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Mis à jour : il y a 3 heures 44 minutes

La dangereuse stratégie d’ExxonMobil pour le climat

sam, 25/04/2015 - 09:41

– Magazine GoodPlanet Info // // // //

 L’actuelle stratégie commerciale d’ExxonMobil constitue un véritable danger pour ses actionnaires et pour le monde entier. C’est ce que nous constatons à nouveau dans le cadre d’un rapport du National Petroleum Council du Conseil de l’Arctique, présidé par le PDG d’ExxonMobil, Rex Tillerson. Ce rapport recommande en effet au gouvernement américain de procéder à des forages pétroliers et gaziers en Arctique – sans en mentionner les conséquences en termes de changement climatique.

Alors même que d’autres sociétés pétrolières commencent à s’exprimer avec franchise sur la question du changement climatique, le modèle d’entreprise d’ExxonMobil continue de nier la réalité. Or, non seulement cette approche se révèle-t-elle moralement défaillante, mais elle s’avère également vouée à l’échec sur le plan financier.

L’année 2014 a été la plus chaude qu’aient jamais enregistré les instruments de mesure, nous rappelant avec gravité les enjeux planétaires des négociations mondiales sur le climat qui s’opéreront cette année, avec pour point d’orgue le rassemblement de Paris au mois de décembre. Les gouvernements mondiaux ont d’ores et déjà convenu de maintenir le réchauffement d’origine humaine en-dessous de 2°C. Or, la trajectoire actuelle nous oriente vers un réchauffement bien au-dessus de ce seuil, avec une augmentation potentielle de 4 à 6°C d’ici la fin de ce siècle. La solution consisterait bien entendu à passer des combustibles fossiles à une énergie à faible émission de CO2, de type éolien et solaire, ainsi qu’à des véhicules électriques alimentés par une électricité faiblement émettrice de CO2.

Nombre des plus grandes sociétés pétrolières de la planète commencent à admettre cette vérité. Des entreprises telles que Total, ENI, Statoil et Shell préconisent la mise en place d’un tarif carbone (de type taxe ou système de permis) afin d’accélérer la transition vers une énergie faiblement émettrice de CO2, et commencent à s’y préparer en interne. Shell a renforcé ses investissements dans la technologie de capture et de séquestration du CO2 (CCS), afin de déterminer si l’utilisation des combustibles fossiles pourrait être rendue plus sûre en capturant le CO2, qui à défaut se trouve libéré dans l’atmosphère.

Il ne s’agit pas d’évoquer un consensus total parmi ces sociétés ; elles ont promis de formuler leurs positions et politiques climatiques à l’approche du sommet de cette année sur le climat. Il faut quoi qu’il en soit leur reconnaître une volonté de débattre autour du changement climatique, et de commencer à s’intéresser aux nouvelles conditions à long terme du marché. ExxonMobil, en revanche, se comporte hélas de manière tout à fait différente.

La direction de l’entreprise, aveuglée par l’ampleur de sa puissance politique, fait preuve d’une négligence obstinée vis-à-vis des réalités changeantes du monde. L’entité évolue dans le cocon des lobbyistes et conseillers politiques de Washington, qui ont su persuader les dirigeants de l’entreprise que dans la mesure où le Sénat américain était actuellement aux mains des Républicains, les risques commerciaux du changement climatique se trouvaient en quelque sorte annihilés, et que le monde ne changerait pas sans eux, ou malgré eux.

Pendant ce temps, ExxonMobil est loin d’opérer comme un simple acteur secondaire du drame planétaire. L’entreprise en est bel et bien l’un des protagonistes majeurs. Dans le cadre d’une étude de 2013, ExxonMobil apparaissait en deuxième position des sociétés mondiales, juste derrière Chevron, en termes de contribution totale aux émissions de CO2. En effet, l’étude démontre que l’entreprise à elle seule aurait contribué pour plus de 3 % au total des émissions mondiales depuis le début de l’ère des combustibles fossiles !

Ainsi, comment ExxonMobil aborde-t-elle les nouvelles réalités climatiques ? Comment réconcilie-t-elle ses politiques d’entreprise avec les besoins de la planète ?

Malheureusement, l’entreprise se contente d’esquiver cette problématique. Lorsque les analystes indépendants tels que Carbon Tracker l’interrogent sur la manière dont elle entend inscrire son activité effrénée de forage pétrolier en conformité avec les seuils planétaires régissant l’utilisation des combustibles fossiles et mis en place afin de demeurer en-dessous de la limite des 2°C de réchauffement climatique, l’entreprise dit ignorer ces limites. Elle semble croire avec insouciance que les gouvernements mondiaux honoreront tout simplement leurs engagements (ou qu’elle pourra recourir au lobbying afin de s’affranchir de quelque engagement propre).

Ainsi convient-il de nous intéresser au récent rapport sur l’Arctique. Le département de l’Énergie a demandé au groupe industriel National Petroleum Council de lui prodiguer ses conseils autour du forage en Arctique. Ce que lui a fourni le comité de Tillerson n’est autre qu’un exercice de manipulation. Le développement des ressources pétrolières et gazières de l’Arctique contribuerait au réchauffement climatique bien au-dessus de la limite des 2°C. La région arctique connaît elle-même un réchauffement considérablement plus rapide que la moyenne planétaire, susceptible d’engendrer des perturbations climatiques majeures à l’échelle du globe – parmi lesquelles peut-être les modèles météorologiques extrêmes récemment observés au niveau des latitudes intermédiaires des États-Unis.

C’est la raison pour laquelle les meilleurs travaux scientifiques récents, parmi lesquels une importante étude publiée dans le magasine Nature au cours de l’année, formulent un message clair et sans équivoque : laissez le pétrole arctique dormir dans les sols et sous les eaux profondes de la région, dans la mesure où le système climatique ne dispose pas de l’espace suffisant pour l’accueillir.

Notre monde dispose d’ores et déjà de réserves pétrolières et gazières bien suffisantes ; notre tâche consiste désormais à nous orienter vers une énergie faiblement émettrice de CO2, en équilibrant les réserves avérés plutôt qu’en les développant jusqu’à menacer encore davantage la planète. Comme le fait valoir l’étude publiée dans Nature : « Le développement des ressources de l’Arctique, de même que tout accroissement de la production pétrolière non conventionnelle, sont incompatibles avec les efforts consistant à limiter à 2°C le réchauffement mondial moyen. »

D’aucuns se seraient attendus à ce qu’un tel sujet s’inscrive au cœur de l’étude du National Petroleum Council sur l’Arctique. Or, le rapport rendu n’évoque nulle part la question de savoir si les ressources pétrolières et gazières de l’Arctique seraient compatibles avec la sécurité climatique.

Il serait bon que les actionnaires de l’entreprise s’offusquent de l’insincérité dont fait preuve ExxonMobil. La direction de la société prévoit de dépenser des sommes colossales – sans doute plusieurs dizaines de milliards de dollars – aux fins du développement des réserves pétrolières et gazières de l’Arctique, qui ne peuvent pourtant être exploitées de manière sûre. De la même manière que la réorientation du monde en direction des énergies renouvelables a d’ores et déjà contribué à une baisse considérable des prix du pétrole, les politiques climatiques qui seront adoptées au cours des années à venir sont vouées à faire des forages d’Arctique un véritable gaspillage de ressources.

Les fonds de pension, universités, pools d’assurance et autres fonds souverains du monde entier se heurtent aujourd’hui à la difficulté des risques croissants, qu’ils soient moraux ou financiers, associés à la détention de parts au sein d’entreprises opérant dans le pétrole, le gaz et le charbon. Comme Lisa Sachs et moi-même l’avons récemment expliqué, il est nécessaire que les investisseurs les plus responsables interrogent rapidement ces entreprises sur la question des business plans qu’elles entendent mettre en œuvre pour se conformer au seuil des 2ºC de réchauffement.

Ceux des plans d’affaires qui font intervenir des investissements en Arctique, dans les eaux les plus profondes, ainsi que dans les sables pétrolifères du Canada, n’ont pas leur place dans un monde soucieux de la viabilité de son climat. Il est nécessaire que les investisseurs d’ExxonMobil interrogent au plus vite la direction de la société sur sa stratégie commerciale, qui s’inscrit en contradiction avec les accords politiques et les besoins mondiaux. Dans le cas où ExxonMobil persisterait à appliquer une stratégie commerciale dangereuse, les investisseurs de l’entreprise feraient bien d’en conclure rapidement qu’il est temps pour eux de plier bagages et d’aller de l’avant.

La stratégie commerciale dangereuse d’ExxonMobil
Par Jeffrey D. Sachs
Traduit de l’anglais par Martin Morel
Copyright : Project Syndicate, 2014.
www.project-syndicate.org

– See more at: http://www.goodplanet.info/debat/2015/04/21/la-dangereuse-strategie-commerciale-dexxonmobil/#sthash.68oI85kv.dpuf


La moitié des entreprises américaines de fracking fermées ou revendues d’ici la fin de l’année

ven, 24/04/2015 - 17:05

Note établie à partir de la dépêche publiée par Bloomberg[1] le 22 avril 2015
La moitié des 41 entreprises de fracturation hydraulique opérant aux États-Unis aura fermé ou été vendue en fin d’année en raison de la réduction des dépenses faites par les compagnies pétrolières. C’est ce que prévoit un dirigeant de la société Weatherford International Plc[2].

Rob Fulks, un dirigeant de Weatherford, déclarait dans une interview en marge de la conférence du IHS CERAWeek à Houston (Texas) equipement de fracking marcellus shale gaz de schistecette semaine que «seules pourraient rester environ une vingtaine de sociétés opératrices de fracturation hydraulique». La demande de services de fracturation hydraulique -technique permettant l’exploitation des hydrocarbures dits « de schiste » qui a généré le boom des pétrole et gaz de schiste au États-Unis est en perte de vitesse au fur et à mesure que les clients abandonnent des puits non achevés à cause de la chute des prix des hydrocarbures.

Début 2014, on comptait 61 fournisseurs de services de fracturation aux États-Unis, le plus grand marché du monde dans ce domaine. Les fusions acquisitions chez les plus gros opérateurs ont commencé avec Halliburton Co. et l’annonce faite en novembre 2014 du rachat de Baker Hughes Inc. 34,6 milliards de dollars, ainsi que le rachat de l’activité pompage sous pression de Nabors Industries Ltd par C & J Energy Services Ltd.

Toujours selon M. Fulks, Weatherford, cinquième opérateur du fracking aux États-Unis, a été contraint de réduire « considérablement » les coûts face à la baisse de la demande. De plus la compagnie a été en mesure de renégocier à la baisse les prix d’acquisition du sable utilisé comme agent de soutènement des fissures effectuées par la fracturation hydraulique et nécessaires à la libération des hydrocarbures prisonniers dans les roches compactes.

Globalement, les compagnies pétrolières ont réduit de plus de 100 milliards de dollars les dépenses au niveau mondial après la chute des prix. PacWest, puits de fracturation fracking gaz de schistesociété de consultants spécialiste des marchés liés à l’exploitation pétrolière, anticipe une chute de 35% du prix de la fracturation hydraulique cette année. Pour Alex Robart, un cadre de PacWest, « alors que beaucoup de grandes sociétés souhaitent acquérir des entreprises de fracturation hydraulique, l’écart entre les prix d’acquisition et de cession est encore trop important pour l’instant ».

De son côté M.Fulks a refusé de dire si Weatherford cherchait à acquérir d’autres entreprises de fracturation ou leurs équipements avant d’ajouter « partout où nous allons nous voyons de l’équipement parqué et à l’arrêt. Ce n’est jamais bon pour une machine de rester inutilisée, qu’il s’agisse d’une voiture, d’un avion ou de compresseurs pour la fracturation hydraulique ».

_____________________________

[1] Bloomberg LP est un groupe financier américain spécialisé dans les services aux professionnels des marchés financiers et dans l’information économique et financière aussi bien en tant qu’agence de presse que directement, via de nombreux médias (télévision, radio, presse, internet et livres) dont les plus connus sont probablement ses propres chaînes de télévision par câble/satellite. http://fr.wikipedia.org/wiki/Bloomberg_LP

[2] Weatherford est une compagnie para-pétrolière américaine. Son siège opérationnel se situe à Houston au Texas, et son siège social et fiscal en Suisse depuis 2014 : http://www.weatherford.com

Agence americaine de l energie forages hydrocarbures rapport avril 2015puits d’hydrocarbures non achevés schiste USA

En bonus, une belle image d’une opération de fracturation hydraulique. Cliquer dessus pour l’agrandir et compter camions et compresseurs

fracking fracturation hydraulique gaz de schiste 2
innovoil.co.uk


Mieux lutter contre les atteintes à l’environnement

ven, 24/04/2015 - 10:48

Bonjour, Ci dessous une circulaire du ministère de la justice du 22 avril 2015 pour mieux lutter contre les atteintes à l’environnement :http://www.justice.gouv.fr/la-garde-des-sceaux-10016/mieux-lutter-contre-les-atteintes-a-lenvironnement-28022.html. Toutes les annexes sont intéressantes.

et l’article du monde planète : http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/04/22/renforcement-de-la-politique-penale-francaise-contre-la-criminalite-ecologique_4620498_3244.html.  Pensez vous que cela soit adaptable au Gaz et Pétroles de schistes. Donnez votre avis par un commentaire.    Merci, JLR

22 avril 2015 Mieux lutter contre les atteintes à l’environnement Publication d’une circulaire de politique pénale adaptée aux enjeux locaux Améliorer et renforcer la lutte contre les atteintes à l’environnement. Tels sont les objectifs auxquels la circulaire du 22 avril 2015 répond. Pour y parvenir, ce texte fixe les grands principes qui doivent guider l’élaboration et la mise en œuvre de la politique pénale en matière d’atteintes à l’environnement.

Cette politique pénale, qui doit être adaptée aux enjeux environnementaux locaux, passe d’abord par une étroite collaboration entre le parquet général et les parquets. La circulaire rappelle ainsi que la désignation de magistrats référents pour les parquets généraux et les parquets est préconisée. L’objectif : faciliter les relations avec les administrations concernées et favoriser la coordination et l’examen du bilan de la politique déclinée au niveau local. Ce magistrat référent du parquet général doit veiller à organiser des réunions périodiques avec les magistrats référents du parquet afin de coordonner leur action et d’en dresser le bilan. Des actions de formation continue déconcentrées, adaptées au contentieux local, pourront également être mises en œuvre par ce magistrat référent. Parmi ses missions, celui-ci devra aussi veiller à obtenir des administrations spécialisées la désignation d’un point de contact unique.

Renforcer la coopération

La circulaire recommande également un renforcement de la collaboration de la Justice avec les administrations déconcentrées et les établissements publics en charge des polices de l’environnement. L’objectif est d’identifier les enjeux locaux et de bâtir une politique pénale adaptée.

A ce titre, la participation des procureurs de la République aux instances partenariales (missions inter-services et de la nature) au cours desquelles sont définies conjointement les plans de contrôle de l’environnement est essentielle. L’établissement de protocoles d’accord avec les préfets et les établissements publics concernés doit être également encouragé afin de mieux articuler réponses pénales et administratives. Autre mesure préconisée : l’identification par les parquets des associations agréées de protection de l’environnement actives dans leur ressort et la construction d’un dialogue de qualité et utile à la connaissance des enjeux locaux et des atteintes éventuelles à l’environnement.

Apporter des réponses judiciaires adaptées

Autre sujet au cœur de cette circulaire : le traitement judiciaire des atteintes à l’environnement. Afin d’améliorer l’efficacité des contrôles et la qualité des procédures réalisés par les agents spécialisés, le procureur de la République doit leur transmettre des instructions précises. Le procureur doit également assurer la coordination des administrations spécialisées et des services d’enquête (police nationale, gendarmerie et douanes) et déterminer les procédures pouvant être traitées par les seuls agents spécialisés et celles nécessitant l’intervention des services d’enquête.

Définir une véritable doctrine de réponse pénale

La circulaire précise enfin qu’une véritable doctrine de réponse pénale en matière d’atteintes à l’environnement doit guider l’action du ministère public. Cette doctrine s’articule autour de plusieurs principes et notamment de la poursuite systématique en cas de dommage grave ou irréversible, d’obstacle aux fonctions ou de réitération. En 2013, selon les données du casier judiciaire national 8 159 condamnations ont été prononcées. Il y en avait eu 7687 en 2012 et 7016 en 2011. Pour le ministère de la Justice, la protection de l’environnement est devenu un enjeu majeur.

 

La circulaire du 22 avril 2015

Circulaire

Annexe 1 : présentation de la réforme

Annexe 2 : dispositions en droit pénal

Annexe 3 : transaction pénale

Annexe 4 : contentieux de l’eau et des milieux aquatiques

Annexe 5 : contentieux forestier

Annexe 6 : contentieux des installations classées pour la protection de l’environnement

Annexe 7 : contentieux des déchets

Annexe 8 : contentieux de l’urbanisme

Annexe 9 : modèle de protocole (fiche navette, avertissement, grille d’évaluation, transaction pénale, tableau de suivi des suites administratives et judiciaires)


Un permis de recherche accordé par Ségolène Royal attaqué devant le juge administratif

ven, 24/04/2015 - 10:00

source: actu-environnement

  Anne-Sophie Luchez Lundi 20 avril, l’association Les Amis de la Terre a déposé un recours contre la décision de la ministre de l’Ecologie visant à accorder la mutation du permis de recherche de l’entreprise Concorde Energie Paris, en Seine-et-Marne. L’objectif ? « Dénoncer le double discours de la ministre qui assure qu’il n’y aura pas d’exploitation de gaz de schiste, et [qui parallèlement] prépare le terrain aux pétroliers pour les années suivantes« . D’après l’association, un arrêté en date du 10 octobre 2014 accorde à l’entreprise la mutation du permis de « La Folie de Paris ». Or, il existerait déjà une décision « implicite de rejet » car les demandes de l’entité, portant sur la mutation et la prolongation du permis, auraient été formulées en 2011. Pour cela, la requérante exerce un recours devant le tribunal administratif de Melun tendant à l’annulation de l’arrêté. Les Amis de la Terre soulignent par ailleurs que Mme Royal aurait indiqué, dans un courrier envoyé à Olivier Faure, député de Seine-et-Marne, que le permis en question concernait des hydrocarbures conventionnels. Or, l’association affirme que des recherches ont déjà été menées, conduisant à la conclusion suivante : le site ne détient pas de pétrole conventionnel. La requérante évoque également la structure douteuse de l’entreprise, qui ne serait qu' »une coquille vide« . En plus de l’annulation de l’arrêté, l’association attend du Gouvernement le refus de « toute nouvelle attribution de permis de recherche« . Elle souhaite aussi que ce dernier maintienne une position « ferme » d’interdiction de « toute expérimentation, exploration et exploitation des hydrocarbures non conventionnels« , quelle que soit la technique utilisée. Le permis litigieux de Seine-et-Marne n’est pas un cas isolé, précise la requérante, et ce « malgré la loi de 2011 interdisant la fracturation hydraulique« .

// Pétrole de schiste: l’inquiétude monte en Seine et Marne (article paru le 07/08/2013) Les habitants de Jouarre en Seine et Marne manifestaient ce samedi 3 août devant le site de forage de Hess Oil. La compagnie américaine est suspectée de préparer le terrain pour l’exploration de pétrole de schiste par fracturation hydraulique.Lire la news

Article publié le 23 avril 2015

En Algérie, le refus du gaz de schiste prend une ampleur nationale

jeu, 23/04/2015 - 22:01
En Algérie, le refus du gaz de schiste prend une ampleur nationale

23 avril 2015 / Patrick Piro (Reporterre)

Le mouvement de contestation du gaz de schiste, parti en janvier dernier de la ville saharienne d’In Salah, a gagné tout le pays, alors que les messages rassurants des autorités tournent à vide.

C’est un vrai pied de nez aux autorités algériennes : le 30 mars dernier, les opposants au gaz de schiste, réunis à Alger, se sont dotés d’une coordination à l’échelle du pays. La contestation s’étend et se structure : née le 1er janvier, elle a désormais largement débordé des lointains sables de la petite ville saharienne d’In Salah, dans le sud algérien.

C’est la suite logique des marches de protestation du 24 février dernier, initiative reprise dans de nombreuses villes du pays, avec le soutien de dizaines d’associations au niveau national et en dépit de la répression des forces de l’ordre. Le nouveau Collectif national pour un moratoire sur le gaz de schiste, s’il a décidé d’installer son siège à In Salah, site pionnier des projets d’exploitation du gaz de schiste, a choisi pour porte-parole une militante de la capitale, Sabina Rahimi.

La salle oscille entre le rire et la colère

« Il y a eu des défaillances dans la campagne d’information de la population », reconnaissait Youssef Tazibt lors du dernier Forum social mondial (FSM) tenu à Tunis du 24 au 28 mars. Député du Parti des travailleurs (PT, proche du pouvoir), il s’est affronté à plusieurs reprises à des participants altermondialistes, algériens entre autres, unanimement opposés au gaz de schiste.

Ce mea culpa fait partie intégrante du discours gouvernemental. « Nous n’avons pas démystifié en amont ; il faut rassurer les populations, alors que la technique d’exploration est parfaitement maîtrisée », affirmait Abdelkader El Mekki, directeur général de l’énergie, rencontré à Paris le 12 février dernier.

Au fond, bras levé, Khelil Kartobi, directeur technique de Sonatrach

Au FSM de Tunis, on a également entendu s’exprimer Khelil Kartobi, imperturbable face à une assistance bouillante et incrédule. Directeur technique de la Sonatrach (la compagnie nationale algérienne d’exploitation des hydrocarbures), il a supervisé le premier forage de gaz de schiste du pays, sur le champ d’Ahnet près d’In Salah, où deux autres puits destinés à explorer le potentiel du gisement sont en cours de forage.

« Le dossier a été validé par les élus. Et ce n’est pas la première fois que nous pratiquons la fracturation hydraulique. S’il y avait le moindre risque, nous ne le ferions pas ! » La salle oscille entre les rires et la colère.

« Il est légitime d’associer les gens, de les organiser », concède Youssef Tazibt. Voilà qui est fait avec la constitution du Collectif, mais pas dans le sens envisagé par l’élu. En février déjà, une délégation ministérielle était venue déployer à In Salah la diplomatie gouvernementale pour tenter de calmer le jeu.

L’eau, unique richesse des Sahariens

« Nous avons vite compris qu’il ne s’agissait pas de trouver un compromis avec la population, mais de nous convaincre de l’absence de risque, comme si nous étions des ignares sous-informés », rapporte Tarek Zegzeg, l’un des meneurs des universitaires locaux, à la pointe des manifestations de masse qu’a connues la ville depuis trois mois. « Ils disent qu’il n’y a pas de différence avec le gaz naturel, que le pays exploite depuis des décennies. Mais nous savons que la fracturation hydraulique est très controversée, qu’elle menace l’environnement et la santé. »

Les femmes ont activement participé à la mobilisation à In Salah

Lui aussi en mission de défense des intérêts d’Alger, Smaïl Kader, ingénieur en biologie, identifie « une frustration, une demande de développement » dans cette mobilisation saharienne qui a totalement pris les autorités au dépourvu. Lesquelles ont prestement ouvert de nouveaux postes administratifs pour satisfaire la demande dans cet immense Sud où il faut parfois parcourir 300 kilomètres de piste pour obtenir un document officiel. « Mais ce n’est pas pour cela que les gens sont sortis dans la rue. Pas pour des motifs politiques ni pour revendiquer plus de liberté, mais en défense de leur vie », s’élève Tarek Zegzeg.

L’eau, unique richesse de ces Sahariens. Elle n’est disponible que sous leurs pieds, dans la nappe phréatique fossile de l’Albien, qui ne se renouvelle pas tant les pluies sont rares. La fracturation hydraulique en consomme d’énormes volumes, et la moindre pollution menacerait directement la fragile agriculture locale, totalement dépendante des puisages.

« Tout le monde reprend son souffle »

Pour Fateh Titouche, de l’Action citoyenne pour l’Algérie, basée à Paris, l’élargissement de la mobilisation comporte des risques qu’il faut assumer. « La cohésion du mouvement fait sa force, tous les opposants se connaissaient. La centralisation et l’implantation dans les villes du Nord l’exposent à l’infiltration, une pratique où l’État excelle. Cependant, il est indispensable d’affirmer que la mobilisation contre le gaz de schiste n’est pas une bataille locale mais une cause nationale pour la transition énergétique et un autre modèle de développement. »

Sur le terrain, l’onde de protestation s’est apaisée. « Nous consolidons nos réseaux, tout le monde reprend son souffle après des semaines d’actions, mais la détermination est intacte », affirme Fateh Titouche.

Le bras de fer promet d’être long et sévère. Car le gouvernement place les enjeux au plus haut niveau. « Les réserves d’hydrocarbures conventionnels commencent à s’épuiser et nous comptons chaque année 450 000 nouveaux consommateurs de gaz et d’électricité ! », défend le député Youssef Tazibt.

Selon l’Energy information administration étasunien (EIA, 2013), le gisement de gaz de schiste algérien serait le troisième au monde en importance, quintuplant théoriquement les réserves en gaz naturel du pays. Même si les pronostics de l’EIA ont souvent débouché sur des désillusions, comme en Pologne, ils ont de quoi alimenter bien des ambitions.

Le 27 décembre dernier, AHT1H1, premier puits d’exploration du gaz de schiste du pays, illuminait le ciel d’Ahnet de sa torchère. « Très prometteur », commentait Youcef Yousfi, ministre de l’énergie venu pour une inauguration en grande pompe.

UN PROGRAMME D’OPPOSITION AU GAZ DE SCHISTE

Le Collectif national pour un moratoire sur le gaz de schiste en Algérie, créé le 30 mars 2015, a décidé l’organisation d’une conférence nationale sur le gaz de schiste à In Salah, et s’est donné pour mission de :

. fédérer les compétences et les volontés au niveau national ;

. créer une commission indépendante qui sera formée d’experts et de représentants de la société civile ;

. interpeller l’Assemblée nationale sur la nécessité d’une loi pour le moratoire ;

. demander la publication du rapport « Mebtoul » d’expertise sur le gaz de schiste, remis au premier ministre ;

. d’obtenir les conclusions qui ont permis à l’Autorité de régulation des hydrocarbures de valider l’exploitation du gaz de schiste en Algérie ;

. sensibiliser et informer sur les méfaits de la fracturation hydraulique.

MOUHAD, LE PÉLERIN DES SABLES

« Vous attaquez notre Algérie, d’où viennent vos financements ? », hurle Louiza Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) à la sortie d’un débat du Forum social mondial de Tunis (24-28 mars 2015). « Vous venez nous harceler jusqu’ici, après avoir voté la loi autorisant l’exploitation du gaz de schiste ? Notre Algérie n’est pas la vôtre ! », réplique sur le même ton Mouhad Gasmi, militant anti-gaz de schiste d’Ardar, à quelque 300 kilomètres d’In Salah.

Pour peu qu’ils aient des liens avec des ONG étrangères, les opposants aux projets du gouvernement sont immanquablement accusés d’être payés pour attenter à la souveraineté d’Alger — « Agents du Mossad ! » (les services secrets israéliens).

Mouhad, soudeur de son état, craignait des tracasseries policières de retour au pays. Il est bien rentré, assure-t-il, et va bientôt reprendre son bâton de pèlerin. Depuis des semaines, il parcourt les villes du Sud pour informer les gens sur les risques de la fracturation hydraulique. « C’est ma stratégie : constituer des noyaux prêts à résister quand la menace se concrétise. Mais c’est réellement un mouvement de base, pas des professionnels de la résistance. »

Adepte des réseaux sociaux sur internet, ce militant de 38 ans prend régulièrement conseil auprès de sa femme, couturière, aussi déterminée que lui. Avant la rébellion d’In Salah, il militait au sein de la Ligue algérienne de défense des droits des chômeurs, dont sept sont actuellement en prison en raison de leur engagement.

Mouhad Gasmi face aux députés pro-gaz de schiste, au Forum Social de Tunis

« Nous avons remarqué que les sans-emplois sont régulièrement plus nombreux que la moyenne dans les zones de grands projets d’exploitation d’hydrocarbure… J’ai donc alerté les réseaux dès 2013 quand j’ai entendu parler des projets sur le gaz de schiste. » Le point de ralliement : les menaces sur l’eau et la santé. La défiance envers la Sonatrach, l’opérateur d’État sur tout le champs des hydrocarbures, est ancienne.

« Elle agit à sa guise et se moque des lois. Partout où elle sévit, nous avons des problèmes de pollution. » À proximité d’In Salah, un site expérimental d’enfouissement du CO2 (pour lutter contre le dérèglement climatique), insuffisamment étanche, connaîtrait des fuites incontrôlables.

À ceux qui s’étonnent de la force du mouvement parti d’In Salah, Mouhad rappelle qu’il a fait ses armes lors des innombrables « émeutes » qui ont accompagné le Printemps arabe en 2011. « Loin des projecteurs, nous avons appris à nous organiser, ce qui signifie notamment la capacité d’alimenter pendant plusieurs jours en nourriture et en eau des milliers de personnes en train de bloquer un site. » Un hommage explicite aux femmes d’In Salah.

http://www.reporterre.net/En-Algerie-le-refus-du-gaz-de

Source et photos : Patrick Piro pour Reporterre

Lire aussi : En Algérie, la révolte pacifique contre le gaz de schiste


 


Le traité transatlantique « pourrait détruire 130.000 emplois en France »

mer, 22/04/2015 - 21:56

Le traité transatlantique « pourrait détruire 130.000 emplois en France »
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Guay – AFP

Yann DUVERT Journaliste

Yannick Jadot, eurodéputé EELV, est l’un des rares parlementaires européens à avoir accès aux documents servant aux négociations du traité transatlantique. Farouchement opposé au projet, il estime que les Etats risquent de perdre très gros dans ce dossier.

Alors que les négociations entre la Commission européenne et les Etats-Unis ont entamé cette semaine leur huitième round, les opposants au traité transatlantique (ou TTIP, ou Tafta) ne désarment pas. Yannick Jadot, eurodéputé EELV est l’un des seuls à avoir accès aux documents qui servent de base aux discussions. Pour BFMBusiness.com, il livre sa vision résolument pessimiste du dossier.

Le TTIP pourrait mettre en place des tribunaux d’arbitrage privé, pour régler les conflits entre les entreprises et les Etats. En quoi est-ce un problème ?

Juridiquement, cela n’empêchera pas les Etats de légiférer comme ils l’entendent. Mais si le risque de se faire attaquer existe, il y aura un refroidissement, une appréhension. Les multinationales pourront avoir une influence sur le pouvoir législatif en amont, et ainsi conclure des compromis. En cela, le mécanisme d’arbitrage privé amène à réduire l’ambition législative.

Ce mécanisme est-il réellement dangereux ?

Il faut se rendre compte que ces tribunaux pourraient donner tort au Conseil d’Etat, par exemple! D’autre part, quand on sait qu’une quinzaine de juristes ont, à eux seuls, réglé l’ensemble des différends dans le cadre des autres accords en vigueur dans le monde, cela pose question. Certains seraient juge un jour, et conseiller d’une entreprise le lendemain. Cela conduirait à un véritable affaiblissement juridique.

Comment cela pourrait-t-il se traduire concrètement ?

On peut imaginer que Syriza aurait été attaqué s’il avait remis en cause la privatisation du port du Pirée, par exemple. Mais aussi qu’Apple, qui a vu ses avantages fiscaux supprimés en Irlande, récupère les impôts qu’il a dû verser du fait de cette décision.

La Commission européenne a un temps évoqué un bénéfice de 0,5% de croissance, mais aussi de nombreux emplois supplémentaires…

Ces chiffres, la Commission n’ose même plus en parler. On s’est rendu compte que c’était 0,5% de croissance en plus, mais d’ici à 2027, c’est-à-dire 0,03% par an! En outre, une étude réalisée par l’université américaine de Tusth montre que l’adoption de ce traité détruirait 600.000 emplois en Europe, dont 130.000 en France. Il y aura des bénéfices, bien sûr, mais reste à savoir pour qui.

Pourquoi les négociations bloquent-elles ?

Du côté européen, les blocages concernent la protection des investissements (l’arbitrage privé) et la sécurité alimentaire. Et aux Etats-Unis, c’est l’ouverture des marchés publics qui pose problème. La fin du « Buy America » est une question sensible, et ne sera sûrement pas débloquée en 2016, année électorale.

L’opacité des négociations a vivement été critiquée. Cette situation a-t-elle évolué?

Il est vrai que les documents de la partie européenne sont désormais accessibles assez facilement. Mais cela ne concerne que la position de l’UE sur certaines questions. Le document consolidé, qui fait état des conclusions des négociations, n’est consultable que par une vingtaine de parlementaires. Pour moi, il ne sert quasiment à rien d’aller déchiffrer des centaines de pages complexes sans expert juridique à mes côtés. Et si Mathias Fekl, le secrétaire d’Etat au Commerce français, souhaite le consulter, il doit se rendre à l’ambassade des Etats-Unis. C’est donc une fausse transparence qui a été instaurée.


Gaz de schiste : L’Etat propose une alternative plus “toxique”

mer, 22/04/2015 - 18:46
Par F | avril 21, 2015 6:07

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// <![CDATA[
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// ]]> Le gouvernement négocierait avec les habitants d’In Salah une nouvelle technique d’extraction du gaz de schiste. Son nom, la fracturation au fluoropropane. Sur place, les militants écologiques ne veulent pas de cette technique “peu connue” et “3.000 fois plus toxique que le gaz carbonique”, indiquent-ils à Algérie-Focus.

Les nerfs sont à vif place Soumoud. Alors qu’il ne s’est toujours pas exprimé sur le moratoire, formulé par le Collectif national anti-gaz de schiste, le 23 février dernier, le gouvernement tente de négocier avec les militants de In Salah par le biais d’un intermédiaire. Ladjel Segni, professeur de chimie à l’université de Ouargla, opposant au gaz de schiste, au départ, s’est présenté vendredi après-midi ”comme l’envoyé du gouvernement” auprès des habitants de In Salah, qui manifestent depuis 110 jours contre le forage de trois puits-pilotes, situés à proximité de leur ville. Motif de sa visite : il est venu leur proposer une nouvelle technique d’extraction du gaz non-conventionnel. Le gouvernement est prêt à avoir recours à la fracturation au fluoropropane à la place de la très controversée fracturation hydraulique, a annoncé Ladjel Segni.

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Une alternative toxique

La proposition a jeté un froid sur la place Soumoud, baignée par un soleil de plomb. ”On était en état de choc”, se souvient l’une des animatrices du Collectif national pour un moratoire sur les gaz de schiste en Algérie, contactée ce mardi par la rédaction. La négociation a très vite été écourtée, les militants présents au rassemblement public rejetant en bloc cette alternative. “Il nous a dit que cette technologie est plus propre parce qu’elle ne suppose pas d’injection d’eau mélangée à des produits chimique pour fissurer la roche. Mais c’est faux ! Les experts sont unanimes, cette technologie est dangereuse, onéreuse et au stade de l’expérimentation”, s’indigne l’un des animateurs du mouvement populaire d’In Salah, qui rappelle, à ce propos, que la ministre française de l’Environnement, Ségolène Royal a récemment évoqué le danger potentiel que peut engendrer le développement du fluoropropane. Interpellée à l’Assemblée nationale, le 8 avril, la candidate malheureuse à l’élection présidentielle en 2012 a clairement expliqué que ce mode de fracturation aggraverait le réchauffement climatique puisque le fluoropropane est “3.000 fois plus toxique que le gaz carbonique (CO2)”.

 

Peu connu du grand public, le fluoropropane fait parler de lui de l’autre côté de la Méditerranée, depuis début avril. Il s’est invité dans les débats médiatiques après que le quotidien français Le Figaro ait déterré un rapport sur le gaz de schiste, commandé par l’ancien ministre de l’Economie Arnaud Montebourg, fervent partisan de cette ressource non-conventionnelle. Défendue par la société américaine eCorp, la fracturation au fluoropropane n’a pas encore été industrialisée ce qui explique un coût d’utilisation relativement cher. Si elle a l’avantage de ne nécessiter ni des quantités d’eau, ressource rare donc précieuse dans le Sahara, ni d’additifs chimiques, elle présente un inconvénient non négligeable : le proprane est une molécule inflammable, donc potentiellement polluante.

Autre argument avancé contre le fluoropropane : ce gaz, dérivé du propane, reste un danger pour les nappes d’eau souterraine. “Les molécules du gaz fluoropropane sont de taille plus petites par rapport à celles de l’eau, ce qui facilite leur mobilité à travers les espaces annulaires du puits et augmente le risque de la contamination des nappes phréatiques”, met en garde une animatrice du Collectif national pour un moratoire sur les gaz de schiste en Algérie, contactée par nos soins. Elle ajoute : “Toute la question est là : Comment préserver les réserves en eau fossile du Sahara, patrimoine du peuple algérien ?”

In Salah, un terrain d’expérimentations

Alors qu’en France, Ségolène Royal a clos le débat sur le gaz de schiste, qualifiant cette énergie non-conventionnelle de “solution inacceptable”, les habitants d’In Salah redoutent que leur ville soit transformée en un laboratoire à ciel ouvert, où multinationales et géants pétroliers testent de nouvelles techniques jusque-là inexpérimentées ailleurs. “On ne veut pas faire de In Salah un terrain d’expérimentations. On ne peut pas accepter en Algérie une fracturation qui n’a jamais été faite ailleurs”, lance une militante, joint ce mardi par téléphone.

La tentative de négociation du gouvernement d’Abdelamek Sellal suscite beaucoup de méfiance à In Salah. Certains activistes, qui disent ne pas croire à la sincérité de cette démarche, y voient une nouvelle manipulation des autorités publiques. “Je ne crois pas que l’Etat algérien va mettre de côté don accord avec Halliburton pour s’associer avec la seule entreprise au monde qui développe la fracturation au fluoropropane. Ça n’a pas de sens tout ça”, confie l’une des animatrices du Collectif national pour un moratoire sur les gaz de schiste en Algérie.

La population d’In Salah est d’autant plus dubitative que le matériel nécessaire à l’hydro-fracturation, discrètement installé au niveau du puits-pilote Ahnet 01-2, la semaine passée, n’a vraisemblablement pas été démonté. Depuis les émeutes de début mars, le site gazier est ultra-protégé, les forces de sécurité algériennes empêchant les manifestants d’observer les activités entreprises par Sontrach et Halliburton. ”À In Salah, rien ne se fait dans la transparence. Notre combat n’est pas seulement contre les autorités publiques, on se bat aussi contre les puissantes multinationales”, affirme la même source.

Après 110 jours de mobilisation, les anti-schiste d’In Salah ne cèdent pas et renvoient le gouvernement aux revendications formulées dans leur moratoire : l’arrêt immédiat des forages et l’organisation d’un débat public et transparent entre experts du Collectif national pour un moratoire sur les gaz de schiste et ceux de la Sonatrach et du ministère de l’Energie.


Rassemblement Stop Tafta du 18 avril à Avignon

mer, 22/04/2015 - 18:42

Le 18 avril 2015, comme partout en Europe et aux Etats Unis le même jour, le collectif StoptaftaVaucluse avec au plus fort du cortège près de 130 participants cyclistes ou pédestre a distribué près de 1200 tracts  à la population avide d’en savoir plus sur le TAFTA. (Télécharger le tract ICI)

Voir l’article de Vaucluse matin et quelques photos du rassemblement en cliquant ICI.

Beaucoup de personnes, touristes compris n’avaient jamais entendu parler du traité transatlantique.
Encore beaucoup de travail a effectuer par des réunions publiques pour contrecarrer le manque d’information flagrant des médias.

Prochaine réunion publique d’information à Lagnes le 12 juin à 20h30.

Invités, Thomas Porcher et Frédéric FARAH. Voir l’affiche ICI
Bien amicalement
Jean-Luc


6 commissions opposées à l’arbitrage au Parlement européen font tanguer la clause d’arbitrage du TTIP / TAFTA

mar, 21/04/2015 - 21:54

Originally posted on Non au Traité Transatlantique:

La moitié des commissions du Parlement européen ont repoussé le dispositif de règlement des différends du traité, laissant augurer d’une majorité incertaine.

Quelques jours avant l’ouverture du 9ème cycle de négociation entre l’UE et les États-Unis sur le traité transatlantique, les eurodéputés ont durci leur position sur le traité commercial entre l’UE et les États-Unis (TTIP).

Les 14 et 16 avril, 6 des 14 commissions parlementaires qui contribuent au projet de résolution du Parlement européen ont rendu leurs avis sur l’état d’avancement des négociations.

Et l’opposition des députés européens notamment au mécanisme d’arbitrage prévu dans le TTIP apparait de plus en plus forte. Le dispositif censé protéger les investissements en proposant un recours à des tribunaux privés en cas de conflit entre une entreprise privée et un État cristallise les critiques.

« La moitié des commissions du Parlement européen saisies pour avis ont rejeté le dispositif de l’ISDS » s’est…

Voir l'original 787 mots de plus


Le Salvador devra-t-il verser 301 millions de dollars pour avoir préféré une eau propre à l’or ?

lun, 20/04/2015 - 18:57

 – Observatoire des multinationales// // //

Arbitrage international

20 avril 2015 par Gabriel Labrador

Une firme minière australo-canadienne poursuit le gouvernement du Salvador devant un tribunal arbitral privé parce que celui-ci lui a refusé une licence minière, en raison des menaces qu’elle représenterait pour les ressources en eau du pays. Un nouvel exemple des problèmes associés aux traités d’investissement et à leurs mécanismes de protection des investisseurs.

Cet article a été publié initialement le 9 avril 2015 par Equal Times. Traduit de l’espagnol.

Le gouvernement du Salvador, en Amérique centrale, pourrait être contraint de payer 301 millions de dollars US de dommages et intérêts à une société minière australo-canadienne, OceanaGold, pour avoir rejeté sa demande de permis d’exploitation minière en raison de la dégradation environnementale que ce projet aurait causé.

Le Salvador a déjà les plus sérieux problèmes d’approvisionnement d’eau de toute la région. En conséquence, le gouvernement a interrompu l’octroi de licences d’exploitation minière en 2008, dans le cadre d’une tentative pour préserver les sources limitées d’eau potable du pays, et plus généralement pour sauvegarder l’environnement.

Mais la multinationale minière australienne OceanaGold et sa filiale, la canadienne Pacific Rim Mining, ont renvoyé l’affaire devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), un tribunal arbitral commercial abrité par la Banque mondiale, basé à Washington.

La décision du CIRDI est attendue dans les semaines ou mois à venir.

Moratoire

Le gouvernement salvadorien, ainsi que des dizaines d’organisations nationales et internationales, ont exprimé leur préoccupation face à la probabilité d’une sentence défavorable. « Il faut absolument obtenir gain de cause dans cette affaire car des millions de dollars sont en jeu pour le Salvador », a déclaré lors d’un entretien avec Equal Times la ministre de l’Environnement du Salvador, Lina Pohl.

Selon la ministre, un verdict défavorable à l’issue de cette procédure risquerait de modifier la position officielle du gouvernement sur l’industrie minière métallurgique. « En 2011, nous avons commissionné un audit environnemental, lequel a démontré que les conditions que connaît actuellement notre pays ne sont pas compatibles avec le développement continu de l’industrie minière », explique-t-elle.

En 2011, un Audit environnemental stratégique concluait en effet que l’activité minière n’est pas possible au Salvador, pour quatre motifs : parce que 95% des cours d’eau sont pollués ; parce que la faible quantité d’or exploitable dans le pays n’attirerait que des « entreprises secondaires » moins soucieuses de la protection de l’environnement ; parce que la bureaucratie en place ne suffirait pas à superviser étroitement les projets miniers ; et en raison des fortes rivalités entre communautés dans les zones concernées.

États contre investisseurs

Devant le CIRDI, toutefois, la société OceanaGold accuse l’État salvadorien de l’avoir privé de ses droits d’exploitation aurifère dans le cadre du projet El Dorado, dans le département de Cabañas, situé dans la région centrale du pays. « La suspension du permis d’exploitation est due à des motifs politiques et non techniques », affirme l’entreprise.

Le gouvernement salvadorien répond qu’OceanaGold n’a jamais obtenu de concession pour l’exploitation de l’or, attendu qu’elle n’a jamais soumis de demande de licence environnementale pour la zone de la concession, qu’elle n’a pas effectué d’étude de faisabilité et qu’elle n’était pas propriétaire des terrains concernés par le projet.

En 2008, le gouvernement a imposé un moratoire sur diverses concessions minières, dont celle au coeur de la plainte au CIRDI, invoquant l’absence de garanties environnementales. La société Pacific Rim – l’actuelle OceanaGold Corp. – a profité de ce gel sur l’octroi de licences minières pour poursuivre en justice le Salvador en 2009, invoquant le fait que ce moratoire n’était fondé sur aucune loi qui interdise l’activité minière. Cette loi est en effet toujours en train d’être débattue au Congrès salvadorien.

« Si le Salvador devait perdre son procès au CIRDI, cela établirait un précédent d’autant plus préjudiciable que d’autres multinationales – pas seulement minières – pourraient tirer parti du vide juridique créé en 2008 aux fins d’intenter des actions similaires contre l’État salvadorien, pour des sommes se chiffrant à des millions de dollars », affirme Pedro Cabezas, représentant de SalvAide, des Alliés internationaux contre les exploitations minières au Salvador, et ex-membre de la Mesa Nacional Frente a la Minería Metálica (MFNMM), qui regroupe 10 organisations écologistes.

« L’affaire menace la souveraineté du Salvador et sa capacité d’autodétermination en fonction de l’intérêt public. L’enjeu est de savoir si, à cause de traités de libre-échange, le gouvernement sera désormais tenu de veiller exclusivement aux intérêts des entreprises », affirme Cabezas.

Inégalités croissantes

L’industrie minière au Salvador est un secteur multimilliardaire, dans un pays tenaillé par des inégalités abyssales et qui éprouve d’énormes difficultés à financer ses propres politiques publiques.

Rien que dans trois départements du pays, les projets miniers représentent un chiffre d’affaires estimé à 7,2 milliards USD, soit un tiers du PIB national.

« Le gouvernement ne dit pas non à l’industrie minière, seulement que dans les conditions actuelles de ce pays, en ce moment-même, cette industrie n’y a pas sa place », indique la ministre de l’Environnement, Lina Pohl.

Le gouvernement tente en vain, depuis 2011, de faire adopter par le Congrès une loi sur l’activité minière en vertu de laquelle un panel composé d’experts internationaux et de fonctionnaires publics nationaux aurait pour mission de donner son feu vert aux projets miniers, à condition que ceux-ci aient remédié aux déficiences relevées dans l’audit environnemental. Cette proposition de loi, comme d’autres projets de lois similaires, reste en suspens au Congrès.

« Le fait est qu’OceanaGold sait très bien qu’il n’y a pas de place ici pour de nouveaux projets miniers, mais ce qu’ils veulent, c’est faire pression. C’est pourquoi leurs poursuites relèvent d’un acte d’extorsion contre notre pays », déclare Pedro Cabezas, de SalvAide.

Equal Times a envoyé plusieurs courriers électroniques aux représentants juridiques d’OceanaGold mais n’avait toujours pas obtenu de réponse au moment de publier cet article.

Collectivités contre industrie minière

Au Salvador, plusieurs collectivités ont décidé d’anticiper l’issue des débats au Congrès et ont souhaité officialiser leur opposition au développement de l’industrie minière. Début mars, la municipalité de Nueva Trinidad, à Chalatenango, est devenue la troisième du pays à adopter une loi locale contre l’industrie minière.

« Il est primordial que les communautés s’organisent car le prix de l’or et de l’argent ne peuvent être comparés à la santé et à un environnement sain. Malheureusement, au milieu de toute cette controverse, la voix des communautés n’est pas prise en compte », ont déclaré à Equal Times Magdalena Mármol et Francisco Quijano, porte-parole de la Central Autónoma de Trabajadores Salvadoreños (CATS).

Le litige contre OceanaGold a gagné en importance en partie grâce au soutien d’organisations de la société civile américaines et canadiennes et aux pressions que celles-ci ont exercé sur leurs gouvernements.

En juin 2014, par exemple, trois organisations de la société civile, le Centre Europe – Tiers monde (CETIM), l’Institute d’for Policy Studies et le Center for International Environmental Law (CIEL) ont déposé une plainte conjointe au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, qui pourrait donner lieu à une réaction des États.

Gabriel Labrador

— 
Photo : Luis Parada via Equal Times


Du mirage du gaz de schiste en général à celui du fluoropropane en particulier

lun, 20/04/2015 - 09:27

 

 

Par Le Matin |

Alors que les militants anti-gaz de schistes attendent toujours la réponse du chef de l’Etat concernant la demande de moratoire sur la question de l’exploitation des gaz de schistes en Algérie, demande formulée le 23 février 2015, nous voilà propulsés dans un autre débat, celui de la fracturation au fluoropropane tombé du ciel pour certains. La révélation.

Le gouvernement entend poursuivre l’exploration puis l’exploitation du gaz de schiste malgré les risques écologiques.

 

Cette technique, qui n’a jamais été testée sur terrain, est mise à l’honneur en 2013 grâce au rapport Montebourg dans lequel l’Office français des conjonctures économiques (OFCE) réalisait le volet économique. Deux ans plus tard les conclusions de l’OFCE sont loin de l’optimisme du départ. En effet la rente estimée à 300 milliards de dollars sur 30 ans s’effondre a moins de 20 milliards sur 45 ans.

Sur le plan chimique, les promoteurs de cette technique nous assurent que le fluoropropane est non inflammable à l’inverse du propane. Il n’en demeure pas moins que le stockage de grandes quantités de ce gaz n’élimine pas ce risque, que quel que soit le produit injecté, les sites de fracturation se comportent comme de vrais réacteurs chimiques, capables de produire des composés inconnus et inattendus extrêmement toxique pour la santé humaine et pour l’environnement. Pour finir, il faut rappeler que le fluoropropane a un effet sur le réchauffement climatique 3000 fois supérieur a celui du C02 comme l’a si bien rappeler la ministre française actuelle de l’environnement Ségolène Royal, réfutant par la même, l’idée d’une exploitation propre des gaz de schistes. Certains osent même le slogan de « fracturation écologique ».

Pour toutes ces raisons, la question de l’exploitation des gaz de schistes par le fluoropropane, comme dans les autres pays, n’a pas lieu d’être en Algérie.

Aujourd’hui, seul le Moratoire permettra d’ouvrir un débat serein sur l’avenir énergétique de notre pays avec une sortie de crise honorable pour les deux parties.

Le Collectif national pour un moratoire sur le gaz de schiste (CNMGS) est né le 25 février pour soutenir l’appel à moratoire de In Salah. Au-delà de son combat contre l’exploitation des gaz de schistes en Algérie, le CNMGS se projette dans une vision plus large, celle du développement durable, de l’économie d’énergie et de la diversification des ressources énergétiques. Il prône également la nécessité d’une économie à valeurs ajoutés qui épargnerait l’Algérie des aléas d’un modèle rentier arrivé à ses limites.

Il est temps que l’Algérie pense à un autre modèle de croissance, intelligente, durable et inclusive.

Dr Sabrina Rahmani

 

 


Traité transatlantique, ou comment organiser l’impunité des multinationales…..

dim, 19/04/2015 - 17:36

Les négociations reprennent à Washington à la fin du mois, et nul ne sait quand le texte sera prêt. Toujours aussi mystérieux, l’accord de libre-échange transatlantique (TAFTA ou TTIP) consacre la supériorité du droit des multinationales, dont les Etats ne seront que les VRP de luxe. Pour contrer le projet, une journée internationale de mobilisation s’est déroulée le 18 avril en Europe et aux Etats-Unis.

Lire la suite ici…

Source : l’Humanité Dimanche du 16 au 22 avril 2015.


Le lobby du gaz de schiste noyaute un groupe d’experts de la Commission

jeu, 16/04/2015 - 23:26
source: euractiv

Manifestation contre la fracturation hydraulique à Berlin. Les défenseurs de l’environnement estiment que l’extraction du gaz de schiste aura des conséquences importantes en termes de réchauffement climatique. [Robin Wood/Flickr]

Les défenseurs de l’environnement accusent l’industrie du gaz de schiste de contrôler un groupe d’expert influent au sein de la Commission européenne.

L’ONG des Amis de la Terre Europe a claqué la porte d’un lieu de réflexion sur le gaz de schiste. Il s’agit du Réseau scientifique et technique européen pour l’extraction des hydrocarbures non conventionnels du Centre commun de recherche (JRC). Le JRC est le service scientifique intégré à la Commission. Son rôle est d’informer les décideurs politiques européens.

Le réseau a pour mission d’évaluer les projets de fracturation hydraulique en cours et leurs conséquences. Le 15 avril, l’ONG des Amis de la Terre a cependant accusé l’organisation d’être « en fait un lobby interne pour le gaz de schiste dans la stratégie énergétique de la Commission européenne ».

L’ONG estime que le réseau devrait être dissout, une idée a été écartée par Shale Gas Europe, l’association européenne de l’industrie du gaz de schiste, et par la Commission européenne.

Un représentant de l’exécutif européen a expliqué à EurActiv que la Commission regrettait la décision des Amis de la Terre, parce que « la participation de la société civile dans ce réseau est essentielle pour assurer un échange de positions équilibré ». «Ce réseau a pour vocation d’être un organe technique, et non de prodiguer des conseils à l’attention des décideurs ou de promouvoir les combustibles fossiles non conventionnels », fait remarquer un porte-parole.

Selon Shale Gas Europe, « il est contreproductif que certains lobbyistes comme les Amis de la Terre quittent ce processus important deux mois seulement après son lancement ». « Il s’agit plus d’un message politique que d’un réel désir de résoudre les défis énergétiques auxquels l’Europe fait face. »

Enquête

Le 15 avril, les Amis de la Terre Europe et l’Observatoire de l’Europe industrielle, une organisation de surveillance anti-lobbies, ont publié une enquête sur la composition du réseau scientifique et technique européen pour l’extraction des hydrocarbures non conventionnels.

Le réseau est composé de 74 membres, dont 14 travaillent pour la Commission européenne. L’enquête révèle plusieurs choses en ce qui concerne les 60 autres membres.

  • Plus de 70 % représentent ou ont des liens financiers avec l’industrie de la fracturation hydraulique, alors que seuls moins de 10 % représentent la société civile.
  • Les personnes occupant les postes-clés, les cinq présidents des groupes de travail de l’organisation, travaillent pour l’industrie de la fracturation ou proviennent de gouvernements ou d’organismes favorables à la fracturation.
  • Les grandes entreprises du secteur, comme Cuadrilla, ConocoPhillips, Shell, Total, ExxonMobil et GDF Suez, sont toutes représentées dans le réseau.

Corporate Europe Observatory infographic Source:

Infographie de l’Observatoire de l’Europe industrielle. En vert, les représentants de la société civile ; en bleu, les membres du réseau ayant des liens avec l’industrie ; en turquoise, les représentants de la Commission européenne ; en orange, autres.

Les représentants de l’UE ont assuré que, contrairement à ce que relate l’enquête, il n’y a pas cinq présidents, mais seulement deux. Ils affirment qu’il n’existe que deux groupes de travail, chacun doté d’un président et d’un vice-président.

Selon les sources d’EurActiv, un représentant de l’industrie qui faisait une présentation lors de la première réunion aurait été pris par erreur pour le président d’un groupe de travail par l’ONG.

La présence des représentants de l’industrie est nécessaire, défend la Commission, afin que le réseau puisse avoir accès aux données environnementales et techniques spécifiques aux sites d’extraction.

Les représentants de la Commission soulignent également qu’une invitation à participer a été lancée lors de la création du réseau et qu’il n’était pas trop tard pour s’y joindre.

Les Amis de la Terre Europe affirment néanmoins que la promotion et l’expansion de la technique controversée de la fracturation hydraulique sont l’objectif principal du groupe de conseil.

Un réseau de facade ?

« L’étiquette de ‘réseau scientifique et technique pour les combustibles fossiles non conventionnels’ donne un air très objectif à l’organisme, mais ce n’est en réalité qu’une façade », dénonce Antoine Simon, militant anti-gaz de schiste pour l’ONG. « La Commission européenne donne trop d’influence à l’industrie de la fracturation et noie dans cette foule les citoyens et les groupes qui s’inquiètent à raison de cette industrie sale. »

>> Lire : L’Allemagne fait volte-face sur la fracturation hydraulique

Conférence de l’ONU sur le changement climatique

« Nous nous rapprochons des négociations cruciales de la conférence de l’ONU sur le climat. Les relations intimes de la Commission avec l’industrie des combustibles fossiles assurent que la fracturation hydraulique sera épargnée », regrette Pascoe Sabido, chercheur de l’Observatoire de l’Europe industrielle.

La conférence des Nations unies sur le changement climatique qui se déroulera à Paris en novembre 2015 a pour objectif de dégager une limite contraignante au changement climatique au niveau mondial. Des campagnes de sensibilisation tentent de convaincre les dirigeants de la dangerosité de la fracturation hydraulique et de la nécessité de laisser les combustibles fossiles où ils sont – enterrés.

Les détracteurs des combustibles non conventionnels soulignent que ces derniers sont dangereux en termes de santé, d’environnement et de climat.

Si ses opposants insistent sur les émissions de CO2 résultant de la fracturation hydraulique, ses défenseurs estiment que le gaz de schiste pourrait servir de « combustible-pont » pendant que les scientifiques améliorent la rentabilité des sources d’énergies plus propres, comme les renouvelables.

>> Lire : Le gaz de schiste ne révolutionnera pas l’énergie en Europe

Shale Gas Europe a déclaré que tous les membres du réseau scientifique et technique européen pour l’extraction des hydrocarbures non conventionnels s’étaient accordés sur le fait que le gaz de schiste devrait « être exploité dans un cadre environnemental durable ».

« Toutefois, toute décision sur l’avenir du gaz de schiste doit être basée sur une analyse scientifique et académique complète et approfondie, et non sur une rhétorique non fondée », peut-on lire dans une réaction de l’organisation à l’enquête des Amis de la Terre et de l’Observatoire de l’Europe industrielle.

En plus de remplacer des carburants plus polluants, comme le charbon, le gaz de schiste pourrait aider les pays de l’UE à atteindre leurs objectifs en matière de réduction des émissions de carbone, estime Shale Gas Europe. Il pourrait également rendre l’énergie moins chère, plus fiable et plus sûre, assure l’organisation.

La sécurité énergétique est l’un des objectifs principaux de l’initiative d’Union de l’énergie de l’UE, qui entend rendre le bloc plus résistant face aux pénuries, un objectif rendu encore plus urgent à la lumière du conflit en Ukraine.

>> Lire : Climat ou business, un choix qui rend les entreprises schizophrènes

Groupes de conseil

La Commission supervise des centaines de groupes de conseil qui contribuent à l’élaboration des lois et politiques européennes. La composition de ces groupes de conseil a déjà été l’objet de critiques. Le Médiateur européen, qui enquête sur les cas de mauvaise administration au sein des institutions, s’est d’ailleurs penché sur la question.

Emily O’Reilly, la Médiatrice, a présenté à la Commission une série de propositions visant à rendre ces groupes plus équilibrés et plus transparents. Elle a exhorté l’exécutif européen à établir un cadre législatif contraignant pour tous les groupes d’experts, qui précise notamment l’équilibre de représentation dans les différents groupes.

La Commission doit aussi, selon elle, prendre des mesures afin de limiter les éventuels conflits d’intérêts et publier plus d’informations sur le travail des groupes de conseil.

L’exécutif européen devrait donner une réponse à ses propositions d’ici le 30 avril 2015.

« La Commission a déjà pris de nombreuses mesures afin d’améliorer la transparence et de promouvoir une représentation équilibrée des différents intérêts dans les groupes d’experts. Il reste cependant des efforts à faire si nous voulons que le public puisse avoir confiance en ces groupes et suivre leurs travaux », a déclaré Emily O’Reilly.

Les lobbies sur la sellette

La dispute sur le gaz de schiste a éclaté alors même que l’organisation Transparency International a averti que les institutions et gouvernements européens doivent adopter des règles plus ambitieuses pour réduire l’influence des lobbies, s’ils ne voulaient pas s’exposer à des risques de corruption.

Cette organisation de surveillance anticorruption a étudié la transparence de 19 États et trois institutions de l’UE selon les normes internationales liées aux lobbies. Ils obtiennent un résultat moyen de seulement 31/100.

Seules deux entités parviennent à dépasser les 50 points : la Commission européenne elle-même (53/100) et la Slovénie. Transparency International souligne néanmoins que les « écarts vis-à-vis des réglementations, des échappatoires et une mauvaise application des règles » restent courants, même au sein de la Commission.

Le Parlement européen obtient 37/100 et le Conseil de l’UE seulement 19/100.

« Les pratiques de lobbyisme illégitimes et opaques constituent l’un des grands risques de corruption en Europe », explique Elena Panfilova, vice-présidente de l’organisation. « Les pays européens et les institutions de l’UE doivent adopter des règles plus sévères en matière de lobbies. Des règles qui couvrent tout l’éventail des lobbyistes qui influencent directement ou indirectement toute décision politique ou législative », insiste-t-elle.

De très nombreux domaines entretiennent des lobbies à l’influence disproportionnée. C’est le cas par exemple des secteurs de l’automobile, du tabac, des boissons alcoolisées, de l’énergie, de la finance et de l’industrie pharmaceutique.

Ce n’est pas la première fois que l’influence des industries sur les politiques européennes fait les gros titres. En 2012, le Maltais John Dalli, le commissaire à la santé et à la politique des consommateurs avait démissionné suite à un scandale découvert par l’organe antifraude de l’UE. Il s’était avéré qu’un entrepreneur maltais obtenu avait un pot-de-vin d’une entreprise suédoise pour utiliser ses liens avec le commissaire afin de modifier la législation liée au tabac.

La Commission a promis d’introduire un registre obligatoire des lobbyistes gravitant autour des institutions européennes.

>> Lire : Frans Timmermans prévoit de durcir les règles à l’encontre des lobbys

LIENS EXTERNES:

ONG

Médiateur européen

Commission européenne

Shale Gas Europe

EurActiv.com James Crisp traduit de l’anglais par Manon Flausch

Réchauffement climatique: le gouvernement néerlandais devant les juges

jeu, 16/04/2015 - 13:58

source: AFP – Magazine GoodPlanet Info // // // //

 

La Haye (AFP) – Près de 900 citoyens néerlandais ont entamé mardi une action en justice contre leur gouvernement, pour l’obliger à réduire ses émissions de gaz à effet de serre dans l’espoir de contrer le réchauffement climatique.

« Nous voulons que le gouvernement néerlandais réduise les émissions de gaz à effet de serre à un niveau 40% inférieur à celui de 1990 et ce d’ici à 2020″, a expliqué à l’AFP Marjan Minnesma, la directrice de l’ONG coordonnant les plaignants.

Plus de 200 d’entre eux, des enseignants, des entrepreneurs, des artistes, des musiciens, étaient présents mardi à La Haye pour le début du procès.

Selon l’ONG Urgenda, c’est la première fois qu’une organisation et des citoyens essaient de faire en sorte que leur Etat soit tenu pour responsable de son inaction face au réchauffement climatique.

Les plaignants ont demandé aux juges de qualifier un réchauffement climatique de plus de deux degrés Celsius de « violation des droits de l’homme ». Un jugement est attendu pour le 24 juin.

La communauté internationale s’est fixé pour objectif de limiter à 2°C la hausse des températures mondiales par rapport à l’ère pré-industrielle.

En vue du tout premier accord universel sur le climat espéré en décembre à Paris, les Etats sont ainsi invités à rendre publics des engagements nationaux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

L’UE (28 pays) a fait part de son intention de réduire ses émissions de 40% en 2030 par rapport à 1990, tandis que les Etats-Unis, 2e plus gros émetteur derrière la Chine, veulent les réduire de 26 à 28% entre 2005 et 2025.

« Nous ne pouvons pas attendre que les politiques se mettent d’accord, il est urgent d’agir », a expliqué Mme Minnesma : « parfois, un tribunal peut mettre fin à un grand abus malgré le statu quo politique qui existe à ce moment-là ».

 

© AFP


La Norvège va boycotter les bandits climatiques

jeu, 16/04/2015 - 13:44

Le fonds de pension gouvernemental norvégien prendra en compte le critère de l’environnement dans ses futurs investissements. [Shutterstock/Alis Leonte]

Le fonds de pension gouvernemental norvégien,  le plus important du monde, n’investira plus dans les entreprises participant de manière « inacceptable »  au réchauffement climatique.

Les étudiants et les universitaires anglo-saxons en rêvent depuis des mois. La Norvège va le faire. Dans uncommuniqué mis en ligne ce vendredi 10 avril, le gouvernement norvégien annonce l’introduction de nouveaux critères d’exclusion pour le fonds de pension gouvernemental (GPFG).

Le principe est de ne plus prendre de participations dans les entreprises qui contribuent, «de façon inacceptable à accroître les émissions de gaz à effet de serre».

Proposé par un groupe de trois experts, le critère d’exclusion ne sera toutefois pas facile à appliquer. Le GPFG ne pourra boycotter, par exemple, un secteur d’activité dans son ensemble, ni les émetteurs d’une famille de gaz à effet de serre, précise le communiqué.

Pas de menace pour les charbonniers

Les producteurs et les consommateurs de charbon devraient ainsi passer au travers des gouttes: «Le gouvernement considère que l’exclusion pour des considérations éthiques de tous les producteurs de charbon ou de pétrole ne serait pas appropriée», confirme Oslo.

A la tête de l’équivalent de 1,3% de la capitalisation boursière mondiale, le fonds souverain norvégien est régi par des règles qui lui interdisent d’investir dans des groupes coupables de violations des droits de l’homme, recourant au travail des enfants, fabriquant des armes particulièrement inhumaines ou encore produisant du tabac.

Ces dernières années, le CPFG s’est déjà désengagé de dizaines d’entreprises (extraction de charbon, sables bitumineux, production de ciment…) dont le modèle économique est, selon lui, insoutenable tant sur le plan environnemental que climatique.

Le fonds de pension gouvernemental norvégien prendra en compte le critère de l’environnement dans ses futurs investissements.

Article publié sur le Journaldelenvironnement.net


Gaz de schiste : pourquoi j’ai renoncé à participer au groupe d’experts de la Commission européenne

jeu, 16/04/2015 - 13:34

Source: blog mediapart (article offert)

15 avril 2015 |  Par Maxime Combes

 La Commission européenne a mis sur pied un groupe d’experts sur les hydrocarbures non-conventionnels. Invité à le rejoindre, j’ai renoncé à participer à un groupe de travail qui revient à donner « carte blanche » aux industriels et à l’exploitation des hydrocarbures de schiste en Europe.

Fin août 2014, nous sommes alertés par des ONG basées à Bruxelles et mobilisées contre l’exploitation des hydrocarbures de schiste en Europe. La Commission européenne, qui est en train de constituer un groupe d’experts chargés de collecter des informations sur l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels, leur a garanti que le travail de ce groupe d’expert serait indépendant et qu’il pourrait décider de son propre programme de travail, y compris sur le climat, l’environnement et la santé publique. Ces ONG nous invitent – nous les militant-e-s impliqués dans les mobilisations citoyennes contre les hydrocarbures de schiste depuis des années – à déclarer notre intérêt auprès de la Commission pour rejoindre un tel groupe, ce d’autant plus que les candidats sont peu nombreux et liés aux industries pétrolières et gazières.

Je m’exécute et exprime mon intérêt (détails ici), avant la date limite du 15 Septembre. Pour voir. En sachant d’ailleurs que les moyens financiers nécessaires pour assurer la participation de la société civile, qui dispose de bien moins de ressources que les industriels, dans cette instance, ne sont pas garantis.

A trois reprises (le 30 septembre et le 18 décembre 2014 ainsi que le 19 janvier 2015 – voir ici), je suis invité, par email, à renvoyer un CV justifiant de mes compétences sur « ce terrain ». Messages auxquels j’ai répondu, une fois, en envoyant une série d’articles, de rapports et d’études auxquels j’ai contribué depuis le début de la mobilisation contre les hydrocarbures de schiste en Europe. En effet, comme l’essentiel des militants et experts citoyens sur les hydrocarbures de schiste, nos compétences sont le fruit d’un engagement quotidien et d’une lecture assidue de la littérature scientifique, journalistique et citoyenne, complétée de l’expérience du terrain, en France et à l’étranger. Notre légitimité et notre expertise sur le sujet ne viennent pas de diplômes et de postes dans des entreprises du secteur, sanctionnées par de jolis intitulés dans nos CV. Difficile à comprendre pour une Commission européenne plus habituée à travailler avec les lobbies industriels qu’avec la population.

In fine, même sans CV, mon « expression d’intérêt » est « acceptée » (voir ici) et je suis convié à participer à la réunion qui est organisée les 23 et 24 février 2015 à Bruxelles.

Je vais pourtant très rapidement renoncer à me rendre à cette réunion et renoncer à participer à ce groupe d’experts. Pour plusieurs raisons :

  1. à la différence des groupes industriels et des experts rattachés à ces groupes, je n’ai pas, pas plus que mon association ou les groupes citoyens luttant contre la fracturation hydraulique, les moyens de me rendre à Bruxelles pour ces réunions : nous n’avons pas les moyens pour couvrir les frais de déplacement et d’hébergement, pas plus que pour couvrir le temps de travail que cela nécessite ; or, aussi surprenant que cela puisse paraître, la Commission européenne n’a initialement débloqué et confirmé aucun moyen pour assurer la participation de la société civile ; ce n’est qu’après la réunion de février qu’elle a annoncé pouvoir financer une cinquantaine de voyages, soit très peu, pour un groupe de travail supposé se réunir quatre fois par an pendant trois ans (cela couvre, tout au plus, les frais de trois ou quatre participants) ;
  2. malgré les discussions initiées par les ONG basées à Bruxelles et en dépit d’une lettre envoyée par les collectifs citoyens, l’intitulé des deux groupes de travail constitués n’a pas été modifié : le premier groupe s’intéresse aux projets d’exploration, de démonstration et de production d’hydrocarbures non conventionnels en Europe tandis que le second groupe se focalise sur les technologies. Le message d’invitation pour la réunion de Bruxelles n’est pas plus rassurant : il est rappelé que « l’objectif principal de ce groupe de travail est de collecter, analyser et examiner les résultats des projets d’exploration ainsi que d’évaluer le développement des technologies utilisées dans les projets de gaz et de pétrole non conventionnels ». Les effets sur le climat, sur l’environnement et la santé sont très largement minorés et relégués à un second plan, comme le montre la page de présentation du groupe de travail sur le site de la Commission européenne. De fait, l’objectif assigné à ce groupe de travail par la Commission européenne est relativement clair : il s’agit d’appuyer le travail des industriels pour promouvoir l’exploitation des hydrocarbures de schiste sous couvert d’expertise scientifique.
  3. en relisant le mandat confié par la Commission européenne à ce groupe de travail, je m’aperçois qu’il ne comporte aucun doute sur l’opportunité d’exploiter les hydrocarbures de schiste. Il n’y est fait mention que de recherche des meilleures technologies disponibles et des conditions techniques et économiques de l’exploitation des hydrocarbures de schiste. Alors que les scientifiques du climat recommandent de ne pas exploiter la majeure partie des réserves prouvées d’énergies fossiles, ce groupe d’expert n’a pas pour mission de tenir compte de ces recommandations, et des résultats scientifiques des climatologues. Par le mandat qu’il lui est donné, ce groupe d’expert est placé dans une position de déni des savoirs scientifiques en matière de climat, comme s’il était possible de discuter et de poursuivre l’exploitation des hydrocarbures de schiste sans tenir compte des exigences climatiques. Comme je l’ai expliqué récemment, cela revient à nier le réchauffement climatique et à se comporter comme de véritables climato-sceptiques. En instituant ce groupe de travail et en lui confiant un tel mandat, la Commission européenne nie donc le réchauffement climatique et ses implications. La Commission européenne, en limitant la discussion aux méthodes d’exploitation des hydrocarbures de schiste et refusant de débattre de l’opportunité de telles exploitations, agit donc comme une institution climato-sceptique. C’est tout simplement inacceptable.

Le rapport publié ce mercredi 15 avril par Les Amis de la terre Europe et le Corporate Europe Observatory confirme cette analyse et me conforte dans le choix de ne pas avoir accepté de rejoindre ce qui n’est qu’un pseudo groupe d’expert-e-s :

Sur 60 « experts » déjà nommés, 40% travaillent pour des entreprises comme Total, GDF Suez ou Shell, directement impliquées dans le gaz de schiste, ou pour des lobbies du secteur pétrolier et gazier, comme l’Union française des industries pétrolières (UFIP). Jean-Louis Schilansky, par ailleurs président du « Centre de documentation sur les hydrocarbures non conventionnels », le lobby récemment créé par les entreprises françaises intéressées au développement du gaz de schiste, en fait par exemple partie [1]. Les représentants de la société civile, en revanche, se comptent sur les doigts d’une main : ils ne sont que cinq ! Le reste est constitué soit de scientifiques dont la majorité est liée financièrement à l’industrie, soit de représentants de bureaux publics de recherche géologique, dont les intérêts sont souvent étroitement liés à ceux des promoteurs du gaz de schiste. Au total, 70 % des membres de ce réseau ont des liens financiers avec l’industrie pétrolière et gazière… ((source : Olivier Petitjean, Basta !, Avril 2015, L’Europe ouvre grande la porte aux lobbies favorables aux gaz de schiste)

Alors que des mobilisations citoyennes se renforcent chaque jour un peu plus contre l’exploitation des hydrocarbures de schiste aux quatre coins de la planète et de l’Union européenne (dernière en date au Danemark), la Commission européenne utilise tous les moyens à sa disposition, y compris la création ex-nihilo d’un espace de lobbying favorable à l’industrie pétrolière et gazière.

Il était donc bien-entendu hors de question que je participe et cautionne, par ma présence, une telle initiative totalement inacceptable. En prenant faits et causes pour les lobbies pétroliers et gaziers, la Commission européenne fait d’une pierre deux coups : saper toute ambition climatique et miner le débat démocratique. Well done.

Maxime Combes, Economiste, membre d’Attac France et de l’Aitec,

@MaximCombes sur Twitter


AVIGNON, manifestation STOPTAFTA samedi 18 avril en vélo ou à pied à 14h00 au parking des Italiens

mer, 15/04/2015 - 12:06
Tout le monde est concerné. Déjà certaines multinationales (philip Morris, entre autres) n’attendent que la ratification du traité pour intenter un procès aux états dont la France. Mobilisez vous. Les gouvernements ne nous entendent pas, alors crions plus fort. Venez tous à vélo ou à pied à 14h00 au parking des Italiens à Avignon le 18 avril jusqu’à l’hôtel de ville.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La stimulation à l’heptafluoropropane, une invention presque « made in France »

mer, 15/04/2015 - 11:46

Source : http://www.industrie-techno.com, Par Philippe Passebon. Publié le 14/04/2015 à 15h40
Les premiers tests de stimulation au propane pur ont été effectués par EcorpStim à Frio County dans le Texas en décembre 2012.

Après avoir développé la stimulation au propane pur, la société de services ecorpStim a developpé la stimulation à l’heptafluoropropane spécialement pour la France, en 2013. L’hexagone s’en est finalement tenu à sa circulaire de 2012, qui interdisait tout forage sur le sol français dès lors qu’il s’agissait d’hydrocarbures non conventionnels, interdisant ainsi jusqu’aux expérimentations des techniques alternatives à la fracturation hydraulique. La société devrait donc maintenant proposer la technologie pour tous les acteurs industriels intéressés.

Selon Florence Maisel, directrice général d’Interel France et directrice des relations extérieures d’ecorpStim pour la zone EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique), le patron d’EcorpStim John Trash a un credo : être le mieux-disant dans son domaine sur le plan environnemental. Elle nous détaille les tenants et aboutissants de deux technologies vieilles de quelques années, mais déjà très controversées.

Industrie & Technologies : Pourquoi EcorpStim a-t-il développé ces technologies alternatives ?
Florence Maisel : Malgré l’utilisation du propane par GasFrac depuis 2008, sur près de 2 500 puits, 99 % des puits sont produits par fracturation hydraulique aux Etats-Unis. Conscient qu’il ne serait plus possible à l’avenir d’utiliser ces techniques, John Trash, le petit-fils du fondateur d’eCORP, s’est tourné en 2010-2011 vers l’Europe. Il n’est en effet pas normal d’utiliser autant d’eau et de produits chimiques. Il est de plus complexe de retraiter ensuite l’eau, puis de la réinjecter dans des réservoirs profonds. La situation de la France en particulier l’a inspiré pour développer ces technologies. Par ailleurs, d’autres pays aux réserves importantes, comme les pays du Maghreb, n’ont pas d’eau et ne peuvent pas pratiquer la fracturation hydraulique. Dans les pays arctiques, le propane présente aussi l’avantage de geler à une température plus basse que l’eau. eCORP a donc développé en interne la technologie au propane pur, une version améliorée du gel de propane utilisé par GasFrac. Celui-ci contient encore des produits chimiques plutôt désagréables, tandis que le propane pur n’a plus besoin d’aucun additif chimique. ecorpStim a été créé début 2012 et la technologie a été testée pour la première fois en décembre 2012 au Texas, à la demande d’Arnaud Montebourg, dans le cadre du « projet Montebourg » qui visait précisément à tester cette technologie.

I&T : La technologie au propane pur est elle aussi efficace que la fracturation hydraulique ?
F.M. : La stimulation au propane permet de garder les gisements attractifs malgré la baisse du prix du baril. Le propane est plus cher que l’eau mais il multiplie la productivité des puits entre deux et quatre fois. L’eau est sûrement le pire fluide de stimulation que l’on connaisse. Il bloque les hydrocarbures au fond de la roche (à cause du gonflement de la roche argileuse, qui réagit comme une éponge, NDLR), ce qui n’est pas le cas du propane. Aujourd’hui avec la fracturation hydraulique, seuls 20 % des fractures créées dans un puits produisent réellement.

I&T : Le propane pur ne présente-t-il pas des risques particuliers d’inflammabilité ?
F.M. : Le propane pur est utilisé dans des réservoirs conventionnels depuis près de 30 ans, pour des opérations d’EOR (Enhanced Oil Recovery, les techniques de récupération avancée du pétrole, NDLR). Aussi sait-on bien gérer les risques industriels liés au propane, par ailleurs utilisé dans de nombreuses autres installations industrielles. eCORP n’a jamais eu d’accident lié à l’utilisation du propane.

I&T : Pourquoi alors avoir également développé la stimulation à l’heptafluoropropane ?
F.M. : Au printemps 2013, ecorpStim a eu l’idée de développer une nouvelle solution de stimulation au fluoropropane, aux performances équivalentes au propane, spécialement pour la France. L’heptafluoropropane, non inflammable, peut être utilisé sans risques dans des zones à forte densité de population, une configuration qui ne se présente pas aux Etats-Unis, mais est une réalité en Europe. Le projet Montebourg a donc été un moteur important du développement de la stimulation à l’heptafluoropropane. Lorsqu’il était encore ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg voulait en faire une technologie « made in France ». Il s’agissait de regarder s’il existait réellement une technologie aussi performante que la fracturation hydraulique qui permette de ré-ouvrir le débat. Celle-ci aurait pu permettre d’explorer les ressources dans un cadre qui respecte les spécificités nationales, par une entreprise nationalisée dont la rente aurait pu financer le redressement productif.

I&T : La ministre de l’Ecologie Ségolène Royal a pointé du doigt les dangers pour le climat liés à l’utilisation de l’heptafluoropropane
F.M. : L’heptafluoropropane n’est pas inflammable, mais a un potentiel de réchauffement très important. Son relargage dans l’atmosphère serait alors problématique. Mais par ailleurs, le produit est tellement coûteux que si on ne le recapturait pas totalement à la sortie du puits, son utilisation ne serait pas rentable. Aujourd’hui, 95 à 98 % de l’heptafluoropropane sont récupérés en tête du puit. ecorpStim est en train de perfectionner des dispositifs techniques innovants qui nous permettent de garantir que l’intégralité est récupérée.

I&T : Ces technologies sont-elles déjà utilisées aujourd’hui pour produire des hydrocarbures ?
F.M. : Tant qu’ecorpStim a été lié à la France, ses technologies n’ont pas été proposées ailleurs. Aujourd’hui, il est libéré de ce contrat et va proposer ses technologies partout dans le monde. Aujourd’hui, les technologies sont donc en phase pré-industrielle. Un pilote ouvrira probablement après l’été, et nous pensons être à un an d’une utilisation industrielle.

I&T : Continuez-vous à améliorer ces techniques ?
F.M. : EcorpStim a mis en place un consortium de recherche qui réunit des équipes de haut niveau aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en France (dont font partie en France l’Université Joseph Fourrier, sur l’analyse des risques et des rejets toxiques ; et Airbus Defense & Space, pour le monitoring de l’air par satellite, NDLR). Ses membres y travaillent sur des proppants (agents de soutènement) adaptés qui permettent de maintenir les fractures ouvertes, ou encore sur l’abaissement des coûts et la recapture du fluoropropane.


Angela MERKEL approuve un projet de loi sur la fracturation

mer, 15/04/2015 - 11:41

EL PAIS : 1/4/2015. Merci à Bernard pour sa traduction.
Le cabinet de la chancelière Angela Merkel a approuvé un projet de loi qui exclura en principe la fracturation, une technique pour extraire du sol le gaz de shiste, bien qu’elle laisse la porte ouverte à son application dans quelques cas. Cette loi n’est pas encore arrivée au Parlement Fédéral et cependant elle cause déjà une fissure grave au sein de la cohésion du gouvernement de grande coalition. Plus de 100 parleeantaires de la Démocratie Chrétienne sont disposés à votre contre parce qu’ils considèrent que, malgré les restrictions, il n’y a pas de protection adéquate des couches aquifères.

Plusieurs dizaines de députés pensant que le projet de loi, dans sa forme actuelle, ne peut être souscrite », a expliqué le député de la CDU, Andreas Mattfeld, face au mécontentement qui existe au sein du groupe parlementaire démocrate-chrétien : « Nous ne pouvons pas imaginer qu’on puisse réaliser sur tout le territoire des perforations expérimentales »

La révolte des députés, qui selon Mattfeld, dépassent la centaine, constitue un danger pour la cohésion du gouvernement et met en difficulté la ministre de l’environnement, Barbara Hendricks, (SPD), qui se verrait obliger de réécrire le projet de loi pour éviter une crise politique, et ceci bien que la mesure conçue par son ministère envisage des mesures sévères pour protéger les réserves d’eau de consommation humaine et la nature dans des certaines régions et interdise en principe les prospections au dessus de 3000 mètres.
Les nouvelles normes permettent de limiter la fracturation de sorte qu’elle ne soit plus un danger pour les personnes et l’environnement », a dit la ministre, en défendant l’initiative. « Protéger la santé et l’eau potable est nécessaire. Pour cette raison, nous voulons empêcher la fracturation autant que possible. L’hydrofracturation restera interdite dans les cas où la responsabilités face aux risques ne peut être assumée et où il n’existe pas d’évaluation concluante », a t elle ajouté.
La nouvelle loi, qui doit être approuvée par le Parlement fédéral et entrer en vigueur le 1er février 2016, a reçu l’appui intéressé du ministre de l’Economie et de l’Energie, Sigmar Gabriel ; qui a souligné que l’accord du Conseil des ministres offrait la sécurité juridique tant envers les personnes qu’envers les industries affectées. « On pourra seulement la technologie de l’hydrofracturation à des fins scientifiques dans des cas exceptionnels très limités et uniquement si les risques sont contrôlables et si sa pratique a été approuvée dans un processus transparent et public », a dit le ministre et vice-chancelier.
Zones hydriques et réserves naturelles sanctuarisées
L’initiative législative interdit formellement l’utilisation de la fracturation dans des zones de protection hydrique, dans des régions où existent des couches curatives et dans des zones de réserve naturelle. Mais la nécessité urgente qu’a l’Allemagne de réduire sa dépendance vis-à-vis du gaz russe, a convaincu le ministre de l’Environnement d’introduire la possibilité de permettre la perforation dans des conditions strictes.

Si les perforations passent les contrôles, la fracturation commerciale pourra être utilisée à partir de 2019.
Si les perforations expérimentales sont un succès et si un comité spéciale l’approuve, la nouvelle loli pourrait permettre la fracturation commerciale à partir de 2019 pour les couches les plus profondes et sous le niveau de perméabilité.
La loi stipule que si les explorations donnent des résultats positifs, l’approbation d’une future exploitation commerciale des gisements restera dans les mains d’une commission d’experts, une mesure qui est mise en cause dans les rangs du groupe parlementaire sociodémocrate, qui demande que la décision finale reste aux mains du Bundestag et non d’un groupe d’experts, qui pourrait céder aux pressions des compagnies énergétiques.


GdS. Nouvelle réglementation publiée prochainement pour les forages par fracturation aux Etats Unis

mer, 15/04/2015 - 11:35

ECOWATCH 23-03-2015. Merci à Bernard pour sa traduction.
Plutôt cette semaine la Secrétaire d’État à l’Intérieur, Sally Jewell a dit que les nouvelles régulations pour la fracturation sur les terrains du Département du Bureau de gestion du sol, (Bureau of Land Management (BLM) concernant la fracturation sur les terrains fédéraux seraient publiés « dans les prochains jours », suivant un processus de quatre ans qui a conduit à recevoir plus de 1,5 millions de commentaires du public. Aujourd’hui elle a dévoilé ces nouvelles réglementations, qui prendront effet dans 90 jours. Le BLM proclame qu’il « soutiendra une fracturation hydraulique sûre et responsable sur les terrains publics et Amérindiens. »
Les réglementations fédérales sur le forage de puits datent de plus de 30 ans, et elles ne se sont tout simplement pas adaptées aux complexités techniques des opérations de fracturation actuelles », a dit Jewell. Cette remise à jour et ce renforcement des règles fourniront un cadre de travail pour les protocoles de sauvegarde et de publications qui permettront la poursuite d’une développement responsable de nos ressources fédérales de pétrole et de gaz. Alors que nous continuons à offrir des millions d’hectares de terrains publics pour la production d’énergie conventionnelle et renouvelable, il est absolument critique que le public ait confiance dans le fait qu’une sécurité transparente et effective ainsi que des protections environnementales sont mises en place.

Pendant des années, les forages ont été effectués sur les terrains fédéraux avec plus de 100.000 puits existants. Cependant, avec le boom de la fracturation depuis une vingtaine d’années, plus de 90 % des nouvelles opérations de forage impliquent ce processus, éludant les réglementations d’il y a 30 ans.
Plutôt que l’interdiction de nouveaux forages que beaucoup de groupes environnementalistes et citoyens recherchaient, les règles mettent l’accent sur des enjeux de sécurité comme la construction de puits, la gestion des substances chimiques et la publication.
En particulier elles incluent :
• De s’assurer de la protection et de l’ approvisionnement des eaux profondes en exigeant la validation de l’intégrité du puits et de solides barrières de ciment entre le puits de forage et les zones acquifères qu’ils traversent
• D’exiger des compagnies qu’elle révèlent publiquement les produits chimiques et fluides utilisés pour la fracturation, au Bureau de Management du Sol en utilisant le site Web LandFocus, et ce 30 jours avant de commencer les opérations
• D’appliquer des standards améliorés pour le stockage temporaire des fluides usagés et récupérés à l’issue de la fracturation pour minimiser les risques sur l’ari, l’eau et la vie sauvage
• Des mesures pour minimiser le risque de contamintaton entre puits et par les fluides et produits chimiques utilisés lors de la fracturation, en requérant des compagnies qu’elles fournissent plus d’informations détaillées sur la géologie, la profondeur et l’emplacement des puits préexistants pour donner au BLM une chance de mieux évaluer et gérer les caractéristiques du site
Cette règlementaton protègera la santé publique et l’environnement pendant et aprés les opérations de fracturation hydraulique à un coût modeste en respectant à la fois le travail réalisé au préalable par l’indutrie, les états et les tribus et promouvant l’adoption de standards plus protecteurs à travers le pays », a dit Janice Schneier, la Secrétaire Assistante pour la gestion du sol et des Minéraux. « Nous savons combien il est important que ça se passe bien ».
Cette réglementation a été mise en forme et réalisée en prenant en compte l’expertise technique, les intérêts et préoccupations de tous nos partenaires, et elle se base sur le travail des états et des tribus pour s’assurer des meilleurs pratiques sur une base nationale », a ajouté le directeur du BLM, Neil Kornze : »Les nouvelles régulations sont essentielles vis-à-vis de nos efforts mutuels pour protéger l’environnement et les communautés qui dépendent vitalement de l’eau, du sol et des ressources de la vie sauvage. Cette règlementation est de la bonne gestion.
Cette opinion est loin de faire l’unanimité. Quelques groupes environnementalistes ont salué un bon départ.
« Nos domaines publics et les populations qui vivent autour méritent le plus haut niveau de protection de la part de l’industrie du gaz et du pétrole » a dit Jessica Ennis, représentante législative majeure de Earthjustice : »Les règles proposées aujourd’hui par l’intérieur sont un important pas en avant en évoluant vers l’utilisation de réservoirs pour stocker l’eau toxique produite et en éloignant le concept périmé de « puits type » et en le replaçant par l’exigence de tests d’intégrité sur tous les puits.Mais il faut aller plus loin. Les USA doivent monter en régime l’expansion d’énergie propre et garder le gaz et le pétrole dans le sol ».
« La réglemention sur la fracturation par le BLM apporte une amélioration significative sur le « business as usual » a dit le directeur des politiques de « Earthworks », Laurent Pagel. « pour la première fois, le BLM va interdire les fosses à déchets sur les terrains publics, et exiger des compagnies gazières et pétrolières de tester l’intégrité de chaque puits pour prévenir la pollution. Mais à d’importants égards cette réglementation n’atteint pas ce qui est nécessaire pour protéger les communautés et l’environnement et poursuit le modèle de l’administration Obama : la priorité de l’extraction de carburant fossile sur le développement de l’énergie propre et la santé de la population.
D’autres ont été plus catégoriquees sur les lacunes de ces nouvelles règles.
« Nos précieux terrains publics ont été et sont continuellement sacrifiés par l’administration Obama, uniquement pour le profit à court-terme de l’industrie du gaz et du pétrole, a dit Wenonah Hauter, directeur exécutif de Food and Water Watch. « Nous allons poursuivre notre travail pour protéger vraiment les millions d’hectares des terrains fédéraux,qui demeurent maltraités jusqu’à ce que la fracturation soit complètement arrêtée. Les Etats-Uniens croient que préserver l’intégrité environnementale de ces zones pour les générations à venir est un enjeu politique d’importance critique, en particulier à la lumière des nouvelles preuves de la nocivité liée à la fracturation sur les ressources naturelles ».
« Nos terrains publics sont trop précieux pour les dégrader avec la fracturation » a dit la députée au Congrés Jan Schakowsky de l’Illinois, qui avec son homologue du Wisconsin Mark Pocan a présenté un projet de loi en décembre pour bannir la fracturation sur les terrains publics. « Les réglementations du BLM sont un pas dans la bonne direction, mais il faut en faire plus pour garantir que les terrains publics sont protégés et préservés pour les futures générations. Nous continuerons à travailler en vue de l’interdiction complète de la fracturation sur les terrains publics . »
Mais même ces règles modestes et de bon sens étaient trop pour certains acteurs industriels. L’Institut Américain du Pétrole, (API) les a appelées « redondantes » et un obstacle à la création d’emplois : »En dépit de la renaissance sur les terrains privés et publics, la production d’énergie sur les terrains fédéraux a chuté, et ces règles sont juste une barrière de plus à la croissance » a déclaré le directeur API et des opérations industrielles et en amont Erik Milito. « Sous le fort leadership environnemental des régulateurs nationaux, le forage par fracturation horizontale et verticale a ouvert une nouvelle ère de sécurité énergétique, de croissance d’emplois et de force économique »
Mark Ruffalo, membre du bureau de conseil des Américains Contre la Fracturation;ne pouvait être plus en désaccord : » Nos parcs nationaux et nos terrains publics font partie de nos trésors et devraient être préservés de la fracturation. Pourtant au lieu de suivre l’exemple de l’interdiction de la fracturation par l’état de New York, l’administration Obama a conçu ces régulations sur la fracturation comme n’étant que des cadeaux à l’industrie du gaz et du pétrole. Ces régulations puisent dans notre héritage et le transmettent à une industrie qui n’a pas besoin d’encouragement.Industrialisation et parcs ne sont pas du même monde.
Charlie Cory, chercheur spécialisé chez Freenpeace est d’accord : » Le Président devrait ordonner au BLM d’arrrêter immédiatement de statuer sur de nouvelles attributions jusqu’à ce qu’on ait la preuve qu’ils n’accélèrent pas le basculement climatique, ou qu’au minimum leurs nouvelles réglementations sur la pollution au méthane soient finalisées et contraignantes. Tout ce qui précède devrait signifier « plus rien venant du sous-sol ».