Oasis Petroleum (OAS) et SM Energy (SM) à l’heure où vous lisez ces lignes, vous devriez tout avoir perdu

    Chesapeake a perdu 19,1 milliards $ en 2015, cumule une dette de 10 milliards $ et avec seulement 1 milliard $ en caisse. Il s’approche de la faillite mais ne plie pas. Le géant de schiste a également perdu son ancien CEO décédé dans un accident de voiture.

    Peabody Energy Corp (BTU), le plus grand producteur de charbon américain (7’600 employés), s’est mis sous la protection de faillite et suit son ancien rival Arch Coal qui avait également levé les fers l’année dernière. La Banque Nationale Suisse posséde pour 25 millions $ d’actions dans l’entreprise.

    Linn Energy, l’un des plus grand producteur d’énergie US, est dans une situation économique critique et pense ne pas pouvoir rembourser ses dettes.

    Quel est le point commun entre Emerald Oil, Laredo, Oasis Pétroleum, SM Energy, Linn Energy, Chesapeake ou Peabody (toutes nommées ci-dessus?).

    La banque nationale suisse a investi dans ces entreprises… »


    Le gaz de schiste américain débarque en Europe

    mar, 29/03/2016 - 23:00

    LE MONDE ECONOMIE | 25.03.2016 à 06h48 • Mis à jour le 26.03.2016 à 14h31 | Par Eric Albert (Rafnes (Norvège), envoyé spécial)

    La scène était parfaite pour l’arrivée de l’ Intrepid. Dans un fjord norvégien aux eaux translucides, sous un ciel bleu immaculé, le vaisseau de 180 mètres de long a terminé, mercredi 23 mars, sa traversée de l’Atlantique. En accostant au terminal de Rafnes, au sud de la Norvège, où se trouve une grande usine pétrochimique, il a marqué un moment historique : la toute première importation de gaz de schiste américain en Europe. Une véritable révolution dans le monde de l’énergie.

    A l’intérieur de l’immense bateau flambant neuf, construit pour l’occasion, se trouvaient 27 500 mètres cubes d’éthane liquéfié par -90 degrés. Le gaz va maintenant être chauffé à très haute température dans le « cracker » de l’usine de Rafnes, pour en fairede l’éthylène, qui deviendra ensuite du plastique utilisé dans les emballages alimentaires ou encore dans les gaines de câbles électriques.

    « Quand on a commencé à réfléchir à importer de l’éthane des Etats-Unis, en 2010, ça paraissait une idée complètement folle, on nous a dit qu’on n’y arriverait pas », se rappelle David Thompson, un dirigeant d’Ineos, une grosse entreprise de pétrochimie britannique.

    Effondrement des prix du pétrole

    Le projet semblait aller à l’encontre de tout bon sens, alors que l’usine de Rafnes est au bord de la mer du Nord, où se trouvent de grosses réserves de gaz. Imaginer qu’il puisse être moins cher de faire venir cette matière première de l’autre côté de laplanète était difficile à croire. « J’ai commencé ma carrière ici, en 1988, explique Magnar Bakke, qui est aujourd’hui le directeur du site. Personne n’aurait jamais rêvé d’importer des Etats-Unis. »

    La révolution du gaz de schiste a pourtant tout bousculé sur son passage. Grâce à la très controversée et polluante technique de la fracturation hydraulique, ainsi qu’à la maîtrise du creusement de puits horizontaux, la production d’hydrocarbures a fait un bond gigantesque outre-Atlantique depuis une dizaine d’années. Cela a entraîné un effondrement des prix.

    Lire aussi :   Le gaz de schiste américain va bousculer le marché

    En parallèle, la mer du Nord a connu une situation inverse. Après quarante ans d’exploitation, les gisements s’épuisent. Aujourd’hui, 80 % des réserves du côté britannique ont été vidées, et 60 % du côté norvégien.

    Pour la société Ineos – elle compte 65 usines dans 16 pays, avec 17 000 employés –, la situation devenait tendue. Le groupe possède deux immenses complexes industriels dans le nord de l’Europe : celui de Rafnes, et un autre à Grangemouth, en Ecosse. Tous les deux ont été installés là pour profiter de l’approvisionnement de la mer du Nord, mais cette ère touche à sa fin.

    L’éthane, en particulier, se fait rare côté britannique. Depuis une décennie, l’usine de Grangemouth ne fonctionne plus qu’à la moitié de sa capacité, faute de matières premières. Le cas de Rafnes est moins urgent, avec des approvisionnements garantis jusqu’à la fin de la décennie, mais le même problème se profile à l’horizon.

    Un pari fou

    La décision d’investir s’est précipitée en 2013. Une grande grève à Grangemouth a contraint alors à la fermeture temporaire du complexe. Jim Ratcliffe, le fondateur d’Ineos – et un homme connu pour son agressivité dans les affaires –, met le pistolet sur la tempe des employés : il ne rallumera pas l’usine si ceux-ci n’acceptent pas une baisse de leur salaire. En cas d’accord, en revanche, il se lancera dans ce pari fou d’importer du gaz de schiste.

    Les salariés ont accepté un gel de leur rémunération et une baisse de leur retraite. Ils se sont aussi engagés à ne pas faire grève pendant trois ans. En échange, Ineos a procédé à un investissement de 2 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros). « Nous avons apporté une nouvelle ligne de vie à Grangemouth », s’enorgueillit aujourd’hui M. Ratcliffe.

    En 2013, pourtant, tout reste à faire. Les Etats-Unis sont certes importateurs d’hydrocarbures depuis des décennies, mais aucun équipement n’est prévu… pour exporter. Les ports sont conçus pour recevoir des méthaniers ou des pétroliers d’Afrique ou du Moyen-Orient. Les pipelines envoient le gaz ou le pétrole vers l’intérieur des terres. Il faut entièrement inverser le flux.

    Ineos décide pourtant de se lancer, agissant comme coordinateur entre les différents acteurs. En Pennsylvanie, un nouveau gisement a été trouvé, Marcellus Shale, contenant une forte teneur en éthane. L’entreprise signe un accord d’approvisionnement de quinze ans, pour s’assurer un flot régulier. Cinquante kilomètres de nouveaux pipelines sont alors construits, pour rejoindre ceux qui étaient déjà en place pour l’importation de gaz. Il faut ensuite inverser leur direction, ce qui n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Le port de Marcus Hook, à Philadelphie, jusque-là menacé de fermeture, est adapté pour l’exportation.

    Il faut aussi construire des bateaux suffisamment grands pour emporter l’éthane de l’autre côté de l’Atlantique. Jusqu’alors, ce gaz n’était transporté que sur de petits navires sur de courtes distances. Quatre méthaniers spécialement conçus sont fabriqués en Chine – leur nombre sera bientôt porté à huit. Enfin, au Royaume-Uni et en Norvège, d’immenses réservoirs d’éthane sont construits pour recevoir chaque cargaison.

    Six ans après avoir été pensé, et trois ans après avoir été effectivement engagé, le projet se concrétise enfin. Après Rafnes, les premiers bateaux arriveront à Grangemouth dans la deuxième partie de 2016.

    Chamboulement majeur

    Si Ineos a été parmi les premières entreprises à envisager de faire venir du gaz de schiste américain, elle est cependant loin d’être la seule. Face à l’immense production aux Etats-Unis, l’exportation s’est imposée comme la solution logique. Résultat, les investissements se multiplient : de nombreux ports sont en cours de transformation, prêts à envoyer le gaz américain à l’assaut du reste du monde.

    Le 15 mars, la première exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) est ainsi arrivée au Brésil, (soit 85 millions de mètres cubes) depuis la Louisiane. Et ce n’est qu’un début. « Les Etats-Unis vont avoir une capacité d’exportation de 60 millions de tonnes de gaz par an d’ici à 2020 » , estime Stephen O’Rourke, directeur de la recherche à Wood Mackenzie, une société de consultants. En comparaison, la production mondiale annuelle est actuellement de 250 millions de tonnes. Le gaz de schiste américain apporte donc 25 % supplémentaires sur le marché mondial.

    Selon M. O’Rourke, le débouché le plus évident pour ces tonnes de GNL est l’Europe, où le marché est ouvert et liquide, permettant d’écouler le gaz au jour le jour, sans avoir de contrat de long terme en place. « Les importations de GNL sur le Vieux Continent devraient tripler d’ici à 2020 », analyse cet expert.

    Le chamboulement est majeur. L’impact pourrait être important sur la Russie, gros fournisseur de gaz en Europe, avec de profondes ramifications géopolitiques.

    L’aventure d’Ineos contient pourtant en germe un avertissement. Quand M. Ratcliffe a pris la décision d’importer du gaz de schiste, le pétrole était à 120 dollars le baril. Prudent, il a fait tourner ses modèles économiques, prévoyant, dans le pire des scénarios, une chute à 40 dollars. La suite est connue : le pétrole est tombé à 28 dollars, avant de rebondir depuis quelques mois.

    Lire aussi :   Pourquoi le pétrole a atteint son niveau le plus bas depuis 2004

    Ce krach pétrolier est une mauvaise nouvelle pour Ineos. Dans l’industrie chimique, ses concurrents européens font tourner leur « cracker » avec un dérivé de pétrole. Plus l’or noir est cher, plus cela augmente leurs coûts, et plus les produits d’Ineos sont comparativement concurrentiels.

    M. Ratcliffe regrette-t-il son investissement ? « Absolument pas, c’était la bonne décision. Le plancher de notre rentabilité est à un baril autour de 30 dollars. Mais c’est sûr que c’est moins rentable que s’il était resté à 100 dollars. »

    Relancer l’industrie en Europe

    Le patron d’Ineos ne jure de toute façon que par le gaz de schiste, qui est d’après lui la seule façon de relancer l’industrie en Europe. « Aux Etats-Unis, 150 milliards de dollars d’investissement dans l’industrie chimique sont prévus d’ici à 2022, grâce au coût de l’énergie qui est très bas. Dans le même temps, sur le Vieux Continent, on voit fermeture d’usine après fermeture d’usine. Personne n’investit ici. »

    C’est dans cette logique qu’il a décidé d’acquérir plusieurs licences d’exploration de gaz de schiste dans le nord de l’Angleterre et en Ecosse. Mais son projet fait face à un tollé populaire. Depuis qu’un puits d’exploration de Cuadrilla, une entreprise concurrente, a provoqué une petite secousse sismique près de Blackpool, en 2011, aucun forage n’est en cours au Royaume-Uni. Plusieurs projets ont buté depuis sur de grandes manifestations. Londres fait tout son possible pour lancer cette industrie mais pour l’instant sans succès.

    Lire aussi :   Ineos lorgne sur le gaz de schiste britannique

    Fidèle à sa réputation abrasive, M. Ratcliffe répond par une logique financière. Il propose d’offrir 6 % des bénéfices de la production aux personnes qui accepteraient de vivre près de ses puits. Son espoir : que l’hydrocarbure situé dans le sous-sol britannique puisse progressivement remplacer celui de la mer du Nord. Ses usines pourraient alors bénéficier de cette production locale. La dépendance au gaz de schiste américain ne serait alors plus de mise.

    • Eric Albert (Rafnes (Norvège), envoyé spécial)
      Journaliste au Monde

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/03/25/le-gaz-de-schiste-americain-debarque-en-europe_4889844_3234.html#J285RkRKysJt9Bo1.99 


    L’Uruguay fait l’impensable et rejette le TISA, équivalent du TAFTA

    mar, 29/03/2016 - 16:15

    Source : https://stoptafta.wordpress.com

    Cette décision historique n’a rencontré aucun écho dans les médias.

    Souvent désigné comme la Suisse de l’Amérique du Sud, l’Uruguay a, de longue date, l’habitude de faire les choses à sa façon. Il a été le premier état-providence d’Amérique latine. Il dispose également d’une importante classe moyenne, ce qui est inhabituel dans cette partie du monde ; et on y trouve pas d’importantes inégalités de revenu, contrairement à ses très grands voisins du nord et de l’ouest : le Brésil et l’Argentine.

    Il y a deux ans, durant le mandat du président José Mujica, l’Uruguay a été le premier pays à légaliser la marijuana en Amérique latine, un continent déchiré par le trafic de drogue qui engendre violence et corruption de l’État.

    Aujourd’hui, l’Uruguay a fait quelque chose qu’aucun autre pays neutre de cette planète n’avait osé faire : il a rejeté les avances de la corporatocratie mondiale.

    Le traité dont on ne prononce pas le nom

    Au début de ce mois, le gouvernement de l’Uruguay a décidé de mettre fin à sa participation aux négociations secrètes relatives à l’accord sur le commerce des services (TISA pour Trade In Service Agreement). Après plusieurs mois de pression exercée par les syndicats et d’autres mouvements populaires, avec un point d’orgue lors de la grève générale sur ce sujet, la première de ce genre au monde, le président uruguayen Tabare Vazquez s’est incliné face à l’opinion publique et a abandonné l’accord commercial voulu par les États-Unis.

    Bien qu’elle soit, ou plutôt parce qu’elle est symboliquement importante, la décision historique de l’Uruguay a été accueillie par un silence assourdissant. Au-delà des frontières du pays, les grands médias ont refusé d’évoquer ce sujet.

    Ce n’est pas vraiment une surprise étant donné que le commun des mortels n’est même pas supposé connaître l’existence du TISA ; bien qu’il soit, ou plutôt, une fois encore, parce qu’il est sans doute le plus important volet de la nouvelle vague d’accords commerciaux internationaux. Selon Wikileaks, il s’agit « de la plus grande composante du trio de traités “commerciaux” stratégiques des États-Unis », trio qui inclut également le Partenariat TransPacifique (Trans Pacific Partnership ou TPP) et le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TransAtlantic Trade and Investment Pact (TTIP).

    Le TiSA concerne plus de pays que le TTIP et le TPP réunis : les États-Unis et les 28 pays membres de l’Union Européenne, l’Australie, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa-Rica, Hong-Kong, l’Islande, Israël, le Japon, le Liechtenstein, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, le Pakistan, le Panama, le Paraguay, le Pérou, la Corée du Sud, la Suisse, Taiwan et la Turquie.

    Ensemble, ces 52 pays forment le groupe joliment nommé des “Très Bons Amis de l’accord sur les Services” qui représente quasiment 70% du commerce mondial des services. Jusqu’à sa récente volte-face, l’Uruguay était censé être le 53e “Bon Ami”.