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Mis à jour : il y a 2 heures 31 minutes

Energie : Jean Jouzel et Corinne Lepage ne partagent pas l’analyse de Maud Fontenoy

sam, 28/03/2015 - 10:35

source: Techniques de l’Ingénieur 

 

Pour le climatologue Jean Jouzel, l’Allemagne, avec sa politique énergétique, montre l’exemple. Maud Fontenoy, en revanche, estime que notre voisin d’outre-Rhin est un contre-exemple qui conduit à faire « exploser » les émissions de CO2. Pour Corinne Lepage les propos de cette navigatrice sont non seulement « stupides » mais « mensongers ».

Médaille d’or du CNRS et président du Haut Conseil de la Science et de la Technologie de 2009 à 2013, Jean Jouzel est un expert à l’échelle internationale du changement climatique et vice-président du GIEC, le panel des experts de l’ONU sur l’évolution du climat. Le GIEC a notamment publié en 2011 une synthèse de la littérature scientifique mondiale en matière d’énergies renouvelables (le SRREN) dont la principale conclusion est que l’humanité peut passer à un mix énergétique aux ¾ renouvelable à horizon 2050. Depuis 2011 une très abondante littérature scientifique s’est ajoutée, et les coûts des écotechnologies énergétiques ont beaucoup baissé.

« Je mets souvent la stratégie allemande en avant » en matière de politique énergétique explique Jean Jouzel aux Techniques de l’ingénieur. « De façon positive bien entendu car je crois vraiment que ce sont eux qui sont sur la bonne voie y compris sur le plan économique ».

L’Allemagne s’est fixée comme objectif d’atteindre 80% d’électricité renouvelables à horizon 2050 (40% dès 2020) et a démontré être capable de faire régresser à la fois le nucléaire et les énergies fossiles (Lire à ce sujet sur Techniques de l’ingénieur : « En Allemagne la régression du nucléaire s’accompagne de celle du charbon »).

Problème, Maud Fontenoy a déclaré dimanche 22 mars qu’« en Allemagne, où là on a décidé de sortir du nucléaire (…) on a fait exploser les émissions de CO2 à cause du charbon ». Et Jean Jouzel a dans le passé aidé la Maud Fontenoy Foundation. « Effectivement, je suis dans le Comité Scientifique de la Fondation de Maud Fontenoy. Je l’ai fait dans l’idée de l’accompagner dans certaines des actions éducatives qu’elle mène (ce que j’ai effectivement fait) » explique le grand scientifique. Mais de préciser aussitôt « cela ne veut bien sûr pas dire que j’approuve ce qu’elle met en avant dans son ouvrage ».

Michel Drucker a présenté Maud Fontenoy comme « une écologiste intelligente ». Ajoutant que « si tous les écologistes ressemblaient à Maud de Fontenoy ils auraient encore plus de succès ». Ceci le jour des élections départementales. Le présentateur de France 2 a estimé que le livre de Maud Fontenoy (« Les raisons d’y croire, non au principe de précaution, OUI à l’innovation », Plon, 2015) est « un manifeste pour défendre une écologie réaliste et innovante au service de l’urgence climatique. Alors l’écologie réaliste, on y va, le gaz de schiste… ». Invitant alors Maud Fontenoy à commencer son plaidoyer à propos de cette énergie qui fait polémique en France comme dans le reste du monde. On comprend mal la logique de Michel Drucker selon qui le gaz de schiste pourrait être utile en France en matière climatique. Peut-être a-t-il oublié que le mix énergétique américain est très différent du français.

Pour Corinne Lepage, ex-Ministre de l’environnement d’Alain Juppé et administratrice de Transparency International France, un problème de déontologie se pose. « J’ai découvert avec stupéfaction les déclarations de Maud Fontenoy, invitée à « Vivement dimanche » alors que les vrais écologistes ne le sont jamais » a-t-elle déclaré aux Techniques de l’ingénieur. « Cela signifie qu’il s’agit d’une émission dans laquelle on a le droit de parler d’écologie à condition de défendre le nucléaire, les OGM, le gaz de schiste etc… C’est-à-dire d’être anti écolo. Une exception notable : celle de Nicolas Hulot. »

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Et Corinne Lepage, notamment auteur du livre « L’état nucléaire » (Albin Michel, 2014) d’ajouter : « je pense que des personnalités qui utilisent leur notoriété comme le fait Madame Fontenoy pour être volontairement contre-productive à la cause qu’elle prétend défendre sont pires que celles qui comme Claude Allègre portent en bandoulière leur haine de l’écologie. Dans les propos qui ont été tenus, les à-peu-près, les contrevérités, les généralités qui n’ont aucun sens s’équilibrent. »

Transparence

Pour Hervé Kempf, ex-journaliste au Monde et fondateur du média indépendant Reporterre, qui vient de co-signer la tribune « Maud Fontenoy, l’imposture écologiste que le gouvernement prend en exemple », titre non sans rappeler un livre de Claude Allègre, un problème de transparence se pose : « Avec un tel positionnement, il n’est pas certain que Maud Fontenoy soit la plus indiquée pour enseigner l’écologie aux enfants. Ni, d’ailleurs, la transparence. Ni sa fondation, ni le ministère n’ont répondu aux appels répétés de Reporterre ». Révélant en outre que l’un des trois directeurs de la Maud Fontenoy Foundation, enregistrée aux Pays-Bas, est le milliardaire François Henri Joseph Pinault. Techniques de l’ingénieur a également tenté de joindre Maud Fontenoy par voie électronique et téléphonique afin de savoir quelles étaient sa/ses sources concernant l’évolution du mix électrique allemand. Aucune réponse. La secrétaire de la fondation, visiblement gênée, a confié que Maud Fontenoy avait reçu des tonnes de courriers « incendiaires » suite à son intervention dominicale.

« Le nucléaire est l’énergie la moins dangereuse pour l’homme » a affirmé Maud Fontenoy à Michel Drucker, visiblement conquis par le propos. « Et les accidents dues aux mines de charbon, au pétrole, à l’extraction et même aux énergies renouvelables font plus de morts que les accidents nucléaires » a ajouté la rameuse, n’hésitant pas à mettre dans le même panier des filières aussi différentes que le solaire photovoltaïque, le solaire thermodynamique, l’éolien, la micro-hydraulique, la grande hydraulique, la bioélectricité, la géothermie, l’hydrolien, l’ETM (énergie thermique des mers) ainsi que les énergies houlomotrices et marémotrices, dont le bilan doit bien entendu être effectué technologie par technologie. Une étude multicritère réalisée par le département énergie et atmosphère de Stanford University (Jacobson et al 2008) est arrivée à la conclusion que le bilan du nucléaire est aussi médiocre que celui du charbon avec CCS (Carbon capture and storage). L’éolien terrestre, suivi du solaire PV, parvenant au contraire au sommet du classement des énergies vertueuses.

Déontologie

« Ce qui est particulièrement dommageable, c’est qu’il n’y ait pas un journaliste en capacité de rétablir les faits et de veiller à ce qu’il n’y ait pas de désinformation » analyse Corinne Lepage à propos de l’émission « Vivement dimanche » du 22 mars 2015. Bien entendu ouverte à la liberté d’expression, l’ex-Député européenne estime que « chacun peut avoir l’avis qu’il veut car Dieu merci nous vivons dans un pays où il y a la liberté d’expression. En revanche, il ne faut pas confondre l’émission d’une opinion et la fourniture d’informations volontairement fausses. C’est là où il y a un problème. Et en particulier, la propagande anti allemande sur la question énergétique est à la fois stupide et mensongère. »

Denis Baupin, vice-président de l’assemblée nationale a présenté le 25 mars en commission ce graphique illustrant l’évolution du mix électrique allemand.

Pour Corinne Lepage, avocate du cabinet Huglo Lepage & Associés Conseil, l’un des experts reconnus en droit de l’environnement auprès de la Commission européenne, « dans 10 ans, lorsque toutes les preuves auront été apportées de la nocivité des pesticides, lorsque l’Allemagne aura réussi sa transition énergétique lors que la France sera engluée dans le nucléaire, lorsque l’exploitation du gaz de schiste aura été quasi abandonnée en Europe – à la condition qu’elle ait réellement commencé ce qui n’est pas le cas notamment en Pologne où toutes les entreprises étrangères se retirent les unes après les autres pour manque de rentabilité – des personnalités comme Madame Fontenoy et d’autres auront à répondre non pas d’erreur d’appréciation qu’elles auraient pu commettre, mais de fausses informations qu’elles auront délivrées. »

Le président François Hollande a promis à ses électeurs de réduire la part du nucléaire dans le mix électrique national de 75-80% aujourd’hui à 50% en 2025. Plusieurs études scientifiques montrent que passer à 90-100% d’électricité renouvelable est possible en Allemagne (Etude du SRU), aux USA (Etude du NREL)… et aussi en France. L’ADEME a effectivement confié à Mines ParisTech l’étude « vers un mix 100% électrique en France », ceci en partenariat avec plusieurs sociétés spécialisées de haut niveau. C’est une étude « stratégique pour le développement des énergies renouvelables qui est aujourd’hui essentiellement freiné par des problèmes d’acceptabilité eux mêmes nourris par des affirmations fausses du type « c’est trop cher » ou « comme çà ne produit pas quand on en a besoin donc ce n’est pas possible » » souligne l’un des auteurs de l’étude qui a préféré rester anonyme compte-tenu de la nature hautement politique du sujet. « Nous l’avons réalisée pour le compte de l’ADEME en partenariat avec Artelys et Energie Demain. L’ADEME se réserve la primeur de la présentation des résultats. »

Vivement un dimanche où ces études seront enfin présentées avec pédagogie aux Françaises et aux Français sur France 2, chaîne du service public.

Par Olivier Daniélo


Abandon de projets d’exploitation de gaz de schiste en Chine

ven, 27/03/2015 - 20:55

Publié: 27 mars 2015 dans énergie climat, forage d’hydrocarbures, gaz de houille, gaz de schiste

D’après l’article de Lucy Hornby paru dans le Financial Times le 27/03/2015 sous le titre « China’s Cnooc shelves shale project »

La compagnie China National Offshore Oil Corp (Cnooc) a décidé d’abandonner son projet d’exploitation de gaz de schiste dans la province d’Anhui[1]. Ceci illustre qu’il est peu probable que la « révolution du gaz de schiste qui a transformé l’industrie de l’énergie des États-Unis » soit reproductible en Chine.

Les compagnies pétrolières chinoises et internationales réduisent leurs investissements après une dégringolade des prix du brut au cours de la dernière année, et les coûteux projets de schiste sont les premiers visés. Cnooc indiquait le mois dernier vouloir réduire ses dépenses de 35% en 2015. Pour son président M. Wang Yilin, « Compte tenu de la situation critique induite par les bas prix du pétrole, nous aurons une approche très prudente pour ce qui concerne la poursuite de projets d’exploitation de gaz de schiste, et particulièrement pour ce qui concerne les gisements en Chine». Cnooc rejoint la plus grande entreprise chinoise PetroChina laquelle a déjà revu fortement à la baisse son projet d’exploitation de gaz de schiste

dans la province du Sichuan[2] [qu’elle menait avec la Royal Dutch Shell]. PetroChina et Shell n’ont pas voulu indiquer publiquement le degré de mise à l’arrêt de leurs opérations. Selon son directeur exécutif Li Fanrong, « Depuis la fin 2011, Cnooc avait commencé ses forages près de Wuhu, dans le sud de l’Anhui. Mais la compagnie a décidé que ce gisement de schiste ne se prêtait pas au développement d’une exploitation à grande échelle ».

Une exploitation du gaz de schiste bien moins rentable qu’elle n’a pu l’être aux Etats-Unis

Pékin avait fait une priorité du développement de l’exploitation du gaz de schiste « pour essayer d’accroître l’indépendance énergétique de la Chine, tout en réduisant l’utilisation du charbon polluant ». Mais la combinaison d’une géologie complexe et d’une politique industrielle qui réserve l’exploration et le développement de projets énergétiques à quelques entreprises publiques ont conduit à ces résultats décevants.

Cnooc a essayé mais n’a pas réussi à intéresser les investisseurs étrangers dans le bloc de Wuhu. Mais les partenaires potentiels ont hésité à investir en partie à cause de la forte densité de la population dans la région. Le même contrainte se pose pour ce qui concerne le projet de Shell avec PetroChina dans le Sichuan.

Quant à l’autre major chinoise Sinopec, elle dit être plus avancée dans son projet d’exploitation de gaz de schiste près de Chongqing[3]. Elle a promis de respecter les objectifs fixés par le gouvernement central … mais a fait de nouvelles demandes de subventions.

Malgré l’abandon de son projet à Wuhu, Cnooc a encore de grands projets d’exploitation gazière en Chine depuis qu’elle a repris en 2013 le contrôle des projets de l’État concernant l’exploitation de gaz de couche[4].

___________________

[1] L’Anhui est une province de Chine dont le chef-lieu est Hefei. L’Anhui est situé en Chine de l’est, autour des bassins du Yangzi Jiang et du Huai He voir ici

[2] Sichuan, province du centre-ouest de la Chine. Sa capitale est Chengdu voir ici

[3] Chongqing ou Tchongking  été longtemps l’une des principales villes de la province intérieure du Sichuan

[4] Gaz de couche, gaz de houille ou gaz de charbon voir ici une définition


Gaz de schiste au N.-B. : l’ex-juge Guy A. Richard à la tête d’une commission d’étude

mer, 25/03/2015 - 00:01

source: ICI.Radio-Canada.ca

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Les camions de SWN Resources passent devant les manifestants.  Photo :  Michèle Brideau/Radio-Canada

C’est le juge à la retraite Guy A. Richard qui présidera la Comission sur le gaz de schiste. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a nommé une commission pour étudier les conditions du moratoire sur la fracturation hydraulique.

La nouvelle commission aura le mandat d’étudier les différentes conditions du gouvernement, à savoir si le moratoire imposé par le gouvernement libéral sur l’industrie du gaz de schiste sera levé ou non. En décembre 2014, le ministre de l’Énergie et des mines, Donald Arseneault avait décrété un moratoire d’une durée indéterminée sur la fracturation hydraulique pour interdire cette technique qui permet d’extraire du gaz naturel pris dans le schiste.

Cinq conditions du gouvernement doivent être remplies avant de savoir si le moratoire sera levé.

  • Renseignements clairs et crédibles sur les impacts environnementaux de l’industrie, en particulier pour l’eau
  • Redevances et avantages financiers pour la province
  • Mise en place d’un processus pour respecter les effets environnementaux,  particulièrement la gestion des eaux usées
  • Élaboration d’un plan pour rencontrer les obligations envers les Premières nations
  • Acceptation sociale de l’hydro fracturation

Le président de la commission, Guy A. Richard est Acadien et originaire de Saint-Anne-de-Kent. C’est aussi le beau-père du député fédéral Dominic LeBlanc, qui a aussi présidé la campagne électorale de Brian Gallant. Le ministre Donald Arsenault a défendu la décision.

« Il a eu une carrière impeccable au niveau de la cour d’appel au Nouveau-Brunswick, il a eu une carrière de façon à ce qu’il prenne des décisions non biaisées et c’est ce que l’on recherche dans le processus.   » — Donald Arsenault, ministre de l’Énergie et des Mines du N.-B.

M. Richard sera assisté des commissaires adjoints, John McLaughlin, l’ancien recteur de l’Université du Nouveau-Brunswick, et de Cheryl Robertson, l’ancienne présidente du conseil d’administration du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick.

L’Association canadienne des manufacturiers et des exportateurs se réjouit de cette annonce et souhaite que le moratoire soit levé d’ici un an au plus tard. La commission doit faire des recommandations à la province.


Le TTIP doit être « transparent » et ouvert, selon le FMI

mar, 24/03/2015 - 23:52
La citation Dans ce rapport quinquennal sur sa contribution au commerce mondial, le Fonds suggère ainsi que les accords négociés comme le TTIP soient « ouverts » à d’autres pays qui ne sont actuellement pas associés aux discussions mais qui en accepteraient les termes. (Crédits : reuters.com)


latribune.fr avec AFP    Le controversé accord de libre-échange (Tafta) en discussion entre les États-Unis et l’Union européenne doit être « transparent » et « ouvert » à d’autres pays afin d’éviter une « fragmentation » du commerce mondial, a assuré lundi le Fonds monétaire international.


Le FMI aussi prône lui aussi plus de transparence pour le très controversé TTIP, aussi connu sous l’acronyme « Tafta » en français, dont le mandat de négociation donné à la Commission, côté européen, n’a été rendu public que très récemment. « Les nouveaux accords de libéralisation [du commerce] doivent être ouverts, transparents et complets« , indique ainsi un rapport du fonds, citant spécifiquement le projet d’accord en discussion de part et d’autre de l’Atlantique.

Les négociations sur cet accord qui vise à supprimer les barrières douanières, mais surtout réglementaires entre les États-Unis et l’Europe ont été lancées en juillet 2013 en réponse aux blocages sur la libéralisation des échanges à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC).

Une « fragmentation » du commerce mondial

Si ce futur traité suscite en Europe des craintes de déréglementation généralisée, le Fonds s’inquiète, lui, que ce texte, comme celui négocié entre les États-Unis et la région Asie-Pacifique (le TPP), n’aboutisse « à une fragmentation » du commerce mondial.

Afin d’éviter une telle issue, le FMI assure que ces deux accords doivent « minimiser la discrimination » vis-à-vis des pays qui n’en sont pas signataires et éviter ainsi « l’impression que le commerce ne progresse que pour un ‘club’ privilégié de pays ».

Un accord ouvert

Dans ce rapport quinquennal sur sa contribution au commerce mondial, le Fonds suggère ainsi que ces accords soient « ouverts » à d’autres pays qui ne sont actuellement pas associés aux discussions mais qui en accepteraient les termes.

Le Fonds salue certes le fait que des accords régionaux comme le TTIP cherchent à « couvrir de nouveaux secteurs » comme les services ou les investissements mais pointe que leur succès est loin d’être garanti.

Vendredi 21 mars, le Conseil européen a certes réaffirmé l’objectif de conclure « d’ici à la fin de l’année » les négociations transatlantiques qui bloquent notamment sur un mécanisme controversé de protection des investisseurs privés (ISDS). « Le dénouement de ces négociations est (…) encore incertain », note le FMI.


Bruxelles envisage l’option d’un tribunal public pour le TTIP

sam, 21/03/2015 - 18:52
TTIP/Tafta Cecilia Malmström, commissaire européenne en charge du commerce [European Commission] (Crédits : DR)


Daniela Vincenti, Euractiv  |  20/03/2015, 15:50  –  781  mots Cecilia Malmström, la commissaire européenne en charge du commerce, a déclaré qu’elle soutenait l’idée d’un tribunal d’investissement permanent pour remplacer le mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États, qui a suscité un débat virulent dans les négociations sur le TTIP.


sur le même sujet

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La commissaire en charge du commerce a soutenu l’idée d’un tribunal permanent pour remplacer le mécanisme de RDIE. « J’ai déjà demandé à mon équipe de travailler là-dessus », a-t-elle annoncé lors d’une réunion avec les eurodéputés au Parlement européen, le 18 mars. « Je crois néanmoins que nous devrions pencher pour un tribunal qui va au-delà du TTIP », a-t-elle continué.

La clause concernant le règlement des différends entre investisseurs et États (RDIE) est controversée parce qu’elle autorise les investisseurs à poursuivre les gouvernements devant des tribunaux d’arbitrage internationaux, et non devant des cours nationales. D’ici la fin du processus de négociation, elle pourrait être supprimée, modifiée ou gardée telle quelle. Les États-Unis veulent que cette clause figure telle quelle dans le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement.

La semaine dernière, l’eurodéputée et ancienne commissaire Viviane Reding a défendu l’idée d’un tribunal indépendant qui remplacerait l’actuel système d’arbitrage.

« En tant que qu’ancienne vice-présidente en charge de la justice et des droits fondamentaux et membre du Parlement européen en charge du commerce, je suis pleinement favorable à un tribunal d’investissement international, dont la forme embryonnaire devrait être créée sous le TTIP. Pourquoi ? Parce-que le commerce et la justice doivent se renforcer l’un l’autre et non pas se faire obstacle », a expliqué Viviane Reding.

>> Lire : TTIP: la Justice ne peut être privée!

Pas maintenant, plus tard

S’adressant aux eurodéputés, Cecilia Malmström a toutefois rappelé qu’un tribunal multilatéral ne peut être qu’un objectif à moyen terme à intégrer aux négociations pour le partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (TTIP).

En même temps, a-t-elle poursuivi, il existe d’autres moyens de réformer le RDIE qui pourraient rassurer les opposants à ce mécanisme, y compris les eurodéputés qui pensent que les arbitres et avocats seraient tentés de travailler dans leur propre intérêt et pour des opportunités économiques plutôt que pour le bien public.

En Europe, les critiques ont pointé du doigt les procès secrets sans aucune légitimité démocratique, les arbitres tendancieux et les procédures opaques.

Répondant aux arguments de ceux qui disent que les États-Unis ont des tribunaux qui fonctionnent bien, la commissaire a insisté sur le fait qu’aucune loi américaine n’interdit la discrimination contre les investisseurs étrangers.

« Inclure les investissements dans l’accord permettrait de combler ce fossé, mais seulement si l’accord a une force exécutoire. Le RDIE est le seul moyen de l’appliquer efficacement », a-t-elle ajouté.

Au-delà de l’AECG

Les pays européens ont conclu 1.400 accords similaires au RDIE, qui datent pour certains des années 1950. Il y a un besoin urgent de réforme, et tout le monde est d’accord sur ce point.

La commissaire a souligné les changements qui ont déjà été opérés dans l’accord commercial entre le Canada et l’UE, qui selon elle, ne sera pas rouvert.

Pour la première fois, cet accord inclut une référence au droit de réglementer, qui réaffirme le droit de l’UE et du Canada à poursuivre des objectifs de politique publique comme la protection de la santé, de l’environnement et de la sécurité.

« Nous donnons aux gouvernements, et non aux arbitres, le contrôle ultime de l’interprétation des règles », a-t-elle insisté.

Vers un organe d’appel

Le TTIP irait encore plus loin, selon les révélations de la commissaire aux eurodéputés. La Commission réfléchit à « une clause qui indiquerait que les règles de protection de l’investissement ne garantissent pas aux investisseurs que le cadre juridique dans lequel ils investissent restera inchangé ».

Bruxelles a toutefois une autre idée : nommer un nombre limité d’arbitres dignes de confiance qui décideraient de toutes les procédures d’investissement du TTIP. Pour être sur la liste des arbitres, les candidats sérieux devraient être qualifiés et/ou être juges dans leur pays d’origine.

Une troisième possibilité serait de créer un mécanisme de recours, qui n’existe pas pour le moment dans les tribunaux de RDIE.

« C’est une inquiétude qui rassemble les entreprises et les ONG », a précisé Cecilia Malmström. Un organe d’appel constitué de membres permanents directement rattaché au TTIP serait une première étape vers un tribunal multilatéral permanent.

Prochaine étape:
  • 19-21 mai : Résolution du Parlement européen sur le TTIP.

 

Par Daniela Vincenti (traduit de l’anglais par Manon Flausch), EurActiv.com


Schiste: les opposants s’inquiètent

sam, 21/03/2015 - 18:20

source: acadie nouvelle

Publié:  par Anthony Doiron

Un puits de gaz de schiste à Penobsquis. – Archives

MONCTON – L’Alliance anti gaz de schiste de la province dénonce les demandes croissantes de l’opposition officielle du Nouveau-Brunswick en faveur de lever le moratoire imposé par le gouvernement de Brian Gallant.

Dans un communiqué émis jeudi à l’intention des médias, le regroupement critique vertement ceux en faveur du développement de la ressource, qualifiant de «douteux» les arguments économiques proposés.

«Il en va de la santé publique. Nous ignorons toujours une bonne partie des produits chimiques utilisés pour l’extraction, et personne ne sait comment ces produits affecteront nos terres et notre eau. Il faut prendre le temps de connaitre ses réponses avant de procéder,» a fait valoir l’alliance.

Le gouvernement de Brian Gallant a imposé un moratoire d’une durée indéterminée sur l’exploitation du gaz de schiste. Cinq conditions devront êtres satisfaites avant que ce dernier soit levé, dont la nécessité de l’acceptabilité sociale du projet par la population, et l’obtention de renseignements «clairs et crédibles» quant à l’impact de la fracturation hydraulique. – AD


Les réponses à Bien vivre dans le Gers

ven, 20/03/2015 - 00:26

source: LaDepeche.fr 

// //

 
Publié le 19/03/2015 à 08:42
Le collectif Bien vivre dans le Gers avait interpellé les candidats aux élections départementales sur quatre sujets. Dans un communiqué, le collectif indique : «Nous notons que certains se positionnent clairement contre les élevages industriels, le gaz et le pétrole de schiste, les barrages et la décharge de Pavie : ce sont tous les candidates et candidats d’Europe Écologie Les Verts, de L’Alternative – Le Front de g’Auch, et du Parti de Gauche, ainsi que les candidats de Libres et Indépendants pour le Gers, à l’exception de Dominique Darrozes et Jérôme Piques qui ne se sont positionnés que contre les élevages industriels.» Ce communiqué ajoute : «Certains n’ont pris position que sur certaines questions : Brigitte Labedan et Pierre Tabarin (Divers-droite) sont favorables aux élevages industriels mais sont prêts à reconsidérer la décharge de Pavie et ne sont pas partisans du gaz de schiste. Quant au Front National, ses candidats refusent de prendre position en laissant la décision à des ‘’ spécialistes ‘’. Nous regrettons que les candidats du PS et la plupart des candidats UMP n’aient pas pris la peine de nous répondre».

// La Dépêche du Midi

Terroir, Tafta et gaz de schiste à St-Lager-Bressac

ven, 20/03/2015 - 00:19
 19/03/15 Par : Justine Minet

Parmi les nombreuses problématiques évoquées mardi dernier lors du conseil municipal de Saint-Lager-Bressac, on retiendra l’importance majeure accordée à la dimension locale. En effet, le conseil municipal a commencé par… une petite dégustation de produits locaux pour trouver des nouveaux producteurs qui pourraient fournir la cantine scolaire du RPI.

Gaz de schiste, toujours contre

Le conseil municipal de Saint-Lager-Bressac, à l’instar de la majorité des élus ardéchois, répond à la volonté de la population en s’opposant au renouvellement du permis du bassin d’Alès, permis déposé sous Jean-Louis Borloo en 2010 qui expirera cette année. Les habitants et les élus locaux tentent de faire pression pour demander à l’actuelle ministre de l’écologie, Segolene Royal, de s’opposer à son renouvellement.

Non au Tafta

Les membres du conseil municipal s’opposent unanimement au traité de libre-échange transatlantique (Tafta pour Trans-Atlantic Free Trade Agreement). Ce projet d’accord commercial entre les Etats-Unis et l’Union européenne permettrait de libéraliser les échanges de biens et de services en se substituant aux directives de l’OMC et en supprimant les barrières douanières.

Mais aussi…

– Le bilan des comptes de la commune pour l’année 2014 est positif malgré les coûts importants liés aux dégâts naturels des orages de novembre dernier. L’année 2015 devrait aussi connaître un résultat excédentaire, peu de frais étant à prévoir.

– La préparation du nouveau bureau de vote pour les élections départementales a été évoquée. Rappelons que 4 listes se présenteront pour le canton de Chomérac les 22 et 29 mars.

Le Tafta autoriserait la vente de produits américains en Europe aux normes qui sont propres aux Etats-Unis. Cet accord donnerait également aux multinationales la possibilité d’attaquer les Etats en justice en cas de désaccord. Ainsi les conseillers municipaux de Saint-Lager Bressac craignent que leur commune qui privilégie les produits locaux soit attaquée pour concurrence déloyale. De plus, le Tafta autoriserait le libre accès aux matières premières dans les pays partenaires, ce qui renvoie à la question du gaz de schiste.

Sylvain Ascari, adjoint au maire et professeur des écoles, souligne un paradoxe sur la méthode employée par les chefs d’Etats pour faire connaître ce projet commercial. Barack Obama affichait déjà sa volonté de développer le commerce international au début de son mandat. Le Tafta est donc une suite logique de sa campagne. Il est alors perçu de manière positive. Alors qu’en Europe les chefs d’Etat se battent discrètement contre le peuple et les élus en faveur de ce traité, François Hollande souhaite « aller vite » pour éviter « une accumulation de peurs, de menaces, de crispations », a-t-il déclaré lors de sa dernière visite aux États-Unis. Ces méthodes apparaissent quelque peu douteuses et antidémocratiques.

Et le maire, Alain Bernard, de dénoncer cette stratégie qui agit « telle une taupe qui vient manger les plantes par la racine et nous attaque au cœur ». Le conseil municipal, indigné, demande un arrêt immédiat des négociations et l’ouverture d’un débat national sur cette motion de libre-échange transatlantique…

Barbara de Blic


Les forages de GdS font des bulles aux Pays Bas

jeu, 19/03/2015 - 19:10

Enregistrement de la rubrique de Nicolas Demorand à 18h40 sur France inter.
Les dégâts et séismes dus aux GdS en Hollande


Le solaire moins cher que le gaz et le charbon

jeu, 19/03/2015 - 00:30

source: – Altermonde-sans-frontières

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mercredi 18 mars 2015

Par Fabrice Nicolino

Incroyable, mais surtout vrai : l’électricité solaire pourrait coûter moins cher que celle tirée du charbon et du gaz. Dans dix ans seulement. Il faudrait donc investir massivement, par milliards d’euros, mais on ne le fera pas. Pourquoi ? Parce que.

Ce n’est jamais qu’une étude, mais elle remue en profondeur. [1] Selon ce travail, l’énergie solaire pourrait devenir moins coûteuse que le charbon et le gaz. Quand ? Dès 2025, dans seulement dix ans. Malgré l’énormité du propos, il ne s’agit aucunement de foutage de gueule, car le signataire s’appelle l’Institut Fraunhofer. Ce monument allemand emploie 22 000 personnes, réparties dans 57 instituts, tous spécialisés. Et l’ensemble est l’un des fleurons mondiaux de la recherche appliquée.

C’est donc sérieux, pas indiscutable mais assurément sérieux. Voyons le détail. Un, la technologie photovoltaïque offre déjà des prix très bas. En Allemagne, le coût de la production solaire d’électricité est tombé de 40 centimes au kWh en 2005 à 9 centimes en 2014. Or les nouvelles centrales au charbon ou au gaz livrent une électricité dont le prix varie entre 7 et 11 centimes par kWh. Deux, cette même électricité sera bientôt la moins chère, toutes sources confondues, dans de nombreuses régions du monde. Le scénario le moins favorable prévoit dès 2025 une électricité solaire comprise entre 4 et 6 centimes par kWh. Trois, la plupart des analyses sous-estiment la puissance du solaire, notamment parce qu’elles s’appuient sur des données incomplètes ou dépassées.

Gaziers fréquentablesEt la France ? Idem. En moyenne, le solaire pourrait en 2025 coûter 3 % moins cher que le nucléaire, qu’on nous a toujours présenté comme la panacée énergétique. Pourrait, car pour l’heure la filière photovoltaïque a perdu près de 15 000 emplois entre 2010 et 2012, chutant de 32 500 à 18 000. On ne sautait réduire les causes du phénomène à une seule, mais la surpuissance économique et politique d’EDF y joue un rôle central. Mastodonte parmi les mastodontes, EDF est le plus grand producteur d’électricité au monde, dont 80 % viennent du nucléaire. Est-on bien sûr que ce flamboyant monopole a envie de soutenir le solaire au détriment de sa chasse gardée de l’atome ?

Comme un groupe de cette taille ne peut être absent d’un tel marché, EDF a créé en 2004 une filiale de dimension internationale, EDF Énergies Nouvelles, dédiée exclusivement aux énergies renouvelables. Et cette dernière a fondé en 2006 EDF ENR, vouée au solaire photovoltaïque. Dans le marché français des dix dernières années, sinistré, il n’était pas trop difficile de faire son marché. Coup sur coup, EDF ENR a racheté tout ou partie de Ribo, de Supra, de Photon Power Technologies. Et quand Photowatt, notre grand fabricant de cellules photovoltaïques, fait faillite, en 2012, EDF ENR est encore là en embuscade, qui rachète l’éclopé. Voilà où en est la France de la prétendue « transition énergétique », au moment même où il faudrait investir par milliards d’euros dans le solaire : la clé du royaume est entre les mains du champion du nucléaire, qui n’entend céder sur rien.

À l’échelon européen, le printemps attendra aussi à la porte. L’heure est à l’ « Union de l’énergie », concept lancé en fanfare par le commissaire espagnol de l’Énergie, Miguel Arias Cañete, lobbyiste du pétrole bien connu. En deux mots, il s’agit de réduire la dépendance de l’Europe par rapport au gaz russe. Selon le site en ligne EurActiv, fort bien informé, « l’Union de l’énergie tend la main à des régimes autoritaires ». Concrètement, des pays comme la Turquie, l’Algérie, le Turkménistan, l’Azerbaïdjan et même, à terme, l’Iran et l’Irak deviendraient des fournisseurs de premier rang. Mais bien entendu, il faudra un tour de passe-passe pour qu’ils deviennent fréquentables. Citation : « Lors d’un entretien exclusif, Maros Sefcovic, le vice-président de la Commission chargé de l’Union de l’énergie, a assuré à EurActiv que les nouveaux contrats de livraison de gaz ne profiteraient pas aux dictatures. Selon lui, des négociations progressives permettront au contraire de faire progresser les Droits de l’Homme. »

Ainsi, les contrats, et la corruption massive qui les accompagne, conduiront à petits pas vers le bonheur commun. Il suffisait d’y penser : tout le pétrole, le gaz et le nucléaire. Et rien pour le solaire.

Charlie Hebdo N°1181 du 11 mars 2015

[1euractiv.com


Le gouvernement relance la réforme du code minier

mer, 18/03/2015 - 13:52
source: AFP paru le 17 mars 2015 à 22:12

Le gouvernement a lancé une nouvelle étape dans son projet de réforme du code minier, véritable serpent de mer depuis 2012, en annonçant mardi le début de la concertation publique autour de ce texte.

La ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, et son homologue de l’Economie, Emmanuel Macron, ont lancé des « consultations formelles sur l’avant-projet de loi de réforme du code minier », ont indiqué les deux ministères dans un communiqué conjoint.

Le projet de loi sera mis en ligne sur Internet « dans les prochains jours » a précisé le ministère de l’Ecologie à l’AFP, dans le cadre de la consultation publique prévue dans le cadre du Code de l’environnement.

En parallèle, le gouvernement mènera les consultations des organismes officiels (Conseil national de la tansition écologique, etc.), avant la saisine du Conseil d’Etat.

L’objectif est de voir le texte arriver « avant la fin de l’année » en Conseil des ministres, a précisé le ministère de l’Economie à l’AFP.

Le gouvernement avait lancé en 2012 le chantier de la modernisation de la réglementation minière, après une controverse à propos des forages pétroliers de Shell au large de la Guyane. Cette réglementation, dont les fondations remontent à 1810, était accusé de sacrifier l’environnement sur l’autel du libéralisme.

Alors que l’ancien ministre de l’Economie, Arnaud Montebourg, avait affirmé qu’il serait déposé au Parlement à l’automne 2014, son élaboration a pris plus de temps que prévu.

Le futur code minier devra « mieux intégrer les principes de la charte de l’environnement », notamment dans la prise en compte des dégats miniers, « mieux prendre en compte dans les procédures la sécurité des travailleurs, la sécurité publique », « assurer aux activités minières le haut niveau de sécurité juridique qu’elles requièrent » et « démocratiser les procédures et les rendre plus transparentes », est-il précisé dans le communiqué.

Dans le cadre de la volonté de relancer l’industrie minière, le gouvernement envisageait aussi la création d’une Compagnie nationale des mines de France. Ce projet ne rentre pas dans le cadre du projet de loi et il n’y a pas aujourd’hui encore d’arbitrage ou d’annonce sur ce sujet là », a indiqué Bercy.

En parallèle, le gouvernement va bientôt lancer une autre consultation avec tous les acteurs impliqués dans les dossiers miniers (entreprises, ONG, associations, collectivités) pour élaborer une charte des bonnes pratiques de l’exploitation minière, afin de « changer l’image » de cette industrie, a annoncé Bercy.


Shell n’a plus envie de poursuivre son projet de gaz de schiste en Afrique du Sud

mer, 18/03/2015 - 00:48

source: Agence Ecofin

(Agence Ecofin) – Au moins trois situations en rapport à la gouvernance en Afrique du Sud, ont impacté le groupe énergétique anglo-néerlandais Royal Dutch Shell (Shell), qui a finalement annoncé lundi 16 mars 2015, qu’il se retirait de son projet d’exploration de gaz schiste, dans le bassin onshore (à l’intérieur du pays) de la localité de Karoo.

La première situation est liée à  la hausse de l’impôt sur les revenus qui est intervenue dans le cadre de la nouvelle loi des finances, entrée en vigueur depuis le 1er mars 2015. Rappelons que le gouvernement sud-africain est parvenu à faire passer le principe de la hausse des impôts, la première en 20 ans. Une mesure qui est assez controversée dans les milieux des investisseurs en Afrique du Sud, dans un contexte marqué par un recul des points de croissance, entamé depuis la crise financière mondiale de 2009.

La deuxième raison est le retard pris dans l’obtention de son permis d’exploration relatif à son projet. Le groupe attend depuis six ans d’avoir cette licence. « Le capital est constamment en quête d’opportunités d’investissement à des termes avantageux. Nous aurions au moins espéré obtenir la licence au bout de 36 mois », a fait savoir Bonang Mohale, le président du conseil d’administration de Shell Afrique du Sud.

La troisième situation est liée à la deuxième, c’est le blocage que constitue la question environnementale. Des activistes de l’économie verte et des propriétaires terriens, ont mis en avant le fait que le procédé d’exploration de gaz de schiste, était susceptible de dégrader profondément l’environnement.

A toutes ces situations légales, il faut surtout ajouter le fait que l’exploitation du gaz de schiste n’est plus rentable avec un baril de pétrole à moins de 60$. Or, depuis juin 2014, le prix de cette ressource a chuté à bien moins que cela sur le marché international, hypothéquant l’ensemble des projets liés au gaz ou au pétrole de schiste dans le monde.

La région de Karoo, selon des données du bureau américain des ressources minières, fait de l’Afrique du Sud le 8ème pays au monde en termes de ressources de schiste.

Idriss Linge


Elections départementales et traité transatlantique

lun, 16/03/2015 - 10:50

Raoul Marc Jennar :// // // // //

A première vue, aucun rapport. Et c’est ce que pensent aussi la plupart des élus sortants que le gouvernement a pris soin de ne pas mettre au courant. Ni le PS. Ni les droites.

Et pourtant, le mandat européen de négociation avec les USA, que le gouvernement français a approuvé le 14 juin 2013 et dont il soutient la négociation en cours, est très précis. A quatre reprises, il indique que les départements seront visés :

4 « Les obligations de l’Accord engageront tous les niveaux de gouvernement. »

23. « Toutes les autorités et entités infranationales (comme les États ou les municipalités) devraient se conformer efficacement aux dispositions du chapitre de protection des investissements du présent Accord »

24. « L’Accord visera à accroître l’accès mutuel aux marchés publics à tous les niveaux administratifs (national, régional et local), et dans le secteur des services publics, couvrant les opérations pertinentes d’entreprises opérant dans ce domaine et assurant un traitement non moins favorable que celui accordé aux fournisseurs établis localement. »

27.« L’Accord sera obligatoire pour toutes les institutions ayant un pouvoir de régulation et les autres autorités compétentes des deux Parties.»

Il n’y a pas le moindre doute possible, les Départements seront soumis aux exigences des firmes américaines pour les investissements, pour les marchés publics, pour les réglementations.

Alors que la Constitution de la République accorde un pouvoir de réglementation aux collectivités territoriales (art. 72), celui-ci sera anéanti par le droit des firmes américaines d’introduire des actions contre les Départements devant une justice privée, le fameux mécanisme d’arbitrage sur le modèle de l’affaire Tapie.

Le gouvernement Valls, et en particulier Fabius et Fekl, peuvent raconter ce qu’ils veulent, nous savons qu’ils mentent, puisqu’ils donnent des instructions qui vont dans le sens d’une application complète du mandat de négociation.

Voter PS dimanche prochain, c’est voter l’abandon de l’Etat de droit, l’abandon de la souveraineté populaire, la soumission aux firmes américaines. Pour offrir le marché américain à quelques entreprises françaises du CAC 40, le gouvernement est prêt à brader les intérêts fondamentaux du peuple français.

Il faut choisir des candidats qui sont résolument opposés à ce projet de traité transatlantique, qui ne s’allient pas au PS et qui ne sont pas à droite, ni à l’extrême-droite, car celle-ci n’offre aucune garantie de combattre les entreprises du CAC40 qui poussent à cet accord.

Extrait de l’article 72 de la Constitution :

« Les collectivités territoriales ont vocation à prendre les décisions pour l’ensemble des compétences qui peuvent le mieux être mises en œuvre à leur échelon. Dans les conditions prévues par la loi, ces collectivités s’administrent librement par des conseils élus et disposent d’un pouvoir réglementaire pour l’exercice de leurs compétences. »

rmj


Le débat sur les tribunaux d’arbitrage s’installe aux Etats-Unis

lun, 16/03/2015 - 08:06
L’ISDS en bref :

L’investor-state dispute settlement, présent dans de nombreux accords internationaux d’investissement, instaure des tribunaux d’arbitrage afin de protéger les entreprises d’abus de droit perpétrés par les Etats où elles s’installent. Dans la pratique, plusieurs décisions ont tendu à remettre en cause les législations environnementales, sociales ou sanitaires des Etats qui allaient à l’encontre des intérêts de certaines entreprises. L’Allemagne a ainsi été attaquée pour avoir décidé de sortir du nucléaire, et l’Australie pour sa politique antitabac.

Jusqu’à présent, peu de voix émergeaient outre-Atlantique pour dénoncer ce mécanisme qui, il est vrai, a plutôt bénéficié aux Etats-Unis (qui n’ont perdu aucun des treize arbitrages ISDS soulevés contre eux à ce jour, et dont les multinationales sont les principales utilisatrices à l’étranger).

Le 25 février, ce paradigme a volé en éclat après la publication dans le Washington Post d’une tribune d’un poids lourd de la gauche américaine. La sénatrice Elizabeth Warren, figure montante et candidate potentielle à l’investiture démocrate pour la prochaine présidentielle, appelle au retrait de ce mécanisme du futur traité transpacifique, un autre accord géant de libre-échange que les Etats-Unis négocient avec une dizaine de pays du pourtour pacifique en parallèle au traité transatlantique.

Son argumentaire reprend la principale critique répétée depuis des mois par les opposants européens à l’ISDS : ce mécanisme mettrait en danger la souveraineté des Etats-Unis, en permettant à des multinationales étrangères de contester le bien-fondé des décisions du gouvernement fédéral « sans même passer devant une cour américaine ». L’élue démocrate met également en question l’indépendance des arbitres amenés à statuer sur les cas d’ISDS, qui peuvent se retrouver juges un jour après avoir défendu une entreprise ou un Etat la veille.

Pour la sénatrice Warren, la confiance affichée par les Américains devant l’arbitrage d’investissement est illusoire : « avec l’explosion du nombre de cas d’ISDS […] ce n’est qu’une question de temps avant que [ce mécanisme] ne cause de sérieux dégâts » aux Etats-Unis, écrit-elle.

Elizabeth Warren, bien connue pour ses prises de position critiques à l’égard des négociations commerciales, et qui s’affiche aux côtés de l’ONG Public Citizen, n’est pas isolée dans son camp. En décembre 2014, sept autres parlementaires démocrates (deux sénateurs et cinq représentants) s’étaient joints à elle pour demander à Barack Obama l’abandon de l’ISDS dans les négociations transpacifiques. A la mi-février, treize représentants démocrates ont également déposé à la Chambre une proposition de loi visant à interdire l’inclusion de telles clauses dans les futurs traités signés par Washington.

La Maison Blanche répond

Si, contrairement aux sociaux-démocrates européens, le Parti démocrate américain n’a jamais pris collectivement position sur le sujet, la question commence à agiter sérieusement le débat public américain. En témoigne l’inhabituelle couverture médiatique qui a suivi la tribune d’Elizabeth Warren, mais surtout la mise au point publiée dans la foulée par la Maison Blanche sur son blog.

« L’ISDS ne menace pas la souveraineté américaine, y assure Jeffrey Zients. La réalité est que l’ISDS ne peut pas forcer des pays à changer une loi ou une régulation. » Le conseiller économique de Barack Obama développe alors une argumentation défensive proche de celle de la Commission européenne, en expliquant que les principales dérives du mécanisme seront prévenues par les « garde-fous » exigeants négociés par les Etats-Unis.

Il reprend un par un les exemples de cas d’ISDS célèbres cités par Elizabeth Warren (Veolia contestant la mise en place d’un salaire minimal en Egypte, Vattenfall réclamant réparation après la sortie du nucléaire en Allemagne…), en tentant de démontrer que ces cas ne pourraient se produire aux Etats-Unis, ou que les tribunaux n’ont pas encore rendu leur verdict – ce qui est vrai. Avant de conclure par un argument d’autorité, que l’on peut résumer ainsi : les Etats-Unis à eux seuls ne pourront revenir sur les 3 000 traités bilatéraux à ISDS existant dans le monde ; il est donc illusoire de vouloir mettre un terme à ce mécanisme, et mieux vaut travailler à l’améliorer dans le cadre du traité transpacifique.

C’est exactement la position que défendait la Commission européenne pendant des mois sur le traité transatlantique, avant que l’Allemagne et la France montent au créneau pour la contraindre à changer de stratégie. Il est encore trop tôt pour savoir si l’administration américaine sera soumise à la même pression, mais ces récents développements sonnent en tout cas comme une bonne nouvelle pour les adversaires de l’ISDS, qui est désormais combattu des deux côtés de l’Atlantique.

Maxime Vaudano


Gaz de schiste: le Grand sud renoue avec la protesta

dim, 15/03/2015 - 00:56

source: Algérie focus

Par Yacine Omar | mars 14, 2015 5:41

 

 

 

 

Ce samedi 14 mars, le Grand sud a, de nouveau, vibré au rythme des manifestations anti-gaz de schiste. Des rassemblements et des marches ont ainsi été organisés dans plusieurs villes sahariennes.

Après environ deux semaines de léthargie provoquée par les affrontements de fin février dernier, les manifestations anti-gaz de schiste ont repris de plus belle ce samedi. En effet, plusieurs villes du Grand sud ont abrité des rassemblements et des marches ayant drainé des foules nombreuses de citoyens opposés à l’exploitation du gaz de schiste.

La manifestation la plus importante a incontestablement eu lieu à Ouargla, où des milliers de manifestants, dont des acteurs de la Coordination nationale pour les libertés démocratiques (CNLTD), se sont rassemblés sur la place située devant le siège de l’APC. Des militants anti-gaz de schiste, contactés par nos soins, estiment le nombre de manifestants à “plus de 3000 personnes”. Ainsi, Ouargla a, pour le première fois, volé la vedette à In Slah, ville emblématique du mouvement anti-gaz de schiste. Mais cette délocalisation du “coeur” des manifs d’In Salah vers Ouargla est loin d’être le fait du hasard. “Nous avons délibérément procédé ainsi afin d’atténuer la pression sur nos frères d’In Salah, après ce qu’ils ont enduré depuis le début du mouvement (fin décembre dernier, NDLR) et particulièrement depuis les récents affrontements”, explique un activiste anti-gaz de schiste.

Le cœur battant des manifestations anti-gaz de schiste, In Salah, a, elle aussi, été au rendez-vous. Plusieurs centaines de citoyens se sont rassemblés, dans la matinée, sur la “Place de la résistance (Somoud)”. A l’issue du rassemblement, les manifestants ont décidé “à l’unanimité” de reprendre leur sit-in permanent sur l’esplanade du siège de la daïra, suspendu au lendemain des émeutes sus-citées, apprend-on de sources locales. ” Au cours du rassemblement, les manifestants ont renouvelé leur détermination. Les intervenants ont réitéré nos principales revendications qui se résument en l’arrêt des forages, l’instauration d’un moratoire, la mise en place d’une commission de suivi indépendante ainsi que le lancement d’un débat national public sur le gaz de schiste”, affirme un militant d’In Salah, fortement impliqué dans le mouvement. A l’issue du rassemblement, les citoyens d’In Salah ont organisé une marche à travers les artères de la ville, scandant des slogans hostiles au pouvoir et anti-gaz de schiste.

Des rassemblements de protestation ont également été organisés à travers d’autres villes du sud, notamment à Tamanrasset, Adrar, Reggane et Tinerkouk, selon plusieurs sources concordantes.


Gaz: Shell ferme un projet en Ukraine

ven, 13/03/2015 - 01:08
source: spunick france

© AP Photo/ Peter Dejong  

Shell est la deuxième compagnie étrangère à fermer un projet gazier en Ukraine après la société américaine Chevron.

Le consortium pétrogazier anglo-néerlandais Shell et la société ukrainienne Ukrgazdobycha arrêtent les travaux de prospection de gaz dans la région ukrainienne de Kharkov pour des raisons économiques, a annoncé jeudi le service de presse de Shell Ukraine.

« Les sociétés Shell et Ukrgazdobycha ont décidé de rompre leur contrat qui prévoyait la production de gaz de grès (sables consolidés). Au terme des travaux de prospection, les parties ont reconnu que la réalisation du projet n’avait pas d’utilité économique et ont décidé de renoncer aux travaux », a indiqué le service de presse.

Deux puits de prospection ont été forés dans la région de Kharkov dans le cadre du projet: Beliaevskaïa-400 et Novo-Metchebilovskaïa-100. Les deux puits seront fermés. « Tous les travaux se déroulent conformément aux lois ukrainiennes, aux normes écologiques internationales et aux normes de Shell », a ajouté le service.

En 2014, Shell s’est déjà retiré des négociations sur la production de gaz sur le plateau continental de la mer Noire, sans attendre la signature d’un accord sur le partage de production.

Shell n’est pas la première compagnie pétrogazière à fermer des projets en Ukraine. En décembre 2014, la compagnie américaine Chevron s’est retirée du projet de prospection et de production de gaz de schiste dans les régions de Lvov et d’Ivano-Frankovsk qui avait été lancé en novembre 2013.

Plusieurs manifestations de protestation contre la production de gaz non conventionnel (de schiste et de grès) se sont tenues en Ukraine. Les manifestants ont dénoncé les conséquences écologiques néfastes de ces projets.

Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/economie/20150312/1015143959.html#ixzz3UDOxZ8Q0


Algérie: les femmes fer de lance du mouvement anti gaz de schiste

dim, 08/03/2015 - 09:04

source: Slate Afrique

mis à jour le 07/03/2015 à 17:00

Drapées de leurs tenues aux couleurs vives, elles campent par centaines place Somoud à In-Salah, dans le Sahara algérien, pour protester contre l’extraction du gaz de schiste. Depuis deux mois, les femmes sont devenues le fer de lance de ce mouvement inédit dans cette région.

Jeunes ou mères de familles avec des enfants sur les genoux, instruites ou pas, elles sont là tous les jours sur cette place qui veut dire « résistance » en arabe.

« Nous ne voulons pas de gaz de schiste », tonne d’une voix énergique Baba Ben-Abdesselam, interrogée par l’AFP. « Allah a rempli le sous-sol de l’Algérie de pétrole et de gaz conventionnel: pourquoi extraire du gaz de schiste qui va nuire à notre santé », explique cette femme.

Dans ce désert, le sous-sol ne recèle pas que des hydrocarbures qui procurent à l’Algérie plus de 95% de ses recettes extérieures. Il renferme aussi une immense nappe phréatique et ici l’eau, vitale comme dans toutes les oasis, est une affaire de femmes.

Or ces femmes, comme l’ensemble des habitants, craignent ainsi notamment que la fracturation hydraulique, qui consiste à créer des fissures souterraines et y infiltrer un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques, pour permettre l’extraction de gaz capturé dans la roche, ne pollue les eaux du sous-sol.

En 2012, la loi sur l’extraction du gaz de schiste avait été votée dans une relative indifférence et les premiers travaux de forage avaient commencé à Ahnet, à une trentaine de km d’In-Salah, sans soulever la moindre protestation.

Mais il en a été tout autre fin décembre, après que les habitants d’In-Salah eurent entendu à la télévision le ministre de l’Energie Youssef Yousfi annonçant la réussite du premier forage test réalisé par la compagnie publique des hydrocarbures Sonatrach, tout près d’In-Salah (1.500 km au sud d’Alger), avec la société américaine Haliburton.

– ‘Trahison’ –

L’annonce a provoqué une réaction inattendue dans cette ville qui a rang de sous-préfecture, rattachée à Tamanrasset, la « capitale » des Touaregs d’Algérie, carrefour africain où se côtoient des hommes et des femmes de nombreuses nationalités.

Les femmes se sont vite jointes à la mobilisation qui a surpris le gouvernement par sa durée, poussant le président Abdelaziz Bouteflika, qui recueille à chaque élection des scores record dans les provinces sahariennes, à envoyer sur place délégation après délégation.

Les plus jeunes rallient les cortèges des manifestants. Les autres campent sous les tentes pour assurer la logistique.

Baba dit prier pour la santé du président, affaibli depuis deux ans par la maladie, mais l’appelle à répondre aux craintes de la population.

« Nous avons voté pour lui, nous lui demandons de nous écouter et répondre à nos demandes, nous ne sommes pas dans une épreuve de force contre les autorités », explique-t-elle.

« N’est-ce pas au Sahara que vous avez récolté vos plus gros scores, M. Bouteflika ? », rappelle une autre femme dans une vidéo visionnée des milliers de fois sur les réseaux sociaux, principal vecteur de mobilisation.

« Vous avez agressé In-Salah, trahi ses habitants, blessé notre fierté, douté de notre patriotisme, man½uvré contre nous avec des compagnies étrangères », crie-t-elle en s’adressant aux « décideurs ».


Gaz de schiste : vers des renouvellements des permis bloqués depuis 2011 ?

sam, 07/03/2015 - 11:25

 

Un arrêté prolonge exceptionnellement l’un des 61 permis suspectés de viser des hydrocarbures non conventionnels. Une première qui pourrait initier une série, compte tenu du blocage des travaux et des garanties données par l’Etat en 2011.

 

 

source: actu-environnement  Philippe Collet

 

© JamesReillyWilson

Le 23 février, Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, et Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, ont validé une « prolongation exceptionnelle » jusqu’au 6 janvier 2016 du permis exclusif de recherches de mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux, dit permis de Saint-Just-en-Brie (Seine-et-Marne), au profit de la société Vermilion. L’arrêté, publié partiellement en ligne le 4 mars, prolonge le permis jusqu’au 6 janvier 2016 sur une surface inchangée de 302,7 km2.

Une première appelée à se reproduire ?

Dans sa demande officielle de prolongation exceptionnelle, datant de juillet 2013, Vermilion explique que « les évènements de l’année 2011 ont créé un contexte défavorable pour les activités pétrolières, en particulier pour la réalisation de travaux d’exploration ». En conséquence, Vermilion a dû annuler les forages et la campagne d’acquisition géophysique prévus au cours de la troisième période du permis minier. L’entreprise pointe les difficultés administratives rencontrées à l’époque, les « événements autour du projet de loi sur la fracturation hydraulique » et des « risques de manifestation ».

Vermilion « [considère] que ces circonstances qui ont affecté le déroulement de [ses] travaux justifient [sa] demande de prolongation exceptionnelle du permis ». Par ailleurs, l’entreprise souligne que depuis 2012, les travaux d’exploration sont soumis à la réalisation d’une étude d’impact et d’une enquête publique. Le groupe pétrolier entend explorer le réservoir gréseux du Keuper (grés de Chaunoy), les réservoirs du Dogger (Jurassique) et les réservoirs gréseux du Trias (grés du Rhétien et de Dannemarie).

Cette prolongation exceptionnelle d’un permis sera-t-elle la première d’une longue série ? La question se pose car l’officialisation, en février 2011, du report des opérations de recherche de certains opérateurs a donné lieu à des contreparties. En effet, à cette occasion, les ministres concernés « [avaient] pris acte de l’intérêt des industriels pour une éventuelle prolongation de la durée des permis d’exploration afin de prendre en compte ces décisions [de report des travaux] ».

Or, en octobre 2011, sur les 64 permis visés par la procédure, 61 ont pu être conservés par leurs détenteurs, puisque seuls les permis de Nant et Villeneuve-de-Berg, détenus par Schuepbach, et le permis de Montélimar, délivré au groupe Total, ont été abrogés. Progressivement, les permis devraient donc arriver à terme, sans que les travaux aient réellement avancé. Certains pourraient faire l’objet d’une demande de prolongation exceptionnelle.

Insister sur le « conventionnel »

Aujourd’hui, l’arrêté validant la prolongation exceptionnelle du permis prend soin de préciser qu’il s’agit d’un permis exclusif de recherches de mines d’« hydrocarbures conventionnels » liquides ou gazeux. Le terme n’a pas de valeur juridique, car le code minier ne distingue pas les hydrocarbures conventionnels des hydrocarbures non conventionnels. Cependant, compte tenu de la sensibilité du sujet, il semble que le ministère ait introduit le terme dans ses derniers arrêtés d’attribution ou de prolongation de permis miniers, comme ce fut le cas début février, avec la prolongation des permis de Ledeuix (Pyrénées-Atlantiques) et du Ger (Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées), au profit de la société Petromanas Energy France SAS.

Evidement, comme la plupart des acteurs concernés par la loi de 2011 interdisant la fracturation hydraulique, Vermilion a certifié officiellement au ministère qu’il « n’aura pas recours à la technique de fracturation hydraulique dans le cadre de ses activités de recherche sur le permis de Saint-Just-en-Brie ».

Cependant, il semble que cela n’ait pas toujours été le cas, puisque le rapport de 2011 de la commission du développement durable de l’Assemblée nationale relatif à l’interdiction de la fracturation hydraulique, mentionne le permis de Saint-Just-en-Brie comme étant l’unique permis ayant donné lieu à des demandes de travaux mentionnant explicitement l’usage de la fracturation hydraulique. Quant au rapport, demandé par François Fillon et rédigé conjointement par les services de Bercy et Roquelaure, il précise que Vermilion et Schuepbach sont les « deux opérateurs [qui] se proposent de réaliser des forages « tests » de production d’huile de roche-mère avec fracturation hydraulique ». Surtout, « Vermillon envisage également des travaux de recherche à l’horizon Lias comportant un forage avec fracturation dans son permis de recherches de « Saint-Just-en-Brie » », explique le document.

De même, les déclarations officielles des ministres en poste au début de 2011 confirment les volontés de Vermilion. En février, Nathalie Kosciusko-Morizet, alors ministre de l’Ecologie, et Eric Besson, alors ministre de l’Industrie, rencontraient les principaux opérateurs concernés et annonçaient un arrêt des travaux dans l’attente du rapport demandé par le Premier ministre, François Fillon. A l’époque, Vermilion était sur le point de réaliser, le même mois, des fracturations en Seine-et-Marne sur des concessions mitoyennes de celle de Saint-Just-en-Brie. Enfin, à cette date l’entreprise avait déjà réalisé au moins deux fracturations hydrauliques en Seine-et-Marne.

Double exception

Finalement, Vermilion a obtenu une prolongation qualifiée d’« exceptionnelle » pour au moins deux raisons.

Tout d’abord, au regard du code minier les droits de Vermilion auraient dû tomber à l’issue de la troisième période d’attribution du permis, c’est-à-dire en juin 2013. En effet, le code prévoit que « la validité d’un permis exclusif de recherches peut être prolongée à deux reprises, chaque fois de cinq ans au plus, sans nouvelle mise en concurrence ». Or, comme le rappelle la demande de prolongation adressée par Vermilion au ministère de l’Ecologie, le permis de Saint-Just-en-Brie a été accordé à l’entreprise en juillet 2000 pour une période de 4 ans, puis renouvelé une première fois en décembre 2004 pour quatre ans (soit jusqu’à juillet 2008) et une seconde fois en janvier 2009 pour cinq années de plus, soit jusqu’au 6 juillet 2013.

Une prolongation exceptionnelle aussi, car le périmètre reste inchangé. Normalement, une prolongation de permis s’accompagne d’une division par deux du périmètre de recherche.

// Note Télécharger la lettre de VermilionPlus d’infos// Note Télécharger la lettre de VermilionPlus d’infos// Note Télécharger le rapport de l’Assemblée nationalePlus d’infos// Note Il s’agit d’une période géologique comprise entre 201,3 et 174,1 millions d’années// Gaz de schiste : Besson, NKM et les professionnels annoncent des reports variables selon les projets (article paru le 11/02/2011) Face à l’opposition, Eric Besson, Nathalie Kosciusko-Morizet et les industriels ont décidé de « différer » certaines opérations liées aux permis de recherche de gaz et huiles de schiste. Des reports aux impacts différents selon les entreprises.Lire la news// Gaz de schiste : pas de fracturation hydraulique mais… (article paru le 04/10/2011) Le ministère de l’Ecologie a annoncé que 3 permis de recherche seraient abrogés : Nant, Villeneuve-de-Berg et Montélimar. Nicolas Sarkozy, lors d’un déplacement dans la région, a tenu à laisser la porte ouverte à d’autres techniques d’exploration. Lire la news// Gaz de schiste : premières propositions pour un meilleur encadrement des explorations (article paru le 22/04/2011) La mission sur les gaz de schiste lancée en février à la demande des ministères de l’énergie et de l’écologie a rendu un premier rapport dans lequel elle encourage l’exploration tout en demandant l’implication du public et des collectivités locales.Lire la news// Gaz de schiste : Besson, NKM et les professionnels annoncent des reports variables selon les projets (article paru le 11/02/2011) Face à l’opposition, Eric Besson, Nathalie Kosciusko-Morizet et les industriels ont décidé de « différer » certaines opérations liées aux permis de recherche de gaz et huiles de schiste. Des reports aux impacts différents selon les entreprises.Lire la news// Arrêté du 23/02/2015 (DEVR1415015A) Arrêté du 23 février 2015 accordant la prolongation exceptionnelle du permis exclusif de recherches de mines d’hydrocarbures conventionnels liquides ou gazeux, dit « Permis de Saint-Just-en-Brie » (Seine-et-Marne), à la société Vermilion REP SASEn savoir plus// Arrêté du 05/02/2015 (DEVR1415010A) Arrêté du 5 février 2015 prolongeant le permis exclusif de recherches de mines d’hydrocarbures conventionnels liquides ou gazeux, dit « Permis de Ledeuix » (Pyrénées-Atlantiques), au profit de la société Petromanas Energy France SASEn savoir plus// Arrêté du 05/02/2015 (DEVR1414761A) Arrêté du 5 février 2015 prolongeant le permis exclusif de recherches de mines d’hydrocarbures conventionnels liquides ou gazeux, dit « Permis de Ger » (Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées), au profit de la société Petromanas Energy France SASEn savoir plus

Article publié le 06 mars 2015

Alors que le gaz de schiste recule partout, les lobbies français s’obstinent

sam, 07/03/2015 - 10:58

source: Basta !

par Olivier Petitjean 6 mars 2015

Une fois de plus, les lobbys français du gaz de schiste repartent à la charge. D’un côté, ce sont des amendements sur la loi sur la transition énergétique, introduits par la majorité de droite au Sénat ; de l’autre, c’est la création par le gratin du CAC40 d’un « centre de ressources » destiné à fournir des informations « factuelles » sur les gaz de schiste… à condition qu’elles contribuent à promouvoir leur développement !

Le gaz de schiste recule en Europe et aux États-Unis

Pourtant, partout ailleurs, le gaz de schiste semble en plein reflux. En Europe, l’Écosse et le Pays de Galles viennent de s’ajouter à la liste des pays ou des régions ayant interdit la fracturation hydraulique sur leur territoire [1]. Et si le Parlement britannique n’est pas allé jusqu’à voter une interdiction pure et simple, il a limité les zones d’exploitation potentielles du gaz de schiste. D’ailleurs, le boom du gaz de schiste promis par le gouvernement de David Cameron semble bien loin, puisque l’on compte sur les doigts de la main le nombre de forages exploratoires qui pourraient avoir finalement lieu en Grande-Bretagne [2]. Même diagnostic pour la Pologne, l’autre fervent soutien de l’industrie du gaz de schiste au niveau européen : après Total, ExxonMobil et quelques autres, c’est Chevron qui vient d’annoncer son retrait du pays, du fait de tests trop décevants.

Aux États-Unis, l’État de New York a adopté, après des mois de tergiversations, un moratoire définitif sur la fracturation hydraulique. D’autres États comme la Californie ou l’Ohio envisagent de faire de même. Ailleurs dans le pays, des milliers de municipalités et de comtés ont adopté des moratoires sur le fracking [3] Le moratoire mis en place par le Québec, un temps menacé, a été lui aussi confirmé en octobre dernier. Même scénario en Australie, où la campagne Lock the Gate (« Verrouillez la porte »), une alliance inhabituelle entre écologistes et agriculteurs, a limité et remis en cause le développement de l’exploitation du gaz de couche (coal seam gas). Ainsi qu’en Argentine, en Afrique du Sud, en Tunisie et maintenant en Algérie (lire notre enquête).

Résistances politiques, échec économique

Aux résistances politiques s’ajoutent désormais les mauvaises conditions économiques. L’exploitation des hydrocarbures non conventionnels est très coûteuse, de sorte que la chute du cours du pétrole et du gaz a entraîné l’annulation ou la suspension de nombreux projets. Cette exploitation nécessite aussi des campagnes de forages très intensives, qui limitent la durée de vie des gisements et ont entraîné des afflux excédentaires de gaz sur le marché. La chute du prix du gaz qui en a résulté aux États-Unis a plongé la plupart des acteurs du secteur dans une crise profonde. Même les juges et les autorités environnementales semblent (enfin) vouloir s’intéresser sérieusement à l’impact environnemental du secteur [4]. Résultat : le nombre de nouveaux puits forés dans le pays est en baisse marquée depuis plusieurs mois [5].

C’est dans ce contexte que les industriels français, jamais en retard d’une bataille d’arrière-garde, ont choisi d’annoncer le lancement de leur « Centre de documentation sur les hydrocarbures non conventionnels », destiné à lever le « blocage français ». Présidé par Jean-Louis Schilansky, président du Medef Paris et ancien président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), ce centre a été créé à l’initiative d’un collectif de grandes entreprises, parmi lesquelles Total, GDF Suez, Vallourec, Technip, Imerys, Air Liquide, Solvay, Arkema ou encore Vinci et Suez environnement. Des entreprises gazières certes, mais surtout des firmes intéressées à vendre leurs divers services et technologies très coûteuses, ou bien à profiter d’un prix du gaz artificiellement tiré vers le bas (lire notre article).

Même si la réalité économique paraît désormais en défaveur du gaz de schiste, il reste toujours l’ultime recours de convaincre des dirigeants politiques français et européens, qui semblent parfois disposés à toutes les concessions.

Notes

[1Source.

[2] Voir ici, ici et .

[3] Voir la liste mise à jour par l’ONG Food & Water Watch. Dans plusieurs États, les industriels ont déployé une guérilla judiciaire pour faire invalider ces moratoires par les tribunaux.

[4] Voir ici pour les premiers et ici pour les secondes.

[5Source.


Algérie : Les USA vantent les « mérites » du gaz de schiste

ven, 06/03/2015 - 10:41

L’Economiste Maghrébin

Par Béchir Lakani 5/03/2015 à 11h29 Les Etats-Unis d’Amérique sont disposés à aider l’Algérie dans l’exploitation du gaz de schiste, si elle choisit cette option, a déclaré le secrétaire d’Etat adjoint chargé des Affaires économiques et commerciales, Charles Rivkin, actuellement en visite à Alger. Notre confrère algérois Al Watan rapporte que le responsable américain s’est montré toutefois prudent en évoquant cette question qui suscite actuellement une grande polémique en Algérie. « Nous ne sommes pas ici pour dire au gouvernement algérien ce qu’il doit faire. Mais nous sommes là pour aider l’Algérie au cas où elle souhaiterait exploiter le gaz de schiste», a-t-il précisé en ajoutant que son gouvernement peut apporter son appui technologique et technique. Le secrétaire d’Etat a par ailleurs insisté sur les avantages du gaz et du pétrole de schiste pour l’économie de son pays. « Le gaz de schiste a beaucoup apporté à la croissance économique des Etats-Unis, il a réduit la dépendance énergétique et a contribué à la baisse du chômage et à la création d’emplois», a-t-il indiqué. Toujours selon le site électronique Al Watan, le responsable américain a réaffirmé l’engagement de son pays à renforcer la coopération économique et approfondir les relations politiques avec l’Algérie. « Les Etats-Unis sont également prêts à aider l’Algérie à diversifier son économie pour faire face à la chute des prix du pétrole ».