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Mis à jour : il y a 6 heures 11 minutes

Sables bitumineux : Vinci s’engage dans la construction d’un oléoduc controversé au Canada

lun, 16/10/2017 - 18:22

PROJET TRANSMOUNTAIN

source: observatoire des multinationales

11 OCTOBRE 2017 PAR OLIVIER PETITJEAN

Vinci va construire un oléoduc géant destiné à acheminer les sables bitumineux de l’Alberta vers la côte Ouest du Canada. Le projet TransMountain Expansion, qui vise à favoriser le développement et l’exportation de cette source d’énergie extrêmement polluante, est pourtant fortement contesté par les communautés autochtones, les militants du climat et même les autorités de Colombie-Britannique. À l’autre bout du pays, le projet d’oléoduc lui aussi très controversé Énergie Est vient d’être officiellement abandonné par son promoteur.

Le groupe français Vinci se chargera de construire une partie de l’oléoduc TransMountain, qui vise à tripler les capacité de transport de pétrole issu des sables bitumineux de l’Alberta vers les côtes de la Colombie-Britannique, au niveau de la banlieue de Vancouver, en vue de son exportation sur les marchés mondiaux.

L’annonce intervient au moment même où s’ouvre un procès opposant Kinder Morgan, l’entreprise porteuse du projet, à plusieurs Premières Nations, à des organisations écologistes et aux villes de Vancouver et Burnaby, soutenues par les autorités de Colombie-Britannique. Les plaignants accusent l’entreprise d’avoir manqué à ses obligations d’études d’impact environnemental et de consultation des populations autochtones. Ils craignent aussi les conséquences potentielles d’un afflux de pétroliers géants au large de leurs côtes. Ce qui n’a pas empêché Kinder Morgan, forte de l’autorisation officielle du Premier ministre canadien Justin Trudeau l’année dernière, de lancer les travaux.

Le contrat remporté par Vinci pour « plusieurs centaines de millions »porte sur une section de l’oléoduc dans la vallée de la rivière Coquihalla, en Colombie-Britannique.

Au même moment, à l’autre bout du Canada, la firme TransCanada a annoncé l’abandon définitif de son projet Énergie Est, qui visait à acheminer le pétrole des sables bitumineux vers la côte Est et, potentiellement, vers l’Europe, et qui avait fait l’objet d’une forte résistance notamment au Québec (lire notre enquête).

Vinci, spécialiste des oléoducs et gazoducs

Les projets d’oléoducs géants comme le KeyStone XL (abandonné par l’administration Obama mais que Trump souhaiterait relancer), Énergie Est ou encore TransMountain sont devenus un champ de bataille majeur en Amérique du Nord en raison de leur caractère stratégique à la fois pour l’industrie pétroliere et pour la cause du climat. Leur construction permettrait en effet de poursuivre le développement des sables bitumineux canadiens, une source d’énergie potentiellement considérable mais extrêmement coûteuse et émettrice de gaz à effet de serre.

Si l’on met souvent en avant le rôle des intérêts pétroliers et gaziers dans la promotion de ce type d’infrastructures, le secteur de la construction et du BTP en est l’autre grand bénéficiaire. Vinci, à travers sa filiale Spiecapag, s’affiche comme « l’une des premières entreprises mondiales dans le domaine des oléoducs, des gazoducs et des systèmes associés ». La multinationale française s’occupe en ce moment même du chantier du gazoduc lui aussi très controversé Trans Adriatic Pipeline en Albanie et en Grèce (lire notre enquête : Des Italiens se battent pour protéger leurs oliviers contre un gazoduc géant soutenu par Vinci et la Société générale).

Olivier Petitjean

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Photo : US Geological Survey


Nicolas Hulot recule sur la fin des hydrocarbures

jeu, 12/10/2017 - 19:36

L’Assemblée nationale a adopté, mardi 10 octobre en première lecture, par une large majorité de 316 voix contre 69, le projet de loi porté par Nicolas Hulot sur la fin de l’exploitation des hydrocarbures en France d’ici à 2040. La majorité et la Nouvelle Gauche ont voté pour, communistes et « insoumis » se sont abstenus et une majorité des Républicains ont voté contre. 47 députés se sont abstenus.
On en attendait beaucoup, le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle déçoit. Des portes restent ouvertes, et nous savons combien les pétroliers et gaziers savent s’y engouffrer.

LE MONDE | 05.10.2017 à 17h08 • Mis à jour le 06.10.2017 à 10h12 |Par Pierre Le Hir

Le projet de loi, dont les députés ont achevé mercredi l’examen, prévoit des exceptions à l’arrêt en 2040 de la production française de pétrole et de gaz.

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Il est décidément bien difficile de s’affranchir des énergies fossiles. Même lorsqu’il s’agit simplement de programmer l’arrêt de l’extraction pétrolière et gazière en France, où cette production couvre à peine 1 % de la consommation nationale. Le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, en a fait l’expérience, lors de l’examen à l’Assemblée nationale, mardi 3 et mercredi 4 mars, de son projet de loi mettant fin à la recherche et à l’exploitation des hydrocarbures. Le texte, qui fera l’objet d’un vote public mardi 10 octobre, prévoit en effet des exemptions qui en limitent la portée, en ne fermant pas hermétiquement les vannes des hydrocarbures.

« Nous devons entamer une cure de désintoxication » en « refusant de céder à cette addiction » [aux fossiles], a pourtant plaidé le ministre en ouverture des débats. Cela, pour « atteindre aussi vite que possible, et au plus tard au milieu du siècle, la neutralité carbone ». Les députés de la Nouvelle Gauche ont du reste fait ajouter au texte une référence à l’accord de Paris sur le climat, pour bien signifier que la lutte contre le réchauffement était le fil rouge de ce projet de loi.

Poids des lobbys

Mais, tout au long de deux journées de discussions souvent tendues, M. Hulot s’est confronté, avec un certain stoïcisme, au poids des lobbys mais aussi aux contraintes de la législation en vigueur restreignant sa marge de manœuvre. Placé sous les tirs croisés, d’un côté de députés défendant avec virulence les intérêts des industriels et des territoires concernés – à commencer par le bassin de Lacq (Pyrénées-Atlantiques) –, de l’autre d’ONG très actives sur les réseaux sociaux, il a dû surtout composer avec l’actuel code minier, dont les principes remontent à… une loi impériale de 1810. Ce pesant corpus sanctuarise en particulier la règle du « droit de suite », qui veut qu’une prospection fructueuse est automatiquement suivie de la délivrance d’un titre d’exploitation du gisement.

Lire aussi :   Le texte sur les hydrocarbures, premier test politique pour Nicolas Hulot

Certes, l’acquis essentiel a été préservé : à compter de la promulgation de la loi – avant la fin de l’année si tout va bien –, plus aucun permis de recherche ou d’exploitation « du charbon et de tous les hydrocarbures liquides ou gazeux, quelle que soit la technique employée », ne sera accordé. Seul le gaz de mine, ou grisou, échappe au couperet, ce gaz, présent dans les veines de charbon exploitées par le passé, devant être récupéré pour éviter un risque d’explosion et son relâchement dans l’atmosphère.

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Pour autant, la fin annoncée de la production d’hydrocarbures en France ne sera effective qu’en 2040, voire au-delà. A l’origine, la « loi Hulot » excluait toute prolongation des concessions déjà accordées, soit 63 permis d’exploitation de gisements de pétrole et de gaz dans l’Hexagone, principalement dans les bassins parisien et aquitain.

 Lire aussi :   Nicolas Hulot ferme les vannes des hydrocarbures

Droit de suite

Un premier recul a consisté à autoriser la prolongation des concessions existantes, sous réserve que leur échéance n’excède pas 2040. Les projections du ministère montrent que cette mesure conduit à la décrue progressive de la production nationale d’hydrocarbures, mais à son arrêt complet autour de 2040 seulement.

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Or, en séance publique, M. Hulot a fait adopter un amendement du gouvernement, qui marque un nouveau recul. Les concessions attribuées en vertu du droit de suite ne pourront pas aller au-delà du 1er janvier 2040… sauf si le titulaire du permis« démontre (…) qu’une telle limitation ne permet pas de couvrir ses coûts de recherche et d’exploitation en vue d’atteindre l’équilibre économique par l’exploitation du gisement découvert ». Actuellement, 31 permis de recherche sont en cours de validité, en métropole, mais aussi en Guyane et dans les Terres australes et antarctiques françaises.

Il s’agit de « donner de la sécurité juridique au projet de loi et de protéger l’Etat », a défendu le ministre. En effet, justifie-t-il, le droit de suite se traduisant jusqu’ici par une concession de vingt-cinq à cinquante ans, les industriels auraient pu attaquerle texte devant le Conseil constitutionnel et réclamer « d’immenses compensations », au motif que leurs droits acquis étaient bafoués.

LE RISQUE POUR M. HULOT EST QUE SA PREMIÈRE LOI, PRÉSENTÉE COMME UN PHARE ÉCLAIRANT LE CHEMIN DE LA SORTIE DES FOSSILES, SE TRANSFORME EN UN SIMPLE FALOT

Les ONG environnementales, elles, y voient une « renonciation ». « Cet amendement est le symbole de la frilosité du gouvernement, déplore Juliette Renaud, des Amis de la Terre. Il n’ose pas toucher au code minier, qui pourtant réduit sa capacité d’action à presque néant. » De son côté, Nicolas Haeringer, de 350.org, estime qu’« au nom d’une conception datée de la “liberté d’entreprendre”, inadaptée au défi que représente le réchauffement climatique, les députés ont manqué une opportunité rare de voter un texte qui aurait dû servir d’exemple au reste de la communauté internationale ».

D’autant qu’un autre amendement, présenté par le groupe du Mouvement démocrate et apparentés, a introduit une exemption supplémentaire. Elle est au bénéfice du bassin de Lacq, dont le gaz est riche en hydrogène sulfuré servant à la production de soufre. Cet « hydrocarbure connexe » devra toutefois être utilisé localement. Les élus des Pyrénées -Atlantiques s’étaient fortement mobilisés pour obtenir ce « passe-droit ».

Recul sur le gaz de schiste

Les associations regrettent encore le vote d’un amendement, à l’initiative du gouvernement là encore, sur les hydrocarbures non conventionnels, gaz et huile de schiste notamment. A ce jour, seule la technique de la fracturation hydraulique, très nocive pour l’environnement, est proscrite en France. La commission du développement durable de l’Assemblée avait convenu que soit écartée « toute autre méthode ayant pour but de modifier notablement la perméabilité de la roche ou du réservoir de manière irréversible ». Cela, pour fermer définitivement la porte au gaz de schiste.

L’exécutif a corrigé le texte par une formule qui prohibe « toute autre méthode ayant pour but de conférer à la roche une perméabilité ». Une expression qui, selon les associations, « vide en réalité de tout son sens la définition des techniques interdites » – toutes les roches étant par nature plus ou moins perméables –, ce qui laisse la voie ouverte à des méthodes d’extraction non conventionnelles. « Nous laissons définitivement les gaz de schiste dans le sous-sol », n’en a pas moins assuré M. Hulot.

La vigueur des débats à l’Assemblée, où Les Républicains avaient déposé des motions de rejet préalable et de renvoi en commission, augure sans doute du sort qui attend le projet de loi lors de son passage au Sénat, où les dernières élections ont renforcé la majorité de droite. Comme elle l’a fait durant ces deux jours, l’opposition y reprendra à coup sûr les arguments des industriels. Ceux d’une loi qui, selon Francis Duseux, président de l’Union française des industries pétrolières, « conduira à augmenter les émissions de gaz à effet de serre puisque ce qu’on ne produit pas en France, il faudra bien l’importer », le PDG du pétrolier français Total, Patrick Pouyanné, déclarant de son côté : « Si je ne peux pas explorer en France, j’explore ailleurs. »

Obstacle du Sénat

C’est oublier – ou feindre d’oublier – que la loi de transition énergétique de 2015 impose à la France de réduire de 30 % la consommation d’énergies fossiles en 2030. Si elle est respectée, le modeste 1 % des besoins nationaux concerné par le nouveau texte sera donc dilué dans le reflux général. Il faut s’attendre néanmoins à ce que les sénateurs « détricotent » le texte, et à ce que la commission mixte paritaire qui sera alors réunie échoue à trouver un compromis. Ce qui laissera aux députés la responsabilité de la rédaction finale du texte.

Reste que pour M. Hulot qui, devant les députés, a mis en avant son « pragmatisme » pour « avancer » sur un terrain miné, le risque est que sa première loi, présentée comme un phare éclairant le chemin de la sortie des fossiles, se transforme en un simple falot. Donnant peut-être raison à Europe Ecologie-Les Verts, qui considère que « ces reculs sont significatifs des rapports de force gouvernementaux, laissant à Hulot la liberté communicationnelle mais l’empêchant de mener à terme ses réformes ».

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/energies/article/2017/10/05/nicolas-hulot-recule-sur-la-fin-des-hydrocarbures_5196707_1653054.html#LMysXcrKb6iqpRwQ.99


MOBILISATION. Il n’est pas trop tard pour stopper le CETA!!

jeu, 12/10/2017 - 19:04

Dès maintenant mobilisons nous pour interpeller nos parlementaires et exiger un referendum sur le CETA!
RDV sur la pétition sur www.stop-ceta.fr, sur les réseaux sociaux, devant les permanences de vos parlementaires, lors de leurs sortie publiques, … tous les moyens sont bons pour aller leur demander de mettre en place un referendum!
Et le 18 novembre, retrouvons-nous dans la rue partout sur le territoire, pour dire notre opposition au CETA.

Contexte :
Le CETA est un accord de commerce et d’investissement entre le Canada et l’Union Européenne dont les négociations se sont déroulées dans une parfaite opacité. Pourtant, les dernières études (même celle commandée par le gouvernement) font part de risques importants pour de nombreux aspects de nos vies (le climat, l’emploi, les services publics, la démocratie, l’agriculture, l’environnement, la santé, l’alimentation, la culture …).

Le CETA vise à supprimer les derniers droits de douane et à niveler les réglementations vers le bas des deux côtés de l’Atlantique. Le CETA offre des droits exceptionnels aux multinationales grâce notamment à deux mécanismes extrêmement dangereux et foncièrement anti-démocratiques :

– Le forum de coopération réglementaire, qui associe de nombreux lobbyistes dans ses groupes de travail et peut, avant qu’un texte de loi arrive au parlement, l’enterrer ou l’affaiblir.

– Un tribunal d’arbitrage qui permettra aux investisseurs présents au Canada de poursuivre un État si une nouvelle réglementation nationale ou locale risque de porter atteinte à leurs bénéfices.

En février 2017, le CETA a été adopté par le parlement européen (qui n’avait pas la possibilité de modifier le texte) : seuls 16 des 74 députés européens français ont approuvé ce traité de libre-échange !

Alors tout est fini? Bien sûr que non! Le traité est entré en application provisoire, ce qui signifie bien que nous pouvons encore stopper le CETA : il est mis en œuvre dans sa majeure partie en attendant que tous les États européens le ratifient.

CETA nous de choisir!

La portée du CETA, et de tous les autres traités « de nouvelle génération », est tellement large qu’il est indispensable de prendre le temps d’un véritable débat public et de mettre en place un référendum sur le CETA! Emmanuel Macron lui-même notait que ce traité « a été conçu à l’écart du processus démocratique, dans une forme de décision qu’il nous faudra changer en Europe pour l’avenir.» Nous disons aujourd’hui à Emmanuel Macron et à tou.te.s les parlementaires français.es qu’il ne faut pas attendre les prochains traités pour mettre en place des processus démocratiques et permettre à toutes et à tous de s’emparer du débat!


In Salah prépare la riposte: Toute l’actualité sur liberte-algerie.com

dim, 08/10/2017 - 18:29

In Salah prépare la riposte – Découvrez gratuitement tous les articles, les vidéos et les infographies de la rubrique valeur sur liberte-algerie.com

Le comité anti-gaz de schiste, appelé comité des 22, a repris de l’activité immédiatement après l’annonce d’Ahmed Ouyahia et s’attelle à mobiliser pour tenter de faire renoncer le gouvernement à son projet.

L’annonce, pour le moins inattendue, faite avant-hier par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, relative à l’autorisation d’exploitation du gaz de schiste, est très mal accueillie par les habitants d’In Salah, farouchement opposés à cette option. Ce qui risque, ainsi, de raviver les protestations contre le gaz de schiste. Des protestations qui ont duré, on se le rappelle, plusieurs semaines dans cette ville, au début de l’année 2015. Cliquer sur le lien ci dessous. ci dessous

Source : In Salah prépare la riposte: Toute l’actualité sur liberte-algerie.com


Face au chantage aux subventions, les parcs régionaux acceptent la centrale de Gardanne

ven, 06/10/2017 - 10:16

4 octobre 2017 / Pierre Isnard-Dupuy (Reporterre)

Les parcs naturels du Luberon et du Verdon acceptent la centrale à biomasse de Gardanne à laquelle ils s’étaient opposés. Renonçant à leur plainte déposée en 2015. Quant à l’association FNE, elle réfléchit à sa position. La raison ? Parcs et association étaient menacés de se voir privés de subventions.

  • Valensole (Alpes-de-Haute-Provence), reportage

Ils s’inquiétaient de l’impact du projet de centrale à biomasse de Gardanne (Bouches-du-Rhône) sur la forêt provençale et avaient porté leurs interrogations au tribunal. Las ! Après la menace aux subventions de la région Paca, les parcs régionaux du Verdon et du Luberon ont signé, vendredi 29 septembre, un protocole d’accord avec Uniper, le gestionnaire de la centrale, acceptant l’abandon des poursuites. Reporterre était présent lors de la signature des parcs et fait le récit de ce feuilleton très politique.

Dans les tuyaux depuis 2012, l’unité à biomasse de la centrale thermique de Provence aurait dû commencer sa production d’électricité fin 2014. Uniper, ancienne filiale d’E.ON, prévoit d’y brûler 850.000 tonnes de bois par an. Un gâchis environnemental selon de nombreux élus locaux, collectifs et associations écologistes, qui s’inquiètent de l’effet d’entraînement qu’aura cette usine sur « l’industrialisation de la forêt ». Localement, ce sont les nuisances sonores, les pollutions à cause des particules fines, des rotations de camion et des cendres qui sont critiquées.

La centrale thermique de Provence, à Gardanne (Bouches-du-Rhône).

Le 8 juin dernier, le tribunal administratif de Marseille rendait une décision sans précédent. Saisi en 2015 par les parcs naturels régionaux (PNR) du Luberon et du Verdon, des collectivités locales et des associations environnementales, il a estimé que l’étude d’impact du projet de conversion au bois, faite sur un rayon de 3 km autour de la centrale, était insuffisante. La justice donnait raison aux requérants en annulant l’autorisation d’exploitation et en imposant une nouvelle étude d’impact portant sur l’ensemble du périmètre d’où provient le bois. Voilà qui pourrait faire jurisprudence.

« En droit, on appelle cela du chantage »

Mais depuis, la préfecture des Bouches-du-Rhône a offert une autorisation provisoire de 9 mois à l’énergéticien pour continuer ses activités dans l’attente d’une mise en accord avec les termes du jugement. Et de leur côté, Uniper et… Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique, ont fait appel de la décision de justice. De quoi doucher les écologistes mobilisés sur ce dossier.

Un nouveau coup de gourdin leur a été asséné avec les menaces de Renaud Muselier, président (LR) de la région Paca, dans un communiqué publié dès la parution du jugement : « Il va de soi que nous ne pourrions pas continuer à accompagner des structures qui prendraient une position contraire à celle de la Région sur un projet d’une telle importancpe pour notre avenir collectif. Il est temps que chacun se ressaisisse et comprenne que l’écologie n’est ni une doctrine ni une idéologie, mais doit être mise au service de l’économie pour faire de la croissance verte un atout et faire gagner la France. »

En clair : soit vous marchez avec la région et Uniper, soit on vous coupe les vivres. Un message adressé aux PNR du Luberon et du Verdon et à France nature environnement Paca (FNE Paca).

Sous l’ancienne majorité (PS, EELV, FG), la région s’était prononcée en faveur d’un moratoire sur le projet d’unité à biomasse, suivant en cela les PNR, qui s’inquiétaient d’une mobilisation trop importante de la ressource en bois au détriment des usages locaux et de la biodiversité.

Renaud Muselier, président de la région PACA : « L’écologie doit être mise au service de l’économie pour faire de la croissance verte. »

« Par le passé, nous avons eu des interlocuteurs avec lesquels nous étions en désaccord juridique sur des sujets particuliers, comme la THT Haute Durance, ce qui n’a pas entraîné pour autant l’arrêt de leur soutien », rappelle Gilles Marcel, président de FNE Paca. « Cette situation nouvelle s’inscrit dans une période difficile pour les associations, qui voient une baisse globale du soutien des institutions », ajoute l’écologiste, qui s’inquiète d’une « situation délicate » mettant en danger la dizaine d’emplois de la fédération FNE régionale. Elle a été reçue au conseil régional au cours de l’été pour envisager un protocole d’accord avec la région et Uniper. « Nous souhaitons le redémarrage d’une relation normale avec la région. Nous avons la volonté de nous engager dans le protocole d’accord, mais on ne signera rien si c’est contraire à nos convictions, à savoir défendre l’intérêt général et la santé des populations », plaide Gilles Marcel. Sur le fond, le président de FNEPaca reste convaincu que l’unité à biomasse de la centrale de Gardanne « reste un projet d’une autre époque. Ce n’est pas comme cela que l’on entend la biomasse, mais plutôt en valorisant les chaufferies locales ».

« Avec 70 à 80% de notre budget qui dépend de la région, comment voulez-vous que l’on ait la capacité de décider ? » s’indigne un élu du parc du Verdon. « En droit, on appelle cela du chantage. Mais nous allons y mettre les formes pour exprimer notre désaccord, sans oublier qu’il n’y a eu aucune concertation depuis le début sur ce dossier », exprime un autre délégué du parc du Verdon.

Ce vendredi 29 septembre, les deux PNR du Luberon et du Verdon ont réuni un comité syndical spécial commun dans la salle polyvalente du village de Valensole (Alpes-de-Haute-Provence), situé sur le territoire du PNR du Verdon. L’unique question à l’ordre du jour, posée à la soixantaine de délégués présents, étant la « suite à donner » sur le dossier de la centrale à bois : s’engager dans un protocole d’accord quadripartite (Luberon, Verdon, région, Uniper) ou poursuivre les actions en justice [1]. La réunion était ouverte au public, mais sans que la presse ait reçu d’invitation. Seul média présent, Reporterre.

Le protocole d’accord entre Uniper et les parcs naturels régionaux du Luberon et du Verdon.

Le protocole prévoit l’encadrement de l’étude d’impact conformément aux critères du programme national de la forêt et du bois. Uniper s’engage à faire œuvre de transparence en informant les parcs, « une fois l’an, à l’échelle communale, les quantités de bois déclarées par ses fournisseurs »sur les territoires concernés. En contrepartie, les PNR abandonnent toute action en justice. Les quatre parties s’engagent à l’animation de la filière bois locale, qui valoriserait le sylvopastoralisme en répondant aux « difficultés en raison de la fermeture progressive des milieux », respecterait les paysages et la biodiversité et aiderait la politique de lutte contre les incendies. L’étude d’impact est prévue pour un temps très court, jusqu’au 22 décembre, « délai réglementaire et temps de transmission aux services de l’État » compris. Les parties s’engagent pour 3 ans, avec la possibilité de rompre leur participation si elles jugent que les conditions du protocole ne sont pas respectées.

« Nous nous réunissons pour une décision importante pour nos territoires et nos structures. L’exécutif régional a souhaité se placer en médiateur. Nous avons travaillé cet été avec les services régionaux pour sortir d’un blocage », expose en ouverture Bernard Clap, président du parc du Verdon et maire de Trigance, dans le Var. « Le protocole nous fait certes renoncer à nos actions juridiques, mais inscrit le respect de chacun que nous demandons », poursuit la présidente du PNRdu Luberon, Dominique Santoni, maire (LR) d’Apt, dans le Vaucluse. « On a passé quelques mois un peu compliqués, dit Éliane Bareille, conseillère régionale (LR) des Alpes-de-Haute-Provence, qui représente la région au PNR du Verdon ; mais tous ensemble nous avons eu la volonté de trouver des solutions et de répondre à une gestion transparente et durable de la ressource locale qui sera un levier pour un développement équilibré du territoire, pour l’approvisionnement durable des différentes filières et la reconquête de la biodiversité ».

« La forêt de Provence ne tiendra pas le choc »

Puis la parole est laissée aux représentants d’Uniper. Jean-Michel Trotignon, chargé des relations institutionnelles pour Uniper France, entend « balayer les problèmes que nous rencontrons et ramener un certain nombre d’infos ». Son argumentaire invoque la « transition » pour « abandonner l’ancien monde, passer du fossile au renouvelable. On ne prétendra jamais que pour les 80 ans à venir l’ensemble de l’électricité devra se faire en biomasse », se veut-il rassurant. Dans un long exposé appuyé d’un PowerPoint, Jean-Michel Trotignon et Gilles Martinez, ingénieur forestier chez Uniper, tentent de désamorcer les critiques. « Nous avons un modèle économique innovant, autre que celui de la papeterie, qui amènera des retombées économiques dans les territoires ruraux »,affirme Gilles Martinez. « Le plan d’approvisionnement se compose à 20 % de bois de coupe en forêt méditerranéenne, sur Paca et Languedoc-Roussillon, soit un rayon de 250 km autour de la centrale, 10 % de recyclage, 55% d’importation et 15 % de plaquettes d’élagage », poursuit Jean-Michel Trotignon. Un engagement sur les dix premières années avant que l’importation ne soit abandonnée les dix années suivantes.

Le bois d’importation vient d’Espagne et du Brésil. « Rassurez-vous, ce n’est pas du bois issu de la déforestation, mais de plantations d’eucalyptus certifiées », précise Jean-Michel Trotignon. Une monoculture d’eucalyptus qui accueille des plants transgéniques, qui s’est faite sur une partie de l’Amazonie déforestée et sur la destruction de la savane du Cerrado. Signe que la certification PEFC ou FSC, sur l’ensemble des bois pour Uniper, ne garantit rien. Si les deux hommes souhaitent exposer des bonnes pratiques, présentées comme nouvelles, en réalité le modèle d’E.ON puis d’Uniper n’a pas évolué. Dans les propos de Jean-Michel Trotignon, seul le périmètre d’approvisionnement local, initialement de 400 km, a changé.

Le rayon d’approvisionnement de la centrale de Gardanne.

Uniper finit par se retirer de la salle pour laisser débattre les élus des parcs. Il ne reste que 25 minutes du temps imparti. « Uniper fait ce qu’il aurait dû faire au dépôt de son dossier, donc quelle garantie avons-nous de la part de cette entreprise ? Pour quelle raison tient-on à la suppression de la possibilité d’agir en justice ? La part belle est faite à Uniper au détriment des parcs. Ce n’est pas un protocole où les parties sont à égalité », affirme Alain Deille, délégué au PNR du Luberon et maire d’Oppède (Vaucluse). L’intervention est applaudie par les deux tiers de l’assistance. Pour Pierre Pessemesse, le représentant de Sivergues (Vaucluse) au sein du PNR du Luberon et « propriétaire forestier de 300 hectares », le projet « n’a pas beaucoup d’impact. Il y a trop de bois, on peut prélever »« Les déchets verts sont un problème pour beaucoup de nos territoires. La centrale apporte des solutions pour leur gestion », pense Bénédicte Martin, conseillère régionale (LR) du Vaucluse et représentante au PNR du Luberon. Ces deux interventions sont applaudies par l’autre tiers de l’assemblée. « Les critiques sont mesurées. Si nous avions écrit ce protocole, il ne serait pas celui-là, dit Paul Corbier, représentant de Saint-Julien-du-Verdon et vice-président du parc, en guise de résumé du débat. Mais après le clash entre la région et les parcs, le dialogue est renoué. Certes, le protocole n’est pas satisfaisant à 100%, mais je voterai pour, comme vote d’approbation de notre président », semble-t-il se satisfaire. Malgré les désapprobations marquées, la décision rendue par les votes engage les parcs dans le protocole : à l’unanimité moins 5 abstentions du côté du Verdon ; 31 pour, 11 contre et 7 abstentions pour le Luberon. « Il est évident que nous aurons un regard vigilant. Je m’engage à assurer que le protocole soit assumé, c’est un message pour la région et pour Uniper », avertit le président du PNR du Verdon en guise de conclusion.

Le passage en force de la région est à comprendre aussi dans un contexte où les exécutifs régionaux de droite mènent des politiques antiécologistes et lâchent les associations environnementales. À l’image d’un Laurent Wauquiez, chef de file des Républicains, qui se fait pilote en la matière dans sa région Auvergne — Rhône-Alpes« C’est une offensive généralisée contre les PNR, que la droite n’aime pas », commente Nicholas Bell, de l’association SOS Forêt du Sud.

À Gardanne, la cheminée de la tranche biomasse fume en continu depuis plusieurs jours. « Nous en sommes à la phase finale des tests. Nous avons déjà fourni de l’électricité au réseau. La mise en service est prévue pour les prochaines semaines », explique Jean-Michel Trotignon. « La forêt de Provence ne tiendra pas le choc. Si l’étude d’impact est bien faite, elle remettra en cause l’autorisation d’exploitation », juge Martine Vallon, de FNE 04. La fédération des Alpes-de-Haute-Provence poursuit les actions en justice. Tout comme, notamment, l’Association de lutte contre les nuisances et la pollution (ALNP), animée par les riverains de la centrale. Début 2018, l’appel ouvrira le jugement sur le fond du dossier.

Les présidences des parcs du Luberon et du Verdon n’ont pas souhaité que Reporterrephotographie la réunion du comité syndical spécial tenu à Valensole le vendredi 29 septembre.

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[1] Les requérants ont jusqu’au 15 novembre pour faire part de leurs observations en vue de l’appel et pour éventuellement attaquer la décision d’autorisation provisoire délivrée par la préfecture le 9 juin.

Lire aussi : La centrale à biomasse de Gardanne est un contre-sens écologique, selon les opposants

Source : Pierre Isnard-Dupuy pour Reporterre

Photos : © Pierre Isnard-Dupuy/Reporterre sauf :
. chapô : Déchargement de granulés de bois (« pellets », en anglais) à destination de la centrale de Gardanne, au port de Fos : © E. Bonici
. Renaud Muselier : Wikimedia (Lolofi13/CC BY–SA 3.0)
. carte : © Uniper

Documents disponibles

  Le protocole d’accord entre Uniper et les parcs naturels régionaux du Luberon et du Verdon.  DOSSIER    Forêt

 THEMATIQUE    Energie

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Hydrocarbures: l’Écosse va interdire la fracturation hydraulique

mer, 04/10/2017 - 10:11

Source : Romandie News

 

Édimbourg – Le gouvernement écossais a annoncé mardi qu’il allait faire interdire la technique de la fracturation hydraulique pour exploiter le gaz et le pétrole de schiste, évoquant le respect de l’environnement et l’opposition des riverains.

©AFP / 03 octobre 2017 16h51

« Nous avons écrit aujourd’hui aux autorités locales à travers l’Ecosse pour leur signifier que le moratoire resterait en place indéfiniment », a expliqué Paul Wheelhouse, le ministre de l’Energie du gouvernement régional devant le Parlement d’Edimbourg. L’Ecosse avait mis en place depuis début 2015 un moratoire temporaire sur l’extraction via la fracturation hydraulique.

« Cette décision que j’annonce signifie que la fraturation hydraulique ne peut avoir lieu et qu’elle n’aura pas lieu en Ecosse », a souligné le ministre, ajoutant que les mesures prises seraient « suffisantes pour interdire efficacement l’extraction du pétrole et du gaz non conventionnel en Ecosse ».

Cette décision du gouvernement doit encore recevoir l’assentiment du Parlement régional, mais cette approbation ne fait aucun doute, vu que l’exécutif dirigé par le Parti national écossais (SNP) y dispose de la majorité, et que le Parti Travailliste comme les Verts représentés au Parlement sont aussi favorables à l’interdiction.

Pour expliquer sa décision, M. Wheelhouse s’est appuyé sur les conclusions d’une vaste enquête menée auprès des populations habitant les zones dont les sous-sols contiennent des hydrocarbures. Pas moins de 99% des personnes ayant répondu à cette enquête se sont dites opposées à la fracturation hydraulique.

Le ministre a aussi mis en avant que si l’Ecosse donnait son feu vert à cette technique, elle allait élever sa production de gaz à effet de serre, ce qui risquait de rendre plus difficile à atteindre ses objectifs de réduction d’émission dans le cadre des accords internationaux pour limiter le réchauffement climatique.

In fine, a-t-il mis en exergue, « l’Ecosse doit dire non à la fracturation hydraulique », même en tenant compte des bénéfices économiques et de l’activité sociale qui seraient générés en cas de feu vert à cette extraction.

– Projets en Angleterre –

Une responsable de Greenpeace au Royaume-Uni a salué cette décision« comme une grande victoire pour les milliers de personnes qui font campagne contre la fracturation hydraulique depuis six ans ». « Contrairement à Westminster, Holyrood écoute l’opinion publique », a-t-elle ajouté en référence aux sièges des pouvoirs de l’Etat britannique et du gouvernement région écossais.

Les autorités britanniques ont donné leur feu vert à quelques projets pilotes hors d’Ecosse, notamment dans le Lancashire (nord-ouest de l’Angleterre). Des forages ont débuté même si aucun hydrocarbure n’a été extrait jusqu’à présent.

Le procédé de fracturation hydraulique consiste à créer des fissures souterraines et y infiltrer un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques pour permettre l’extraction de gaz capturé dans la roche.

Un député conservateur écossais, Dean Lockhart, a regretté que l’économie écossaise « rate le bon wagon », citant un rapport assurant que l’utilisation de la fracturation hydraulique pourrait générer au total 4,6 milliards de livres (5,2 milliards d’euros) d’activité économique et créer des milliers d’emplois.

Un haut responsable du syndicat GMB en Ecosse, Gary Smith, a traité pour sa part le gouvernement régional SNP de « malhonnête » en rappelant que l’Ecosse importait « des quantités énormes de gaz de schiste produites aux Etats-Unis de Trump ».

Depuis septembre 2016, du gaz de schiste est livré en provenance des Etats-Unis à la raffinerie de Grangemouth, située sur la rivière Forth près d’Edimbourg. L’éthane y est utilisé pour fabriquer des matières plastiques afin de produire des bouteilles, des emballages alimentaires ou encore des câbles.


Veolia nettoie l’eau des pétroliers

dim, 01/10/2017 - 19:59

Source : Valeurs actuelles

Par 

Christine Murris

/ Vendredi 6 septembre 2013 à 16:000

TECHNOLOGIE. Traitement sous-marin, nanofiltration, usines “zéro rejet liquide” : le groupe développe des solutions sophistiquées pour améliorer la disponibilité et la propreté de l’eau, ressource indispensable à la production pétrolière et gazière.

Pour produire un baril de pétrole, il faut 3 à 5 barils d’eau ! Cette quantité peut aller jusqu’à 10 quand les champs pétrolifères sont difficiles d’accès. Pour le gaz de schiste, les besoins ne sont pas moindres : la production d’un mètre cube de ce gaz non conventionnel nécessite l’utilisation de 30 à 40 mètres cubes d’eau… Dans ces conditions, les industriels doivent s’assurer de la disponibilité constante d’une ressource devenue un facteur de production. Il leur faut aussi, après utilisation, traiter l’eau pour se conformer à des législations environnementales de plus en plus contraignantes.

Les opportunités que créent ces obligations de traitement en aval et en amont des sites de production n’ont pas échappé aux spécialistes de l’eau et de l’environnement : « C’est un marché gigantesque qui représente pour l’instant 1,5 milliard d’euros par an, assure Antoine Frérot, président de Veolia. Et il ne va pas en rester là… »

D’autant que le développement des énergies non conventionnelles et les difficultés croissantes d’accès à l’or noir ne font qu’accroître les besoins en eau, a fortiori dans les régions qui souffrent déjà de pénurie hydrique.

Pour tirer parti de cette situation, Veolia, « déjà présent sur le tiers du marché de l’eau dans les gaz non conventionnels », travaille en concertation avec les industriels du pétrole sur les process de production eux-mêmes.

Parmi ces exemples de coopération, la construction du complexe de Pearl, au Qatar. Là, l’entreprise a mis en place pour les installations de liquéfaction de Shell et de Qatar Petroleum la première usine de traitement d’eau “zéro rejet liquide” ; toutes les eaux nécessaires à la production sont collectées, drainées et traitées. L’eau propre restituée est réutilisée en totalité, soit à nouveau dans les installations de liquéfaction du gaz, soit pour l’irrigation de terres agricoles se trouvant à proximité. Les industriels du gaz et du pétrole n’ont guère le choix : le zéro rejet liquide de vient obligatoire dans le pays.

Autre nécessité, « innover en permanence et proposer des solutions techniques pointues ». Exemple, le projet Prélude, en Australie. Sur ce chantier développé pour Shell, Veolia a mis au point une nouvelle solution de traitement de l’eau de production sur la plateforme de liquéfaction de gaz off shore. « C’est une technologie dite MPPE (Macro Porous Polymer Extraction), qui permet de traiter non seulement l’huile en suspension dans l’eau de production, mais aussi d’autres déchets toxiques comme le benzène. Ce traitement va devenir obligatoire sur tous les nouveaux champs de gaz offshore en Australie », souligne Thierry Froment, directeur pétrole & gaz Veolia Eau. Cette technique, qui utilise des mi crosphères de plastique “drainantes”, fait disparaître toute trace de contaminants dans une eau qui peut alors être renvoyée dans le milieu naturel ou réutilisée dans le processus industriel.

Dans d’autres cas, des technologies déjà mises en oeuvre sur différents sites sont optimisées et adaptées à des besoins nouveaux. Ainsi, Veolia développe-t-elle avec Total et Saipem —compagnie italienne spécialiste de l’exploration pétrolière — une unité pilote de nanofiltration, la Springs Subsea Station, destinée à des installations sous-marines d’injection d’eau pour l’exploitation des champs pétrolifères. Une filtration très fine par membranes débarrasse l’eau de mer des substances chimiques indésirables (sulfates). Son intérêt majeur : l’unité, petite et mobile, peut être placée au plus près des puits, même s’ils sont situés en eau profonde. Pour l’instant testée en laboratoire, elle sera opérationnelle en 2014. Elle permettra aussi le rejet en milieu naturel d’une eau débarrassée de toute trace de pétrole.


Union Européenne : 112 milliards d’euros de subventions par an pour les énergies fossiles

dim, 01/10/2017 - 19:45
Source : Libération.  Aude Massiot — 29 septembre 2017 à 07:09 Les secteurs extrêmement polluants continuent de recevoir des aides publiques, malgré les engagements européens. D’après une étude du Réseau action climat publié jeudi, parmi ces subventions, les aides «directes» seraient toujours de 4 milliards d’euros par an.

Voir : http://www.liberation.fr/planete/2017/09/29/ue-112-milliards-d-euros-de-subventions-par-an-pour-les-energies-fossiles_1599525


France – Fin des hydrocarbures: l’Assemblée se lance mardi dans l’exploration de la loi « Hulot »

dim, 01/10/2017 - 19:09

(©AFP / 01 octobre 2017 11h26)

France/Fin des hydrocarbures: l’Assemblée se lance mardi dans l’exploration de la loi « Hulot »

Paris – Tourner la page de la production d’hydrocarbures en France: le projet de loi « Hulot », qui arrive mardi à l’Assemblée, est « un signal fort » pour le gouvernement, mais laisse certains défenseurs de l’environnement un peu sur leur faim et inquiète le secteur.

Avec ce projet de loi, fruit d’une promesse de campagne d’Emmanuel Macron, « nous sommes le premier grand pays à bannir (…) toute nouvelle exploration d’hydrocarbures », vante Nicolas Hulot, qui l’a présenté en commission comme « l’axe principal » du plan climat du gouvernement.

« Evidemment, cela représente une faible partie de notre consommation », a reconnu le ministre de la Transition écologique et solidaire, alors que la France ne produit que 1% du pétrole qu’elle consomme. « Mais commençons par ce qu’on peut faire chez nous. C’est plus qu’un signal ».

Nicolas Hulot espère ainsi que d’autres pays suivront cette entrée « en cellule de dégrisement » du charbon, gaz, ou encore pétrole, en cohérence avec les accords de Paris.

L’ex-ministre socialiste de l’Ecologie et de l’Energie, Delphine Batho, assure à l’AFP que « ce serait une erreur d’analyse de penser que le texte est uniquement symbolique ».

Mesure phare du projet, qui sera examiné jusqu’à jeudi: l’interdiction des nouveaux permis d’exploration d’hydrocarbures, liquides ou gazeux, y compris en mer. Les concessions d’exploitation existantes ne seront pas renouvelées au-delà de 2040.

Le texte, qui sera voté dans son ensemble mardi 10 octobre, encadre également le « droit de suite » permettant aux titulaires d’un permis de recherche d’obtenir une concession en cas de découverte. Ce droit n’est pas supprimé, au nom d’un risque de « contentieux », mais ne pourra excéder 2040.

Il autorise par ailleurs le gouvernement à légiférer par ordonnances sur le stockage du gaz.

Si les associations environnementales ont globalement salué « l’esprit » de la réforme, elles ont pointé des « failles », en particulier le maintien de ce « droit de suite » et l’absence de dispositions pour réduire les importations.

– « Hypocrisie totale » –

A l’inverse, le secteur pétrolier estime que le texte « ne présente que des inconvénients » et « conduira à augmenter les émissions de gaz à effet de serre, puisque ce qu’on ne produit pas en France, il faudra l’importer ».

L’élu LR Julien Aubert a, lui aussi, pointé « une confusion évidente entre la notion de consommation et la notion d’importation », dénonçant en commission « un non-sens environnemental ».

Des élus de territoires concernés se sont aussi émus, comme les députés des Pyrénées-Atlantiques, Jean-Paul Mattei (MoDem) et David Habib (Nouvelle Gauche), pour le bassin industriel de Lacq.

Le premier espère que son groupe, allié à LREM, le suivra pour demander d’aménager le texte qui « n’est pas adapté » au bassin, le second entendant aussi plaider « le report de 2040 » et mettant en avant que la filière représente 25.000 emplois.

Le rapporteur, Jean-Charles Colas-Roy (LREM, Isère), leur rétorque par avance que le texte « laisse quand même 22 ans » pour effectuer une transition, et respecte « les entreprises qui ont des droits acquis ».

Défendant auprès de l’AFP un « bon équilibre », ce cofondateur d’une société dans le conseil en efficacité énergétique répond aussi à ceux qui regrettent qu’il ne traite pas de la consommation que ce projet « emblématique » n’est que le premier d’une longue série.

Pour Delphine Batho, le texte « marque un passage à l’acte après l’accord de Paris, et a une portée concrète », alors qu’elle se souvient « au gouvernement, des pressions pour signer des permis d’exploration », dans un domaine où les lobbies sont puissants. Satisfaite des « failles » comblées en commission, elle espère encore des « progrès » pour « répondre à l’impact économique et social » ou inscrire l’objectif de neutralité carbone.

Observant que « les débats traversent les groupes », cette vice-présidente du groupe Nouvelle Gauche a cependant espéré « la majorité la plus large possible » et vanté un « ministre solide ».

Un élu hostile au projet de loi livre une vision opposée: « Hulot, personne n’ose lui rentrer dedans », lâche-t-il, dénonçant « une hypocrisie totale car on va continuer à importer ».


Loi Hulot : redonnons à l’État le pouvoir de dire non !

ven, 22/09/2017 - 09:50
source: les amis de la terre

Les réserves de charbon, de gaz et de pétrole actuellement exploitées suffisent à nous engager dans la voie d’un réchauffement climatique supérieur à 2°C (soit au-dessus de l’objectif fixé par l’Accord de Paris). La France doit montrer l’exemple, et ne plus octroyer aucune nouvelle concession (permis d’exploitation) : pas de permis pour les fossiles.

En l’état, les mesures proposées dans le projet de loi Hulot ne suffisent pas. Et l’industrie fossile va s’employer à faire pression sur les député.e.s, pour que la portée du texte soit encore réduite. Mobilisons nous pour que l’État ne cède pas face à l’industrie fossile !

Pour cela, nous avons besoin de vous, écrire aux 137 député.e.s membres des commissions Affaires économiques et Développement durable de l’Assemblée, qui décideront, lundi et mardi prochains, des amendements retenus, avant le vote du texte de loi le 3 octobre.

CLIQUEZ ICI POUR ÉCRIRE AUX DÉPUTÉS

Message qui sera envoyé aux députés :
Madame la députée, Monsieur le député,

La commission dont vous êtes membre examinera dans quelques jours le projet de loi Hulot.

Vous avez là une occasion unique d’écrire une page importante de la transition vers une société juste et durable. En l’état, les mesures proposées par le gouvernement ne permettent pas d’atteindre les objectifs annoncés.

Vous devez donc vous assurer que le texte de loi soit renforcé, en intégrant notamment deux dispositions clefs : – l’interdiction claire et définitive de l’exploration et de l’exploitation de tous les hydrocarbures non conventionnels, quelle que soit la technique employée ; – des restrictions réelles au droit de suite, pour que la France n’accorde plus aucun permis d’exploitation à l’industrie fossile.

Bien à vous,

J’ENVOIE UN MESSAGE AUX DEPUTES

Les 25 et 26 septembre en commission, puis le 3 octobre prochain en plénière, les député.e.s se prononceront sur le projet de loi Hulot “mettant fin à la recherche ainsi qu’à l’exploitation des hydrocarbures conventionnels et non conventionnels et portant diverses dispositions relatives à l’énergie et à l’environnement“.

Le titre du projet de loi est prometteur, le contenu l’est moins.

Cette loi définira la manière dont la France entend mettre en oeuvre les engagements pris dans l’Accord de Paris, adopté à l’issue de la COP21. Nous saurons alors si le gouvernement prend au sérieux l’objectif de maintenir le réchauffement en deçà des 1,5°C.

La loi Hulot doit donc envoyer un signal fort, qui montre la détermination de l’État à agir face à l’urgence climatique. Le gouvernement ne doit pas se résigner face à un code minier qui donne tous les droits aux industriels. Cette loi est une opportunité unique de redonner à l’Etat le pouvoir de dire non aux pétroliers.

Elle doit être la réponse déterminée et exemplaire du gouvernement aux catastrophes climatiques telles que l’ouragan Irma.

En l’état, le projet de loi ne va pas assez loin – comme le montre notre note de décryptage, que 350.org, les Amis de la Terre FranceAttac France, et des collectifs Non au pétrole de schiste, au gaz de schiste et au gaz de couche, ont publié courant septembre.

La seule voie possible est de geler le développement de tout nouveau projet fossile, à commencer par les projets d’extraction de gaz et de pétrole : la France ne doit plus accorder aucune nouvelle concession (permis d’exploitation d’un gisement) à l’industrie fossile.

La loi doit également interdire clairement l’exploration et l’exploitation de tous les hydrocarbures non conventionnels, quelle que soit la technique employée. Cela inclut les gaz de couche, “cousins” du gaz de schiste, pour lesquels des forages exploratoires ont déjà commencé en Lorraine.

Or selon la version actuelle du texte de loi, l’exploitation en Lorraine pourrait avoir lieu. Le texte du projet de loi se limite à renoncer à l’octroi de nouveaux permis d’exploration. En l’état du texte, cette loi va permettre de prolonger jusqu’en 2040 les 63 concessions actuelles. Par ailleurs, une trentaine de permis d’exploration actuels vont pouvoir être prolongés et en vertu de ce qu’on appelle le “droit de suite”, donner potentiellement lieu à autant de concessions, dont l’échéance pourra même excéder 2040. Si le texte de loi ne change pas, l’Etat va rester pieds et poings liés face aux pétroliers.

Il existe pourtant des propositions d’amendements concrètes pour restreindre le “droit de suite” et redonner donc à l’Etat le pouvoir de dire non.

Ces prochains jours, l’industrie fossile va mobiliser ses moyens gigantesques pour pousser le gouvernement et les député.e.s à reculer. Nous devons donc nous mobiliser avec toute notre énergie, notre détermination et notre créativité pour pousser dans l’autre sens. Les député.e.s seront confrontés à un choix clair : défendre les intérêts de l’industrie fossile, ou bien écrire une nouvelle page de notre histoire, celle de la transition vers des sociétés justes et durables.

Nous vous recontacterons dans les jours qui viennent pour vous proposer de prendre part à des actions aussi simples qu’efficaces : pour envoyer un emails à des député.e.s, téléphoner à leur permanence, faire du bruit sur les réseaux sociaux et, pourquoi pas, participer à des actions symboliques avant l’adoption de la loi.

Une initiative conjointe de 350.org, les Amis de la Terre FranceAttac France, et des Collectifs Non au gaz de schiste et au gaz de couche.

Décryptage Loi Hulot – « Mettre fin aux énergies fossiles » ?

Ouragans, inondations : et si l’on poursuivait les multinationales pétrolières en justice ?

mar, 19/09/2017 - 10:36

CLIMAT

source: observatoire des multinationales

 

15 SEPTEMBRE 2017 PAR SOPHIE CHAPELLE

Sur fond de catastrophes naturelles historiques, une nouvelle étude pointe la responsabilité d’une poignée de multinationales pétrolières dans le réchauffement climatique. Ses auteurs suggèrent qu’elle soit utilisée pour porter ces multinationales devant les tribunaux.

L’intensité des ouragans augmentera t-elle à mesure que le mercure grimpe ? Après la provocation par Harvey d’inondations historiques au Texas, l’ouragan Irma s’est montré le plus puissant cyclone tropical observé jusqu’à présent aux Antilles. Au point que certains spécialistes plaident pour l’ajout d’un sixième niveau sur l’échelle de Saffir-Simpson [1]. « Plus la température de l’eau et le taux d’humidité sont élevés, plus le cyclone peut prendre de l’intensité. Or, ces deux éléments sont plus intenses du fait de l’augmentation de l’effet de serre, explique la climatologue Valérie Masson-Delmotte [2]. On considère qu’il y a 7 % d’humidité en plus dans l’atmosphère par degré de réchauffement. »

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Sebastien Mabile @SebastienM

Sur les 15 plus gros cyclones depuis 1 siècle, la moitié dans la dernière décennie. On réagit quand ?  

19:56 – 6 sept. 2017 Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité

Moins médiatisées, des catastrophes naturelles historiques ont affecté d’autres territoires ces dernières semaines. Décrété le 7 juillet, l’état d’urgence dans la province de Colombie-Britannique (Canada) vient d’être prolongé jusqu’au 15 septembre, du fait de la multiplication de feux de forêt d’une intensité inédite [3]. Mi-août, en Sierra Leone, plus de 500 personnes sont décédées et 600 toujours portées disparues, à la suite de coulées de boue causées par des pluies torrentielles [4]. La mousson historique qui frappe l’Asie du Sud aurait par ailleurs affecté 41 millions de personnes, selon les chiffres des Nations-unies, tué près de 1 400 personnes, et laissé plusieurs centaines de milliers de sans-abri [5].

Réchauffement : 90 multinationales en cause

Alors que ces catastrophes sèment la dévastation sur leur passage, une nouvelle étude publiée par l’ONG américaine Union of Concerned Scientists (UCS), pointe les 90 principales entreprises productrices de pétrole, gaz, charbon et ciment. Elles sont à l’origine de 57 % de la hausse de la concentration atmosphérique en CO2, de près de 50 % de la hausse de la température moyenne mondiale, et d’autour de 30 % de la hausse du niveau moyen des mers observées depuis 1880 [6]. Depuis 1980, les principaux responsables de la hausse des températures sont Saudi Aramco et Gazprom, suivis par ExxonMobil, National Iranian Oil Company, BP, Chevron, Pemex et Shell. Le français Total arrive en 17e position, juste derrière la Sonatrach algérienne.

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Thierry Salomon @ThierrySalomon

Pensons à tous les Irma, José, bientôt Katia et Lee : donnons aux 20 prochains cyclones, le vrai nom de ceux qui ont le plus émis de CO2 !

11:05 – 12 sept. 2017 Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité

Les plaintes pourraient se multiplier à l’encontre de ces entreprises. Aux États-Unis, deux comtés et une ville californienne – San Mateo, Marin et Imperial Beach – ont déposé plainte en juillet 2017 contre 37 entreprises pétrolières, gazières ou de charbon, dont Shell, Chevron, Statoil, Exxon et Total [7]. Enjeu : obtenir des compensations relatives aux coûts actuels et futurs d’adaptation à la montée du niveau de la mer liée au changement climatique. La plainte accuse les compagnies de s’être engagées, non pas dans un travail de réduction des impacts, mais « dans un effort coordonné pour dissimuler et nier leur connaissance de ces menaces ». En 2008, Kivalina, un petit village d’Alaska de 400 habitants, avait intenté un procès contre des compagnies pétrolières, dont BP et Chevron, demandant jusqu’à 400 millions de dollars pour relocaliser leur village face à la hausse du niveau de la mer. Leur dossier avait été rejeté au motif que c’était une question non pas juridique mais politique.

Les compagnies d’assurance et aériennes accusées de gonfler leurs prix

Des grandes entreprises sont également accusées de vouloir profiter de ces catastrophes amplifiées par les changements climatiques. Se protéger d’un ouragan coûte par exemple de plus en plus cher. La chaine d’information CBSN estime ainsi le coût de la fermeture complète d’une maison pour faire face à un ouragan – volets spéciaux, contreplaqué pour les fenêtres, sacs de sable… – à 4000 dollars [8]. L’assurance inondation a par ailleurs augmenté de 69 % entre 2003 et 2013, relève The Time [9]. Des compagnies aériennes comme Delta Air Lines ou Air France sont également critiquées pour avoir augmenter leurs prix juste avant le passage de l’ouragan Irma.

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Leigh @LeighDow

Shame on you @delta. Jacking from $547 to over $3200 for people trying to evacute responsibly? 

20:35 – 5 sept. 2017 · Phoenix, AZ Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité

Or, les catastrophes naturelles ne frappent pas les populations de la même manière. Après les passages successifs de Harvey, Irma, Jose et Katia, ce sont les quartiers résidentiels à faible revenu qui ont été les plus affectés. En 2016 déjà, un tiers des résidents de Caroline du Nord touchés par les inondations provenant de l’ouragan Matthew vivaient sous le seuil de pauvreté [10]. Critiqué sur sa gestion de la situation à Saint-Martin et Saint-Barthélémy, le gouvernement français vient d’accepter le principe d’une commission d’enquête parlementaire.

Sophie Chapelle

— 
Photo : CC Stacey

[1] L’échelle de Saffir-Simpson va pour le moment de « un » (catégorie la plus basse) à « cinq » (la plus élevée) en fonction de la vitesse du vent de l’ouragan et des dégâts potentiels estimés.

[2Source

[3] Plus de 10 000 km2 de forêt ont été ravagés – l’équivalent du département de la Gironde. Source

[4Source

[5Source.

[6] Cette étude prolonge celle publiée en 2014 par Richard Heede du Climate Accountability Institute, qui avait montré que ces mêmes 90 entreprises étaient responsables d’environ 63 % des émissions cumulées de CO2 entre 1854 et 2010.

[7Source

[8Voir ici

[9Voir là

[10Source


90 entreprises sont responsables de 50 % du réchauffement climatique

mer, 13/09/2017 - 22:55
source: reporterre

8 septembre 2017

L’ONG américaine Union of Concerned Scientists (UCS) a publié jeudi 7 septembre au soir dans le journal scientifique Climatic Change une nouvelle étude montrant que 90 entreprises sont responsables de près de 50 % de la hausse des températures et d’environ 30 % de l’élévation du niveau des mers observées depuis l’ère préindustrielle.

Ainsi, selon UCS, les 90 principales entreprises productrices de pétrole, gaz, charbon et ciment sont responsables de 57 % de la hausse de la concentration atmosphérique en CO2, de près de 50 % de la hausse de la température moyenne mondiale, et d’autour de 30 % de la hausse du niveau moyen des mers observées depuis 1880. Parmi ces 90 entreprises, les 50 entreprises privées, dont Exxon, Chevron, Shell BP et Total, sont responsables de 16 % de la hausse de la température et 11 % de la montée des mers.

Cette étude prolonge celle publiée en 2014 par Richard Heede du Climate Accountability Institute, qui avait montré que ces mêmes 90 entreprises étaient responsables d’environ 63 % des émissions cumulées de CO2 entre 1854 et 2010.

« Nous savions depuis longtemps que les énergies fossiles sont le principal contributeur au changement climatique. Maintenant, nous savons aussi dans quelle mesure les produits de telle ou telle compagnie ont fait monter les températures et le niveau des mers », souligne Brenda Ekwurzel, auteure principale du rapport et directrice des sciences du climat de Union of Concerned Scientists. L’UCS estime que ces compagnies devraient prendre en charge une partie des coûts gigantesques liés aux impacts du changement climatique et aux investissement nécessaires pour l’adaptation au réchauffement à venir.

  • Source : courriel de l’European Climate Foundation à Reporterre
  • Photo : Raffinerie d’Exxon Mobil à Joliet (USA) (Afromusing)

Le gouvernement a déjà revu sa copie sur la fin des hydrocarbures en 2040

mar, 12/09/2017 - 20:12

En toute discrétion, le projet de loi sur l’arrêt de la production des hydrocarbures, a été remanié dans un sens plus favorable aux industriels. Les associations de défense de l’environnement sont furieuses. Le projet de loi « mettant fin à la recherche ainsi qu’à l’exploitation des hydrocarbures conventionnels et non conventionnels », transmis à l’Assemblée nationale le […]

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Gaz de schiste : l’Algérie prise en tenaille entre ses gaziers, ses pétroliers et ses technologues

mar, 12/09/2017 - 18:40

La presse algérienne reflète très bien les contradictions d’une société qui doute de son avenir économique. Alors qu’un pétrolier, ex-ministre et patron de la Sonatrach devenu consultant, jure que le gaz de schiste est l’avenir du pays, un responsable algéro-américain explique que les leaders de la Silicon Valley sont natifs d’Alger, d’Oran, de Constantine et […]

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Merci à nos collègues de BASTA!GAZ ALES pour cette info

 


Modifications du Conseil d’Etat aux projets de Nicolas Hulot — BASTA!GAZ ALES

sam, 09/09/2017 - 23:23

Projet de loi mettant fin à la recherche ainsi qu’à l’exploitation des hydrocarbures et portant diverses dispositions relatives à l’énergie et à l’environnement ⇒⇒⇒⇒

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.Compte-rendu du Conseil des ministres du mercredi 6 septembre 2017 — BASTA!GAZ ALES

sam, 09/09/2017 - 23:20

#BastaGaz #BastaGazAles PROJET DE LOI Arrêt de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures conventionnels ou non conventionnels Le ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire a présenté un projet de loi mettant fin à la recherche ainsi qu’à l’exploitation des hydrocarbures conventionnels et non conventionnels et portant diverses dispositions relatives à l’énergie […]

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Les suisses du canton de Vaud manifestent contre le Gaz de Schiste

sam, 09/09/2017 - 23:15

 

http://www.20min.ch/ro/news/vaud/story/-Il-faut-cesser-de-jouer-avec-le-gaz-de-schiste–28016920

Vaud

09 septembre 2017 16:20; Act: 09.09.2017 16:26

«Il faut cesser de jouer avec le gaz de schiste» Partis de Villeneuve, une centaine de manifestants ont protesté samedi contre le site de forage exploratoire d’hydrocarbures. La manifestation avait été interdite par le syndic de Noville, avant d’être autorisée par la Cour constitutionnelle vaudoise. (Samedi 9 septembre 2017) (Photo: Keystone)

Une centaine de manifestants ont bravé la pluie samedi pour dénoncer les forages d’hydrocarbures. Partis en début d’après-midi de Villeneuve (VD), ils ont marché jusqu’à Noville, site d’un forage exploratoire sous le Léman.

«Extraction d’hydrocarbures, un moratoire c’est faiblard, l’interdiction est obligatoire», «Le Conseil d’Etat genevois interdit le gaz de schiste, les Services industriels genevois (SIG) promeuvent le forage de Noville, cherchez l’erreur!», pouvait-on lire sur les pancartes.

Un an après l’interdiction

Ou encore: «Inutile d’inschister, on ne veut pas de gazastrophe»: le message du cortège était clair. «Enfin, nous y voilà», a lancé Daniel Süri peu après 14h00. Le porte-parole du Collectif faisait référence au long périple qui a abouti à la manifestation, un an après son interdiction par le syndic de Noville Pierre-Alain Karlen. Une décision finalement cassée par la Cour constitutionnelle vaudoise.

«La transition énergétique, c’est dès maintenant», a poursuivi Daniel Süri. Il n’y a pas à tergiverser si l’on veut agir contre le dérèglement climatique et éviter d’autres drames comme Bondo ou l’ouragan Irma. «Il faut cesser de faire joujou avec le gaz de schiste ou le gaz compact qui se trouve sous le Léman».

Eviter toute pollution du lac

«Les hydrocarbures doivent rester là où ils sont, c’est-à-dire dans le sous-sol», a martelé le militant sous les applaudissements des participants. L’enjeu n’est pas vaudois ou suisse, il est international. Le lac «est notre bien commun», a souligné ensuite le Français Jacques Cambon, président de «Stop au gaz de schiste». «Nous aussi nous avons intérêt qu’il n’y ait pas de forage, avec ses risques de pollution».

Au niveau vaudois, une initiative des Verts qui a recueilli près de 15’000 signatures a été déposée fin juillet. Intitulée «Pour un canton de Vaud sans extraction d’hydrocarbures», elle relève que ces pratiques sont «dangereuses et polluantes». Sur sol vaudois, l’extraction du gaz de schiste est soumise à un moratoire depuis 2011, mais «il s’agit d’un simple acte administratif qui peut être levé en tout temps», dénoncent les Verts.

Pas de distinction

Pour les adversaires des forages, il n’y a pas de différence essentielle à opérer entre les différentes techniques d’extraction, comme argumentent souvent les partisans de ces solutions. Fracturation ou stimulation de la roche, suivies de cocktails chimiques et de boues nocives: il faut renoncer, a insisté Daniel Süri.

 


L’environnement, angle mort du CETA

sam, 09/09/2017 - 10:02
source: le journal de l’environnement

Le 08 septembre 2017 par Romain Loury

 

Le CETA, en application provisoire le 21 septembre

Le CETA, accord de libre échange entre l’UE et le Canada, offre bien peu de garanties en matière sanitaire et environnementale, selon le rapport de la commission Schubert remis vendredi 8 septembre au premier ministre Edouard Philippe. Les associations, dont le Ceta est l’une des bêtes noires, demandent la suspension de son application provisoire, prévue le 21 septembre.

C’était l’une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron: début juillet, une commission d’experts a été nommée afin de se pencher sur l’impact sanitaire et environnemental du CETA. Présenté vendredi 8 septembre au premier ministre, le rapport de cette commission Schubert, du nom de sa présidente Katheline Schubert, est accablant, confirmant les craintes maintes fois réitérées par les associations.

AMBITION COMMERCIALE, PAS ENVIRONNEMENTALE

Premier constat: la «transparence insuffisante des négociations», qui a inspiré la plus grande méfiance aux associations. A raison, si on croit la suite du rapport, car le CETA, qui se veut certes «ambitieux» d’un point de vue commercial, l’est beaucoup moins sur les questions sanitaires et environnementales, comme le rappelait déjà l’étude d’impact du rapport, rédigée en 2011.

Exemple, le principe de précaution: certes, «les dispositifs actuels liés à son application dans l’UE européenne ne sont pas remis en cause [par le CETA]. L’absence de citation explicite de ce terme dans le texte de l’accord crée cependant une incertitude sur l’éventualité de contestation par le Canada de dispositifs futurs».

AGRICULTURE: UN OCÉAN NOUS SÉPARE

Les normes sanitaires et environnementales diffèrent largement entre les deux parties, Union européenne d’une part, Canada de l’autre. Le contraste est particulièrement criant sur l’agriculture: le Canada autorise encore 46 pesticides qui sont interdits ailleurs, et il a été l’un des premiers pays, en 1995, à s’emparer des OGM. Rebelote cet été, avec la commercialisation en juillet d’un saumon transgénique, une première au monde.

Idem pour la maîtrise des risques sanitaires liés à l’alimentation, avec deux systèmes radicalement différents: la législation européenne repose sur une maîtrise tout au long de la chaîne, selon les principes HACCP (Analyse des dangers-points critiques pour leur maîtrise), tandis que le Canada permet l’application de chlore sur les carcasses de poulet et de bœuf, préférant la décontamination à l’hygiène.

«L’UE a déjà autorisé (…) l’usage de l’acide lactique (décembre 2013) et de l’eau chaude recyclée (août 2015) pour décontaminer les carcasses, mesures considérées par certains comme une concession anticipée de l’UE dans les négociations, pouvant ouvrir la voie à l’autorisation d’autres substances», rappelle le rapport.

HORMONES DE CROISSANCE, ANTIBIOTIQUES

Pareil dans les élevages: l’UE interdit l’administration d’hormones de croissance et d’antibiotiques (donnés à des animaux en parfaite santé pour les faire croître plus vite), alors que le Canada y a abondamment recours. Quant au bien-être animal, il est quasi-absent de la législation canadienne.

Or «si l’accord prévoit de créer au Canada une filière bovine spécifique garantie sans hormone destinée à l’exportation vers l’Union européenne et une filière porcine sans traitement à la ractopamine [ce qui nécessitera des contrôles accrus à la frontière], il est muet sur les questions du bien-être animal, de l’alimentation animale (farines animales ou non?) et de l’administration d’antibiotiques comme activateurs de croissance», note la commission.

DES «OPPORTUNITÉS MANQUÉES»

Dans l’ensemble, les questions environnementales, si elles ne sont pas totalement absentes de l’accord, font avant tout l’objet de déclarations d’intention, sans autre caractère qu’incitatif, ajoutent les experts, qui y voient des «opportunités manquées»«Par exemple, il n’est pas fait mention d’engagements à diminuer les subventions dommageables à l’environnement, en particulier les subventions aux énergies fossiles et à la pêche», ajoutent-ils, constant que le climat est «le grand absent» de l’accord.

«Aujourd’hui, la maîtrise du libre-échange, la lutte contre le réchauffement climatique ou la préservation des ressources naturelles ne peuvent plus se négocier isolément (…) L’ambition de la génération d’accords à laquelle appartient le CETA n’est clairement pas aussi élevée», conclut la commission. Conclusion qui n’est pas si éloignée de celle du rapport rédigé, en février dernier, par les experts du Commissariat général au développement durable et du Conseil économique pour le développement durable.

UN ACCORD CLIMATIQUE POUR CORRIGER LE TIR

Afin de corriger ces nombreuses failles, les experts appellent à compléter le CETA par un accord climatique complémentaire entre l’UE et le Canada, qui prévoirait«notamment la neutralité du CETA en matière de gaz à effet de serre, l’interconnexion des marchés carbone et une taxation spécifique du transport maritime [qui sera boosté par l’accord]». Autre mesure proposée, l’introduction d’un «véto climatique», par lequel les Etats bloqueraient un recours introduit par un investisseur étranger sur une mesure de lutte contre le réchauffement.

Voilà de quoi conforter les associations, dont plusieurs demandent à Emmanuel Macron de bloquer l’application provisoire du Ceta, prévue le 21 septembre. Parmi elles, la Fondation pour la nature et l’homme (FNH), Foodwatch et l’Institut Veblen, selon qui  «il faut renégocier le CETA pour garantir que cet accord ne fera pas peser de risques sur la santé et l’environnement».

Dans un communiqué publié après la remise du rapport, Matignon a annoncé que «le gouvernement présentera[it] les enseignements qu’il tire des conclusions de la commission, ainsi que les principaux axes de son plan d’actions interministériel sur la base de ce rapport, à l’occasion du prochain comité de suivi national des dossiers de politique commerciale», une réunion qui aura lieu mercredi 13 septembre.