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Mis à jour : il y a 1 heure 58 minutes

Les élus allemands ajournent leur décision sur le « fracking » contesté

mar, 30/06/2015 - 21:19
AFP paru le 30 juin 2015 à 11:45

Le gouvernement allemand a décidé de repousser à après l’été un vote au Bundestag sur une loi sur la fracturation hydraulique, le texte sur cette technique très contestée, utilisée dans l’extraction des gaz de schiste, suscitant d’importantes réserves parmi les élus.

« Il est nécessaire de prendre encore un peu de temps pour clarifier les questions centrales », a déclaré mardi à l’agence DPA le député social-démocrate Matthias Miersch, chargé des questions d’environnement au sein de son parti. « La minutie prime sur la rapidité », a-t-il fait valoir.

Les députés du Bundestag, chambre basse du parlement, devaient initialement se prononcer sur le texte vendredi, dernier jour de séance avant la pause estivale. La loi approuvée en conseil des ministres début avril prévoit tellement de restrictions à l’utilisation de la fracturation hydraulique, ou « fracking », qu’elle l’interdit de facto en Allemagne jusqu’à 2019.

La ministre de l’Environnement sociale-démocrate Barbara Hendricks, à l’origine du texte, a dû revoir son projet, au départ encore plus contraignant, sous la pression du partenaire de coalition conservateur. Les Unions chrétiennes ne voulaient pas fermer la porte à une technologie dans laquelle les milieux économiques placent beaucoup d’espoir.

Seule technique éprouvée pour exploiter les hydrocarbures de schiste, mais fortement critiquée pour ses effets potentiels sur l’environnement et la santé, le procédé consiste à créer des fissures souterraines et y infiltrer un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques, pour permettre l’extraction de gaz capturé dans la roche.

Le « fracking » est interdit en France mais très utilisé aux États-Unis, pays qui a pu grâce à l’exploitation du gaz de schiste faire fortement baisser ses coûts d’énergie. Le texte amendé à l’automne prévoit qu’à partir de 2019, et sous réserve du feu vert d’une commission scientifique, certains projets de fracking puissent être approuvés.

Cette disposition suscite les réserves d’un certain nombre d’élus, y compris des partis de gouvernement, qui y voient une autorisation du « fracking » par la petite porte. Le sujet est très épineux en Allemagne, du fait d’une forte résistance dans la population. Dans le même temps, l’industrie exerce un intense lobbying pour laisser au moins ouverte la possibilité du recours à la fracture hydraulique. Le précédent gouvernement s’était déjà cassé les dents sur le sujet.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés – © Agence France-Presse


Une décision historique : un tribunal néerlandais impose à l’Etat d’agir contre le changement climatique

mar, 30/06/2015 - 10:38

25 juin 2015 / Andrea Barolini (Reporterre)

 

C’est une victoire historique pour la population néerlandaise et européenne. Un tribunal de La Haye, saisi par neuf cents citoyens, a condamné mercredi 24 juin l’Etat néerlandais à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. « Le gouvernement sera maintenant obligé à changer ses politiques, étant donné que les juges ont ordonné une baisse des émissions de CO2 d’ici 2020 de 25 % par rapport au niveau de 1990. Il s’agit d’une décision contraignante », explique à ReporterreDennis Van Berkel, de l’organisation non gouvernementale Urgenda, qui a coordonné l’action judiciaire. Les 900 plaignants hollandais avaient demandé à la justice de qualifier de « violation des droits de l’homme » un réchauffement climatique supérieur à 2ºC avant la fin du siècle.

La joie des militants d’Urgenda à la sortie du procès

Le tribunal, explique Urgenda dans un communiqué, a en effet rappelé que l’Etat est « obligé par la loi à protéger ses citoyens ». L’Etat néerlandais n’a en effet jusqu’à présent pas officialisé d’engagement précis sur les émissions de gaz à effet de serre du pays, disant vouloir attendre les résultats de la Cop21, la Conférence des Nations unies sur le changement climatique qui aura lieu du 30 novembre au 15 décembre 2015 à Paris. Les Pays-Bas restent, en outre, parmi les moins avancés en Europe en ce qui concerne la production d’énergie issue de sources renouvelables : seuls Malte et Luxembourg font pire.

L’avocat qui a défendu l’Etat dans le procès a déclaré devant la Cour que « les décisions de la justice ne doivent pas interférer avec l’action du gouvernement, parce qu’indiquer un niveau de réduction spécifique suppose des évaluations politiques, dont la responsabilité, dans une démocratie, repose sur les épaules du gouvernement et du parlement ».

L’audience au tribunal de La Haye

« Dans un pays démocratique basé sur un État de droit, a répondu l’avocat de Urgenda, même un gouvernement élu par le peuple est soumis à la loi. La justice est donc censée imposer ce principe, et corriger l’action du pouvoir publique si nécessaire. »

« Si la politique n’est pas capable de changer l’état des choses, c’est aux juges de se prononcer », avait ajouté Liesbeth van Tongeren, députée du parti Groenlinks (« Gauche verte »).

Le tribunal de La Haye a finalement donné droit aux requêtes des citoyens, en demandant au gouvernement « de faire ce que lui-même avait indiqué nécessaire afin de lutter contre un changement dangereux du climat, et notamment de réduire davantage ses émissions de CO2, alors que sur la base des politiques actuelles, en 2020 on n’arrivera qu’à une baisse de 16 % par rapport à 1990 ».

Cette diminution, poursuit le tribunal, « est présentée comme indispensable par les organisations internationales comme par les scientifiques », et les coûts qu’il faudra soutenir pour atteindre ce but ne s’élèvent pas à des niveaux « inconcevables ». En outre, ajoute Urgenda, « les objectifs sont tout à fait abordables, compte tenu du fait que d’autres pays, comme la Danemark ou l’Allemagne, ont établi des politiques qui garantiront une baisse de leurs émissions à hauteur de 40 % d’ici 2020. »

Si les politiciens n’agissent pas, les juges peuvent intervenir

Afin de partager son expérience, Urgenda est en train de traduire toute la documentation légale en anglais. D’autres organisations de citoyens, en Europe, ont entamé des actions similaires (c’est le cas de la Belgique) ou les préparent, comme en Norvège. « Des millions de personnes déjà frappées par les conséquences du changement climatique espèrent que ceux qui ont causé les émissions nocives interviennent pour les diminuer. Ce verdict leur donne un atout pour préparer leurs actions en justice », dit Marjan Minnesma, directrice d’Urgenda, qui a commencé avec une équipe d’avocats à étudier la plainte en 2013.

Marjan Minnesma

« Il s’agit d’un jugement révolutionnaire pour la lutte des écologistes », selon Faiza Oulahsen, de Greenpeace Pays-Bas. « Le tribunal néerlandais a été très clair : le gouvernement est obligé par la loi de protéger ses citoyens face aux menaces liées au climat. Maintenant ces actions vont se multiplier dans le monde. Les politiciens qui se retrouveront en décembre à Paris devraient tenir compte de cette sentence. »

Selon Marjan Minnesma, , « le changement climatique est un problème énorme, qui nécessite d’être abordé avec davantage d’efficacité. Et si les politiciens ne s’engagent pas sur ce chemin, ce sont les juges qui interviennent. »


Retour en plénière pour les amendements sur le TTIP [UE].

mar, 30/06/2015 - 10:16
source: contexte

  Les députés de la commission du commerce international ont voté pour renvoyer en plénière les 113 amendements déposés lors de celle du mois de juin. Aucun compromis entre la gauche et la droite n’a pour le moment été trouvé, des négociations sont encore en cours. La conférence des présidents du Parlement doit décider de mettre ou non le sujet à l’ordre du jour de la plénière, le
2 juillet.

TTIP : une feuille de route technique pour l’automne [UE].  La prochaine semaine de négociations de mi-juillet vise à analyser la compatibilité des règles techniques européennes et américaines dans les neuf secteurs concernés par l’accord commercial. « On devrait arriver à l’automne avec une feuille de route technique pour neuf secteurs », indique une source proche des négociations.


GB : La demande d’autorisation de forage de gaz de schiste rejetée au Lancashire

lun, 29/06/2015 - 23:47

Originally posted on STOP GAZ DE SCHISTE ! (Ni ici Ni Ailleurs):

(!)Info minute – Revue de Presse

Ce lundi 29 Juin 2015, le Conseil de comté du Lancashire (Nord-Ouest de l’Angleterre) a rejeté une demande de permis de forage de gaz de schiste qui devait être suivi de fracturation hydraulique. Cette demande faite par la société Cuadrilla a été vivement combattue par de nombreux citoyens mobilisés depuis de long mois. Une telle décision est un coup majeur porté contre le souhait hautement revendiqué par le premier ministre conservateur David Cameron de lancer la recherche et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels sur le sol britannique.

Un deuxième décision de rejet en deux semaines

A l’annonce de cette décision, des centaines de militants anti-gaz de schiste qui se tenaient à l’extérieur du bâtiment où le Conseil devait prendre sa décision ont réagi avec joie et des acclamations. Ceux qui étaient dans la salle du Conseil ont applaudit à l’annonce du…

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GB: des autorités contre le gaz de schiste

lun, 29/06/2015 - 22:39
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La firme Cuadrilla voulait réaliser des forages exploratoires en utilisant la technique controversée de la fracturation hydraulique mais avait suscité l’opposition de certains riverains.

Cuadrilla avait dû interrompre en 2011 des forages dans la même région après l’enregistrement de légères secousses telluriques. Le gouvernement lui avait ensuite donné une autorisation pour reprendre les forages exploratoires, mais en renforçant les contrôles.

Toutefois, les autorités locales doivent aussi donner leur feu vert et, dans le cas présent, les représentants au conseil du comté ont estimé que le projet, près de la ville côtière de Blackpool, comportait des risques « déraisonnables » en termes de pollution visuelle et sonore. Ils avaient déjà bloqué la semaine dernière un autre projet de Cuadrilla dans le comté, considérant qu’il aurait augmenté le trafic routier.

Ces décisions très attendues représentent un revers pour le gouvernement du Premier ministre conservateur David Cameron, récemment réélu, qui a fait une priorité du développement de cette source d’énergie, potentiellement bon marché et abondante, à l’heure où les champs pétrolifères de la mer du Nord sont en déclin.

Aucun nouveau projet exploratoire n’a pu être mis en oeuvre puis 2011, malgré cette forte volonté politique à Londres.

La fracturation hydraulique suscite des oppositions notamment en raison de la pollution de l’eau que pourraient causer les substances chimiques utilisées. Le procédé consiste à créer des fissures souterraines et à y infiltrer un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques, pour permettre l’extraction du gaz prisonnier de la roche.

Cuadrilla s’est dite lundi « surprise et déçue » de la décision, assurant avoir apporté toutes les garanties nécessaires en termes de santé et d’environnement.

Un représentant local de l’association des Amis de la Terre a de son côté poussé un « soupir de soulagement » en apprenant que « cette industrie sale qui créé des risques pour la santé, la qualité de vie et le climat a une nouvelle fois été stoppée dans son élan ».


Du TAFTA, on en parle à Melle ce 30 juin

lun, 29/06/2015 - 21:52

29 juin 2015 |  Par Cédric Lépine

En cette fin de mois de juin 2015, l’Union européenne fomente sans complexe son coup d’État financier (pour reprendre le titre d’un article de Politis) en Grèce sous le prétexte qu’«il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens déjà ratifiés» selon les propes mots du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

Quelques jours auparavant, le représentant de l’État français, François Hollande, face au scandale récurrent (ce n’est pas la première révélation) des écoutes de la NSA (organise gouvernemental du département de la Défense des États-Unis), ne remettait d’aucune manière en question les négociations en cours autour du TAFTA. Celui-ci en quelques mots concis doit livrer pieds et points liés les volontés d’exercice démocratique en Europe entre les mains largement ouvertes de convoitise des financiers, banquiers et autres adorateurs du culte de la croissance économique. Alors que les négociations autour du TAFTA se poursuivent cette année sont passer par la prise en compte des avis des citoyens concernés, le débat public s’ouvre ici et là.

C’est dans ce contexte que le mardi 30 juin à 20h30 dans la salle du Tapis Vert à Melle est organisée une conférence-débat sur le thème du TAFTA, animée par Renaud Lambert, journaliste au Monde diplomatique, avec la participation de la Confédération paysanne et d’Yves Manguy du collectif Vigilance OGM. Le Collectif mellois « Stop TAFTA », composé d’ATTAC Melle, de la CCFD antenne melloise et des associations Les Ateliers de la Simplicité et L’Assos Bêche à Melle, est à l’initiative de cette soirée.


La BNS privilégierait le gaz de schiste aux énergies renouvelable

dim, 28/06/2015 - 19:12
La Banque nationale suisse (BNS) aurait investi 2,1 milliards de dollars dans des entreprises américaines actives dans le domaine du gaz de schiste, des sables bitumeux et du charbon, selon Le Matin Dimanche.

Le journal dominical met en relation ce chiffre avec les investissements dans le secteur des énergies renouvelables aux Etats-Unis, évalués à moins de 100 millions de dollars (93,36 millions de francs).

L’hebdomadaire pointe les risques de cette importante exposition aux énergies fossiles. Selon son évaluation, entre juin 2014 et mars 2015, la BNS aurait ainsi perdu 489 millions de dollars en raison de la baisse des cours du brut.

En effet, alors que le baril oscille entre 50 et 65 dollars, les sociétés actives dans les pétroles et gaz « non conventionnels » ont besoin d’un pétrole à plus de 70 dollars pour gagner de l’argent, note le journal.

Problème éthique?

Ce dernier relève également que la charte éthique de la BNS lui demande de ne pas s’engager dans des sociétés « qui nuisent d’une manière grave et systématique à l’environnement ».

Sur ce point, la BNS estime ne pas être en contradiction avec sa charte. Pour le reste, l’institution précise qu’elle ne commente pas sa politique d’investissements.

dk

Des chiffres publics datant de mars 2015 L’enquête du Matin Dimanche se fonde sur les chiffres de mars 2015 fournis par le gendarme de la bourse américaine, la SEC, analysés par un spécialiste des investissements dans l’énergie.

Aux États-Unis, l’exploitation du pétrole de schiste génère des tremblements de terre

ven, 26/06/2015 - 17:26

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(!)Info minute – Revue de Presse

Comme le rapporte l’agence Reuters, une récente série de secousses sismiques dans l’État américain de l’Oklahoma a contraint l’autorité locale de régulation de l’énergie à envisager en urgence des restrictions supplémentaires sur l’activité de forage liée au gaz et au pétrole de schiste, a déclaré mercredi un porte-parole.

Des séismes qui ne sont pas directement liés à la réinjection des fluides de fracturation hydraulique

Entre les 17 et 24 juin de cette année 2015, 35 secousses d’une magnitude égale ou supérieure à 3,0 y ont été enregistrées, selon l’institut géologique de l’Oklahoma. Source d’inquiétude supplémentaire pour le régulateur, certaines de ces secousses se sont produites dans la région métropolitaine d’Oklahoma City, où il n’existe pas de puits d’injection d’eau à haute pression.

Il y a deux mois, de nouvelles règles concernant l’élimination des eaux usées issues du forage sont entrées…

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Etude : Les fuites de méthane sont telles qu’elles annulent l’ « avantage » du gaz sur le climat

ven, 26/06/2015 - 17:25

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(!)Info minute – Revue de Presse

Les fuites de gaz ne font pas bon ménage avec le climat. Une nouvelle étude confirme que les fuites sont telles qu’elles annulent l’avantage comparé du gaz sur les autres énergies fossiles. Pour le commanditaire de l’étude, « le gaz aurait un avantage environnemental par rapport au charbon ou au pétrole seulement si les producteurs pouvaient garder un couvercle hermétique sur les nombreuses fuites qui jalonnent le processus depuis l’extraction jusqu’à la consommation finale« .

Le gaz de schiste n’est pas un « pont vers le futur »

Le gaz naturel est souvent présenté comme un substitut « écologique » au charbon et à la production de pétrole. C’est le credo des producteurs de gaz qui se sont réunis en congrès mondial à Paris début Juin 2015 et qui affirment: « Le rôle du gaz naturel augmente dans le mix énergétique global, présentant maintenant une forte…

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L’accord transatlantique ouvert à d’autres partenaires de l’Europe ? [UE/États-Unis].

ven, 26/06/2015 - 08:48
source: contexte

 « Une fois qu’on a un texte, on va voir comment on peut l’élargir à d’autres partenaires », a déclaré l’ambassadeur de l’UE aux États-Unis, David O’Sullivan, lors d’une conférence du European American Press Club, à Paris. L’Europe est bien consciente des craintes de certains autres pays comme la Turquie de ne pas être suffisamment intégrés dans ce nouveau grand marché transatlantique, a-t-il expliqué.

Obama a les mains libres [États-Unis]. Le Sénat, contrôlé par les conservateurs, a approuvé, mercredi 24 juin, la loi accordant la « fast track authority » au président Barack Obama. Cette autorisation lui permettant de conclure des accords commerciaux sans que les élus du Congrès ne puissent les amender s’appliquera aussi au partenariat transatlantique, a expliqué l’ambassadeur de l’UE aux États-Unis, David O’Sullivan.


Accord de libre échange VS protection des consommateurs

jeu, 25/06/2015 - 23:24
Un documentaire d’ARTE passé le 22 avril 2015 qui traite bien du problème. JLR Le traité transatlantique qui se négocie actuellement entre Bruxelles et Washington suscite les inquiétudes : des choix politiques fondamentaux seront-ils sacrifiés sur l’autel du libre-échange ? Avec cette enquête fouillée, qui interroge économistes orthodoxes ou contestataires, opposants au Tafta et simples citoyens, les enjeux de ce traité capital nous sont parfaitement exposés. Voir : http://info.arte.tv/fr/accord-de-libre-echange-vs-protection-des-consommateurs#sthash.81QFPbSo.dpuf Disponible jusqu’au 20 juillet 2015

SUISSE: Le Gros-de-Vaud miné par les forages

jeu, 25/06/2015 - 23:15

source:  LeTemps.ch

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Céline Zünd

Des habitants de Thierrens s’opposent à l’exploration du sous-sol. Pierre Martin (à g.), membre du collectif contre les forages, avec Rose-Hélène et Beat sur leur champ. (Bertrand Rey)

Dans le Gros-de-Vaud, des villageois partent en guerre contre les projets d’exploration profonde du sous-sol d’un consortium américano-suisse. Ailleurs en Suisse et en Europe, les forages profonds se heurtent à des oppositions

Les liens

Le cri d’un milan, ailes déployées, retentit dans le ciel au-dessus de Thierrens. «Nous sommes tout petits. Mais nous ne laisserons pas brader notre terre!» s’exclame Rose-Hélène, couvrant du regard ses champs ondulant en contrebas. Elle a hérité d’une parcelle dans ce village du Gros-de-Vaud, convoitée aujourd’hui par le consortium américano-suisse ECorp-SEAG pour l’un de ses projets de forage profond visant à rechercher du gaz. Trois autres sites sont ciblés dans la région, à Sullens, Dommartin et Vuarrens.

Après l’offensive du Val-de-Travers, où un projet d’exploration gazière avortait sous la pression d’une vive opposition, le canton de Vaud devient-il un nouveau point névralgique de la lutte contre la prospection de gaz? Rose-Hélène et son mari, Beat, approchés par ECorp-SEAG, veulent le croire, eux qui ont refusé de livrer leur terrain aux forages. Ils sont soutenus par un collectif d’opposants, décidé à faire capoter les projets d’exploration de gaz dans l’ensemble du canton.

Une poignée de militants proches des milieux de défense de la nature et sympathisants de la décroissance s’activent pour faire circuler une pétition contre l’exploration du sous-sol. Le texte, muni de quelque 6000 signatures, est destiné aux autorités cantonales. Leurs arguments ont fait mouche à Thierrens, qui abrite de multiples sources d’eau potable, dont certaines alimentent Yverdon et Lausanne.

Avant Rose-Hélène, l’agriculteur Daniel Leuenberger avait déjà éconduit les représentants de SEAG venus lui proposer un dédommagement contre l’usage de son terrain durant quelques mois, le temps de forer le sol. «Nous avons 70 sources dans un rayon d’un kilomètre carré. On ne joue pas avec l’eau», assène le paysan. Véronique Gilliard, syndique de Montanaire, commune regroupant neuf villages dont Thierrens, ne cache pas son inquiétude: «Nous sommes le grenier du canton. Il ne faudrait pas que nous en devenions la poubelle.»

Ailleurs en Europe, des projets similaires se heurtent aux réticences des opinions publiques. En France, l’interdiction de la fracturation hydraulique, confirmée en 2013, bannit toute possibilité d’exploitation de gaz de schiste. Cette technique cristallise les craintes des opposants aux forages, alimentées par des reportages spectaculaires sur des accidents, aux Etats-Unis, responsables de pollutions des nappes phréatiques. Considéré comme une manne énergétique prometteuse, le gaz de schiste se trouve emprisonné dans la roche, par opposition au gaz conventionnel niché dans des poches plus poreuses du sous-sol. Son extraction nécessite un forage horizontal et des méthodes plus invasives, telles que la fracturation à l’aide d’une forte pression hydraulique. A l’eau employée sont ajoutés sables et produits chimiques. La technique comporte des risques tels que la pollution des nappes phréatiques ou des secousses sismiques.

ECorp-SEAG a beau assurer que son projet vaudois, un trou vertical destiné à la seule exploration scientifique, ne prévoit «ni stimulation, ni fracking, ni acidification du sous-sol», l’origine texane du consortium ne contribue pas à rassurer la population. Même le moratoire décrété en 2011 par le Conseil d’Etat vaudois, qui suspend la recherche de gaz non conventionnel sur l’ensemble du canton, ne suffit pas à calmer les esprits. Les opposants souhaitent aller plus loin et réclament l’interdiction de «toute exploration et exploitation d’hydrocarbures» sur le territoire cantonal. Ils ont le soutien des Verts vaudois. «Tant qu’il n’existe pas de cadre plus clair sur l’usage du sous-sol et les méthodes d’extraction de gaz, nous nous opposerons à tout nouveau projet de forage», souligne le président du groupe au Grand Conseil, Vassilis Venizelos.

Dans ce contexte de défiance, ECorp-SEAG avance à petits pas. Le consortium a obtenu des accords préalables avec des propriétaires, à Sullens, Dommartin et Vuarrens. Une rencontre avec les autorités cantonales s’est tenue au début du mois de juin. Une étude d’impact est en cours pour évaluer les risques liés au forage prévu, d’une profondeur de 3000 mètres.

Entre novembre 2012 et janvier 2013, ECorp-SEAG a d’abord mené une campagne sismique pour radiographier le souterrain vaudois, qui s’est révélé «prometteur». «Des signes montrent la présence d’accumulation potentielle de couches de gaz. Mais nous ne pourrons en être certains qu’après avoir creusé», explique le directeur de l’entreprise SEAG, Conrad Frey. Prochaine étape: obtenir un permis d’exploration profonde, délivré par les autorités cantonales, gardiennes du sous-sol. Le directeur se veut confiant: «Nous devrions obtenir l’autorisation. Nos recherches portent sur du gaz conventionnel. Elles ne sont pas concernées par le moratoire.»

Sur ce terrain sensible, les autorités cantonales font preuve de la plus grande prudence. «Nous ne pouvons dire si ce projet tombe sous le coup du moratoire tant que nous n’avons pas le dossier final sous les yeux, avec l’étude d’impact environnemental et de risque sismique», explique David Giorgis, géologue auprès de la Direction générale de l’environnement du canton de Vaud. Le scientifique ne cache toutefois pas l’intérêt de l’opération pour le canton: «Les entreprises auront l’obligation de nous transmettre des informations précieuses sur le sous-sol.»

Les autorités n’auront d’autre choix que de préciser leur position dans les mois à venir. Dans un autre projet plus avancé, à Noville, la société veveysanne Petrosvibri, suite à un forage exploratoire, a découvert un gisement de «tight gaz» emprisonné dans la roche sous le Léman. Elle a déposé auprès du canton une demande pour un nouveau permis d’exploration, destiné à analyser les possibilités d’exploiter ces ressources, qui, selon le président du groupe Holdigaz Philippe Petitpierre, recèlent un potentiel équivalent à 25 ans de consommation de gaz en Suisse.

Campé sur la colline de Thierrens, Pierre Martin se le promet: «Je suis venu ici pour fuir les chantiers de la ville. Si nous ne parvenons pas à faire capoter ce projet, je ferai mes bagages.»


Des dirigeants d’Engie suspectés en Italie de «désastre environnemental»

jeu, 25/06/2015 - 23:06

 

soource: mediapart PAR JADE LINDGAARD

Engie, ex-GDF-Suez, est mis en cause par la justice italienne pour le « désastre environnemental » de la centrale à charbon de Vado Ligure, responsable de la mort de plusieurs centaines de personnes, selon une expertise scientifique.

C’est une première judiciaire en Europe et, sans doute, dans le monde : la justice italienne suspecte 86 personnes d’avoir causé un « désastre environnemental »en participant au fonctionnement de la centrale à charbon de Vado Ligure, au nord de l’Italie, non loin de Gênes, opérée par Tirreno Power, filiale à 50 % d’Engie (ex-GDF-Suez). Parmi elles, quatre dirigeants du groupe français sont directement mis en cause : le vice-président senior en charge de la production du gaz pour la France et l’Europe du Sud, son directeur des ventes d’énergie pour l’Italie, ainsi que le président et le directeur général de GDF-Suez Energia Italia, filiale à 100 % d’Engie.

Le parquet de Savone les suspecte d’avoir, comme les autres administrateurs et dirigeants de Tirreno Power, contribué à la mort de 427 à 657 personnes entre 2000 et 2007 par maladies cardiovasculaires et respiratoires, en raison des émissions de la centrale. Entre 2005 et 2010, de 298 à 433 enfants ont déclenché des maladies respiratoires imputables à la centrale, et entre 2 161 et 2 223 adultes ont développé des pathologies cardiovasculaires et respiratoires, selon la note du procureur, rendue publique mi-juin (à lire ici, notamment p. 15, en italien). Le code pénal italien punit les délits de désastre environnemental ou sanitaire de peines de 3 à 12 ans de prison.

La centrale de Tirreno Power à Vado Ligure, au nord de l’Italie.

Ces accusations spectaculaires reposent sur des expertises scientifiques innovantes. Elles permettent d’établir une relation statistiquement significative entre l’augmentation de l’exposition aux polluants rejetés par la centrale de Vado Ligure et l’augmentation du « risque sanitaire », c’est-à-dire les pathologies et les décès dans les zones entourant le site de production d’électricité, selon le Parquet de Savone. Une carte des expositions à la pollution a d’abord été réalisée, selon une double méthodologie : un modèle mathématique de la dispersion des émissions de dioxyde de soufre (SO2), dues exclusivement à la centrale ; des relevés de bioaccumulation sur les lichens (très sensibles à la pollution atmosphérique) de marqueurs spécifiques au charbon lorsqu’ils sont présents simultanément (arsenic, plomb, sélénium, cadmium et antimoine).

Une étude épidémiologique a ensuite été conduite sur plus de 156 000 personnes vivant dans 23 communes alentour. Elle démontre un lien de cause à effet statistique et proportionnel à l’exposition à la pollution. « Les effets sanitaires sont certainement imputables à l’exploitation de la centrale à charbon du fait qu’il s’agit de pathologies scientifiquement liées à ce type d’émissions et qu’il n’existe aucune explication valable d’une cause alternative à cette catastrophe sanitaire, comme le tabac, les expositions professionnelles ou les habitudes alimentaires », explique à Mediapart Matteo Ceruti, avocat des plaignants. Mise en service dans les années 1970, la centrale de Vado Ligure est située dans une région densément peuplée de l’Italie, sur la côte ligure, ce qui explique le grand nombre de personnes atteintes par ses émissions.

L’enquête préliminaire du parquet de Savone est terminée. S’ouvre une période de débats contradictoires à l’issue de laquelle le juge de l’audience préliminaire pourrait délivrer un acte d’accusation aux suspects, ce qui donnerait lieu à un procès. En mars 2014, le juge aux enquêtes préliminaires a exigé la fermeture des deux groupes de charbon de la centrale de Tirreno Power (ses deux unités de gaz continuent de tourner) en raison de la « catastrophe » environnementale et sanitaire qu’ils provoquent. Ils n’ont pas été autorisés à reprendre leur activité.

Le groupe Engie refuse de commenter la procédure judiciaire en cours et dit faire confiance aux membres du conseil d’administration de Tirreno Power pour respecter les lois et normes environnementales. L’avis du parquet de Savone est en cours d’analyse par son service juridique. C’est en 2010 que l’ancien GDF est monté à 50 % dans la société Tirreno Power, suite à sa fusion avec Suez.

La gravité de ces accusations ne peut pas laisser indifférent l’État français, actionnaire à 33,3 % d’Engie. Le sujet est d’autant plus sensible que la France accueille en décembre le sommet sur le climat de l’ONU, la COP 21, et qu’Engie fait partie des entreprises qui financent l’organisation de l’événement – les « amies du climat »selon l’expression du ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius.

Extrait du rapport de Greenpeace sur le danger du charbon pour la santé (DR).

La centrale à charbon de Vado Ligure « n’est ni la plus grosse ni la plus polluante d’Italie mais c’est la plus nocive pour les habitants car elle est située dans un important bassin de population », explique Andrea Boraschi, en charge de l’énergie et du climat pour Greenpeace Italie, associé à la plainte contre Tirreno Power, avec le WWF et la Ligue pour l’environnement. L’ONG dénonce le comportement de l’exploitant de la centrale qui a « constamment cherché à économiser de l’argent en refusant d’investir dans les technologies permettant de réduire ses émissions ». En 2013, elle a publié un rapport sur les morts causées par la pollution des centrales à charbon, « Tueurs silencieux ». Plus de 30 000 personnes perdraient la vie chaque année si toutes les centrales à charbon actuellement en cours de construction ou en prévision entraient en service, selon leur estimation.

Le charbon représente environ 15% du parc de production d’électricité d’Engie dans le monde. Début juin, dix jours après sa mise en cause par un rapport des Amis de la terre et d’Oxfam pour la quantité astronomique de CO2qu’émettent ses centrales à charbon dans le monde, le groupe a renoncé  à la centrale de Thabametsi en Afrique du Sud, l’un des plus gros projets en cours dans ce pays très dépendant du charbon. « Nous développons les renouvelables en priorité mais je ne peux pas vous dire aujourd’hui que nous avons décidé de ne plus faire de charbon », ajoute aujourd’hui la direction de sa communication.


FranceLeaks : suspendre le Tafta, même combat pour Fillon, Mélenchon et Le Pen

jeu, 25/06/2015 - 21:17
source: libération

«Un message fort», «une réponse politique», c’est ce que réclament des élus après les révélations de WikiLeaks et Libération sur les écoutes des trois derniers présidents français par l’agence nationale de sécurité américaine (NSA) entre 2006 et 2012. Chez Les Républicains (LR) et au PS, au Front national comme au Parti communiste (PCF), plusieurs représentants politiques habituellement opposés sont pour une fois sur la même longueur d’ondes. Ils recommandent tous au gouvernement de réagir vite et de freiner les négociations sur le Traité Transatlantique de commerce et d’investissement (Tafta).

François Fillon qui préconise de «suspendre les discussions sur l’accord transatlantique tant qu’il n’y a pas des engagements suffisamment clairs de la part des Etats-Unis sur cette question». Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, assure que «la Commission ne peut pas signer un accord s’il n’y a pas un nouveau départ dans le cadre des relations entre la France et les Etats-Unis».

Même constat du côté d’André Chassaigne. Le député PCF recommande de «stopper toutes ces négociations». «Avoir des débats et de la concertation dans de telles conditions est absolument inacceptable», estime le député. Et ce n’est pas Jean-Luc Mélenchon le contredira. «Les négociations du marché transatlantique doivent être interrompues», a exigé dès mercredi le député européen.

François de Rugy, président du Groupe écologiste à l’Assemblée, demande «que la négociation de l’accord de libre-échange entre les Etats-Unis et l’Europe soit suspendue». Il appelle le gouvernement à formuler «une réponse politique» aux Etats-Unis. Un avis que partage la députée du Vaucluse, Marion Maréchal-Le Pen. L’élue FN préconise l’«arrêt immédiat des négociations pour le Traité transatlantique parce qu’on ne peut pas négocier avec de partenaires qui nous espionnent massivement».

Les négociations sur le Traité transatlantique se déroulent actuellement dans le plus grand secret entre la Commission européenne et les États-Unis. Un vote devait avoir lieu mercredi 10 juin dernier au Parlement européen. Il a été reporté en raison de la protestation grandissante que suscite ce projet.


La Terre subit sa sixième extinction animale de masse. Une info alarmiste ?

jeu, 25/06/2015 - 10:04
Le résumé de cette info qui fait peur…. http://m.20minutes.fr/planete/1636003-terre-subit-6e-extinction-animale-masse   Le rapport des scientifiques traduit de l’anglais, est ICI JLR

 


Un « TTIP light » n’est plus possible [UE/États-Unis]

mer, 24/06/2015 - 09:09

 

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source: contexte

C’est ce qu’a affirmé la commissaire au commerce, Cecilia Malmström, lors du European Trade Policy Day à Bruxelles. Américains et Européens ont des priorités trop divergentes pour s’entendre sur un contenu a minima de l’accord, a-t-elle expliqué. La Suédoise a aussi expliqué que la communication sur la politique commerciale de l’Europe, attendue à la fin de l’année, précisera comment la Commission compte mettre en œuvre la réforme de l’arbitrage entre investisseurs et États.


Code minier : Bercy remet à plat son avant-projet de loi

mar, 23/06/2015 - 10:44

 

source: actu-environnement

Les services du ministère de l’Economie en charge du projet de loi de réforme du code minier travaillent à un nouveau texte. Lors de la consultation, parlementaires, ONG et industriels ont rejeté la « tentation des ordonnances ».

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© Eduard Andras

Bercy remet actuellement à plat l’avant-projet de loi de réforme du code minier présenté en mars dernier. Les ordonnances sont au cœur de ce travail de réécriture, la consultation ayant fait remonté une opposition des parties prenantes. Le nouveau texte devrait prendre la forme d’un projet de loi de codification. Il devrait aussi laisser moins de place à la procédure législative déléguée, même si quelques autorisations à légiférer par ordonnances devraient subsister dans le texte final.

En mars 2015, le ministère de l’Economie soumettait à consultation un avant-projet de loi qui prévoyait de modifier par ordonnance une série de dispositions du code minier. La codification de la partie législative devait être réalisée en ratifiant l’ordonnance du 20 janvier 2011. Un texte de ratification avait été déposé à l’Assemblée nationale le 13 avril 2011, mais il n’a jamais été étudié, tant le sujet est sensible. Par ailleurs, l’avant-projet prévoyait de modifier un quinzaine de dispositions par ordonnances : exigences environnementales, sanitaires et de sécurité publique, procédures d’autorisation, d’enregistrement et de déclaration, participation et information du public, outre-mer, simplification des règles pour faciliter les opérations minières, délais des recours contentieux, droit social des mineurs, ou encore création d’un contentieux de pleine juridiction.

La tentation de l’ordonnance

C’est à l’occasion d’un colloque organisée vendredi 19 juin par Marie-Christine Blandin, sénatrice écologiste du Nord, que Rémi Galin, chef du Bureau de la gestion et de la législation des ressources minérales non énergétiques, a présenté les dernières orientations sur lesquelles le ministère de l’Economie travaille, suite à la consultation lancée en mars 2015.

« Nous travaillons sur un projet de loi de codification », explique-t-il en réaction aux nombreuses interrogations des participants. Dans le cadre de la consultation publique, les parlementaires, les associations environnementales et les industriels ont semble-t-il marqué une vive opposition. « Vous faites la loi à la place du Parlement », auraient-ils critiqué en cœur face à un avant projet de loi prévoyant autant d’ordonnances.

L’annonce de l’abandon de la plupart des ordonnances et d’une remise à plat du projet de loi satisfait Marie-Christine Blandin qui regrette que le gouvernement ait cédé dans un premier temps « à la tentation de l’ordonnance », tentation qu’elle qualifie de « dégât démocratique ». « Le nuage est passé », se félicite la sénatrice.

« On s’est bien trompé »

Revenant sur les étapes précédentes, Rémi Galin explique que le rapport Tuot remis fin 2013 par le conseiller d’Etat « était un code [minier], livré sans commentaires ». Par ailleurs, certains points, tels que les travaux en mer, l’outre-mer ou la fiscalité n’étaient pas abordés. Ce nouveau code contenait quelque 350 articles, dont 80% repris de l’actuel code minier et 20% de nouveau.

Les nouveaux points devaient être repris dans l’avant-projet de loi présenté au printemps dernier par les services d’Emmanuel Macron. En revanche, les parties reprises de l’ancien code minier devant l’être par ordonnance. Conséquence : de quelque 90 pages dans la version remise par Thierry Tuot, le projet a fondu à 17 pages dans la version présentée en mars 2014.

« On s’est bien trompé », estime Rémi Galin, expliquant que ses services reviennent à un texte plus conforme au projet présenté par le conseiller d’Etat. Néanmoins, il devrait rester dans la nouvelle mouture quelques autorisations à légiférer par ordonnance. Ces autorisations ne devraient concerner que des points techniques et non politiques. « Enfin, on espère », ajoute en conclusion le responsable du dossier, échaudé par les commentaires concernant l’avant-projet de mars dernier. En effet, les ordonnances prévues initialement ne devaient déjà concerner que des points techniques. Visiblement, certaines parties prenantes ne partageaient pas l’avis du gouvernement concernant la frontière entre sujets « techniques » et « politiques ».

// Note Consulter le projet de loi.Plus d’infos// Code minier : la réforme renvoyée à des ordonnances (article paru le 19/03/2015) Le ministère de l’Economie propose un projet de loi de réforme du code minier limité aux grandes lignes du futur code. Les éléments sensibles et concrets, qui intéressent les acteurs de terrain, seront définis ultérieurement par des ordonnances.Lire la news// La France fait le pari d’une relance minière « responsable » (article paru le 19/06/2015) En allouant les premiers permis de recherche depuis 30 ans, l’Etat relance l’exploration minière en métropole. Objectif : assurer l’approvisionnement en minéraux, dans une approche qui se veut responsable d’un point de vue social et environnemental.Lire la news// Réforme du code minier : les députés mettent la pression sur le Gouvernement (article paru le 20/05/2015) La commission du développement durable de l’Assemblée demande au Gouvernement de passer à la vitesse supérieure sur la réforme du code minier… sans pour autant recourir systématiquement aux ordonnances. Lire la news// Code minier : le projet dévoilé (article paru le 09/12/2013) Le projet de code minier prévoit notamment d’instituer, sous certaines conditions, une consultation publique exceptionnelle, de rattacher les autorisations de travaux à la législation ICPE et d’instaurer un schéma national minier.Lire la news// Ordonnance du 20/01/2011 (INDX1009820R) Ordonnance n° 2011-91 du 20 janvier 2011 portant codification de la partie législative du code minier En savoir plus

Article publié le 22 juin 2015

Le gaz de schiste en Algérie : un mouvement de contestation inédit

lun, 22/06/2015 - 22:48
 

Par Le Matin  //

Communication de Hocine Malti à la conférence du groupe des Verts au Parlement européen à Bruxelles le 4 juin 2015.

Hocine Malti  69  3

La genèse

Tout a commencé il y a une dizaine d’années quand l’Agence américaine de l’énergie a publié une étude dans laquelle l’Algérie était classée troisième au monde pour ce qui est des réserves de gaz de schiste, qu’elle avait estimées à près de 20 000 milliards de m3. Disons tout de suite que ce sont là des chiffres fantaisistes : la même agence, en utilisant les mêmes techniques d’appréciation, s’est trompée dans un rapport de un à cinq pour ce qui est des réserves de la Pologne. Pour la Californie, ce sont 96% des réserves qu’elle avait annoncées qui n’existent pas en réalité. En Algérie, cela n’est cependant pas tombé dans l’oreille d’un sourd ; la compagnie nationale des pétroles Sonatrach, se fondant sur ces affirmations, a foré un premier puits de gaz de schiste en 2008.

En parallèle, en 2010-2011, le gouvernement s’est rendu compte que l’Algérie n’attirait plus les investisseurs étrangers, en raison d’une loi sur les hydrocarbures qui était devenue un véritable repoussoir. Il décida alors de la changer. Il prit attache des compagnies pétrolières étrangères et entreprit avec elles ce que l’on peut considérer comme des négociations secrètes, dans le but de savoir quelles modifications elles souhaitaient. Elles «suggérèrent» que soit révisé le système de calcul de l’impôt et que soit autorisée l’exploitation du gaz de schiste. Ce que le gouvernement fit dans une nouvelle loi sur les hydrocarbures, entérinée par le Parlement en 2013.

Les multinationales pétrolières ne se bousculèrent pas pour autant au portillon, car elles ne voulaient pas essuyer les plâtres, tant sur le plan technico-économique qu’au plan des relations avec les populations locales. Preuve en est que lors de l’appel à la concurrence pour l’attribution de permis de recherche de septembre 2014, aucun des dix-sept périmètres censés contenir du gaz de schiste ne trouva preneur. Sonatrach se lança alors seule dans le forage de puits d’exploration. Elle a réalisé, à ce jour (autant que l’on sache, car aucune information ne filtre à l’extérieur), sept à huit puits dont deux sur le permis de l’Ahnet (région d’In-Salah).

La réaction de la population

Dès que l’on sut, déjà en 2012, que la nouvelle loi sur les hydrocarbures allait permettre l’exploitation du gaz de schiste, un vent de protestation se mit à souffler sur l’Algérie. Les mouvements associatifs, des spécialistes pétroliers, des journalistes, des responsables politiques, des syndicalistes manifestèrent leur opposition à ce projet. Le mouvement de protestation s’amplifia en 2013, après la promulgation de la loi. Le Premier ministre tenta de calmer le jeu et fit notamment une déclaration, dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle est malheureuse : il dit que l’exploitation n’était pas prévue avant 2025, voire 2040, comme si le fait de reporter à plus tard la catastrophe la rendait plus acceptable. Il dit aussi que les produits chimiques utilisés lors de la fracturation hydraulique n’étaient pas plus nocifs que ceux dont sont imbibées des couches-bébé…

À In-Salah, le mouvement de protestation de la population a été plus puissant que partout ailleurs. Parce que, non seulement le forage des deux puits programmés se déroulait, on peut dire aux portes de la ville (à 28 km à vol d’oiseau), mais aussi parce que des dizaines, voire des centaines d’autres puits suivront, dans le cas où il serait décidé d’exploiter le gaz contenu dans ce bassin géologique. L’opposition de la population d’In-Salah est d’autant plus légitime qu’elle souffre de traumatismes antérieurs. C’est dans cette région qu’ont eu lieu les expériences atomiques françaises des années 1960 et c’est ici aussi que se déroule une autre opération extrêmement dangereuse pour l’homme et son environnement, celle de la séquestration du CO2 dans le gisement de gaz de Krechba.

Le face-à-face autorités-population

La visite du ministre de l’Énergie, fin décembre 2014, pour inaugurer le premier puits allait mettre le feu aux poudres à In-Salah. Il s’en prenait violemment à la population qui, disait-il, avait montré par ses manifestations contre le gaz de schiste qu’elle voulait du mal à son pays et qu’elle allait en faire un nouvel Irak ou une nouvelle Libye. Dire cela à des gens connus pour leur pacifisme et qui, après tout, ne réclament rien d’autre que le droit à la vie…

Depuis le 1er janvier 2015, c’est toute la population qui manifeste journellement, du matin au soir sur la place centrale de la ville qu’elle a débaptisée et qu’elle appelle Sahat Essoumoud (place de la Résistance). Il s’est constitué un collectif anti-gaz de schiste composé de vingt-deux membres qui veille à ce que le mouvement demeure pacifique, mais extrêmement ferme dans ses revendications. C’est là un fait inédit en Algérie, et ce pour deux raisons.

C’est la première fois que l’on voit autant de femmes dans une manifestation de rue. Ailleurs à travers le pays, on ne voit d’habitude que des hommes et quelques rares femmes noyées dans la foule, alors que là il y a pratiquement autant de femmes que d’hommes. La seconde raison est que l’on a affaire à un mouvement citoyen sans motivations politiques ni matérielles. Cette foule ne dit pas «Bouteflika, dégage !» et ne demande pas d’argent ou de privilèges particuliers. Et ça, le pouvoir ne sait pas traiter.

Il sait comment casser un mouvement de contestation politique. Par la matraque, les gaz lacrymogènes, les arrestations, etc. Par la manipulation et l’infiltration du mouvement : il sait corrompre les leaders ou pousser à la violence les militants. Par le «clonage», en créant un mouvement parallèle, généralement plus extrémiste dans ses revendications affichées pour mieux torpiller l’action des mouvements d’origine. Toutes ces techniques ont été utilisées sans succès à In-Salah. Pour neutraliser un mouvement de contestation à motivation matérielle, le régime algérien sort quelques millions de dollars du Trésor public qu’il distribue aux contestataires et achète ainsi la paix sociale. À In-Salah, ce sont tour à tour le Premier ministre, le chef de la police, le chef de la région militaire qui se sont rendus sur place et ont tenté de calmer les ardeurs de la population. Laquelle rejette toute discussion et n’exige qu’une seule chose : que le président de la République proclame l’arrêt des forages.

La contestation a pris une ampleur particulière au cours du premier trimestre 2015. On a vu naître un peu partout à travers le pays des collectifs identiques à celui d’In-Salah, qui se sont fédérés au niveau national au sein d’un «collectif national Non au gaz de schiste». Le 23 février, a été adressée au président de la République une demande de moratoire, accompagnée d’un argumentaire extrêmement bien fait dans lequel sont démontrés tous les dangers que comporte la technique de fracturation hydraulique utilisée pour extraire le gaz de schiste de la roche-mère ; les dangers pour la santé de l’homme mais aussi les risques de pollution du sol, du sous-sol, de l’air, de l’eau, notamment de la couche albienne qui recèle des dizaines de milliers de milliards de mètres cubes d’une eau fossile, accumulée là depuis la nuit des temps. Cet argumentaire relève également que l’exploitation du gaz de schiste est économiquement non rentable.

Dans la demande adressée au président de la République, en sus de la promulgation d’un moratoire, il a été proposé qu’ait lieu un débat public, une confrontation d’idées entre les experts ayant préparé l’argumentaire qui y est joint et les spécialistes qui auraient préparé le dossier technique sur lequel s’est appuyé le gouvernement pour autoriser l’exploitation du gaz de schiste. À ce jour, aucune réponse n’a été donnée par le président de la République à cette requête.

L’«assistance» américaine

Constatant que le mouvement de rejet de l’exploitation du gaz de schiste se propageait rapidement à travers le pays et craignent que le «virus» n’atteigne le cœur de la Sonatrach, le pouvoir a fait appel à l’assistance des États-Unis. Le 18 février de cette année il fit inviter par l’IAP (Institut algérien du pétrole) un spécialiste «indépendant» américain qui vint à Alger exposer aux cadres supérieurs de l’entreprise nationale les bienfaits que cela procurerait à l’Algérie. Effectivement, ce spécialiste, Thomas Murphy, directeur du Penn State Marcellus Center of Outreach and Research, ne dit que du bien de la fracturation hydraulique, une technique qui serait, selon son expérience personnelle en Pennsylvanie, sans danger pour l’homme, pour la faune et pour la flore. Il ne fit qu’une seule recommandation, celle d’agir en toute transparence, car, dit-il, les masses populaires sont ignorantes de toutes les retombées positives que procure l’exploitation du gaz de schiste.

Il faut savoir que le centre de recherches que dirige M. Murphy est chargé du suivi de l’exploitation du gisement de gaz de schiste de Marcellus, l’un des plus grands – si ce n’est le plus grand – aux États-Unis, et que participent au fonctionnement et au financement de ce centre pas moins de trois cents firmes, toutes intéressées à un titre ou un autre par l’exploitation du gisement. Que pouvait donc dire d’autre M. Murphy, si ce n’est louer les bienfaits de l’exploitation du gaz de schiste ? Le gouvernement connaissait évidemment ce «détail» : c’est en toute connaissance de cause qu’il fit appel à ce représentant d’un lobby, qu’il présenta comme un expert «indépendant».

Autre initiative américaine, la venue à Alger dans le courant de la première quinzaine de mars 2015 de Charles Rivkin, sous-secrétaire d’État aux Affaires économiques, qui fit une conférence de presse à l’ambassade des États-Unis, au cours de laquelle il déclara qu’il «n’avait pas de conseils à donner aux Algériens, mais qu’il fallait qu’ils sachent que, dans son pays, l’exploitation du gaz de schiste avait été créative d’emplois, que la technique utilisée était saine et sans dangers et que l’opération était rentable». Puis il ajoutait que «les États-Unis étaient disposés à fournir à l’Algérie l’assistance technique nécessaire, si elle le désirait». Venant de la part d’un représentant officiel de la première puissance mondiale, c’était là plus qu’un conseil donné aux Algériens, c’était un ordre.

Pollution et hécatombe d’oiseaux

Aujourd’hui, il est certain que la pollution est déjà là. Elle est partout : dans l’air, à la surface du sol et dans le sous-sol. Il n’est qu’à voir, pour s’en convaincre, ces images diffusées sur Internet de bourbiers laissés derrière eux par les exploitants, qu’il s’agisse de Halliburton ou des foreurs de la Sonatrach. Il y a de fortes chances que la nappe d’eau phréatique, utilisée par la population locale pour ses besoins personnels, soit déjà polluée ou en voie de l’être très bientôt.

D’ailleurs des pigeons sont morts, des faucons sont morts, des volées de cigognes en migration sont mortes également. On ne connaît pas la raison exacte d’une telle hécatombe, très probablement la conséquence de la pollution des eaux et de l’air causée par les forages réalisés ou en cours dans la région. Connaîtra-t-on un jour la vérité ? Cela semble difficile, car les vétérinaires d’In-Salah ou des villes avoisinantes, sollicités pour procéder aux examens, analyses ou autopsies qui permettraient de déterminer les causes de ces morts, refusent de les faire. Ils craignent des représailles de la part des autorités dans le cas où ils viendraient à démontrer des liens de cause à effet entre les forages de gaz de schiste et ces disparitions d’oiseaux…

H. M.

//

De l’Alberta à l’Arctique, le lourd tribut environnemental des sables bitumineux

lun, 22/06/2015 - 22:37

source: Observatoire des multinationales// // //

18 juin 2015 par Edward Struzik

Dans les plaines de l’Alberta, au Canada, des firmes pétrolières canadiennes et internationales, parmi lesquelles Shell et Total, exploitent les gisements de sables bitumineux à un rythme effréné. Malgré la chute actuelle des cours du pétrole, elles espèrent encore tripler leur production d’ici 2030. S’il est beaucoup question de l’impact des sables bitumineux en termes d’émissions de gaz à effet de serre, on parle moins de ses conséquences sur les ressources en eau. Extraction excessive et pollutions commencent pourtant à faire sentir leurs effets en aval, et peut-être jusqu’à l’océan Arctique. Sur fond de dérèglement climatique et de fonte des glaciers, le développement incontrôlé de l’industrie pétrolière de l’Alberta pourrait ainsi affecter une large partie du Grand Nord canadien. Premier volet d’une enquête exclusive sur les sables bitumineux et l’eau réalisée par Edward Struzik, journaliste canadien.

200 kilomètres en aval des exploitations géantes de sables bitumineux du nord de l’Alberta, un aborigène du nom de Joe Wandering Spirit vit dans une cabine d’une seule pièce, avec un chat sauvage et une meute de chiens de traîneau qu’il tient attachés lorsqu’il n’est pas en train de chasser, de poser des pièges ou de pêcher. Ici, au cœur du delta Paix-Athabasca, l’un des plus importants deltas d’eau douce au monde, vivre dans une contrée sauvage moitié terre moitié eau n’est pas sans risques pour un homme vieux de 75 ans comme lui. Chaque année, au moment de la rupture printanière des glaces, les rivières sinueuses du delta peuvent changer abruptement de cours et déborder soudain de leurs rives.

Il y a cinquante ans, lorsque commencèrent les travaux de construction de la première exploitation commerciale de sables bitumineux en Alberta, plus de 400 aborigènes menaient une existence modeste dans cet écosystème marécageux de plus de 3000 kilomètres carré. Les étés dans le delta et dans le lac Athabasca, immédiatement à l’Est, donnaient suffisamment de poissons non seulement pour subvenir à leurs propres besoins, mais aussi pour soutenir une petite pêcherie commerciale. Avec l’automne arrivaient des milliers d’oies et de canards en route vers le sud, qui faisaient étape pendant plusieurs jours dans le delta avant de poursuivre leur migration. L’hiver, il y a avait des élans, des caribous et des bisons à chasser. Au retour du printemps, il y avait des œufs de sterne, de goélands, de canards ou d’oies à collecter, et suffisamment de rats musqués pour remplir un bateau en une journée. Les rats musqués et les œufs d’oiseaux constituaient aussi une source fiable de nourriture pour des visons, des lynx, des coyotes, des loups et d’autres prédateurs.

L’importance écologique du delta Paix-Athabasca n’est pas disputée. En 1922, lorsque le gouvernement canadien créa Wood Buffalo, le plus grand Parc national du pays, 80% du territoire du delta fut inclus dans son périmètre. En 1982, l’Unesco classa Wood Buffalo et le delta Paix-Athabasca au patrimoine mondial de l’humanité, et les désigna parallèlement comme un site Ramsar, c’est-à-dire une zone humide d’importance globale.


« Le prix mondial du développement insoutenable »

Aussi important et reconnu qu’il soit au niveau international, le delta est en train de mourir lentement. Le changement climatique, les barrages hydroélectriques, la pollution et les extractions massives de l’eau des rivières pour la fracturation hydraulique et l’exploitation des sables bitumineux affectent si lourdement l’intégrité écologique de la région que Wandering Spirit est maintenant la seule personne qui continue à y vivre tout au long de l’année. La pêcherie commerciale est abandonnée, en raison notamment de lésions et de malformations qui rendaient le poisson invendable. Les truites que l’on pouvait capturer dans la partie aval de la rivière Athabasca ont disparu. De même la plupart des caribous. Les populations de rats musqués ont décliné si brutalement que les aborigènes ont renoncé à les piéger. Les oiseaux sont eux aussi touchés. Les populations de gibiers d’eau comme les macreuses ou les fuligules ont chuté de 70% ou plus depuis les années 1950. Les œufs de goélands à bec cerclé collectés en 2012 contenaient 139% de mercure de plus qu’en 2009.

« Rien sur la planète ne peut être comparé à la destruction en cours dans cette partie du monde », résume David Schindler, un scientifique canadien de renommée mondiale qui étudie la région depuis plus de 20 ans. « S’il y avait un prix mondial du développement insoutenable, les sables bitumineux seraient sûrs de gagner. »

Une industrie gourmande en eau

Malgré les promesses des industriels et du gouvernement de réduire l’utilisation de l’eau pour l’exploitation des sables bitumineux et de restaurer les zones humides qui ont été minées jusqu’à une profondeur de plus de 200 mètres, le déclin écologique du delta deviendra irréversible si les entreprises pétrolières triplent effectivement leur production en Alberta, comme elles l’annoncent, d’ici l’année 2030. Extraire le pétrole du sable bitumineux requiert en effet des quantités énormes d’eau. Pour chaque baril de pétrole produit, au moins 2,6 barils d’eau doivent être extraits de la rivière Athabasca, ou de nappes phréatiques locales. Pour les opérations dites « in situ », qui utilisent de la vapeur pour séparer le pétrole du sable dans la terre, et pompent ensuite le bitume à la surface, la consommation d’eau douce est moindre, mais toujours significative.

Au total, les sables bitumineux requièrent l’extraction de pas moins de 170 millions de mètres cube d’eau chaque année de la seule rivière Athabasca. C’est environ la moitié de la quantité d’eau que consomme la ville de Toronto (2,5 millions d’habitants) dans le même temps. Et contrairement à la ville de Toronto, qui traite ses eaux usées et les rend au cycle naturel, les entreprises de sables bitumineux et de fracturation hydraulique ne rendent pas l’eau qu’elles utilisent à la nature. Elle est beaucoup trop toxique, et il est donc interdit de la rejeter. Les eaux usées qui ne sont pas recyclées sont réinjectées dans le sous-sol, ou stockées dans des bassins de rétention.

Lacs artificiels toxiques

Ces derniers forment des lacs artificiels qui couvre actuellement une surface équivalente aux trois quarts du territoire de la ville de Paris. Ils sont tellement grands que les oiseaux migrateurs font parfois l’erreur fatale d’y atterrir, pour se reposer.

À mesure qu’augmente le volume d’eau toxique contenu dans les bassins de rétention de l’industrie pétrolière, le débit de la rivière Athabasca se réduit inévitablement. L’eau potentiellement extraite pour des activités d’exploitation des sables bitumineux en opération ou en préparation représente actuellement 2,5% du débit annuel naturel de la rivière. Ce pourcentage peut atteindre 10% en hiver, lorsque la rivière est à son plus bas niveau.

C’est l’une des raisons pour lesquelles les crues saisonnières, nécessaires pour recharger en eau les lacs étalés et peu profonds du delta, ont quasiment cessé depuis 1997. Suite à la crue importante survenue cette année là, 55% de la partie nord du delta, alimentée par la rivière de la Paix, était couverte d’eau ou de marais peu profonds. En 2014, ce chiffre était tombé à 33%. La partie sud du delta, qui est rechargée par la rivière Athabasca, est en meilleur état, mais elle aussi tend à devenir de plus en plus sèche.

Les scientifiques prédisent que la situation va devenir bien pire si la production de sables bitumineux est effectivement multipliée par trois à l’horizon 2030, pour atteindre 5,2 millions de barils par jour. La quantité d’eau extraite de la rivière Athabasca, disent-ils, pourrait alors atteindre 30% du débit naturel.


L’Ouest canadien bientôt asséché ?

Ce pourcentage pourrait même être en fait supérieur si les glaciers et la couverture neigeuse dont la fonte alimente les rivières de la Paix et Athabasca continuent à décliner du fait du changement climatique. Des scientifiques ont récemment calculé que les 17 000 glaciers de Colombie-Britannique – dans les montagnes Rocheuses et sur la côte Pacifique – perdaient 22 milliards de mètres cube d’eau par an. De quoi remplir d’eau un stade de football de 60 000 places 8300 fois… L’enneigement et les glaciers diminuent également dans l’Alberta, à tel point que même certains acteurs des sables bitumineux concèdent que leur industrie pourrait être confrontée à l’avenir à une pénurie d’eau.

L’avenir du delta paraît si sombre que la nation Mikisew Cree a récemment demandé à l’Unesco de placer Wood Buffalo et le delta Paix-Athabasca sur la liste du patrimoine mondial en danger. Cette liste a pour but de susciter une prise de conscience internationale des menaces qui pèsent sur un site classé, et d’encourager des mesures préventives par les gouvernements concernés.

« Nous sommes profondément inquiets des impacts de l’activité industrielle sur nos terres traditionnelles dans le delta Paix-Athabasca au sein du parc national Wood Buffalo », écrit le chef Mikisew Steve Courtoreille à l’Unesco. « Ces menaces s’intensifient avec le projet de barrage Site C en Colombie-Britannique et avec l’expansion des sables bitumineux. Nous usons de tous les moyens possibles avant qu’il ne soit trop tard pour sauver la terre qui a nourri notre peuple pendant des millénaires. »

Zones humides détruites

La baisse du niveau des rivières n’est pas le seul problème à laquelle la région est confrontée. Avant que les entreprises de sables bitumineux n’entrent en scène, au moins la moitié, si ce n’est les deux tiers des territoires aujourd’hui exploités étaient des zones humides boréales typiques du nord de l’Alberta. Ces zones humides, au sud du delta, abritaient un grand nombre d’espèces végétales, parmi lesquelles des orchidées sauvages parmi les plus rares de l’Ouest canadien ; des centaines d’espèces d’oiseaux ; des espèces d’insectes innombrables ; et des grands mammifères comme le caribou des bois, l’élan, le loup ou le grizzly. Personne ne sait l’étendue de la biodiversité qu’elles abritaient, car aucun inventaire n’en a jamais été réalisé, que ce soit avant ou pendant la construction des installations industrielles destinées à l’exploitation des sables bitumineux.

Ce que l’on sait, c’est que ces zones humides, après avoir été minées par les firmes pétrolières, ne filtrent plus l’eau, ne séquestrent plus le carbone et ne nourrissent plus la chaîne complexe de plantes et d’animaux qui en dépendaient auparavant. Outre les émissions de gaz à effet de serre directement issues de la combustion du pétrole extrait en Alberta, les transformations de paysages occasionnés par l’exploitation des sables bitumineux pourraient également générer entre 11,4 et 47,3 millions de tonnes de carbone, selon une étude de la scientifique canadienne Suzanne Bayley. Ces transformations, ajoute-t-elle, réduiront parallèlement la capacité de séquestration du carbone des zones humides de la région de peut-être 7,2 millions de tonnes par an.

Un énorme passif environnemental et sanitaire

Joe Wandering Spirit connaît mieux que quiconque les bouleversements entraînés dans la région par l’industrie des sables bitumineux. Ce qui l’inquiète encore davantage, de même que les autres aborigènes qui vivent en aval, est la possibilité que l’un des murs de terre qui retiennent les eaux usées des bassins de rétention s’effondre un jour, relâchant un déluge d’eau toxique vers l’aval.

Wandering Spirit n’est pas le seul à être inquiet. En 2012, un panel d’experts réunis par le Rosenberg International Forum on Water Policy estimait qu’un tel incident était non seulement possible, mais probable. « Si une rupture de ce type survenait durant l’hiver et que les eaux usées atteignaient la rivière Athabasca sous les glaces, concluait le panel, il serait virtuellement impossible d’y remédier ou de dépolluer… Un déversement majeur, par exemple en cas de rupture significative d’une retenue importante d’eaux usées, pourrait menacer l’intégrité biologique du bassin inférieur de la rivière Athabasca, du delta Paix-Athabasca, du lac Athabasca, de la rivière des Esclaves et de son delta, du Grand lac des Esclaves, du fleuve Mackenzie et de son delta et peut-être même de la mer de Beaufort [dans l’océan Arctique, NdT]. Ses conséquences sur la société humaine dans les Territoires canadiens du Nord-Ouest seraient sans précédent. »

Aussi bien les autorités du Canada et de l’Alberta que l’industrie pétrolière ont été extrêmement lentes à s’attaquer à l’énorme passif environnemental des sables bitumineux, qui pourrait représenter jusqu’à 13 milliards de dollars canadiens (9,3 milliards d’euros) rien qu’en coûts de réhabilitation. Le gouvernement de l’Alberta a même essayé de réduire au silence John O’Connor, un médecin qui a suivi pendant 15 ans une population d’environ 900 aborigènes vivant en aval des sables bitumineux. Son seul crime est d’avoir exprimé publiquement son inquiétude sur les taux anormalement élevés de cancers rares et d’autres pathologies dans ces communautés. O’Connor n’avait fait que suggérer que des études supplémentaires étaient requises pour déterminer si ces problèmes étaient liés à la pollution occasionnée par les sables bitumineux.

Le docteur O’Connor a mené (et remporté) une longue bataille contre le gouvernement après que celui-ci eut essayé de révoquer sa licence de praticien. Mais en mai 2015, une agence gouvernementale lui annonça que ses services n’étaient plus requis, lui faisant perdre le droit de soigner les gens de la communauté.

Au-delà de ces enjeux sanitaires, le gouvernement de la province et les partisans des sables bitumineux eux-mêmes commencent à se rendre compte que le statu quo n’est plus une option acceptable, particulièrement depuis que les États-Unis ont fermé la porte à l’envoi du pétrole issu des bitumes de l’Alberta vers le sud à travers l’oléoduc Keystone.

Moratoire

De nouvelles régulations mises en place en mai 2015 limitent la quantité d’eaux usées pouvant être stockée dans des bassins de rétention et obligent les entreprises à investir dans des technologies réduisant la quantité d’eaux usées produites par leurs opérations. Des seuils ont été établis afin de déterminer quand les entreprises doivent prendre des mesures pour réduire leurs impacts environnementaux. Et ces régulations obligent aussi les firmes à mettre en place des garanties financières pour les problèmes potentiels de réhabilitation.

Les critiques des sables bitumineux restent sceptiques. Lorsque des régulations similaires furent introduites en 2009, les entreprises n’ont pas pu, ou pas voulu, se mettre en conformité. En outre, ces régulations reposent sur des solutions technologiques… qui n’existent pas encore.

Au vu de l’expérience passée, un nombre croissant de scientifiques et d’économistes du Canada et des États-Unis estiment désormais que la seule manière d’avancer est la mise en place par les gouvernements du Canada et de l’Alberta d’un moratoire sur les nouvelles exploitations de sables bitumineux.

Dans une tribune récemment publiée par la revue scientifique Nature, la chercheuse Wendy Palen et sept de ses collègues avancent que les controverses sur les bassins de rétention et les oléoducs comme Keystone ou Northern Gateway cachent un problème plus profond – ce qu’ils décrivent comme un « processus politique détraqué ». Que ce soit au Canada ou aux États-Unis, soulignent-ils, la production des sables bitumineux, la gestion de l’eau, les politiques de transport, climatique et environnementales sont abordées séparément. Chaque projet est évalué de manière isolée. Il y a selon eux un besoin urgent d’une approche plus cohérente, qui évaluerait tous les nouveaux projets de sables bitumineux dans le contexte d’une stratégie énergétique et climatique plus cohérente et plus large.

« Les sables bitumineux canadiens sont vastes, et la production a plus que doublé au cours de la décennie écoulée pour atteindre plus de 2 millions de barils par jour », m’a récemment déclaré Palen. « La ruée sur le développement de ces ressources a été beaucoup trop rapide au regard du besoin d’une analyse robuste des impacts sur l’environnement, la santé humaine et le système climatique global. Tout nouveau développement devrait être suspendu jusqu’à ce que l’on ait pu étudier leurs effets cumulés de manière publique et transparente. »

Edward Struzik

Lire la seconde partie de cette enquête, autour d’un projet d’exploitation « écologique » des sables bitumineux de Shell et Veolia : Est-il possible d’exploiter « proprement » les sables bitumineux de l’Alberta ? Le projet de Shell et Veolia à Carmon Creek

Article original en anglais, traduit par Olivier Petitjean.

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Crédits photos : dans l’ordre, Une (Suncor Energy CC), vue d’un bassin de rétention avec une usine en arrière-plan (Pembina Institute CC) vue aérienne d’un bassin de rétention (Rainforest Action Network CC), vue aérienne du delta Paix-Athabasca (© Edward Struzik), bison dans le delta Paix-Athabasca (© Edward Struzik), terrain en exploitation (Howl Art Collective CC), cheminées fumantes (Kris Krug CC), Un gardien des Parcs nationaux canadiens contemple la rivière Whirlpool dans les Rocheuses. L’eau de cette rivière alimente la rivière Athabasca River, qui traverse la région des sables bitumineux (© Edward Struzik).


La fracturation hydraulique pose un risque «significatif» pour l’homme et doit être interdite en Europe

lun, 22/06/2015 - 09:13

Originally posted on STOP GAZ DE SCHISTE ! (Ni ici Ni Ailleurs):

(!)Info minute – Revue de Presse

CHEM Trust – qui se définit comme un organisme (britannique) travaillant à empêcher les produits chimiques fabriqués par l’homme de causer des dommages à long terme sur la faune ou les êtres humains, en veillant à ce que les produits chimiques qui causent de tels dommages soient remplacés par des alternatives plus sûres publie un rapport sur les risques – publie ce 21 Juin 2015 un rapport intitulé « Pollution de la fracturation hydraulique : Quelle est la toxicité des produits chimiques de la fracturation et quelle incidence peut-elle avoir sur la faune et les personnes au Royaume Uni et dans l’UE ».

Nous précisons que les conclusions et recommandations de CHEM Trust que nous retranscrivons ici ne reflètent pas les positions des collectifs français opposés à la recherche et l’exploitation des pétrole et gaz de schiste et de houille. Les…

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