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COLLECTIF 07 STOP AU GAZ DE SCHISTE

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Le collectif 07 STOP AUX GAZ DE SCHISTE affirme son refus de l'exploration et de l'exploitation des hydrocarbures de roche-mère et autres hydrocarbures dits non-conventionnels (gaz et pétrole de schiste, huiles lourdes, gaz de réservoir compact, gaz de couche, sables bitumineux ...) et de tous hydrocarbures dont l'extraction nécessite l'utilisation de techniques, quel que soit leur nom, nécessitant de fracturer, stimuler, acidifier ou encore de fissurer la roche et ayant pour conséquence de porter atteinte à son intégrité.
Mis à jour : il y a 1 heure 21 minutes

Total et BP menace le récif de l'Amazone

lun, 27/03/2017 - 15:37
TOTAL, MENACE OFFICIELLE DU RÉCIF DE L'AMAZONE

Greenpeace le 27 mars 2017

En début d'année, l'Esperanza se rendait à environ 250 kilomètres au large des côtes nord du Brésil pour effectuer les toutes premières images du récif de l'Amazone. A son bord se trouvait l'équipe de scientifiques brésiliens qui a confirmé l'existence du récif en avril 2016. Les images ont été à la hauteur de nos espérances. C'est un biome unique que nous avons pu documenter, fait de différentes espèces de coraux, d'éponges et de rodolithes, où vit une quantité incommensurable de poissons et autres espèces marines, dont certaines seraient inconnues jusqu'alors.

Sauf que la menace plane. Un consortium de pétroliers, dont le français Total et le britannique BP, souhaitent effectuer des forages exploratoires dans cette zone. Or, ils ne peuvent plus ignorer l'existence et maintenant la richesse de cet écosystème qu'est le récif de l'Amazone. Le puits le plus proche du récif se trouve à seulement 28 km. Et il appartient à Total.

TOTAL, GÉANT PÉTROLIER QUI SE DIT « GREEN »

Créée par l'Etat français en 1924 sous le nom de Compagnie française des pétroles, elle devient en 1929 la Compagnie française de raffinage et commence déjà à étendre ses activités à l'international. En 1960, Total commence à investir dans le secteur de la pétrochimie et c'est l'année suivante qu'il exploite pour la première fois un gisement offshore, au Gabon. Le premier forage en eaux profondes aura lieu 20 ans plus tard en Méditerranée. Aujourd'hui, Total se présente comme un expert du forage ultra-profond.

Total est une multinationale qui compte 96 000 collaborateurs et 882 sociétés consolidées présents dans 130 pays. Elle est tentaculaire.

En 2014, Total présente sa nouvelle signature, son nouveau credo : « Commetted to better energy » (« Engagés pour de meilleures énergies »). Comprendre : produire moins, produire mieux. Un positionnement plutôt dissonant pour une supermajor de l'industrie pétrolière… Sauf que ces belles paroles ne valent rien si Total concrétise ses ambitions au large du Brésil. Au sein d'un consortium de pétroliers dont fait également partie le britannique BP, Total a dépensé 300 millions de dollars aux enchères en vue de l'acquisition de cinq blocs tout près du récif de l'Amazone et s'apprête à dépenser 310 millions de dollars pour cette première phase de forage exploratoire.

Le temps presse. Les activités d'exploration pourraient bien commencer cette année. Il est inenvisageable de laisser la cupidité d'une supermajor pétrolière mettre en danger une biodiversité aussi riche.

Nous avons encore une chance de l'arrêter

Nous sommes le 27 mars 2017. Total n'a montré aucun signe de bonne volonté allant dans le sens de la protection du récif de l'Amazone. C'est là que vous, avec nous, pouvez intervenir et rejoindre les défenseurs du récif de l'Amazone.

Nos activistes sont en ce moment devant le siège de Total, à Paris – La Défense. Une marée noire de 200 m2 a été simulée sur le parvis pour dénoncer les risques insensés que le pétrolier ferait peser sur le récif de l'Amazone s'il s'entêtait dans ces projets d'exploration pétrolière.

Vous pouvez les soutenir en signant notre pétition et en parlant de nos actions sur les réseaux sociaux. Mobilisez-vous pour le récif de l'Amazone.

Lire l'article sur Greenpeace.fr

Le changement climatique est en route

mar, 21/03/2017 - 15:15
NOUVEAUX RECORDS CLIMATIQUES :
FAUDRA-T-IL ATTENDRE L'EFFONDREMENT POUR RÉAGIR ?

L'année 2016 est la plus chaude jamais enregistrée : la hausse du mercure atteint 1,1°C en moyenne, s'accompagnant de records en matière de concentration de C02 dans l'atmosphère, d'élévation du niveau des mers et de perte de surfaces de banquises. Les records et les anomalies s'empilent, mais c'est l'inertie et la passivité qui gagnent les décideurs politiques et économiques. Jusqu'à quand ?

Dans un monde soucieux de son avenir, les données publiées par l'Organisation météorologique mondiale (OMM) ce mercredi 21 mars devraient replacer la lutte contre les dérèglements climatiques au coeur des priorités et du débat public. Compilant les résultats de plusieurs organismes de recherche, l'OMM confirme ce que tous les spécialistes redoutaient : l'année 2016 est bien l'année de tous les records. Des records qu'il ne faudrait pourtant plus chercher à battre tant ils transcrivent une profonde déstabilisation du systéme climatique mondial.

1. Température mondiale en hausse
La température moyenne de la planète a été supérieure de 1,1 °C à la moyenne de l'époque préindustrielle.

2. Hausse du CO2 dans l'atmosphère
La concentration de CO2 dans l'atmosphère ne cesse de s'accroître. Pour la première fois, la barre symbolique des 400 ppm en moyenne annuelle a été franchie.

3. Baisse de la surface des banquises
En novembre 2016, ce ne sont pas moins de 4 millions de km2 de banquises qui avaient disparu de la planète, une anomalie sans précédent.

4. Hausse du niveau des mers
Entre novembre 2014 et février 2016, le niveau des mers aurait augmenté de 1,5 centimètres en moyenne, soit une hausse équivalent à ce qui était observé, ces dernières années, chaque cins ans.

5. Des impacts qui se conjuguent au présent
L'OMM n'hésite pas à insister sur les vagues de chaleur incroyables obsevées en diverses régions du monde, ou sur les sécheresses sévères qui ont touché certaines régions africaines

6. Faut-il attendre que tout s'effondre pour réagir ?
Comment se fait-il que l'accumulation de travaux et de savoirs scientifiques robustes sur le changement climatique ne génère pas la mise en œuvre des décisions nécessaires pour conjurer la crise climatique, et ce alors que les prévisions se sont confirmées au cours du temps ?

Lire l'article de Maxime Combes dans sa totalité

Election présidentielle et hydrocarbures non-conventionnels

mar, 21/03/2017 - 14:28
LE COLLECTIF 07 SGHDS INTERROGE LES CANDIDATS À L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE

Largentière - Ardèche le 19 mars 2017

Madame, Monsieur,

Le Collectif 07 Stop au Gaz et Huiles de Schiste affirme son refus de l'exploration et de l'exploitation des hydrocarbures de roche-mère et autres hydrocarbures dits non conventionnels, soit tous les hydrocarbures ne pouvant pas être extraits par simple forage suivi de pompage.

L'exploitation des hydrocarbures non conventionnels est une aberration économique, sanitaire et environnementale. Son prix de revient élevé, la surestimation des gisements et leur épuisement rapide, les risques importants qu'elle fait peser sur l'économie, la santé et l'environnement rendent ce secteur fondamentalement néfaste et non rentable sans préjuger des dégâts environnementaux engendrés et souvent irréversibles.

S'appuyant sur les antécédents en Amérique du Nord et en Europe, ainsi que sur les nombreuses études réalisées par des chercheurs indépendants de différents pays, le Collectif 07 SGHDS arrive aux conclusions suivantes :

l'exploitation de ces réserves conduit à :
l'augmentation des gaz à effet de serre et/ou toxiques (méthane, CO2, oxydes, …),
une consommation irresponsable des ressources en eau et la mise en danger des aquifères, cours d'eau et zones humides
la pollution de l'air, de la terre et de l'eau (pollution confirmée aux USA par l'Agence de l'Environnement)
des risques accrus pour la santé des riverains (cancers, maladies neurologiques, …),
des effets sismiques,
la fragilisation des économies locales (notamment dans le domaine agricole et touristique)
la destruction des paysages et la dévalorisation du foncier.
l'incompatibilité avec les accords de la COP 21 et les déclarations du GIEC qui préconise de garder 80% des réserves prouvées d'hydrocarbures dans le sol.

Madame, Monsieur, en qualité de candidate/candidat à la Présidence de la République, vous engagez-vous à mettre fin à ces multiples errements juridiques et législatifs et écarter définitivement les risques majeurs que présente cette exploitation et plus précisément :

1. À interdire définitivement l'exploration et l'exploitation de tous les hydrocarbures non conventionnels.

2. À annuler tous les permis exclusifs de recherche d'hydrocarbures non conventionnels accordés en France, à rejeter les demandes de permis en cours ainsi que les demandes de renouvellement , à ne pas accorder d'autorisation de travaux en cas de doute sur la cible prospectée ainsi que pour les poches sous les fonds marins et dans le pergélisol.

3. À reprendre et finaliser la réforme du Code minier, en y intégrant les principes de la Charte de l'Environnement et la définition des hydrocarbures non conventionnels comme donnée par l'Institut Français des Pétroles et des Énergies Nouvelles (*) .

4. À faire sortir notre pays de choix énergétiques archaïques pour l'introduire définitivement dans un avenir responsable, en transférant les financements consacrés à la recherche et au développement des énergies fossiles au profit des énergies. Renouvelables.

Dans l'attente de votre réponse, recevez, Madame, Monsieur, nos salutations citoyennes les meilleures.

Le Collectif 07 Stop au Gaz et Huiles de Schiste

Collectifs associés : Collectif "les grenouilles en colère" de Lachambre, Camis'Gaz "permis plaine d'Alès" (30), Collectif Contre le Gaz et Huile de Schiste de Montpeyroux, Arboras, et Aniane (34), Collectif Anduze (30), Collectif Roquedur-Le Vigan (30), Collectifs locaux NON au Gaz de schiste du Var (83), Collectif stop GDHC d'Alsace et de Lorraine, APEL57, Collectif Ouille Ouille Ouille, Collectif 91, Collectif Taupes Énervées, Collectif citoyen de Pézenas, Castelnau de Guers (34), Collectif du Céressou (34), Eco'lectif de Gignac (34), Collectif de Campagnan, St Pargoire (34), Collectif citoyen IDF-Paris, Collectif Bastagaz-Alès (30)

(*) Définition de l'IFPEN des hydrocarbures non-conventionnels :
les pétroles non conventionnels contenus dans une roche réservoir (Tight oils, pétroles lourds ou extra-lourds, sables bitumineux) ;
les pétroles non conventionnels contenus dans une roche mère (schistes bitumineux, pétrole de schiste).
les gaz non-conventionnels contenus dans une roche réservoir : Tight gas ;
les gaz non-conventionnels contenus dans une roche mère : gaz de schiste, gaz de houille ;
les hydrates de méthane, qui sont un mélange d'eau et de méthane qui, sous certaines conditions de pression et de température, cristallisent pour former un solide.

Fuite de gaz en Alaska

lun, 20/03/2017 - 14:51
FUITES DU PIPELINE DE GAZ NATUREL DANS LE GOLFE DE COOK EN ALASKA

Depuis plus de trois mois, un pipeline sous-marin a déverse des centaines de milliers de mètres cubes de gaz naturel à Cook Inlet en Alaska, menaçant potentiellement des baleines, des poissons et d'autres animaux sauvages menacés d'extinction.

Le pipeline de 8 pouces, détenu et exploité par Hilcorp Alaska, écoule plus de 210 000 pieds cubes de gaz par jour. Le gaz représente 99% de méthane et fournit du carburant pour quatre plates-formes du golfe de Cook.

Un avis de l'Administration américaine de la sécurité des pipelines et des matières dangereuses (PHMSA) a révélé que Hilcorp était au courant de la fuite dès le mois de décembre, mais n'a signalé la fuite que le 7 février après qu'un hélicoptère ait repéré du gaz à la surface de l'eau.

PHMSA a déclaré que la décharge de gaz naturel pourrait présenter un risque pour la sécurité publique, l'environnement et les mammifères marins et a donné Hilcorp jusqu'au 1er mai à réparer en permanence la ligne ou l'arrêter.

Mais les groupes de conservation avertissent qu'attendre jusqu'à mai pourrait permettre la libération de 16 millions de pieds cubes supplémentaires de gaz. Sept groupes ont soumis une lettre à l'administration Trump pour demander l'arrêt immédiat du pipeline vieux de 52 ans.

"Cette fuite dangereuse pourrait s'arrêter immédiatement si les régulateurs faisaient leur travail et fermaient ce vieux pipeline branlant", a déclaré Miyoko Sakashita, directeur du programme pour les océans du Centre pour la diversité biologique. "Nous sommes dégoûtés par le manque d'inquiétude de l'Administration Trump au sujet de cette catastrophe. Chaque jour, la fuite continue, ce gazoduc émet plus de pollution dans le golde de Cook et menace les bélugas et d'autres animaux sauvages.

La lettre a été signée par le Centre pour la diversité biologique, les Amis de la Terre, le Conseil de défense des ressources naturelles, les défenseurs de la faune, la résistance à la destruction environnementale sur les terres indigènes, Greenpeace et le Conseil de préservation Eyak.

Hilcorp soutient que la forte couverture de glace du golfe de Cook et les marées fortes ont rendu trop risqué la résolution immédiate du problème par les plongeurs et qu'il faut attendre au moins fin Mars ou Avril que la glace fonde.

La couverture de glace a également rendu impossible l'étude des risques de fuite pour l'environnement et la faune. Mais les scientifiques ont déjà averti que l'impact pourrait être désastreux.

« Il ya trois impacts potentiels qui nous inquiètent », a détaillé Chris Sabine, un océanographe chimique de l'Administration nationale océanique et atmosphérique (NOAA) à Inside Climate Nouvelles.

Tout d'abord, l'exposition au méthane pourrait être nocive pour les poissons, ce qui pourrait perturber ses principaux systèmes fonctionnels - respiration, système nerveux, formation de sang, activité enzymatique et autres.

Deuxièmement, Sabine a expliqué que les bactéries métabolisant l'eau saturée en méthane pourraient produire du dioxyde de carbone supplémentaire et appauvrir les niveaux d'oxygène dans l'eau, créant une zone hypoxique.

Enfin, ce CO2 supplémentaire peut rende l'eau plus acide, ce qui peut causer affaiblir les coquilles de certains animaux.

Sadie Wright, spécialiste des mammifères marins de la NOAA, a ajouté que la zone hypoxique pourrait avoir un impact sur l'approvisionnement alimentaire des 340 bélugas du golfe de Cook.

Le bruit provenant de la fuite de gaz pourrait également être un « facteur de stress potentiel », at-elle dit, car un bruit excessif peut inciter les bélugas à abandonner leur habitat.

« Nous ne savons pas à quel point la fuite pourrait être forte », a déclaré Wright.

On ne sait pas grand chose de ce qui se passe sous les eaux glacées de Cook Inlet. Les autorités réglementaires américaines ont seulement approuvé le plan d'échantillonnage et de surveillance environnementale de Hilcorp.

Jusqu'à présent, les responsables de l'État ont rapporté que les relevés aériens des fuites de gaz n'ont pas révélé d'oiseaux blessés ou de mammifères marins, y compris des bélugas.

Pour ralentir la fuite, la compagnie a abaissé la pression sur la ligne affectée le 4 mars, estimant que la fuite a été réduite à 210.000 à 310.000 pieds cubes de gaz par jour. Il a de nouveau baissé la pression lundi et a estimé que la ligne a une fuite de 193 000 à 215 000 pieds cubes par jour.

Quant à savoir pourquoi Hilcorp n'a pas simplement fermé sa ligne, la compagnie a dit qu'un déversement de pétrole pourrait se produire parce que la ligne a été utilisée une fois pour transporter le pétrole.

La fermeture du pipeline risquerait d'entainer « une prise d'eau, de geler et potentiellement de se rompre », a expliqué Lori Nelson, responsable des affaires externes à Hilcorp en Alaska, le mois dernier à l'Alaska Dispatch News. Nelson a également déclaré que la ligne doit être maintenue sous pression, sinon elle pourrait se remplir d'eau, ce qui permettrait au pétrole brut résiduel de s'échapper de ce qui était précédemment utilisé comme pipeline de pétrole brut.

Le Centre pour la diversité biologique a envoyé un avis d'intention de poursuivre Hilcorp en vertu de la Clean Water Act et de la Clean Air Act. Cook Inletkeeper, agence à but non lucratif de protection du golfe d'Alaska a envoyé un avis similaire de poursuite.

« Si Hilcorp ne peut ou ne veut pas cesser de polluer nos ressources publiques, en premier lieu il ne devrait pas avoir le droit d'opérer dans nos eaux », a écrit Bob Shavelson, directeur exécutif de Cook Inletkeeper dans un billet de blog. "Hilcorp a présenté diverses excuses pour ne pas pouvoir fermer le pipeline qui coule dans les conditions glaciales de Cook Inlet, y compris que l'eau infiltrait la canalisation de gaz et d'autres raisons, mais le fait est que Hilcorp veut simplement maintenir la production et les profits sans interruption.

Lire l'article sur Ecowatch.com

Transition énergétique et hydrogène

ven, 10/03/2017 - 21:37
L'HYDROGÈNE À LYON : "LE CHAÎNON MANQUANT DE LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE"

Le salon Bepositive, de la performance énergétique et environnementale, installé à Eurexpo du 8 au 10 mars, permet aux visiteurs de découvrir la filière hydrogène et ses représentants. Présentée comme la solution pour le développement des énergies renouvelables à l'horizon 2018.

L'hydrogène est "le pilier de la révolution énergétique", selon le directeur scientifique recherche et innovation d'Engie, Jean-Paul Reich, présent ce jeudi au salon Bepositive. Utilisé dans l'industrie et pour les véhicules électriques, l'hydrogène est encore aujourd'hui produit à partir d'énergie fossile. Mais les nombreux professionnels présents à Bepositive, sont venus montrer que l'hydrogène peut aussi être fabriqué à partir d'énergie renouvelable, par électrolyse de l'eau.

Cet hydrogène produit grâce à de l'électricité issue de l'éolien, du solaire ou des centrales hydrauliques peut être utilisé comme carburant pour véhicules électriques ou pour alimenter des bâtiments. L'avantage de l'hydrogène, produit avec des énergies renouvelables ou non, est qu'il ne rejette pas de gaz à effet de serre.

Stocker l'électricité pour éviter le gaspillage

Selon la Compagnie nationale du Rhône (CNR), l'hydrogène est un vecteur d'énergie qui permettrait une utilisation optimale de la production d'énergie, car il permet également de stocker le surplus d'électricité généré par les parcs éoliens, solaires ou hydrauliques. Plutôt que de "devoir couper les sites de production ou de vendre de l'énergie", cette dernière pourrait être stockée pour être utilisée ultérieurement, explique à Lyon Capitale Alexis Gurtz, de la CNR.

Ce procédé est toujours en phase d'innovation, mais son arrivée sur le marché est prévue pour 2018, le temps de trouver "un modèle économique viable", expliquent les différents exposants présents à Bepositive. À l'heure actuelle, l'hydrogène produit par électrolyse coûte quatre fois plus cher que les procédés utilisant des énergies fossiles.

La région engagée vers une transition énergétique

Autre acteur de l'hydrogène dans la région, le pôle de compétitivité Tenerrdis, présent au salon Bepositive, œuvre pour la transition énergique en Auvergne-Rhône-Alpes. Il coordonne un "projet hydrogène", financé par la région, l'État et la métropole, qui permettrait à l'horizon 2018 d'installer dans la région des stations d'hydrogène "vert" destinées aux véhicules électriques. Pour accompagner les stations, une cinquantaine de voitures à réservoir hydrogène seront mises en circulation par le constructeur Hyway. La région est déjà dotée de deux stations hydrogène, à Lyon, sur le port Édouard Herriot, et à Grenoble. Ces dernières ne fonctionnent cependant pas encore avec de l'hydrogène "vert".

En 2012, la région Auvergne-Rhône-Alpes a lancé un appel à manifestation d'intérêt intitulé "territoires à énergie positive", afin de financer des projets engagés dans une démarche de transition énergétique sur le territoire rhônalpin. La région se fixe comme objectif, à 2050, de parvenir à un équilibre entre la production et la consommation d'énergies renouvelables.

Lire l'article de Camille Calvier sur Lyon Capitale.fr

Compagnies pétrolières et CO2

ven, 10/03/2017 - 21:00
HUIT DES PLUS GRANDES COMPAGNIES DE CARBURANT FOSSILE POLLUENT AUTANT QUE LES ÉTATS-UNIS

Huit des plus grandes compagnies pétrolières mondiales sont responsables de la plus grande partie de la pollution nuisible au climat rejetée dans l'atmosphère comme l'ensemble des États-Unis, selon une étude menée par un chercheur basé à Londres.

Saudi Aramco, Exxon Mobil Corp., OAO Gazprom, la National Iranian Oil Co., BP Plc et Royal Dutch Shell Plc figuraient parmi les huit sociétés dont le carburant était responsable d'un tiers des émissions de pétrole et de gaz, selon le groupe sans but lucratif Groupe CDP.
Les sociétés ont publié un cinquième de tous les gaz à effet de serre en dehors de l'agriculture et de la foresterie depuis 1988, année où la plupart des gouvernements ont reconnu le changement climatique causé par l'homme comme un risque.

Les résultats suggèrent que les décideurs politiques pourraient être plus centrés sur les pratiques des entreprises que sur les politiques environnementales nationales. La publication de l'étude coïncide avec les préparatifs du président américain Donald Trump visant à réduire les réglementations environnementales et à se retirer de l'accord de Paris, qui promet de limiter le réchauffement climatique à moins de 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels.

« Une des façons de faire avancer l'action climatique consiste à regarder les principaux producteurs de combustibles fossiles qui réchauffent le globe, voilà ce que les nouvelles données CDP apportent à la vie », a déclaré Paul Simpson, PDG de CDP qui analyse les entreprises et collecte des données sur les questions de durabilité.

Le CDP a analysé 50 compagnies pétrolières et gazières, mesurant leurs émissions directes et la pollution provenant de l'utilisation de leurs produits remontant à 1854. L'ensemble de l'industrie pétrolière et gazière a produit environ 40 pour cent des 832 gigatonnes mondiales d'équivalent dioxyde de carbone libérées dans les trois dernières Décennies, selon le CDP.

La compagnie pétrolière nationale saoudienne, Saudi Arabian Oil Co., également connue sous le nom d'Aramco, a été nommée le plus grand émetteur, responsable de près de 5% de la pollution industrielle du carbone pendant cette période.

China National Petroleum Corp et Petroleos Mexicanos complètent la liste des huit entreprises qui en 2015 ont émis 6,59 gigatonnes d'équivalent CO2. C'est presque le même montant que les États-Unis ont émis cette année-là.

Plusieurs appels téléphonique à CNPC et China Petrochemical Corp. n'ont pas reçu de réponse. Un email à CNPC et un fax à Sinopec n'ont pas obtenu de réponse. Les fonctionnaires d'Aramco n'ont pas fait de commentaire immédiat.

"BP joue son rôle en demandant un prix sur le carbone, en fournissant des produits à faible teneur en carbone, y compris le gaz naturel et les énergies renouvelables, en poursuivant l'efficacité énergétique et en appuyant la recherche", a déclaré un porte-parole de la société. Le service de presse de Gazprom a refusé de commenter.

Alors que les pays ont passé des décennies à faire des progrès minutieusement lents vers l'action sur le changement climatique, le rapport du CDP dit qu'un petit groupe de décideurs commerciaux ont été responsables de la majorité des émissions de leur industrie. Les entreprises de l'industrie notent qu'elles produisent un produit dont les consommateurs ont besoin et qui est à la fois légal et encouragé par les gouvernements qui cherchent à alimenter leurs économies.

Le chef de la direction d'Exxon, Darren Woods, a réfuté cette semaine la notion selon laquelle la croissance économique entraînerait davantage de pollution. Il a fait remarqu" que l'investissement de sa société dans la technologie de capture du carbone, les biocarburants, la recherche pour améliorer les procédés de raffinage et les technologies d'économie de carburant qui, si appliqué aux États-Unis, pourrait éviter les gaz à effet de serre de 8 millions de voitures.

"Nous partageons tous la même aspiration à vivre dans un monde qui est propre et sûr et prospère", a déclaré Woods dans un discours à la CERAWeek par IHS Markit conférence mardi à Houston. "L'énergie abordable joue un rôle important dans la réalisation de ce projet."

"Les faits sont les faits", a déclaré Michael Tadeo, porte-parole de l'American Petroleum Institute, dans un courriel. "Les États-Unis sont les leaders mondiaux dans la production et le raffinage du pétrole et du gaz naturel et dans la réduction des émissions de carbone qui sont à leur niveau le plus bas depuis plus de 20 ans".

Lire l'article sur Bloomberg.com

Australie : l'état de Victoria interdit la fracturation

mer, 08/03/2017 - 17:25
AUSTRALIE : LA CAMPAGNE COMMUNAUTAIRE GAGNE UNE INTERDICTION PERMANENTE DE LA FRACTURATION DANS L'ÉTAT DE VICTORIA

Pour assurer la réputation verte de son secteur agricole, et pour garantir la santé des communautés agricoles rurales, Victoria est devenue le premier État australien à interdire officiellement la fracking. Il a été motivé par une campagne forte menée à partir de 2011 par la communauté pour interdire l'exploration de gaz.

La législation a été adoptée au Conseil législatif victorien, la chambre haute du Parlement de l'étét de Victoria, pour une interdiction législative permanente de la fracturation. Le secteur agricole de Victoria emploie plus de 190 000 personnes et s'appuie sur une réputation propre et verte.

La loi a été adoptée sans amendement. Les partis de la coalition et le parti des chasseurs et des agriculteurs ont cherché à amender la législation concernant le moratoire d'exploration de gaz conventionnel terrestre, mais ont été battus de 20 voix à 18. Le parti sexuel MLC Fiona Pattern et le MLC indépendant de la région occidentale James Purcell ont donné un soutien crucial avec les Verts, Pour l'adoption du projet de loi.

Le projet de loi interdit de façon permanente tout projet d'exploration et de mise en valeur de gaz non conventionnels en mer, y compris la fracturation hydraulique (« fracking ») et le gaz de couche de charbon, et étend le moratoire sur l'exploration et le développement de gaz traditionnels au 30 juin 2020.

L'extension du moratoire sur l'exploration du gaz classique permettra au gouvernement de mener un vaste programme de recherche géoscientifique et d'examiner et d'évaluer les risques, les avantages et les impacts potentiels du gaz naturel terrestre et du développement. Ce travail sera supervisé par le scientifique principal de Victoria en consultation avec un groupe d'experts composé d'agriculteurs, de l'industrie, du gouvernement local et des membres de la communauté.

Les membres des communautés rurales et la campagne communautaire ont regardé le débat final depuis la tribune publique du Conseil législatif du Parlement de Victoria. Après le dernier votel, le résultat les mis en extase. Cela fait de Victoria le premier État australien à interdire définitivement la fracturation.

Les Amis de la Terre de Melbourne a déclaré dans un billet de blog : « C'est une journée incroyable. C'est le résultat de plus de cinq ans de travail acharné et de dévouement de plusieurs milliers de Victoriens. 75 communautés régionales se sont déclarées libres de gaz dans ce processus. D'ici 2012, nous avions construit assez de pouvoir collectif pour être en mesure d'arrêter tout développement de forage de gaz en mer dans notre état. Aujourd'hui, l'interdiction de fracking a été rendue permanente. "

L'Association australienne de production et d'exploration pétrolières a demandé lundi 6 mai 2016 la suppression immédiate des interdictions et des moratoires sur l'approvisionnement en gaz naturel sur la côte Est, arguant que plus de gaz = émissions plus faibles. Ils sont un parti qui ne sera pas ravi de l'interdiction et du moratoire.

Le gaz n'a pas reçu une bonne publicité avec des révélations aujourd'hui dans The Guardian des dirigeants d'AGL Energy que le marché du gaz - et non les éoliennes - était à blâmer pour les problèmes de fiabilité énergétique de l'Australie du Sud.

L'interdiction permanente du fracking à Victoria renforcera davantage les militants communautaires dans les combats de NSW contre les plans de Santos pour fracturer dans la région de Pillaga.

À Alice Springs, plus de 250 personnes se sont rassemblées pour un soutien retentissant à l'interdiction du fracking dans les rapports du Northern Territory Lock the Gate. Le gouvernement travailliste du territoire mène actuellement une enquête, après quoi le gouvernement interdirait le fracking ou l'autoriserait dans des zones fortement réglementées.

Lire l'article de John Englart sur No Fibs.com

Irlande et Ecosse s'opposent au fracking

mer, 08/03/2017 - 16:56
LES CELTES S'OPPOSENT À LA FRACTURATION
TANDIS QUE LES NAVIRES DU DRAGON
APPORTENT LE GAZ DE FRACKING DES USA.

Lors d'un vote historique au début de cette année, l'Irlande a opté pour une loi qui fera de l'île verte le premier pays du monde à se débarrasser complètement des combustibles fossiles. Cela va même plus loin que la décision prise par le Parlement norvégien en 2015 de céder le fonds souverain du pays à des dizaines d'investissements liés au charbon.

Et ce n'est pas le seul mouvement clair du Tigre celtique vers un futur post-fossile très nécessaire. Le 27 octobre, un projet de loi appelant à une interdiction de fracking a franchi son premier obstacle à la Chambre des représentants irlandaise (Dáil Éireann). Entre-temps, les responsables irlandais ont également décidé d'entreprendre une consultation publique sur les dispositions de ce projet de loi, en collaboration avec le programme commun de recherche sur les impacts des fractures hydrauliques sur l'environnement et la santé humaine, dirigé par l'Agence irlandaise pour la protection de l'environnement.

En plus de cela, l'Irlande du Nord a opté pour la planification de la législation pour mettre un terme au fracking. Selon l'Énoncé de politique stratégique en matière de planification stratégique, « en ce qui concerne l'extraction non conventionnelle d'hydrocarbures, il devrait y avoir une présomption contre leur exploitation jusqu'à ce qu'il y ait des preuves suffisantes et solides de tous les impacts environnementaux ». Des preuves des impacts négatifs de la fracking sur l'environnement, la santé publique et le climat, seule une interdiction claire et permanente du fracking assurera la protection des populations et des paysages magnifiques de l'Irlande du Nord.

Dans le même temps, les Écossais se déplacent également - espérons - vers une interdiction permanente de fracking. En 2016, le Parlement écossais a voté étroitement en faveur d'une interdiction. En ce qui concerne les preuves de plus en plus évidentes des effets négatifs, la décision du Parlement écossais n'a rien d'autre qu'un vote de suivi consécutif sur le moratoire annoncé de janvier 2015. Bien que le vote du parlement n'ait pas force obligatoire, le gouvernement ressent la nécessité d'agir : En janvier 2017, le gouvernement écossais a entamé une consultation de quatre mois sur "l'avenir du pétrole et du gaz non conventionnels en Ecosse". C'est une étape cruciale dans notre combat pour interdire le fracking partout dans le monde. Nous pouvons tous aider et soutenir la campagne des Amis de la Terre en Écosse en prenant des mesures et en disant au gouvernement pourquoi le fracking ne devrait jamais être autorisé en Écosse.

Les navires "du Dragon" apportent le GNL des USA

Mais tandis que les nations celtes sont à juste titre et, par conséquent, en train d'aller de l'avant dans leurs tentatives de mettre fin à ce débat absurde sur le fait de savoir si le fracking sert à quelqu'un d'autre que les frackers eux-mêmes, leurs soi-disant « navires du Dragon » chargé d'hydrocarbures issus de fracturation continuent de pénétrer régulièrement les côtes écossaises .

INEOS, une société chimique encore partiellement basée dans le paradis fiscal de la Suisse montagneuse, a commencé en septembre 2016 à expédier du gaz naturel liquéfié (GNL) fracturé du terminal Marcus Hook de la Pennsylvanie à l'usine pétrochimique de Grangemouth en Écosse. Le principal actionnaire d'INEOS, le milliardaire Jim Ratcliffe, n'est pas seulement fier d'avoir mis le syndicat Unite à genoux sur les réductions de pension et de paiement à son auto-proclamé « Battle for Grangemouth », mais il a été un lobbbyist majeur pour fracking et le gaz de schiste au Royaume-Uni et au-delà. Traversant l'Atlantique avec les slogans « Shale Gas for Europe » sur les navires dragons chinois, INEOS semble ne pas se soucier des impacts négatifs sur les populations et l'environnement en Pennsylvannie, où la fièvre du fracking pour les navires dragon et autres fait rages.

Le débat de ces dernières années sur le fracking européen a été conduit avec l'argument absurde que nous avons besoin du fracking pour des « citoyens européens libres » de leur dépendance au gaz russe. Maintenant vient en jeu le INEOS "fracking fun factor" : La réalisation que les hydrocarbures fracturés des États-Unis sont expédiés à travers l'Atlantique afin de les utiliser pour la pétrochimie et les plastiques.

Food & Water Watch - notre ONG mère - a récemment découvert en détail comment la fracking soutient l'industrie du plastique, qui a récolté les avantages de la destruction écologique. Malheureusement, comme nous le savons tous, la production de matières plastiques est intrinsèquement un gaspillage - et une grande partie de ces déchets se retrouve dans nos océans et les eaux de surface. Une étude de 2015 a estimé que près de 200 pays côtiers ont généré plus de 600 milliards de livres de déchets plastiques en 2010 - et entre 11 et 27 milliards de livres de cela a fini dans les océans.

Pas étonnant qu'une enquête récente ait découvert que le plastique - principalement sous la forme de petites boulettes appelées nurdles - soit trouvés jonchant 73 pour cent des 279 rives du Royaume-Uni. Selon l'œuvre de bienfaisance environnementale Fidra et son projet Great Nurdle Hunt, "les belles côtes d'Ecosse et le délicat environnement marin qui l'entoure sont gravement menacés par la litière plastique". Il n'est pas non plus étonnant que la carte Great Nurdle Hunt montre que l'unique Forth of Firth, où se trouve l'usine pétrochimique de Grangemouth, est menacée par les plastiques et les toxines. En outre, les scientifiques ont également constaté qu'environ 15 pour cent des macareux, oiseaux en danger qui sont des trésors naturels de l'Écosse, ont du plastique dans leur estomac.

Il est temps d'arrêter cette absurdité une fois pour toutes. Nous n'avons pas besoin de plus de matières plastiques, de produits pétrochimiques ou d'hydrocarbures issus de la fracturation. Nous avons besoin d'air frais, d'eau potable claire et d'un environnement intact.

Une interdiction de fracking en Irlande et en Ecosse semble un pas très rationnel dans la bonne direction - beaucoup plus rationnelle que l'expédition des hydrocarbures issus de la fracturation sur l'Atlantique pour produire du plastique qui va finalement transformer le même océan peu à peu en un cloaque.

Je parie que les vieux Celtes nous auraient dit la même chose.

Lire l'article en anglais de Andy Gheorghiu sur Food and Water Europe.org

Colombie : les activistes payent de leur vie la défense de l'eau

mer, 08/03/2017 - 15:30
LES ACTIVISTES COLOMBIENS : "NOUS PAYONS AVEC NOS VIES POUR DÉFENDRE L'EAU"

CIVICUS parle à Carlos Andrés Santiago, porte-parole de CORDATEC, une organisation qui défend l'eau, le territoire et les écosystèmes de San Martín, dans la région colombienne de César. CORDATEC se mobilise contre l'extraction de pétrole par fracturation dans la région.

1. Maintenant que les accords de paix avec les FARC ont finalement été ratifiés, on pourrait penser que la violence en Colombie est terminée. Cependant, les agressions contre les militants sociaux n'ont pas diminué. Vous et vos collègues de CORDATEC ont signalé de nombreuses menaces et intimidations. Quelles sont les causes de la violence en cours contre les défenseurs des droits humains ?

Le conflit entre les FARC et les militaires a effectivement déclenché une désescalade au cours des derniers mois, avant même la signature du traité de paix, grâce au cessez-le-feu bilatéral qui a été déclaré en août 2016. Cela s'est reflété dans les informations fournies par le Président Santos il y a quelques jours : à l'époque, un seul soldat blessé était traité à l'Hôpital Militaire, contrairement à des chiffres très élevés un an auparavant.

Dans des régions comme le Cauca, des changements sont apparus à la suite du cessez-le-feu, de la signature et de la ratification des accords de paix et, plus récemment, de la création de zones de normalisation. Ce sont des domaines dans lesquels la guérilla mènera le processus de dépose de ses armes, de démobilisation et de réintégration dans la vie civile. Cela a cependant signifié que dans ces régions, un espace vacant est resté occupé par de nouveaux groupes armés ou des bandes criminelles.

En outre, nous assistons à la transition d'un conflit important entre deux acteurs armés à un ensemble de conflits divers autour des questions sociales, dont beaucoup sont liés à des causes environnementales. Par exemple, les conflits d'utilisation des terres impliquant des victimes qui demandent la restitution de leurs terres et des luttes pour la défense de l'eau et, en particulier dans des communautés comme la nôtre, se sont mobilisés contre les projets d'extraction.

L'extinction du conflit avec les FARC, qui a généré d'innombrables victimes, est donc corrélée à une augmentation du nombre de meurtres de militants sociaux et environnementaux et à la visibilité des défenseurs des droits de l'homme actifs dans les territoires et les communautés.

2. Quel est le rôle et les objectifs de CORDATEC dans ce contexte ?

Il est important de noter que, dans le cadre de sa stratégie post-conflit, en décembre 2015, le gouvernement colombien a signé un contrat avec deux multinationales (ConocoPhillips et Canacol Energy) pour explorer et exploiter par fracking des hydrocarbures provenant de gisements non conventionnels dans trois municipalités. L'un d'eux est le nôtre : San Martín, dans le département de César.

Ainsi, notre communauté s'est organisée et, au début de 2016, nous avons créé la Corporation pour la défense de l'eau, du territoire et des écosystèmes, CORDATEC. Nous avons commencé à nous mobiliser : nous avons organisé des manifestations, des manifestations "pot-banging", une grève civique et plusieurs marches. Environ 9 000 personnes ont participé à la plus récente, le 25 septembre 2016 - dans une municipalité de 21 000 habitants. Nous sommes également allés vers les médias, nous avons recouru à des litiges stratégiques et avons cherché des alliés au Congrès. Nous sommes même allés avec CIVICUS au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève.

Nous cherchons à défendre le bien fondamental qui est l'eau. En recourant à la résistance pacifique, nous essayons de prévenir l'exploitation pétrolière par fracturation parce que nous reconnaissons les impacts environnementaux et sociaux qu'elle cause, et nous ne sommes pas disposés à payer les coûts. Entre autres impacts, la fracking utilise de grandes quantités d'eau, souille les sources d'eau souterraines et de surface, augmente la sismicité induite, cause des dommages sérieux à la santé publique, modifie les utilisations des terres agricoles et libère de grandes quantités de méthane, un puissant gaz à effet de serre.

3. Quelles sont les restrictions à l'exercice des libertés d'association, d'expression et de réunion pacifique auxquelles vous êtes confrontés en tant qu'activistes environnementaux et anti-fracking ?

Nous faisons face à beaucoup. En représailles à la résistance à la fracturation, la communauté de San Martín, et en particulier les membres de CORDATEC, ont été harcelés. Il est clair que le maire municipal, Saul Educardo Celis, a une stratégie d'intimidation de toutes les personnes qui sont proches de CORDATEC. Par exemple, les membres de CORDATEC ont perdu leur emploi dans l'administration locale. J'ai personnellement reçu des menaces de mort, et les camarades du Syndicat des travailleurs (Unión Sindical Obrera), qui nous accompagnent dans notre lutte, ont été menacés par un pamphlet il ya quelques jours.

La société ConocoPhillips a également tenté de déposer des poursuites civiles et, par le biais de plusieurs lettres adressées au gouvernement municipal, elle a demandé que le conflit soit judiciaiisé, c'est-à-dire que des mesures soient prises pour arrêter et emprisonner les dirigeants des actions de mobilisation et de protestation. Garanties pour que la société puisse commencer à travailler.

Dans les demandes qu'ils ont adressées au gouvernement, la compagnie a fait appel au Code criminel, selon lequel l'obstruction des routes est un crime punissable avec emprisonnement. En réponse à ces demandes, le gouvernement municipal - en complicité avec le procureur général à l'époque et le gouvernement national - a autorisé l'utilisation de l'ESMAD (Escuadrón Móvil Antidisturbios), l'unité de la police nationale qui est Employés pour contrôler les manifestations et procéder à des expulsions. Notre droit fondamental aux libertés de réunion et d'association pacifiques, consacré à l'article 37 de notre Constitution, a donc été ignoré.

Depuis lors, l'ESMAD a réprimé à trois reprises la communauté de San Martín et nos camarades de la subdivision du département de Cuatro Bocas, et plusieurs personnes ont été blessées. Les opérations de l'ESMAD ont entraîné de nombreuses violations des droits de l'homme, en plus des menaces, de l'intimidation, du harcèlement et de la surveillance illégale auxquels les dirigeants de CORDATEC ont été soumis. Ces événements ont été signalés entre autres au Bureau du Procureur général, au Bureau du Médiateur, au Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme et à la Mission d'appui au processus de paix en Colombie, à l'Organisation des États américains. Néanmoins, le gouvernement n'a pris aucune mesure pour protéger la vie et l'intégrité physique des défenseurs de l'environnement menacés.

Depuis sa première opération, le 19 octobre, l'ESMAD est restée à San Martín. Le camp et les entrées au puits sont gardés par la police militarisée en tout temps. En d'autres termes, un nombre important de militaires ont été affectés à la protection des intérêts d'une multinationale au lieu de protéger les communautés. Dans le contexte d'un État social fondé sur la primauté du droit, les communautés devraient avoir la priorité - et non pas une société transnationale qui est venu pour piller les ressources naturelles de ces communautés.

Il en va de même dans d'autres régions de la Colombie, ce qui n'est pas surprenant étant donné qu'il ya actuellement 43 blocs affectés à la fracking qui affecteraient éventuellement plus de 300 municipalités à travers le pays. Dans sept de ces blocs, il existe déjà des contrats signés, dont la plupart sont attribués à des sociétés étrangères. Pour pire encore, malgré les déclarations du contrôleur général, deux contrats supplémentaires sont en cours de traitement.

Pourquoi cela arrive-t-il ? C'est assez simple. Les industries extractives créent des intérêts économiques très forts qui impliquent fréquemment des politiciens et des fonctionnaires qui reçoivent des pots-de-vin en échange de la facilitation des contrats, de l'octroi de licences environnementales, du soutien au Congrès ou de la promotion des entreprises. La corruption a pénétré ce type de mégaprojets : l'affaire Odebrecht en est un exemple clair. Ce sont des luttes menées par de petites communautés qui essaient de se défendre, comme le David Biblique d'un géant et corrompu Goliath qui écrase celui qui se trouve dans leur chemin. De leur point de vue, la fin justifie tout moyen.

Il y a quelques mois, la ministre de l'Environnement a reconnu que 75% des conflits actuels en Colombie sont des conflits environnementaux. Et le modèle des menaces, de l'intimidation et de l'utilisation de l'ESMAD est répété dans tout le pays. Cela fait partie d'un scénario familier qui se termine souvent par l'assassinat de militants. Nous sommes habitués à ce que la vie ne soit pas assez digne ; Par conséquent, nous le voyons comme relativement normal lorsque l'élimination physique est utilisée afin de supprimer d'un obstacle de la voie. En Colombie, défendre l'eau nous coûte la vie.

4. Existe-t-il des initiatives de la société civile pour surmonter ces limitations de l'espace civique ?

En raison du conflit de longue date que nous avons connu, de nombreuses organisations en Colombie se sont depuis longtemps spécialisées dans les questions relatives aux droits de la personne. De nombreuses organisations de la société civile colombienne ainsi que la communauté internationale suivent et accompagnent dans ce genre de situation et apportent un soutien aux communautés en matière d'auto-protection, de visibilité et de dénonciation.

À mesure que la situation se déroulait à San Martín, nous avons trouvé des alliés prêts à accompagner le processus. Avec les syndicats et les organisations sociales et environnementales, nous sommes en train de former l'Alliance Colombie Libre de Fracking comme une arène pour tisser des résistances, et nous progressons à partir de là.

Mais cela ne se produit pas dans toutes les régions du pays : de nombreuses luttes se déroulent tranquillement dans des territoires très petits et éloignés qui ne sont pas facilement accessibles et où l'accès aux médias et à la technologie est extrêmement limité. Dans ces endroits, la loi de la peur continue à prévaloir, et quiconque se met en travers est facilement retiré de l'équation.

5. Quelles mesures concrètes le gouvernement colombien devrait-il adopter à court terme pour sauvegarder l'espace civique et protéger les droits de ses citoyens ?

Tout d'abord, le gouvernement doit cesser de stigmatiser et de criminaliser les activistes environnementaux et les défenseurs des droits humains, en particulier ceux qui s'opposent aux industries extractives. L'accusation du maire d'être des terroristes, par exemple, nous lapidait et sapait la légitimité des luttes des défenseurs des droits humains.

Deuxièmement, le gouvernement doit fournir des garanties pour l'exercice des droits constitutionnels de mobilisation et de protestation, ce qui n'est pas le cas actuellement.

Troisièmement, il devrait cesser de s'appuyer sur les mines et les combustibles fossiles, et plutôt réorienter son modèle de développement vers des sources d'énergie alternatives et durables qui ne polluent pas l'environnement.

Quatrièmement, elle doit canaliser les ressources nécessaires vers l'Unité nationale de protection (UNP), qui fournit des dispositifs de protection aux personnes menacées. La capacité de l'UNP est actuellement insuffisante et seule une demande sur six a reçu une réponse positive impliquant la mise en place d'un certain type de mesure de protection. Cela signifie que cinq personnes sur six qui cherchent une protection ne sont pas protégées. De nombreux dirigeants sociaux qui soumettent des demandes sont informés que leur niveau de risque ne justifie pas l'octroi de mesures de sécurité.

La reconnaissance des niveaux de menace, cependant, n'entraîne pas automatiquement l'adoption de mesures opportunes et efficaces. Par exemple, le 29 novembre 2016, le Bureau de l'Ombudsman - un garant des droits de l'homme sans capacité d'exécution - a publié un rapport identifiant plusieurs groupes politiques et organisations sociales dans diverses communautés de César, y compris CORDATEC, comme devant un risque imminent en raison de leur travail. Le 1er décembre, un avertissement précoce a été lancé aux autorités afin qu'elles garantissent la vie et l'intégrité de ces personnes. Cependant, la protection ne s'est jamais produite et une de ces personnes - un membre du conseil communautaire de Hatillo - a été assassinée un mois plus tard.

Cette situation est le reflet d'un pays très inégal, où les représentants du Congrès, les anciens présidents et les divers politiciens bénéficient de régimes de protection très généreux, avec beaucoup de personnes affectées à leur protection, tandis que les leaders communautaires et les défenseurs des droits de l'homme restent exposés.

6. Quelle est la proximité de la société civile locale à César avec ses homologues d'autres parties du monde et comment les acteurs extérieurs peuvent-ils soutenir les activistes et les organisations de la société civile en Colombie ?

Compte tenu du profil élevé du conflit armé et des négociations de paix en Colombie, les organisations qui forment l'ONU et le système interaméricain, ainsi que les agences de coopération internationale et diverses OSC à travers le monde se sont exprimées sur ce qui se passe.

Global Witness dans ses rapports sur le terrain dangereux et combien d'autres ? Front Line Defenders dans son Rapport annuel sur les défenseurs des droits humains en péril 2016 et CIVICUS dans le rapport Against All Odds sur les dangers de l'activisme environnemental, la Commission interaméricaine Sur les droits de l'homme (CIDH) avec leurs déclarations fortes pour condamner les assassinats de défenseurs des droits fonciers et Amnesty International dans leur rapport 2016/2017 - tous convergent pour alerter le monde sur les graves risques auxquels sont confrontés les dirigeants sociaux et environnementaux en Colombie. Cela a provoqué un mouvement très fort pour repousser la vague d'assassinats, obligeant l'État colombien à reconnaître le problème.

Toutefois, les mesures concrètes sont encore très insuffisantes. C'est pourquoi il est urgent que la communauté internationale adopte une position plus ferme vis-à-vis du gouvernement colombien. Nous avons besoin d'acteurs internationaux pour faire pression sur l'État colombien afin qu'il se comporte de façon plus cohérente.

En effet, il existe actuellement des contradictions et des incohérences majeures entre ce que le gouvernement national dit et ce qu'il fait à l'intérieur du pays. L'État colombien promeut et ratifie les engagements internationaux en matière de défense de l'environnement et contre le changement climatique ; Elle proclame les Objectifs de Développement Durable et les Accords de Paris alors que dans son propre territoire elle met en œuvre des projets de fracking et d'exploitation minière qui contredisent ces accords pour la protection de l'environnement et de ses habitants. Non seulement elle ne respecte pas ses engagements environnementaux, mais elle reçoit également le prix Nobel de la paix alors que sa locomotive minière ouvre la voie au meurtre de dirigeants sociaux. Quelqu'un doit les appeler pour rendre compte.

Lire l'article sur Civicus.com

La Suisse et les hydrocarbures

lun, 06/03/2017 - 22:23
SUISSE : LE GAZ DE SCHISTE FAIT L'ACTUALITÉ

Le gouvernement neuchâtelois et les Verts vaudois proposent d'en interdire l'exploitation.
En Suisse, il n'y a pas de règle, la question étant de la compétence exclusive des cantons. Et les réponses qu'ils lui donnent sont diverses.

A Neuchâtel, le Conseil d'Etat veut interdire toute prospection et exploitation de gaz de schiste dans le sous-sol cantonal. La révision de la loi sur les mines et carrières qu'il a transmise jeudi au Parlement entend plus généralement prohiber la recherche d'hydrocarbures non conventionnels.

L'objectif du Conseil d'Etat est de rendre plus durable l'exploitation des ressources naturelles. Il donne ainsi suite à des initiatives et pétitions déposées en réaction au projet du groupe Celtique Energie de réaliser à Noiraigue un forage exploratoire pour rechercher du gaz. Cela quand bien même ce groupe britannique a répété qu'il ne visait pas le gaz de schiste.

Des concessions conditionnées
La loi proposée au Grand Conseil consolide le régime des concessions notamment pour les projets de géothermie à forte profondeur, soit à plus de 400 mètres. Les concessions seront conditionnées au respect d'exigences en matière de sécurité et de protection des eaux, de la nature et l'environnement.

Un objectif similaire est visé dans le canton de Vaud. Seule la procédure législative diffère. Les Verts vaudois s'en remettent directement au peuple en lançant une initiative cantonale que leur assemblée a adoptée mercredi soir à la quasi-unanimité des 60 membres présents.

Réagir au laxisme
Dénonçant « les velléités de certains spéculateurs et la passivité » du Département vaudois du territoire et de l'environnement, les Verts exigent qu'aucun hydrocarbure ne puisse être extrait dans le canton de Vaud. L'avant-projet de loi sur les ressources naturelles du sous-sol étant beaucoup trop laxiste à leurs yeux, ils jugent nécessaire d'inscrire une telle mesure dans la constitution.

Depuis que la procédure de consultation s'est terminée pour cette loi, en août, « c'est silence radio », regrettent les Verts. Non seulement, le projet de loi « n'interdit pas l'extraction d'hydrocarbures, mais pourrait même au contraire, à terme, permettre plusieurs projets d'extractions pendants dans différentes régions du canton de voir le jour », affirment les Verts dans leur communiqué.

Tout hydrocarbure
L'initiative des écologistes mentionne clairement l'extraction de tout hydrocarbure et ne se limite pas au gaz de schiste. Ce sont les méthodes d'extraction qui sont « extrêmement dangereuses », quel que soit le type de gaz recherché.

L'extraction du gaz de schiste n'est soumise dans le canton de Vaud qu'à un moratoire qui pourrait être levé à tout instant par un simple acte administratif, ce qui est « insuffisant », selon les écologistes. Pour tirer un trait définitif sur la question, les Verts vaudois auront quatre mois pour récolter les 12'000 signatures nécessaires, probablement à partir de mi-mars.

Fédéralisme
D'aucuns ont bien tenté d'intervenir au niveau fédéral, notamment pour que Berne s'engage au plan international contre les projets britanniques de fracturation hydraulique dans la région du lac de Constance. Mais, en enterrant tacitement une motion du National, le Conseil des Etats a clairement fait savoir il y a deux ans que l'utilisation et l'exploitation des matières premières présentes dans le sous-sol relèvent de la compétence exclusive des cantons.

Berne doit se contenter d'imposer un cadre légal en matière de protection des eaux. C'est donc dans les cantons que sont prises les décisions sur les recherches d'hydrocarbures ou sur l'utilisation de la fracturation hydraulique.

D'après le message gouvernemental accompagnant le projet de loi vaudoise, certains cantons comme Genève ou Berne ont déjà prononcé des interdictions, tandis que d'autres (Zurich, Argovie, Soleure) ont refusé d'entrer en matière Il n'existe donc pas de tendances particulières ou de consensus général parmi les cantons et la situation reste en pleine évolution, plusieurs cantons à l'image de Fribourg ayant déjà présenté des avant-projets de loi.

Lire l'article sur www.24heures.ch

Engie en route pour les EnR ?

ven, 03/03/2017 - 19:49
ENGIE SE DONNE TROIS ANS POUR ALIGNER SON PORTEFEUILLE SUR SA NOUVELLE STRATÉGIE

Dans un secteur de l'énergie en plein bouleversement, la directrice générale de l'ex-GDF-Suez Isabelle Kocher affiche une volonté « déterminée mais non précipitée » de remodeler en profondeur les activités du groupe.

« Ce qui frappe, ce n'est pas la direction mais la vitesse du ralliement à un nouveau modèle énergétique. »

« Ces infrastructures décentralisées de production et de stockage sont déjà une réalité, ce n'est pas du tout un phénomène marginal », observe Isabelle Kocher.

La décarbonation concernera d'abord l'électricité, puis le gaz vert, qui devrait devenir économiquement viable d'ici une quinzaine d'années.

Solaire, hydrogène et services énergétiques au menu

La nouvelle patronne d'Engie croit tout particulièrement dans l'énergie solaire, sur laquelle l'entreprise s'est positionnée en acquérant Solaire Direct il y a un an. Dimensionnable, très flexible, avec des coûts en baisse constante, et un gisement non seulement gigantesque mais aussi très bien réparti dans le monde...

« Tout est aligné pour faire du solaire une technologie à grande échelle, conclut Isabelle Kocher. Et je ne suis pas sûre que l'on ait encore bien pris la mesure des implications géopolitiques que cela entraîne. C'en est fini de l'énergie concentrée dans les mains de quelques pays. »

Autre technologie sur laquelle Isabelle Kocher fonde de grands espoirs : l'hydrogène, qui constitue un moyen de stockage pour les énergies intermittentes et va jouer un rôle de plus en plus important dans le lissage de la production. D'ailleurs, Engie teste actuellement différentes batteries d'électrolyseurs et reste en veille active sur cette technologie. La solution « solaire + hydrogène » testée en Australie est déjà compétitive off-grid et cela devrait être le cas à l'avenir de façon plus large.

Bientôt plus de charbon et peut-être pas de nucléaire neuf

Dans le même temps, Engie se donne trois ans pour céder les actifs qui n'entrent pas dans cette nouvelle stratégie.

Article de Dominique Pialot sur La Tribune.fr

USA - fracking : des plaintes de citoyens révèlent des données supprimées durant 12 ans

lun, 13/02/2017 - 16:03
9442 PLAINTES DÉPOSÉES PAR DES CITOYENS À PROPOS DU FRACKING RÉVÈLENT QUE DES DONNÉES ONT ÉTÉ SUPPRIMÉES PENDANT 12 ANS

Devinez ce qui a été trouvé dans les classeurs du département de protection de l'environnement ( DEP) de la Pennsylvanie après que des opérateurs avaient foré 10 027 puits fracturés au cours des 12 dernières années ?

Pas moins de 9 442 plaintes de citoyens concernant le fracking. Et 44% de ces plaintes concernent l'eau.

Le DEP de la Pennsylvanie a enfin divulgué ces plaintes à PUBLIC HERALD, organisation à but non lucratif de journalisme d'investigation.

Il y a beaucoup de choses à apprendre des 9442 plaintes concernant le fracking, désormais rendues publiques dans la Pennsylvanie, au moment où les législateurs décident si, oui ou non, il faut faire de la fracturation hydraulique dans le Maryland occidental.


Les plaintes de citoyens par rapport aux puits fracturés

* Trait vert : puits forés avec FH
* Trait rouge : nombre total de plaintes
* Trait bleu : plaintes concernant l'eau
* Commentaire : Au moment où le fracking a pris son essor en 2008, le nombre de citoyens déposant des plaintes concernant l'eau, l'air et la terre auprès du DEP a fait de même.)

Il y a un an, nous avons signalé que la contamination de l'eau potable due au fracking dans la Pennsylvanie semblait être beaucoup plus importante que l'on ne l'avait dit précédemment. A ce jour, le DEP de la Pennsylvanie ne rapporte que 284 cas avérés de contamination de l'eau par rapport aux 10 027 puits fracturés. Ce pourcentage de 3% semble plutôt bas.

Ce qui a semblé louche à beaucoup de personnes, c'est que le taux officiel de contamination de l'eau dans l'état est très différent de ce que signalent les citoyens sur le terrain. Des milliers de reportages, des vidéos sur You Tube et de posts sur les réseaux sociaux rapportent une histoire complètement différente de problèmes sérieux avec l'eau dus au fracking, une pollution atmosphérique en forte hausse, la destruction des terres et des impacts négatifs sur la santé.

Dans les communautés rurales, beaucoup de particuliers sont dépendants de puits domestiques d'eau potable, non de l'eau fournie par la municipalité. Le nouveau processus pour le forage des puits de gaz naturel appelé fracking fore à travers les aquifères de surface pour atteindre le gaz naturel à des kilomètres sous la terre dans des bassins de roches schisteuses. Les 9 442 plaintes concernant le fracking dans la Pennsylvanie désormais rendues publiques révèlent que :


1 Le nombre de plaintes déposées par des citoyens est alarmant, choquant même. Pour chaque puits foré avec FH, un particulier ou un commerçant ou un opérateur de gaz a signalé un problème.


2 Des plaintes concernant des puits d'eau potable constituent 44% des plaintes déposées au DEP. Le DEP est le numéro d'urgence 911 pour les problèmes des citoyens avec le pétrole et le gaz. 96% de ces plaintes concernant l'eau ont été rejetées. Le nombre actuel des plaintes concernant l'eau est plus élevé parce que le DEP classe la migration du méthane et d'autres problèmes d'eau dans des catégories différentes ; ces cas-là viennent s'ajouter aux 4 108 cas rapportés jusqu'à maintenant.


3 La contamination de l'eau est effectivement répandue et systémique : Le nombre total des plaintes et les plaintes concernant l'eau viennent de tous les sites du fracking et ne sont pas concentrées dans une seule région.

Plaintes concernant le fracking par bureau régional

Colonnes : Bureau régional de l'Agence de protection de l'environnement américaine/ puits fracturés/plaintes concernant l'eau/%eau -puits/total plaintes/total puits
Commentaire : Le compte des puits forés et fracturés, le total des plaintes et des plaintes liées à l'eau classées par région APE dans la Pennsylvanie.


4 Le taux de plaintes augmente avec le temps : Au fur et à mesure que le fracking s'étendait dans la Pennsylvanie, les opérateurs de gaz auraient dû réduire les impacts négatifs sur la terre, l'air et l'eau avec le temps. Ces données laissent penser qu'au fur et à mesure que le fracking se poursuit, le pourcentage de plaintes s'accroît.

Parce que les données que constituent les plaintes de citoyens n'ont jamais été étudiées année après année, on a raté des occasions de développer les meilleures pratiques, de partager des savoirs, d'effectuer des études scientifiques et peut-être réduire des impacts futurs. Malheureusement, le DEP de la Pennsylvanie et le Gouverneur Wolf vendaient l'idée que le fracking n'est pas dangereux en signalant un nombre inférieur de violations. Le DEP n'a jamais signalé le vrai volume des plaintes des citoyens.

Le fracking fait grimper les plaintes concernant l'eau de 4 à 40% des puits forés.

* Trait marron : puits conventionnels dans la Pennsylvanie
* Trait rouge : puits fracturés
* Rectangles bleus : Les plaintes concernant l'eau
* Commentaire : Au fur et à mesure que les forages conventionnels ont été remplacés par le fracking en 2010, ( le taux de ) plaintes par rapport aux puits a augmenté de plus en plus vite. Le fracking est différent et plus mauvais que les forages conventionnels.

Pourquoi ces données concernant les plaintes n'ont-elles jamais été rendues publiques ?

Public Herald signale une série d'articles qui analysent la suppression, par le DEP, des données des plaintes citoyennes pendant 12 ans.

Ces données constituées par les plaintes récemment découvertes remettent en question l'étude sur l'eau et le fracking effectuée par l'EPA. Après la conclusion préliminaire de la première étude de l'EPA que « Le fracking n'est pas dangereux. », (les auteurs) du rapport final ont déclaré qu'il pouvait y avoir des problèmes avec l'eau dans certaines situations.

L'APE a-t-elle seulement vu ces 9 442 plaintes de citoyens ? Ce qui augmente cette pagaïe, c'est le fait qu'il manque plusieurs milliers de plaintes enregistrées. Sur trois ans, Public Herald a scanné 6 981 plaintes avant que le DEP ne leur a envoyé par mail 9442 plaintes. Qu'est-il advenu des presque 3000 plaintes enregistrées ?

Ces données auraient eu une valeur inestimable pour les scientifiques, les professionnels de la santé, les citoyens et les communautés pour apprendre, étudier, faire des projets et s'adapter. Combien de personnes sont-elles tombées malades malgré le fait que les pouvoirs publics savaient que l'on contaminait des puits d'eau potable ? Le Dr Stolz a expliqué : » La suppression d'informations par les régulateurs fait qu'il est très difficile de connaître la vérité sur ces incidents.. »

Qu'est-il arrivé aux 3 824 citoyens qui ont signalé (un problème) par téléphone et ont vu leur plainte rejetée ?

Le DEP a jugé que, dans 96% des plaintes concernant l'eau et le fracking, les problèmes n'étaient pas dus aux opérations de forage pour le gaz à proximité. Ces appels, était-ce une farce ?

Le Dr John F. Stolz a déclaré à Public Herald : » Vous me dites qu'il y a des milliers de personnes dans la Pennsylvanie qui veulent rouler le DEP ? Je n'accepte pas cette idée. » Le Dr Stolz est Professeur de Biologie à l'Université Duquesne et, par le biais de son Center for Environmental Research and Education, effectue des analyses d'eau gratuites pour des citoyens qui signalent des impacts sur leur eau.

A Quoi ressemblera l'avenir ?

S'il existe un niveau minimum de dommages inhérents au fracking , ainsi que les données le laissent penser, à quoi ressemblera le fracking avec 20 000 puits fracturés dans une région ? Qu‘adviendra-t-il du tourisme et des paysages ruraux du Maryland occidental ?

Source de l'article
Article de Laurel Peltier : Ecowatch le 31 janvier 2017
Titre : 9,442 Citizen-Reported Fracking Complaints Reveal 12 Years of Suppressed Data.
Traduction : Maureen Johnson

Réforme du code minier adopté à l'Assemblée Nationale ... et maintenant ?

jeu, 26/01/2017 - 12:49
PROPOSITION DE LOI PORTANT ADAPTATION
DU CODE MINIER À L'ENVIRONNEMENT

Après de longs de débat, la proposition de loi portant adaptation du code minier à l'environnement a été adopté ce 25 janvier 2017, en première lecture en séance plénière à l'Assemblée Nationale.

Après de longues discussions, l'article 7 H sur l'interdiction des hydrocarbures non-conventionnels qui exclut les gaz de couche a été adopté en séance plénière à l'Assemblée Nationale.

Article 7 H
(1) Le chapitre Ier du titre Ier du livre Ier du code minier est complété par une section 3 ainsi rédigée :

(2) « Section 3
Dispositions relatives aux hydrocarbures non conventionnels

(4) « Art. L. 111‑4. – Sont considérés comme hydrocarbures non conventionnels :

(5) « – les hydrocarbures liquides ou gazeux, qui sont piégés dans la roche-mère, à l'exception des hydrocarbures gazeux contenus dans les couches de charbon ;

(6) « – les hydrates de méthane enfouis dans les mers ou sous le pergélisol.

(7) « Art. L. 111‑5. – I. – L'exploration et l'exploitation, par quelque technique que ce soit, des hydrocarbures non conventionnels, sont interdites sur le territoire national, dans la zone économique exclusive et sur le plateau continental.

(8) « II. – L'autorité administrative compétente ne peut accorder aucun titre d'exploration ou d'exploitation ni aucune autorisation de travaux lorsque le titre ou l'autorisation concerne des hydrocarbures non conventionnels.

(9) « Art. L. 111‑6. – Le rapport prévu à l'article L. 115‑3 comporte une évaluation de l'application des articles L. 111‑3 et L. 111‑4. »

Les collectifs SGHDS considèrent

que par bien des points cette réforme n'est pas à la hauteur d'une vision en accord avec la loi sur la transition énergétique et le code de l'environnement.

que la définition des hydrocarbures non-conventionnels, fruit des pressions des industriels, ne repose sur aucun argument scientifique et laisse la porte ouverte à de nombreux PERH d'hydrocarbures non-conventionnels.
La définition proposée par Sabine Buis et Fabrice Verdier ainsi que celle proposée par l'Institut Français de Pétroles et des Energies Nouvelles sont des définitions qui fermeraient définitivement la porte aux PERH d'hydrocarbures non-conventionnels .

* Télécharger un document de présentation de ces deux définitions (pdf 275 ko)
* L'Institut Français des Pétroles et des Énergies Nouvelles

ET MAINTENANT

Pour aller à son terme cette réforme doit être votée à l'identique au Sénat.

Le gouvernement a engagé une procédure accélérée, une commission paritaire mixte est chargée de trouver un compromis sur le texte qui est ensuite soumis par le gouvernement pour approbation aux deux assemblées.

Le texte, faute de temps, peut resté bloqué au sénat et son examen peut être repris (ou pas) après les élections.

Le texte peut rester ainsi indéfiniment en attente d'inscription à l'ordre du jour avant de devenir caduque et de "disparaître".

Les député(e)s élu(e)s aux légistatives 2017 pourront aussi déposer une proposition de loi identique ou déposer une nouvelle proposition de loi plus conformes à leurs aspirations extractiistes.

À la question, restera t il assez de temps pour tout ce processus de navette parlementaire ?,
on peut répondre sans trop s'avancer que l'espoir est infime car la session parlementaire se termine fin février. De plus l'opposition est majoritaire au Sénat et a d'ors et déjà prévenu que le texte serait bloqué.

Malgré les efforts de quelques député(e)s, cette réforme engagée aussi tardivement n'a par conséquent que peu de chances d'aboutir, à tel point qu'il est légitime de se demander si la majorité actuelle n'a pas usé de gesticulations et de postures électoralistes alors que cette réforme aurait pu être menée à bien dès 2012 alors qu'elle tenait le Sénat et l'Assemblée Nationale.

Le scénario négaWatt 2017 - 2050

mer, 25/01/2017 - 19:30
NÉGAWATT 2017-2050

Le scénario négaWatt 2017-2050 a été rendu public mercredi 25 janvier 2017.

Après l'adoption de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte en 2015 puis l'Accord de Paris sur le climat signé en 2016, la France est désormais engagée dans la transition énergétique et dans la lutte contre le dérèglement climatique.

Si l'action reste largement insuffisante et rencontre encore de nombreuses résistances, elle peut en revanche s'appuyer sur la mobilisation croissante d'acteurs de plus en plus nombreux de la société.

C'est dans ce contexte que s'inscrit, cinq ans après le précédent, le nouveau scénario de l'Association négaWatt, qui confirme que le « 100 % renouvelables » est possible dès 2050. Dans la droite ligne de ses prédécesseurs, le scénario négaWatt 2017-2050 est un exercice riche et complexe.

Les effets positifs d'une transition ambitieuse sur l'emploi, l'économie, la sécurité énergétique, la pollution de l'air ou encore la précarité énergétique seront par exemple présentés.

Ainsi, le scénario négaWatt 2017-2050 éclaire les choix qui feront d'une transition indispensable et possible une transformation réussie, bénéfique pour l'ensemble de la société.

La synthèse ne saurait faire le tour des questions qui se posent déjà et ne manqueront pas se poser à l'avenir. Elle en présente toutefois l'essentiel, depuis les points forts de ce nouveau scénario jusqu'à ses impacts environnementaux et socio-économiques, en passant par sa méthodologie et l'explication de son contenu sur la demande et l'offre d'énergie.

Sobriété, efficacité, énergies renouvelables, c'est le fondement de la démarche négaWatt !

Sur le site internet de négaWatt
* La synthèse du scénario négaWatt 2017-2050
* les 12 points clés du scénario négaWatt 2017-2050
* l'agenda des conférence de présentation du scénario négaWatt 2017-2050

La démarche négaWatt sur le site de l'association négaWatt

LES 12 POINTS-CLÉS DU SCÉNARIO 2017-2050

Un constat majeur : la courbe de la consommation s'est inversée

La consommation d'énergie est orientée à la baisse depuis quelques années dans l'ensemble des pays de l'OCDE. Pour la France la courbe de consommation rejoint de fait celle tracée par le scénario négaWatt dès 2003.

Cette baisse affecte également les émissions de gaz à effet de serre, non seulement celles mesurées sur le territoire national mais aussi celles contenues dans nos importations : le phénomène n'est pas lié à la crise de 2008-2009 ni à un mouvement de délocalisation, il est bien structurel et non conjoncturel.

La sobriété et l'efficacité sont les clés de l'inflexion de la demande

Grâce aux actions de sobriété et d'efficacité qui se traduisent par la suppression des gaspillages, la consommation d'énergie finale en 2050, au terme du scénario négaWatt 2017, est réduite de moitié et l'énergie primaire de 63 %, tout en maintenant un haut niveau de services.

Ce résultat est obtenu grâce à la maîtrise du dimensionnement, du nombre et de l'usage de nos appareils et équipements, au développement d'une mobilité “servicielle”, à un programme ambitieux de rénovation énergétique des bâtiments et à une occupation plus raisonnée de l'espace.

Une confirmation : le “100 % renouvelables” est possible dès 2050
Il est possible de couvrir la totalité des besoins énergétiques de la France par des sources renouvelables à l'horizon 2050. La biomasse solide reste la première source de production d'énergie renouvelable, suivie de très près par l'éolien puis le photovoltaïque, lui-même suivi de très près par le biogaz.

Les énergies fossiles importées ne servent plus qu'à des usages non énergétiques. Le fonctionnement des 58 réacteurs nucléaires actuels n'étant pas prolongé au-delà de la quatrième visite décennale (environ 40 ans), le dernier d'entre eux est arrêté en 2035. Basée sur l'exploitation partout sur son territoire de ses ressources diversifiées, la France assure pleinement sa sécurité énergétique.

Zéro émissions nettes en 2050 : la France devient neutre en carbone

Le couplage des scénarios négaWatt et Afterres2050 montre que les émissions nettes de gaz à effet de serre, toutes sources confondues, deviennent nulles en 2050 : les "puits de carbone" agricoles et forestiers compensent alors les émissions résiduelles, principalement dues à l'agriculture.

Par la suite, la quantité de carbone stockée finit par plafonner, et la fonction puits de carbone se réduit progressivement sur la période 2050-2100.

Gaz et électricité, une complémentarité incontournable

Les vecteurs gaz et électricité voient leur part augmenter de manière concomitante, au détriment notamment des carburants liquides, pour représenter en 2050 plus de 70 % de la consommation d'énergie finale. Capables de couvrir une très grande part de nos usages, ces deux vecteurs sont d'évidence complémentaires et non concurrents.

La valorisation et le stockage possible des excédents d'électricité renouvelable sous forme de méthane de synthèse (power-to-gas) est l'une des clés de voûte du système énergétique de 2050.

L'agriculture et la forêt jouent un rôle majeur

Couplé au scénario négaWatt, le scénario Afterres2050 montre également que l'agriculture et la forêt jouent un rôle majeur sur le climat, à la croisée des enjeux climatiques et énergétiques, par la fourniture de ressources renouvelables, le stockage de carbone et la réduction des gaz à effet de serre

Le triptyque négaWatt appliqué au système alimentaire démontre ici aussi toute sa pertinence : sobriété dans la consommation, efficacité des modes de production, utilisation et production de ressources renouvelables.

L'économie circulaire, moteur du renouveau industriel

Pour répondre à l'évolution des besoins, l'industrie doit réorienter ses productions vers des biens et équipements plus durables, loin de la surconsommation actuelle, et veiller au contenu de ses produits en énergie grise et en matériaux.

En développant les filières de réparation, de recyclage et de récupération, il est possible de diviser par deux les quantités de matières minières consommées, y compris en prenant en compte le développement des énergies renouvelables qui offrent par ailleurs de nouvelles opportunités pour l'industrie.

Des bénéfices multiples pour la santé et l'environnement

Le scénario négaWatt améliore très significativement la qualité de l'air, de l'eau et des sols ainsi que la biodiversité avec des conséquences positives majeures sur la santé publique.

Il rend notre air bien plus sain par la quasi-suppression des particules émises par les combustibles et carburants (remplacés par du méthane), par l'utilisation d'équipements de combustion performants pour la biomasse et par une forte diminution des émissions d'ammoniac agricole.

La transition énergétique, un bienfait pour l'économie et l'emploi

Le scénario négaWatt s'avère globalement moins coûteux que le scénario tendanciel, même en considérant un prix des énergies importées stable. Il est aussi nettement plus riche en emplois : la transition énergétique crée pas moins de 400 000 emplois nets d'ici 2030, confirmant les analyses antérieures.

La société française devient ainsi plus résiliente face à d'éventuels chocs extérieurs tels que, par exemple, une crise géopolitique entraînant une rupture d'approvisionnement ou une hausse soudaine du prix du baril.

Une France plus solidaire et plus responsable

La mise en œuvre de la sobriété, de l'efficacité et du développement des énergies renouvelables apporte à tous les territoires, ruraux comme urbains, de l'activité et des richesses qui permettent de construire à terme un paysage énergétique réparti plus équitablement : elle permet notamment de réduire très fortement le nombre de personnes en situation de précarité énergétique.

À l'international, la France envoie un triple message : de responsabilité en prenant toute sa part de l'effort climatique, d'exemplarité en contribuant à l'émergence d'un nouveau modèle de développement et enfin de solidarité vis-à-vis des pays où la croissance de la consommation d'énergie reste une nécessité.

Il n'y a plus de temps à perdre

Il ne faut ni attendre de grand soir énergétique, ni se contenter de gadgets : la priorité pour les 5 ans à venir est à la mise en œuvre des lois et mesures décidées durant les deux quinquennats précédents, mais dont le rythme d'application est très insuffisant. Une réelle volonté d'agir doit se manifester clairement et à toutes les échelles, entre continuité des engagements et nouveaux trains de mesures.

Le combat pour le climat n'est pas perdu, mais chaque année d'atermoiements obère notre avenir énergétique et climatique.

Le scénario négaWatt, une boussole et un tempo pour agir

Partout dans les territoires, des acteurs de toutes natures, citoyens, entrepreneurs, élus se sont déjà engagés concrètement pour construire un nouveau paysage énergétique.

À ceux-là et à tous les autres qui, toujours plus nombreux, leur emboîtent le pas, le scénario négaWatt offre une trajectoire et un rythme pour guider l'action : à tous, nous disons de s'en saisir pour réussir la transition énergétique, notre immense et vital chantier pour la première moitié de ce siècle.

La transition écologique et sociale créatrice d'emplois

lun, 23/01/2017 - 23:16
"CRÉER 1 MILLIONS « D'EMPLOIS CLIMAT » D'ICI 2020,
C'EST POSSIBLE SI NOUS LE SOUHAITONS !"

La plateforme "Emplois-Climat" composée de syndicats, associations sociales et environnementale, lance une campagne et soumet au débat public un rapport qui permet de donner une réponse au chômage et d'entrer de plein pied dans la transition écologique nécessaire au vu de l'urgence climatique.

Lier la question du climat et celle de l'emploi est fondamental pour réussir une transition écologique juste socialement.
Ce rapport montre également que l'argent nécessaire ne manque pas.
La volonté politique fait, par contre, cruellement défaut. Créer 1 millions « d'emplois climat » d'ici 2020, c'est possible si nous le souhaitons !

Un rapport qui appelle à l'action
Combattre la crise et accélérer la transition écologique !

Ce rapport montre qu'il est possible de créer d'ici 2020 un million d'emplois nets dans les secteurs liés à la transition écologique pour un coût total de 105 Md € en rythme de croisière.

Le succès de la transition écologique juste socialement dépend en grande partie de la capacité collective à résoudre l'équation entre emplois et créés et détruits (dans certains secteurs d'activités comme les centrales au charbon et le transport routier). Notre proposition est donc déclinée par secteurs d'activité.

La plateforme "Emplois-Climat" appelle donc dès maintenant à des investissements publics et des politiques orientant ceux des secteurs privés et la formation vers la création d'un million d'emplois additionnels dans des secteurs que considérés cruciaux.
De tels investissements, possibles et finançables, permettront d'accélérer la transition écologique, de l'inscrire dans les territoires, de développer des filières du futur et de créer des nouvelles activités.

Visitez le site internet de la plateforme "Emplois-Climat" et téléchargez le rapport

Ci-dessous quelques éléments extraits du rapport :

"CRÉER 1 MILLIONS « D'EMPLOIS CLIMAT » D'ICI 2020, C'EST POSSIBLE SI NOUS LE SOUHAITONS !"

La crise climatique et les injustices sociales nous imposent d'agir vite et d'une manière efficace.
Elle suppose un sursaut démocratique.
Elle demande des changements profonds de notre système de fiscalité, du système éducatif et de nos modes de consommation et de production.

Les actions en faveur de la lutte contre les changements climatiques ne sont pas contradictoires avec les objectifs de création d'emplois et de justice sociale.

Les deux transitions “sociale et écologique” doivent donc se construire ensemble et se renforcer mutuellement.

Comme la transition écologique peut apporter une partie des réponses pour diminuer le chômage, les politiques sociales rendent la société plus démocratique et plus juste et ainsi plus réceptive aux principes écologiques. C'est ce renforcement mutuel qu'il faut construire aujourd'hui !

La transition écologique est un véritable projet de société.

Les emplois climats représentent une des réponses à la crise sociale et économique mais seulement si les politiques de reconversion se placent au centre de l'action.
Un enjeu central d'une transition “sociale et écologique” juste est la reconvertion des emplois en perte de vitesse
permettre aux salarié.e.s de se former
orienter les efforts de formation initiale et continue vers les secteurs porteurs

Une transition écologique riche en emplois de bonne qualité est possible et finançable par des investissements publics et des politiques orientant les secteurs privés et la formation vers la création d'un million d'emplois additionnels dans des secteurs que nous considérons cruciaux :
énergies renouvelables,
rénovation des bâtiments,
auto-rénovation accompagnée,
identification et accompagnement des ménages en précarité énergétique,
agro-écologie,
infrastructures de transport durable,
recyclage,
réparation et réutilisation,
accompagnement des PME/TPE et des collectivités dans l'application des politiques de la transition écologique,
éducation aux enjeux de la transition écologique,
adaptation aux effets du réchauffement climatique,
etc...

De tels investissements, possibles et finançables, permettront d'accélérer la transition écologique, de l'inscrire dans les territoires, de développer des filières du futur et de créer des nouvelles activités.

La création d'un million d'emplois net (en prenant en compte le nombre d'emplois détruits dans les secteurs fragilisés par la transition écologique) est déclinée par secteurs d'activité et mise en relation avec des besoins financiers pour créer des emplois additionnels.

Elle est accompagnée de 7 mesures et orientations qui la rendent opérationnelle :
1. Créer 250 000 emplois aidés labellisés “transition écologique”
2. Créer 100 000 emplois “transition écologique” dans le service public
3. Investir dans les secteurs privés de la transition écologique pour créer 650 000 emplois
4. Résoudre l'opposition entre protection du climat et perte d'emplois dans les secteurs fragilisés par une reconversion qui doit être anticipée et territorialisée et une offre de formation adaptée
5. Assurer la qualité et la protection sociale des emplois de la transition écologique juste
6. Lancer des changements structurels pour adapter les emplois au cadre de la transition écologique
7. Conditionner les dispositifs de soutien au secteur privé à la création d'emplois de qualité en particulier dans des secteurs de la transition écologique

Les dépenses et investissements publics et privés nécessaires pour réussir ce pari se chiffrent à 105 Md€ par an en rythme de croisière.

Emplois créés et emplois détruits dans la transition écologique
De nombreuses études montrent que les mesures de la transition écologique sont à l'origine d'une création de nouvelles activités de travail et de nouvelles façons de produire donc de nouveaux emplois.
Dans un rapport publié en 2012, l'Organisation Internationale du Travail estimait que “la transition vers l'économie verte pourrait générer jusqu'à 60 millions d'emplois” dans le monde. En 2015, la campagne globale sur les emplois-climat les estime à 120 millions au niveau mondial au cours des vingt prochaines années.

En France, le nombre des emplois créés dans les secteurs de la transition écologique continue d'augmenter chaque année.

La loi sur la transition énergétique votée en 2015 a fixé certains objectifs et les étapes clés de la transition en France : une diminution par deux de la consommation d'énergie en 2050, la diminution
de la consommation d'énergies fossiles de 30% en 2030, une limitation de la production d'électricité nucléaire avec un objectif de 50% du mix électrique en 2025, etc.

Les mesures politiques et outils financiers nécessaires pour atteindre ces objectifs n'œuvrent ainsi pas seulement en faveur de la protection de notre planète mais doivent favoriser aussi la création “d'emplois climat”.

L'article 2 de la loi sur la transition énergétique fixe notamment comme objectif aux politiques de l'énergie de “garantir un haut niveau de protection sociale et de garanties collectives à l'ensemble
des personnels des secteurs concernés par la transition énergétique et accompagnent les besoins de formation et les transitions professionnelles”. Il est essentiel que cet objectif structure des politiques publiques adaptées afin que la transition énergétique concourt à l'amélioration de la situation des travailleurs concernés.

Une transition écologique, juste socialement, doit obligatoirement prendre en compte les contraintes de ces secteurs d'activité vulnérables aux politiques climatiques, en France comme ailleurs, afin d'accompagner les salarié.e.s vers d'autres emplois plus compatibles avec la transition écologique et les entreprises vers d'autres modèles économiques.

Ces transitions et reconversions doivent être anticipées, accompagnées et financées.
Le renforcement des formations initiales et continues des métiers de la transition écologique est un sujet clé pour réussir ce challenge.

A ce sujet l'article 182 de la loi transition énergétique prévoit que l'Etat élabore, en concertation avec les organisations syndicales de salarié.e.s, les organisations représentatives des employeurs
et les collectivités territoriales, un plan de programmation de l'emploi et des compétences tenant compte des orientations fixées par la programmation pluriannuelle de l'énergie.

Ce plan devra notamment servir à indiquer les besoins en termes de compétences et formations continues pour prendre en compte les évolutions en matière d'emplois liés à la transition écologique.
Cet accompagnement actif à la reconversion est prévu par l'article 180 de la loi transition énergétique qui stipule que les politiques d'emploi et le dialogue social, tant au niveau des branches
professionnelles que des entreprises, doivent consacrer une attention particulière à l'accompagnement des transitions professionnelles afférentes à la transition écologique et énergétique.

Ce même article insiste sur le lien entre les politiques de la transition écologique et les implications de ces politiques sur l'emploi.

Ainsi l'Etat, les régions et les partenaires sociaux sont en charge d'évaluer les besoins en matière d'emplois et de compétences sur les territoires et dans les secteurs professionnels au regard de
la transition écologique en lien avec la programmation pluriannuelle de l'énergie qui indique les orientations en termes de consommation et de production énergétique.

Il y a urgence, il est dès maintenant nécessaire de préparer et d'organiser les transformations et reconversions qui sont complexes pour éviter des gestions de crise.

L'enjeu des politiques publiques à mettre en œuvre est donc triple :
Soutenir le développement des activités nouvelles, nécessaires pour la transition écologique et socialement utiles, en particulier dans les territoires touchés par les transformations liées à la transition écologique ;
Proposer des offres de reconversion adaptées aux besoins des salarié.e.s des secteurs touchés par les suppressions d'emplois et des territoires concernés dès maintenant, pour éviter des reconversions en “situation de crise” ;
S'assurer de la pérennité et de la qualité des emplois créés.

La croyance dans la poursuite indéfinie des gains de productivité et de la croissance comme solution aux problèmes de chômage et de la transition écologique est de plus en plus contestée car elle empêche d'aborder la grande bifurcation écologique et sociale nécessaire aujourd'hui.

Pour qu'une telle transition soit un succès, il est également nécessaire de faire décroître, en valeur absolue, la quantité de matières premières et d'énergie consommées, par l'intermédiaire de politiques d'efficacité et de sobriété. Ceci en conservant ou en ayant pour objectif d'atteindre un niveau de confort acceptable, et par l'utilisation de technologies appropriées, notamment low-tech, moins consommatrices.

Pour avancer vers la sortie des énergies fossiles, réduire les consommations énergétiques est en effet la clef, afin de pouvoir fournir les besoins restants par l'utilisation des énergies renouvelables.
Plusieurs études montrent qu'il est possible de vivre dans un environnement énergétique 100% renouvelable à un prix abordable.

La réduction des consommations énergétiques passe par isoler les logements, utiliser de façon accrue les transports collectifs ou les modes actifs comme le vélo, et, plus largement, par la transformation des modes de consommation et du modèle industriel.

Environ un quart de l'ensemble des émissions de gaz à effet de serre provient de l'agriculture et de l'utilisation des terres agricoles.
Cependant il n'y a pas une seule forme d'agriculture :

une agriculture intensive qui est responsable d'une grande partie des émissions de gaz à effet de serre, du fait de ses pratiques : élevages hors sol, usines plutôt que des fermes, grande consommation de foncier, d'eau, ... Elle est actuellement favorisée par les choix politiques et elle occupe pratiquement tout l'espace agricole en détruisant un maximum d'emplois.

une agriculture paysanne, durable, économe, autonome, résiliente, qui d'une part crée de la valeur ajoutée et de l'emploi et d'autre part respecte l'environnement (moins d'intrants, moins de changement d'affectation des sols, moins de gaz à effet de serre, moins d'utilisation d'énergie fossile...)

La réorientation des politiques agricoles vers ce deuxième modèle est une priorité qui permettra très rapidement d'opérer une transition pour réduire les intrants et les impacts de l'agriculture.
Ainsi les paysans participeront pleinement à l'atténuation des changements climatiques tout en nourrissant l'humanité.

Au-delà des critiques ou réserves qui peuvent et doivent être formulées pour avancer dans la prévision des destructions et créations d'emplois en lien avec la transition écologique, aucun modèle ne peut prendre complètement en compte l'effet multiplicateur des dynamiques de transition, dès lors qu'elles sont enclenchées.

Mais il apparaît évident que loin d'aller vers une “fin du travail” le passage à des sociétés durables, mobilisant moins “d'esclaves énergétiques”, engendrera un surcroît d'activité et une réappropriation du sens du travail.

Vers une interdiction définitive des gaz et huiles de schiste ?

dim, 22/01/2017 - 11:00
VERS UNE INTERDICTION DÉFINITIVE DES GAZ DE SCHISTE ?

Mardi 17 janvier 2017, la commission du développement durable à l'Assemblée Nationale a adopté un amendement qui prévoit l'interdiction des hydrocarbures non-conventionnels et par conséquent des gaz et huiles de de schiste.

Cet amendement, porté par Sabine Buis députée PS de l'Ardèche et soutenu par Fabrice Verdier député PS du Gard et de Delphine Batho députée PS des Deux-Sèvres, a été adopté après de vives discussions.

La proposition de loi portant adaptation du Code Minier au code de l'Environnement sera présentée les 24 et 25 janvier 2017 en séance plénière de l'Assemblée nationale et devra y être votée par les députés pour que ce texte puisse entrer en vigueur.

La session parlementaire s'achève fin février. Les délais pour une navette parlementaire sont donc très courts et le texte pourrait tout simplement tomber aux oubliettes avant les échéances électorales.

Notons toutefois que Sabine Buis a retiré son amendement à propos de la définition des hydrocarbures non-conventionnels, au profit de celui de Jean Paul Chanteguet qui exclut le gaz de couche de ces hydrocarbures non-conventionnels.

La volonté délibérée de ne pas interdire ces gaz de couche parait bien réelle.
Les collectifs ont comme l'impression que la Lorraine a été « sacrifiée.

Cette définition des hydrocarbures non-conventionnels proposé par JP Chanteguet ne convient pas aux collectifs qui demandent à l'Assemblée Nationale de réintégrer et de voter la définition proposée par Sabine Buis et Fabrice Verdier.
Une autre définition est proposée par l'Institut Français de Pétroles et des Energies Nouvelles.
Télécharger un document de présentation de ces deux définitions (pdf 275 ko)

Ecouter les interviews sur France Bleu.fr

Prendre connaissance de l'ensemble des amendements qui ont été adoptés ou rejetés
Pour simplifier la lecture, téléchargez en pdf
* les amendements adoptés (pdf 565 ko)
* les amendements retirés par Sabine Buis et Fabrice Verdier (pdf 125 ko)

DERNIÈRE LIGNE DROITE POUR INTERPELLER NOS DÉPUTÉ-E-S.

Vous pouvez envoyer un courriel vôtre député-e
Rechercher l'adresse de courriel de vôtre député-e

Madame la députée, monsieur le député

La proposition de loi portant adaptation du Code Minier au code de l'Environnement sera présentée les 24 et 25 janvier 2017 en séance plénière de l'Assemblée nationale et devra y être votée par les député-e-s pour que ce texte puisse entrer en vigueur.

Cette proposition de loi engage l'avenir des citoyens et des territoires.

Je vous demande, s'il vous plaît, en tant qu'élu-e d'agir afin :

que la procédure de réforme du code minier aille à son terme avant les échéances électorales.

que l'amendement interdisant les hydrocarbures non-conventionnels soit voté.

que l'amendement déposé puis retiré par Sabine Buis portant sur la définition des hydrocarbures non-conventionnels soit réintégré et voté en place de celui de JP Chanteguet.

Formule de politesse

Justice climatique

ven, 13/01/2017 - 14:00
POUR LA JUSTICE CLIMATIQUE

Le mouvement international pour la justice climatique et une culture libérée des énergies fossiles communique :

Nous n'avons qu'une résolution à partager pour 2017 : mobiliser, ensemble, toutes nos forces et toute notre énergie pour que cette année marque un point de basculement dans la lutte contre le réchauffement climatique.

L'année qui vient de s'achever est l'année la plus chaude jamais enregistrée, juste devant 2015 et 2014... L'enjeu se chiffre en centaines de millions de vies. Nous ne pouvons plus attendre.

Nous devons donc rompre nos liens avec l'industrie des combustibles fossiles.
Celle-ci cherche, par tous les moyens, à nous convaincre que ses activités sont compatibles avec un monde préservé du chaos climatique. Total tente ainsi de se présenter comme une entreprise responsable, qui a pris la mesure du défi que représente le changement climatique.

350.org, en lien avec l'Observatoires des multinationales en propose donc une analyse détaillée, qui montre que les activités et les choix stratégiques de Total nous mènent dans le mur.

Inscrivez-vous pour être l'un.e des premier.e.s à recevoir notre rapport au moment où nous le rendrons public

Les discours du groupe français ne résistent pas à l'épreuve des faits. Nous avons donc décidé de publier un contre-rapport, décryptant la stratégie climat de Total, que nous rendrons public demain. Ce rapport montre à quel point le discours de la multinationale gazière et pétrolière est éloigné de sa stratégie. Les activités de Total nous rapprochent chaque jour un peu plus du chaos climatique.

Ce rapport n'a pas vocation à rester un simple document, rangé sur une étagère. Nous le concevons comme la brique de base d'une vaste campagne, que nous déroulerons tout au long de l'année 2017 :
Pour que la puissance publique cesse d'accorder des subventions et des exonérations d'impôts à Total.
Pour que les banques cessent de financer les activités destructrices du climat de Total.
Pour que les investisseurs institutionnels ne soutiennent plus l'exploitation ou l'exploration des gisements de gaz et de pétrole de Total et désinvestissent.
Pour que les universités refusent d'être financées par Total.
Pour que les musées renoncent à leurs partenariats avec Total.

Pour que nous tournions, enfin, la page des combustibles fossiles et écrivions, toutes et tous ensemble, un chapitre d'une nouvelle ère : celui d'un avenir 100% renouvelable.

TOTAL : UNE STRATÉGIE CLIMAT EN TROMPE-L'OEIL

Total aime se présenter comme une entreprise responsable, ayant pris la mesure du changement climatique.
Le groupe a même rendu publique sa « stratégie climat », expliquant comment il entend contribuer à maintenir le réchauffement climatique sous la barre des 2°C.

TOTAL-MENT IRRÉSPOSABLE
La stratégie climat de Total n'est pas à la hauteur face aux exigences de la crise climatique.
Elle ne propose aucune rupture significative avec la stratégie d'extraction de gaz et de pétrole poursuivie par le groupe depuis des années.
Elle présente de nombreuses omissions et présentations trompeuses, à tel point qu'on peut douter de la sincérité de l'exercice.

LES PRINCIPALES LIMITES DE LA STRATÉGIE CLIMAT DE TOTAL
Total entend continuer à investir pour exploiter de nouveaux gisements de gaz et de pétrole dans les années à venir.
Les engagements pris lors de la COP21 imposent pourtant de laisser les fossiles dans le sol. Mais Total entend nous faire croire que des technologies aussi coûteuses que controversées peuvent nous permettre de continuer comme si de rien n'était : capture-séquestration carbone, nucléaire, etc.

Les engagements concrets de Total ne portent que sur le gaz, les agro-carburants et la capture-séquestration du carbone. Total ne s'engage qu'à la marge dans le développement des énergies renouvelables et l'efficacité énergétique.

Total insiste ainsi sur le rôle central que jouera le gaz dans sa vision de la transition énergétique – incluant du gaz non-conventionnel, notamment du gaz de schiste.

Total investit dans le même temps dans des régions sensibles (notamment en Arctique), comme dans des pratiques risquées et polluantes (sables bitumineux, forages en haute-mer, fracturation hydraulique, etc.).

Au final, la stratégie climat de Total est avant tout un exercice de communication, destiné à rassurer ses actionnaires et les pouvoirs publics. Total entend continuer dans la même direction qu'avant : forer toujours plus loin, toujours plus profond.

LIBÉRONS LE LOUVRE DES FOSSILES !

Ensemble, demandons au Louvre à mettre un terme à son partenariat avec Total
Le musée du Louvre est un lieu essentiel, qui nous permet de comprendre l'histoire humaine et de la situer dans le temps long, multimillénaire.

En acceptant de recevoir des dons d'entreprises du secteur des combustibles fossiles, telles que Total, le musée du Louvre contribue à renforcer l'idée que nous pouvons exploiter les combustibles fossiles sans dommage.

Nous demandons au Musée du Louvre de mettre immédiatement terme à ses liens avec Total et l'industrie des combustibles fossiles.

POURQUOI ?

Partout dans le monde, des centaines de millions de vies sont d'ores et déjà bouleversées par le dérèglement climatique, et des pans entiers de la vie terrestre et de notre patrimoine commun pourraient continuer à disparaître rapidement.

Si nous sommes en mesure d'identifier les victimes du dérèglement climatique, nous pouvons également en désigner les responsables : l'industrie fossile.

L'industrie fossile, ne respecte pas la ligne rouge claire tracé par l'Accord de Paris, adopté à l'issue de la COP21. Le consensus scientifique est clair, pour maintenir le dérèglement climatique au plus près des 1,5°C, nous devons renoncer à exploiter 80% des réserves connues de charbon, gaz, pétrole.

Signez la pétition

Campagne code minier

mer, 04/01/2017 - 19:09
CAMPAGNE CODE MINIER

Les 17 et 18 janvier 2017, la Commission du développement durable de l'Assemblée Nationale examinera la proposition de loi portant adaptation du code minier au droit de l'environnement.
Celle-ci sera ensuite discutée, en séance publique, en première lecture, à l'Assemblée Nationale et soumise au vote de votre député(e) après débat.

Des collectifs opposés au gaz de couche et aux pétrole et gaz de schiste vous proposent de mener une campagne de mobilisation citoyenne afin de faire pression sur vos députée(e)s en les interpellant au moyen de cartes-pétitions pour leur demander d'amender le texte.

Ces cartes-pétitions expriment très brièvement en une ou deux phrases des demandes au regard des objections (non exhaustives) que nous pouvons avoir concernant le contenu de cette proposition de loi.

Ces demandes ont « ciblées » quelques points emblématiques de ce texte mais nous sommes conscients qu'elles n'en font pas le tour complet car elles sont nombreuses.
(téléchargez, en pdf, les 16 fiches de synthèse des remarques formulées par des collectifs opposés au gaz de couche et aux pétrole et gaz de schiste).

C'est pourquoi, il est important d'aller rencontrer personnellement son-sa député(e), pour ceux qui le peuvent, et pourquoi pas avec l'ensemble des cartes-pétitions que vous aurez signées.
N'oubliez pas, ils seront dans la période de présentation de leurs vœux, un moment à saisir pour les sensibiliser et leur rafraîchir la mémoire puisqu'ils feront leur bilan et dessineront leurs perspectives...

Le kit de la campagne intitulé « La sale mine du futur code minier » se décline par un texte de présentation expliquant le pourquoi de cette campagne, accompagné de six cartes-pétitions à envoyer à son-sa député(e) avant le 10 janvier 2017.
Téléchargez l'ensemble du kit avec tous ses documents

Comment participer à cette campagne ?

I – Dans chaque dossier, vous trouverez un texte de présentation de cette campagne.

II - Pour envoyer une ou plusieurs cartes à votre député(e), vous devez d'abord l'imprimer.
Vous trouverez trois dossiers

  • 1 - un dossier avec les cartes couleur
  • 2 - un dossier avec les cartes en noir et blanc
  • 3 - un dossier avec les cartes sans logo

Deux solutions s'offrent à vous

1) la carte « pliée »
Vous imprimez la carte que vous avez choisie dans le fichier « cartes pliées »
Vous découpez le haut et le bas de la feuille comme indiqué
Vous pliez suivant les pointillés
Vous collez (ou scotchez la carte)

2) la carte « recto-verso »
(Dans cette version, les cartes sont groupées deux par deux)
Vous imprimez le recto des cartes choisies dans le fichier « Cartes recto-verso »
Vous imprimez ensuite le verso de la même carte au verso de votre feuille
Vos découpez les cartes suivant les traits de coupe

III - Signez et faites signer les cartes-pétitions, puis envoyez-les à votre député(e) avant le 10 janvier 2017
Faire une recherche localisée de votre député(e) par département

IV - Diffusez-les autour de vous réseaux, ami(e)s, associations, média(s) de votre département

GB : la forêt de Sherwood menacée par les gaz de schiste

mer, 04/01/2017 - 16:48
LA FORÊT DE SHERWOOD,
FUTURE ZAD DE « ROBIN DES BOIS » ÉCOLOS ?

En Angleterre, les opposants à l'extraction du gaz de schiste se mobilisent pour sauvegarder la forêt de Sherwood et son arbre quasi millénaire, menacés par un groupe pétrochimique.

Article de Alexandre Hervaud sur Libération

Encouragée outre-Manche par les gouvernements conservateurs successifs, l'exploitation du gaz de schiste pourrait viser un lieu symbolique et s'attirer de nombreux détracteurs : la forêt de Sherwood, dans le comté de Nottinghamshire, à jamais liée au folklore de Robin de Bois.

La branche anglaise des Amis de la Terre, ONG engagée dans la protection environnementale, a annoncé dimanche que le groupe pétrochimique britannique Ineos compte lancer des mesures de prospection sismique, soit l'analyse des échos d'ondes sismiques créées par des camions vibreurs pour visualiser en profondeur les structures géologiques. Ces études préparatoires constituent une première étape avant la fracturation hydraulique, méthode controversée qui consiste à injecter en profondeur et à forte pression un mélange d'eau et produits chimiques additionnés de sable pour libérer du gaz contenu dans de la roche de schiste.

L'une des « nombreuses zones » concernées selon l'ONG, qui a récupéré des documents via une requête officielle auprès de la Commission des forêts du Royaume-Uni, est la forêt de Sherwood, une réserve naturelle nationale. Pour les Amis de la Terre, « si ces plans sont maintenus, la prospection sismique d'Ineos aurait lieu à quelques centaines de mètres du Major Oak [« grand chêne, ndlr], un arbre de plus de huit cents ans qui aurait abrité Robin des Bois et ses joyeux compagnons », selon le folklore local qui a irrigué la littérature puis la culture populaire depuis la fin du Moyen Age. L'arbre, fragilisé, a déjà plusieurs de ses branches soutenues par des tuteurs afin d'éviter qu'elles ne s'affaissent sous leur poids.

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Prévu samedi aux abords de la forêt, un rassemblement d'opposants, comme la pétition, se sert d'un logo avec une flèche décochée sur un arbre. « Le public veut protéger la campagne anglaise et préfère les énergies renouvelables au gaz de schiste pollueur, qui ne fait qu'empirer le changement climatique », déclare Shrubsole sur le site des Amis de la Terre.

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Lire la suite de l'article de Alexandre Hervaud sur Libération

USA : selon l'EPA les ressources en eau menacées par la fracturation hydraulique

mer, 14/12/2016 - 17:01
USA : L'EPA CONCLUT À UN RISQUE DE POLLUTION DE LA FRACTURATION HYDRAULIQUE SUR LES RESSOURCES EN EAU

Un rapport de lEPA (Agence de protection de l'environnement américaine) conclut que la technique d'extraction par la fracturation hydraulique peut avoir des effets néfastes sur la qualité et la disponibilité des réserves d'eau.

Néanmoins, Thomas Burke, conseiller scientifique de l'EPA, souligne que cette évaluation est incomplète du fait que manquent des données sur l'état de l'eau "avant et après la fracturation" (état zéro de l'eau) sur les sites de fracturation.

Ce rapport fournit toutefois des preuves scientifiques que cette technique d'extraction peut avoir des effets indésirables fréquents et importants sur les réserves d'eau situées à proximité des puits de gaz et de pétrole de schiste.

Le rapport souligne également une importante diminution de la disponibilité de l'eau du fait de la grande consommation de cette ressource par la technique de la fracturation hydraulique.

Le rapport soulignée encore la pollution engendrée par la concentration de substances chimiques toxiques contenues dans le fluide de fracking, tant lors de la fracturation que lors du stockage de la partie récupérée lors du flux de retour.

Le rapport souligne aussi la faiblesse des structures des puits qui engendrent une pollution des sols mais aussi de l'air.

Note du collectif 07 SGHDS :
Depuis plusieurs années l'expertise du Collectif 07 SGHDS démontre ces faits aujourd'hui mis en lumière par l'EPA malgré la résistance et le lobbying des compagnies pétrolières.

Nôtre expertise ne souligne pas seulement que les eaux souterraines et les eaux de surface seraient polluées pour des décennies voire des siècles mais que l'impact serait extrêmement négatif sur l'air et le climat et par conséquent sur nôtre santé.
Elle souligne aussi que si cette industrie est difficilement rentable sur les gisements considérés comme importants des USA, elle ne créera que peu d'emploi dans nos régions dont les gisements sont considérés comme peu conséquents mais détruira à jamais nôtre économie agricole et touristique mise en oeuvre depuis plus d'un demi-siècle.

L'expertise du Collectif 07 SGHDS démontre que le prix de revient élevé, la surestimation des gisements et des rendements, le rythme élevé de l'épuisement des gisements, la surestimation de la création d'emplois et les risques élevés qui pèsent sur l'économie, la santé et l'environnement font que ce secteur est fondamentalement non rentable.

L'état français a peu à gagner et nos régions ont beaucoup à perdre.
Ne laissons pas les compagnies détruire nôtre avenir pour quelques dollars de plus.
Les élus nationaux feraient bien de se souvenir qu'ils sont des serviteurs de la République et pas des multinationales.

L'aberration économique, sanitaire et environnementale des hydrocarbures non-conventionnels, le chant des sirènes et le doux murmure des multinationales : Lire l'expertise du Collectif 07 SGHDS