COLLECTIF 07 STOP AU GAZ DE SCHISTE

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Le collectif 07 STOP AU GAZ DE SCHISTE affirme son refus de l'exploration et de l'exploitation des hydrocarbures de roche-mère ( gaz de schiste, huiles de schiste, gaz de houille, huiles lourdes ...) et tous hydrocarbures dont l'extraction nécessite l'utilisation de techniques nécessitant de fracturer, stimuler ou encore de fissurer la roche et ayant pour conséquence de porter atteinte à son intégrité.
Mis à jour : il y a 1 heure 39 minutes

L'Etat de New-York a interdit la fracturation hydraulique

mer, 01/07/2015 - 14:52
L'ETAT DE NEW-YORK A INTERDIT LA FRACTURATION HYDRAULIQUE

L'interdiction de New York sur la fracturation hydraulique à grande échelle est désormais officielle.

Après plus de sept années d'études, le département pour la protection de l'environnement de l''Etat de New York (DEC- Department of Environmental Conservation) a publié hier les conclusion portant sur l'interdiction de la fracturation qui se basent sur le rapport de 1148 pages de la DEC de juin 2015, promettant de mettre en place l'interdiction de la fracturation dans l'Etat de New York et de lui donner force de loi.

Plus tôt cette année, DEC a publié un document qui exposait ses constatations.
DEC avait déjà publié un moratoire contre la fracturation en 2008.

Le document sera examinée de près par les avocats de l'industrie du gaz naturel, qui seront à la recherche de tout ce qui pourrait permettre une poursuite éventuelle.

Le commissaire de l'agence de l'environnement, Joe Martens, a déclaré que le fracking présentait des risques potentiels importants pour la terre, l'eau, les ressources naturelles et la santé publique qui ne peuvent être atténués de manière adéquate.

Interdire la fracturation hydraulique est la seule solution raisonnable selon lui et « cette décision est conforme à la mission de DEC pour conserver, améliorer et protéger les ressources naturelles de notre État, et pour améliorer la santé, la sécurité et le bien-être du peuple de l'Etat », a t il affirmé.

« La solution choisie par le Département d'interdire la fracturation hydraulique est la meilleure alternative basée sur l'équilibre entre la protection de l'environnement et la santé publique et les considérations économiques et sociales," peut on lire dans les conclusions.

Le premier état a lancé son examen de la fracturation en Juillet 2008 après que les compagnies de gaz ont commencé à appliquer de forer horizontalement dans la formation Marcellus Shale riche en gaz, qui étend à travers Southern Tier de l'Etat dans les Catskills.

En Décembre dernier, Howard Zucker, commissaire à la Santé de l'Etat a publié un rapport soulevant les inquiétudes sur le processus de fracturation hydraulique, qui implique l'utilisation d'eau, de sable et de produits chimiques injectés dans les formations de souterraines.

Lire l'article en anglais et lire le rapport du DEC

Tract pour l'abrogation des permis du Bassin et de la Plaine d'Alès, et de Navacelles

mer, 01/07/2015 - 10:24
LES COLLECTIFS LANCENT LEUR TRACT 2015 POUR L'ABROGATION DES PERMIS
DU BASSIN D'ALÈS, DE LA PLAINE D'ALÈS ET DE NAVACELLES

Communiqué de presse – Largentière le 01 juillet 2015

Les collectifs gardois et ardéchois demandent l'abrogation des 3 permis d'exploration et d'exploitation d'hydrocarbures dits “non conventionnels” de la plaine d'Alès, du bassin d'Alès et de Navacelles, situés sur les communes du sud de l'Ardèche et du nord du Gard.

Ces permis arrivent tous à échéance et leur prolongation est actuellement à l'étude.

Après avoir été reçus en juin en préfecture du Gard et avant un très prochain rendez-vous au ministère de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, LES COLLECTIFS LANCENT LEUR TRACT POUR L'ABROGATION DES PERMIS DU BASSIN D'ALÈS, DE LA PLAINE D'ALÈS ET DE NAVACELLES.

Cela fait 5 ans maintenant que nous empêchons les spéculateurs de venir forer le sol à la recherche d'hypothétiques hydrocarbures qu'ils disent non conventionnels.

5 ans que nous suivons avec intérêt les promesses d'Eldorado en Europe alors que, dans les pays où la recherche a commencé, les immenses réserves annoncées se sont avérées surestimées et donc sans intérêt pour les compagnies pétrolières.

5 ans que nous disons, comme certains analystes financiers américains, que les gaz et huiles de schiste sont une bulle financière prête à éclater.

5 ans que nous recevons et collectons différentes informations des pays exploitants concernant les accidents, dégats environnementaux, tremblements de terre, explosions, polutions de l'eau, de l'air, de la la terre ...

Toutes ces raisons nous renforcent dans notre volonté de refuser que des puits de recherche et d'exploitation viennent s'implanter dans notre région et nous ne pouvons pas accepter qu'au nom d'intérêts financiers privés, le développement harmonieux de nos territoires soit détruit de manière irréversible au détriment de la mise en place d'une véritable politique de transition énergétique.

Depuis 5 ans les populations du sud de l'Ardèche et du nord du Gard, réunies au sein de collectifs citoyens soutenus par les maires des communes concernées et des communes périphériques, les conseillers départementaux, les députés et les sénateurs des 2 départements, s'opposent à ces projets menaçants pour l'avenir de la région. Elles mènent une lutte déterminée pour faire échec à ces projets désastreux pour la santé, l'environnement (eau potable, rivières, climat...) et pour l'économie agricole et touristique de nos territoires.

Autant de voix citoyennes qui disent “Non au renouvellement de ces permis ! Oui à leur abrogation !”

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Les géants de l'énergie accusés de bloquer les renouvelables en France

mer, 01/07/2015 - 09:09
LES GÉANTS DE L'ÉNERGIE ACCUSÉS DE BLOQUER LES RENOUVELABLES EN FRANCE

Le rapport "Nouveau Monde" commandité par la ministre de l'Environnement propose une centaine de mesures pour passer à l'après-pétrole. Il attribue l'échec des renouvelables en France à la toute-puissance des géants de l'énergie comme EDF, Engie et Areva.

La ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, avait commandité cet hiver un rapport sur l'économie du Nouveau monde, celle de l'après-pétrole. Coordonné par l'ancienne députée européenne Corinne Lepage, le texte propose un bataillon de nouvelles réformes fiscales et économiques pour favoriser la croissance grâce à l'environnement.

Décentraliser l'énergie, l'inverse du modèle français
C'est, pour une fois, une approche décentralisée qui est privilégiée. Après une trentaine d'auditions d'entrepreneurs des énergies renouvelables ou du bio, les auteurs sont persuadés que le capitalisme à la française avec des grands groupes qui font la pluie et le beau temps finit par être néfaste au développement d'une nouvelle voie. « Il faut faciliter l'accès aux financements des petites entreprises, beaucoup d'entre elles sont motivées, mais peinent à obtenir des fonds parce que leur activité est innovante » constate l'un des auteurs, l'économiste Thomas Porcher.

Le label « France Avenir » sur les traces de la « French Tech »
Pour cela, le rapport Nouveau monde suggère 5 mesures phares, dont la création d'une marque spécifique « France Avenir », qui marcherait dans les traces de la « French Tech ». Une façon de rendre plus lisibles pour le consommateur les innovations françaises ...

Enfin le rapport Nouveau monde suggère de créer un « institut de la transition » qui permette de prendre en compte dans le modèle économique global les externalités négatives pour l'environnement, dont le prix reste sous-valorisé. Un « fonds de remédiation » permettrait également de financer les projets dont la rentabilité est encore bancale.

Dans son ambition d'orchestrer un monde sans pétrole, le rapport se penche à la fois sur la filière énergétique et la filière agricole, grosse consommatrice de dérivés du pétrole non seulement en tant que carburant, mais aussi sous forme d'intrants : engrais, produits phytosanitaires. Le développement difficile de la filière bio en France est ainsi passé en revue.

Parmi les idées de bon sens du rapport, la réduction de la TVA sur les produits bio ou les produits issus de l'économie circulaire.

Engie, EDF et Areva pointés du doigt

« Il faut que les entreprises puissent peser dans le débat. Malgré les avantages donnés aux renouvelables, les bilans énergétiques sont quasiment les mêmes qu'il y a 10 ans en Europe, rien n'a changé » s'insurge Thomas Porcher. En France, les énergies renouvelables représentaient 12 % de l'énergie consommée en 2012, selon le rapport d'étape fourni à la Commission européenne ; l'objectif des 20 % en 2020 est donc encore loin.

Le fait que l'État, qui reste actionnaire des géants de l'énergie comme Engie (ex GDF Suez), EDF et Areva , des entreprises principalement axées vers des énergies du passé, pose aussi problème dans la mesure où « ces gros acteurs se sont développés en étant en monopole et avec capitaux publics. Il faut maintenant que l'État redevienne stratège dans ses investissements et arbitre ces fonds en faveur des renouvelables » avance l'économiste. Le rapport identifie, parmi les obstacles spécifiques du développement de cette nouvelle économie, « les grands groupes en situation de monopole » ou encore « le refus du passage aux énergies renouvelables ».

« Dans le secteur de l'énergie EDF bloque de manière quasi systématique et volontaire l'essentiel des innovations en matière d'énergies renouvelables de même qu'en matière d'efficacité énergétique en France. Elle est du reste parfaitement parvenue à son objectif consistant à ce que sa filière énergie renouvelable soit effectivement un acteur important du renouvelable, mais seulement à l'étranger, pratiquant la politique de la terre brûlée en France sur les filières industrielles du renouvelable » assure le rapport.

L'interdiction du RoundUp, une mesure symbolique
La ministre visitait mardi matin une jardinerie pour promouvoir une mesure d'interdiction du désherbant RoundUp de Monsanto pour les particuliers ...

Clairement critique envers les géants français de l'énergie, le rapport n'a pas fait l'objet d'une présentation officielle par le ministère de l'Environnement.
Le projet de loi sur la transition énergétique, débattu depuis maintenant un an en France, peine à mettre tout le monde d'accord. Après avoir été repensé par le Sénat, il a été de nouveau modifié à l'Assemblée nationale en mai 2015 avant de repartir au Sénat en deuxième lecture. Le texte ne devrait pas être adopté définitivement avant la rentrée 2015. La place des grands groupes de l'énergie au sein du mix énergétique français continue de faire débat au sein de la classe politique, les Verts s'insurgeant notamment du maintien contre vents et marée du nucléaire.

Lire la suite de l'article sur oui-transition07.org

GB : un projet de gaz de schiste bloqué par des autorités locales

lun, 29/06/2015 - 19:13
GB : UN PROJET DE GAZ DE SCHISTE
BLOQUÉ PAR DES AUTORITÉS LOCALES

Londres - Les autorités du comté du Lancashire, dans le nord-ouest de l'Angleterre, ont rejeté lundi une demande de permis pour un projet d'exploration de gaz de schiste, dont le développement de la production est pourtant l'une des priorités du gouvernement Cameron.

La petite firme britannique Cuadrilla voulait réaliser des forages exploratoires en utilisant la technique controversée de la fracturation hydraulique mais avait suscité l'opposition de certains riverains.

Cuadrilla avait dû interrompre en 2011 des forages dans la même région après l'enregistrement de légères secousses telluriques. Le gouvernement lui avait ensuite donné une autorisation pour reprendre les forages exploratoires, mais en renforçant les contrôles.

Toutefois, les autorités locales doivent aussi donner leur feu vert et, dans le cas présent, les représentants au conseil du comté ont estimé que le projet, près de la ville côtière de Blackpool, comportait des risques déraisonnables en termes de pollution visuelle et sonore.

Ils avaient déjà bloqué la semaine dernière un autre projet d'exploration de gaz de schiste de Cuadrilla dans le comté, considérant qu'il aurait augmenté le trafic routier.

Ces décisions très attendues représentent un revers pour le gouvernement du Premier ministre conservateur David Cameron, récemment réélu, qui a fait une priorité du développement de cette source d'énergie, potentiellement bon marché et abondante, à l'heure où les champs pétrolifères et gaziers de la mer du Nord sont en déclin.

Aucun nouveau projet exploratoire n'a pu être mis en oeuvre depuis 2011, malgré cette forte volonté politique à Londres.

Lire la suite de l'article sur Romandie.com

USA : les débuts difficiles du partenariat ONG- pétroliers

lun, 29/06/2015 - 19:00
USA : LES DÉBUTS DIFFICILES
DU PARTENARIAT ONG- PÉTROLIERS

Des groupes comme Shell ont défini des règles de bonnes pratiques avec des ONG et se sont fait certifier. L'initiative peine à faire des émules.

Alors que l'impact de la fracturation hydraulique sur l'environnement reste un sujet sensible en Pennsylvanie, l'initiative lancée ici il y a deux ans avec les géants pétroliers Shell et Chevron a du mal à décoller.

Le projet est pourtant original et séduisant : il s'agit de placer industriels et ONG environnementales autour d'une même table, afin de fixer des standards stricts pour les opérations de fracturation hydraulique, cette technologie controversée qui permet d'extraire le pétrole et le gaz de schiste.

Créé en 2013 à Pittsburgh, le Center for Sustainable Shale Development (CSSD) réunit quatre industriels (Shell, Chevron, et les compagnies locales Consol et EQT) et cinq ONG (dont les
organisations nationales Environmental Defense Fund et Clean Air Task Force).
Il a élaboré 15 normes à respecter pour améliorer la qualité de l'air et de l'eau, plus contraignantes que la réglementation en vigueur. Aux compagnies de se faire certifier pour deux ans par le CSSD,
sur la base du volontariat.

Le projet a cependant rapidement suscité le scepticisme et les critiques, notamment à l'égard des ONG, accusées de pactiser avec l'ennemi. Au point que plusieurs fondations n'ont pas renouvelé leur soutien initial au centre (Heinz Endowments, The William Penn Foundation).

Sanctions
En février 2014, une professionnelle à plein-temps, choisie pour sa neutralité, a été recrutée : Susan LeGros, ancienne avocate spécialisée dans l'environnement. En septembre 2014, Chevron a obtenu la certification du CSSD, suivi par Shell et Consol, au printemps 2015. EQT devrait suivre.
Selon Susan LeGros, ces quatre membres ne représentent cependant que 20 % des puits actifs en Pennsylvanie, où le nombre de compagnies est estimé à plus de 70. « Beaucoup nous disent qu'elles respectent déjà nos standards et n'ont pas besoin de se faire certifier », explique Susan LeGros, qui ne désespère pas de voir l'activité du CSSD décoller.

En attendant, la législation elle-même n'est pas toujours très bien respectée en Pennsylvanie.
Le Department of Environmental Protection (DEP) vient d'adresser une amende record de 9 millions de dollars à Range Resources pour des fuites de gaz et des contaminations d'eau de puits privés. Même Chevron a été sanctionné ce mois-ci, après un incendie ayant causé un décès sur l'un de ses puits début 2014. Le centre de recherche sur le schiste de Penn State University a recensé 528 cas de violation de la réglementation en 2013, pour 12.463 inspections. Un chiffre en nette baisse par rapport à 2010 (1.280 violations pour 5.248 inspections), mais qui reste non négligeable.

Lire l'article de Anne Feitz sur Les Echos

Les pétitions et cyberactions

ven, 26/06/2015 - 17:30
PARTICIPEZ À LA LUTTE ET SIGNEZ LES PÉTITIONS

Pétition contre le projet Abyssea, un projet décalé, obsolète et dangereux destiné à faciliter l'extraction pétrolière en eaux profonde, projet portant sur deux plateformes expérimentales prévues au large de l'Île du Levant (Iles d'Hyères) en plein cœur du sanctuaire Pélagos dans le Canyon des Stoéchades, lieu riche pour sa biodiversité marine.
signez cette pétition sur Collectifs Littoral.

Appel lancé aux députés européens afin qu'ils refusent fermement d'accorder des droits spéciaux aux investisseurs étrangers !
signez cette pétition sur No 2 isds.eu/fr/campaign

Contre le fracking au Yukon. Gouvernement du Yukon, Dirigeants du Territoire du Yukon, Canada : Bannir la fracturation hydraulique horizontale/stimulation, à tout jamais
signez cette pétition sur Avaaz.org

Millions of us are speaking out against Arctic drilling. Together, we are a powerful force for change : from fossil fuels to renewables.
signez cette pétition sur Greenpeace.org

We Cannot Frack Our Way to Energy Security ! Don't Let Big Oil Change the Conversation — We Want, We NEED Renewables !
signez cette pétition sur act.foodandwatereurope.org

Petition Secretary Sally Jewell : Stop touting fracking propaganda !
signez cette pétition sur petitions.moveon.org

Pétition contre le lancement du premier forage de gaz de schiste dans le bassin de l'Ahnet (Algérie)
signez cette pétition sur La Pétition.be

Pétition contre le renouvellement du PERH du Bassin d'Alès qui arrive à expiration
sur Collectif 07 SGHDS

Signez l'appel "Toutes et tous hors Tafta !"
sur Collectif Stop Tafta.org

Stop TIPP et CETA
Sur stop-ttip.org

Nous protestons contre le traité transatlantique.
Signez la pétition sur 24.net

Stop fracking in South Africa : Many people in South Africa are very concerned about the potential negative impacts that the extensive process of shale gas mining can cause, as recorded in the USA, international research reports and articles.
Signez cette pétition sur Avaz.org

Stop au gaz de schiste en Kabylie : Exploitation des gaz de schiste en Kabylie : Ferhat Mehenni interpelle F. Hollande
Signez cette pétition sur Avaz.org

Charte de Bruxelles : Pour la création d'un Tribunal Pénal Européen et d'une Cour Pénale Internationale de l'Environnement et de la Santé
Signez cette pétition sur http://iecc-tpie.org

Pétition pour que l'Union Européenne interdise les gaz et huiles de schiste !
Signez cette pétition sur Gaz et Huile de Schiste, NON MERCI

Pétition "NON à l'exploration du GAZ DE HOUILLE en Nord/Pas-de-Calais"
signez cette pétition sur Pétition 24.net

Pétition européenne pour Mettre un Terme à l'Écocide en Europe
signez cette pétition sur End Ecocide Europe.fr

Contre l'exploitation des gaz et huiles de schiste dans la plaine d'Alès (30) !
Collectif d'Alès - « Basta ! Gaz Alès »
signez cette pétition sur Pétition24

Avant le pétrole, on a besoin d'eau pour vivre
Pétition contre les permis en Seine et Marne
Vous joindre à cet appel sur Avaaz.org

Mobiliser la société face au pic pétrolier
Vous joindre à cet appel sur Tribune-Pic-Petrolier.org

Gaz de schiste non merci
signez la pétition sur Pétition Publique.fr

Pétition pour l'interdiction de la fracturation hydraulique en Irlande
signez cette pétition sur Avaaz.org

Chevron dénoncé devant le Conseil des droits de l'homme pour les violations des droits humains de populations autochtones et paysannes en Équateur

mar, 23/06/2015 - 15:34
CHEVRON DÉNONCÉ DEVANT LE CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME POUR LES VIOLATIONS DES DROITS HUMAINS DE POPULATIONS AUTOCHTONES ET PAYSANNES EN ÉQUATEUR

Communiqué de presse du CETIM

Une délégation de l'Union des populations affectées par les activités de l'entreprise pétrolière Texaco-Chevron en Équateur (UDAPT) a participé à la 29ème session du Conseil des droits de l'homme avec l'appui du CETIM pour dénoncer la campagne sans merci que mène la société transnationale avec l'objectif de criminaliser ses victimes et faire taire ses défenseurs.

Objet inconnu Genève, le 18 juin 2015. Le cas Chevron se réfère au litige que maintiennent depuis 22 ans des communautés autochtones et paysannes en Équateur contre la société transnationale Chevron pour exiger justice et réparation pour les dommages causés en 26 ans d'exploitation pétrolière en Amazonie équatorienne.

Chevron a souillé plus de 450'000 hectares d'une des zones de la planète les plus riches en biodiversité, détruisant les conditions de vie et de subsistance de ses habitants, provoquant la mort de centaines de personnes et une augmentation brutale des taux de cancers et autres graves problèmes de santé.
Plus de 60 milliards de litres d'eaux toxiques ont été déversés dans les rivières, 880 fosses de déchets d'hydrocarbures ont été ouvertes, et 6.65 milliards de mètres cube de gaz naturel ont été brûlés à l'air libre.

“Le pire c'est que cette pollution n'est pas le fait d'accidents mais de l'usage délibéré de techniques polluantes et de technologies obsolètes afin de faire des économies”, a souligné Maria Eugenia Garces, représentante de la UDAPT, durant la conférence parallèle “Chevron vs. le peuple d'Équateur : comment une grande société transnationale tente de criminaliser ses victimes et faire taire des défenseurs”, organisé par le CETIM le 16 juin au Palais des Nations à Genève.

“C'est exemple montre qu'il n'y a pas que les États qui violent les droits humains, les entreprises le font aussi, à travers des pratiques systématiques et généralisées qui nient les droits fondamentaux de leurs travailleurs et de la société au sein de laquelle elles s'insèrent », a insisté Eduardo Toledo, avocat des victimes auprès de la Cour pénale internationale (CPI) durant ladite conférence.

Malgré les jugements des tribunaux équatoriens qui ont condamnés Chevron à payer 9,5 milliards de dollars pour être à l'origine du pire désastre environnemental de l'histoire de l'humanité, la compagnie pétrolière nie sa responsabilité, consacre d'énormes efforts et ressources pour ignorer la sentence, persécuter les victimes et faire taire leurs défenseurs. L'avocat principal de Chevron a dit publiquement en mai 2009 que la compagnie « allait se battre jusqu'à ce que l'enfer se couvre de glace et continuera ensuite de se battre sur la glace ».

La délégation a présenté une déclaration orale en plénière du Conseil des droits de l'homme pour dénoncer la campagne médiatique, judiciaire, économique et scientifique que mène Chevron contre les populations affectées et leurs défenseurs depuis sept années consécutives pour assurer son impunité et éviter l'application de la décision judiciaires

“Chevron a engagé 60 cabinets et 2'000 avocats, des agences de relations publiques et des lobbistes pour mettre en œuvre sa stratégie qui consiste principalement à intimider et effrayer jusqu'à réussir à faire taire toute personne qui se risque à élever sa voix en faveur des communautés affectées”, a expliqué Maria Eugenia Garces.

La délégation a présenté les cas d'intimidation, de persécution et de poursuites juridiques contre les populations affectées, les journalistes, les collaborateurs, les avocats, les militants, les citoyens indépendants et même les investisseurs qui demandaient à la compagnie pétrolière de traiter ce cas avec responsabilité.

Maria Eugenia Garces a souligné que “les violations de droits humains ne sont possibles que quand elles sont exécutées dans l'ombre et restent dans l'ombre.
Faire taire les victimes pour que personne ne connaisse leur existence est une des manières d'éviter la réprobation du public et d'être tenu responsable pour les actes à leur encontre”.

Eduardo Toledo a mis en évidence “la mise en œuvre d'une campagne juridique aux États Unis et dans les autres pays auquel s'adressent les plaignants afin de faire apparaître la sentence équatorienne comme une fraude et de convertir les victimes en criminels et la compagnie pétrolière en innocente, avec le seul objectif de retarder l'issue à laquelle tôt ou tard on finira par arriver : la réparation des dégâts causés dans les territoires équatoriens”.

En février 2011, Chevron a présenté une plainte devant un tribunal de New York en accusant les plaignants équatoriens et leurs soutiens d'extorsion. D'après la sentence rendue, la décision des tribunaux équatoriens était frauduleuse et les campagnes publicitaires, la création de pages web, de blogs et les demandes adressées aux autorités gouvernementales par les ONG peuvent être considérées comme une tentative d'extorsion criminelle. Un recours a été déposé le 2 juillet 2014 mais ce jugement a déjà eu des conséquences catastrophiques pour les victimes et leurs défenseurs, à savoir les criminaliser, les priver de soutiens financier, et jeter des soupçons sur leur intégrité et leur crédibilité.

Face à ces évidences de violations des droits humains commises par Chevron, l'intervention urgente du Conseil des droits de l'homme et de ses procédures spéciales a été sollicitée afin de faire cesser ces attaques contre les victimes et leurs défenseurs, et de faire respecter la sentence des tribunaux équatoriens.

Pour plus d'information sur ce cas voir les déclarations écrites présentées sur ce cas par le CETIM au Conseil des droits de l'homme en juin 2014 et en juin 2015

La fracturation hydraulique pose un risque « significatif » pour l'homme et doit être interdite en Europe

mar, 23/06/2015 - 15:21
LA FRACTURATION HYDRAULIQUE POSE UN RISQUE « SIGNIFICATIF » POUR L'HOMME ET DOIT ÊTRE INTERDITE EN EUROPE

CHEM Trust – qui se définit comme un organisme (britannique) travaillant à empêcher les fracking pollution chimiques fabriqués par l'homme de causer des dommages à long terme sur la faune ou les êtres humains, en veillant à ce que les produits chimiques qui causent de tels dommages soient remplacés par des alternatives plus sûres publie un rapport sur les risques – publie ce 21 Juin 2015 un rapport intitulé « Pollution de la fracturation hydraulique : Quelle est la toxicité des produits chimiques de la fracturation et quelle incidence peut-elle avoir sur la faune et les personnes au Royaume Uni et dans l'UE ».

Nous précisons que les conclusions et recommandations de CHEM Trust que nous retranscrivons ici ne reflètent pas les positions des collectifs français opposés à la recherche et l'exploitation des pétrole et gaz de schiste et de houille. Les collectifs français restent opposés à toute forme de recherche et d'exploitation des hydrocarbures dits de schiste ou de houille et considèrent comme une nécessité absolue d'orienter les moyens de la recherche et les investissements vers l'efficacité énergétique et le développement des énergies moins polluantes et renouvelables.

Toutefois, il nous a paru intéressant de relayer cette étude et ses conclusions qui mettent une nouvelle fois en évidence les risques liés à la recherche et l'exploitation des hydrocarbures extrêmes et le manque criant de réglementation et de moyens pour leur mise en application dans les pays qui s'avèrent pourtant être les plus riches du monde : ceux de l'Union Européenne. Alors que certains se sont positionnés pour la recherche et l'exploitation.

Résumé des recommandations

Après avoir exploré la toxicité des produits chimiques de la fracturation hydraulique et les risques qu'elle pose pour la faune et l'homme CHEM Trust formule les principales recommandations suivantes :

1) La composition de tout les produits chimiques utilisés dans la fracturation doit être divulguée, sans appliquer de réserve liée au secret commercial.

2) Le renforcement de la réglementation de l'Union Européenne sur la fracturation hydraulique est nécessaire, afin d'assurer que l'Étude d'impact environnemental soit rendue obligatoire pour chaque site, que l''utilisation des produits chimiques soit contrôlée et transparente, qu'une surveillance efficace soit obligatoire, que la gestion des eaux usées soient sans danger, avec l'interdiction absolue de l'élimination des eaux usées par réinjection dans le sol.

3) La réglementation doit protéger l'environnement et les personnes, même lorsque les puits de fracturation ne sont plus utilisés, ceci comprend des obligations financières pour couvrir les coûts de dépollution.

4) Le suivi effectif et efficace est essentiel pour assurer que les contrôles réglementaires soient respectés. Cela signifie que les régulateurs doivent avoir les ressources nécessaires pour mener à bien ces fonctions ; ceci constitue une préoccupation particulière quand l'Agence de l'environnement (EA) du le Royaume-Uni connaît de substantielles coupes budgétaires.

Un moratoire en Europe
De plus, de l'avis de CHEM Trust, un moratoire sur la fracturation hydraulique doit être mis en place au niveau de l'Union Européenne et persister tant qu'il n'y a pas l'assurance que l'ensemble de ses recommandations est en place.

On notera, et c'est particulièrement important, que CHEM Trust a mis l'accent sur les effets toxiques des polluants tout en précisant que leur position n'a pas pris en compte l'examen des effets de la fracturation sur le changement climatique ni son potentiel de causer des tremblements de terre.

Lire la suite de l'article sur Stop Gaz de Schiste.org

Lire le document complet en anglais

Renouvellement du PERH du Bassin d'Alès : les collectifs rencontrent le préfet du Gard

ven, 19/06/2015 - 20:57
RENOUVELLEMENT DU PERH DU BASSIN D'ALÈS
LES COLLECTIFS RENCONTRENT LE PRÉFET DU GARD

Depuis 5 ans, la population des communes du bassin d'Alès réunie au sein de collectifs anti-gaz de schiste s'oppose à l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures dits non conventionnels, sources de futures et graves pollutions.

Au mois d'avril 2015, la société Mouvoil a demandé le renouvellement du permis. Le délai administratif pour répondre à cette demande est de 15 mois et seule une décision explicite de rejet par le ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie peut mettre fin au permis.

Vendredi 19 juin, le préfet du Gard a reçu une délégation, composée de deux maires représentant les communes de l'Ardèche et du Gard concernées par le permis du Bassin d'Alès » et de deux militant(e)s pour l'inter-collectif Gardéchois et le Collectif 07 Stop au Gaz de Schiste.
Cette délégation était épaulée par l'association des maires du Gard en la personne de sa présidente, Mme Chaleyssin.

La délégation reçue a remis à monsieur le Préfet les pétitions (*) signées en début d'année contre le renouvellement de ce permis. Elle a exposé les vives préoccupations citoyennes et insisté sur les risques environnementaux concernant ce permis.

Le nombre important de pétitions récoltées et le message porté par les délégués des collectifs ainsi que le nombre important de motions prises par les communes et portées par les maires devraient être suffisants pour manifester la volonté, la fermeté, la détermination et l'opposition de tous à une éventuelle prorogation de ce permis. Le rapport (à télécharger ci-dessous) de la commission scientifique des collectifs a amené les arguments nécessaires pour étayer ce refus.

Il en va de l'avenir des populations de ces territoires, de la qualité de leur environnement, de leur économie agricole et touristique et de leur santé.
Nous ne laisserons pas les compagnies détruire notre pays pour leur profit.

* Pétition signée par 3600 habitants de ces 13 communes et alentour, et par plus de 10000 sympathisants sur internet.

RAPPORT DES COLLECTIFS ARDÉCHOIS ET GARDÉCHOIS DEMANDANT LE NON-RENOUVELLEMENT DU PERH
Rapport rédigé par la commission scientifique du collectif 07 stop au gaz et huiles de Schiste

Introduction
* questionnement des collectifs
* plan de situation du PERH
* liste des sites protégés
* carte des zones de protection
* carte du réseau hydrographique du PERH
Introduction (pdf 8,6 Mo)

Analyse des propositions de Mouvoil replacee dans le contexte geologique local
Définition : Les pétroles non-conventionnels sont des pétroles produits ou extraits en utilisant des techniques autres que la méthode traditionnelle des puits pétroliers, ou impliquant un coût et une technologie supplémentaires en raison des conditions d'exploitation plus difficiles.
Les productions de type non-conventionnel comprennent : l'exploitation de pétrole lourd et extra lourd, de sables et de schistes bitumineux. Ces pétroles ont eu une genèse différente de celle des pétroles conventionnels.
Téléchargez l'analyse (pdf 3,3 Mo)

Mémoire sur la spécificité des huiles et pétroles lourds et extra-lourds
1 Hydrocarbures non conventionnels en zone tectonisee accroit le nombre de forages et les risques environmentaux
1.1 Contexte regional de la zone du permis « Bassin d'Alès »
1.2 Failles naturelles, permeabilite artificielle et fracturation hydraulique
1.3 Roches-meres et multiplication des forages
2. Contexte geologique local
2.1 Historique
2.2 Analyse des documents de Mouvoil
2.3 De la mise en oeuvre annoncee de la fracturation hydraulique en contradiction avec la circulaire ministerielle du 21 septembre 2012
2.4 Incidences sur les eaux souterraines
Mémoire sur la spécificité des huiles et pétroles lourds et extra-lourds (pdf 1,3 Mo)

Quand les Canadiens investissent dans le gaz de schiste français

ven, 19/06/2015 - 19:43
QUAND LES CANADIENS INVESTISSENT DANS LE GAZ DE SCHISTE FRANÇAIS

En Ile-de-France, quatre sociétés continuent à exploiter du pétrole, principalement en Seine-et-Marne et en Essonne.

Parmi ces sociétés : l'entreprise Vermilion Energy.

Avec une production de 12.000 barils de pétrole par jour, cette société canadienne produit plus de la moitié de son pétrole en France, une production qui correspond à peu près à 1% de notre consommation.

En Essonne, il y a trois ans, Vermilion a racheté à Total quatre anciennes concessions, un rachat qui intrigue.

Philippe Pascot est le fondateur et porte-parole du collectif "Non à l'huile et au gaz de schiste en Essonne" : "Pourquoi des gens de Vermilion ont investi tant de millions en France pour des puits qui sont en fin de vie ? Il vont investir 10 ou 15 millions d'euros. Ça me paraît très très bizarre."

Ecouter le reportage sur France-Inter

L'avènement des énergies renouvelables pour 2050 ?

ven, 19/06/2015 - 18:30
L'AVÈNEMENT DES ÉNERGIES RENOUVELABLES POUR 2050 ?

Une étude publiée le mardi 9 juin dans la revue Energy and Environmental Science laisse entrevoir la possibilité d'une couverture complète des besoins énergétiques aux Etats-Unis à partir d'énergies renouvelables à l'horizon 2050 [1]. La recherche menée par l'équipe de Mark Jacobson, Professeur d'ingénierie civile et environnementale à l'Université de Stanford, propose pour chaque état américain un scénario de transition énergétique réaliste aussi bien techniquement qu'économiquement, qui prenne en compte les ressources actuelles et les capacités de chaque territoire. Tous les Etats ne sont aujourd'hui pas au même stade quant à l'intégration des énergies renouvelables au réseau. Pour autant, l'étude affirme qu'ils pourront tous atteindre les 80% d'énergies renouvelables d'ici 2030, puis 100% en 2050.

L'ensemble des scénarii proposés par l'étude exclut l'utilisation de l'énergie nucléaire et de l'énergie fossile, plus coûteuses que les énergies renouvelables et occasionnant trop de rejets de gaz à effets de serre. 62.000 décès dus à la pollution de l'air pourraient alors être évités, selon ces nouveaux résultats. La transition énergétique pourrait également avoir un réel impact sur la société civile et sur le chômage. Les emplois créés dans le secteur des énergies renouvelables compenseraient largement les pertes dues à la fermeture des mines de charbon et le démantèlement des centrales nucléaires. Au niveau de l'économie, les énergies renouvelables ont également le vent en poupe : leur prix ne cesse de chuter et la demande est en constante augmentation.

Une révolution technologiquement réalisable

L'étude de Mark Jacobson fait écho à un rapport [2] publié en juin 2015 par le Brattle Group, entreprise d'expertise et de conseil, et commandé par The Advanced Energy Economy Institute en réponse aux commentaires de la North American Reliability Corporation (NERC) qui estimait au début de l'année que le Clean Power Plan de l'administration Obama pourrait menacer la sécurité énergétique du pays en favorisant l'utilisation des énergies renouvelables. Ce rapport démontre qu'il est aujourd'hui possible d'intégrer massivement sur le réseau électrique américain les énergies renouvelables sans que cela nuise à la fiabilité et la sécurité énergétique. Il s'appuie pour cela sur les exemples de l'opérateur Electric Reliability Council of Texas (ERCOT), dont 10% des besoins électriques sont couverts par l'énergie éolienne, et de l'entreprise XCel Energy Colorado, qui reçoit en moyenne 20% de son énergie grâce à l'énergie éolienne, avec des pics à 40%.

Selon le Brattle Group, la prochaine étape est donc de bien penser les investissements sur le long terme dans chaque état des Etats-Unis. L'objectif d'utiliser exclusivement des énergies renouvelable dès 2050 nécessite le développement de plusieurs outils, comme par exemple des modèles plus fiables de prédiction du vent et du stockage d'énergie à grande échelle.

Mark Jacobson estime que cette révolution ne pourra pas se faire sans une volonté politique forte. Selon lui, la solution doit passer par les Etats eux-mêmes, à qui il a été demandé à travers le Clean Power Plan de mettre en place des solutions innovantes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre des énergies existantes.

En France, l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME) a publié en avril 2015 un rapport fournissant des recommandations sur la manière dont le pays pourrait avoir 100% de son énergie provenant de l'énergie verte d'ici 2050 [3]. Un objectif réaliste selon l'ADEME, puisque le rapport estime le potentiel de production d'énergies renouvelables à 1268 Terrawattsheure (TWh) quand la consommation se situe entre 406 et 487 TWh. Le scénario proposé par l'ADEME implique l'implantation de 46000 nouvelles éoliennes terrestres, 5000 éoliennes de mer et de nombreuses centrales solaires au sol. Ces installations modifieraient alors grandement le territoire et le paysage français. L'acceptation des citoyens pourrait donc n'être que partielle. L'ADEME propose un scénario alternatif dans lequel les centrales solaires au sol et les champs d'éoliennes terrestres occuperaient une place mineure pour intégrer au mix énergétique l'énergie houlomotrice (générée par les vagues). L'exploitation de cette dernière est cependant plus chère, ce qui impliquerait une hausse du coût annuel de l'énergie d'environ 6%.

En France comme aux Etats-Unis, l'implication des gouvernements et l'adhésion des citoyens seront des éléments essentiels pour atteindre cet objectif. La Chine s'est elle aussi fixé l'objectif ambitieux d'une production d'énergie à 60% renouvelable, avec une part de 85% pour la production d'électricité, d'ici 35 ans [4].

Article et liens sur bulletins-electroniques

PERH du bassin d'Alès : les collectifs rencontrent le préfet du Gard

mer, 17/06/2015 - 15:30
PERMIS EXCLUSIF DE RECHERCHE D'HYDROCARBURES DU BASSIN D'ALÈS :
LES COLLECTIFS STOP GAZ ET HUILE DE SCHISTE
RENCONTRENT LE PRÉFET DU GARD

Depuis 5 ans, la population des communes du bassin d'Alès réunie au sein de collectifs anti-gaz de schiste s'oppose à l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures dits non conventionnels, sources de futures et graves pollutions.

Au mois d'avril 2015, la société Mouvoil a demandé le renouvellement du permis. Le délai administratif pour répondre à cette demande est de 15 mois et seule une décision explicite de rejet par le ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie peut mettre fin au permis.

Vendredi 19 juin, le préfet du Gard, recevra une délégation, composée de deux maires représentant les communes de l'Ardèche et du Gard concernées par le permis du Bassin d'Alès » et de deux militant(e)s pour l'inter-collectif Gardéchois et le Collectif 07 Stop au Gaz de Schiste.

Cette délégation sera épaulée par l'association des maires du Gard en la personne de sa présidente, Mme Chaleyssin.

Elle remettra à monsieur le Préfet les pétitions (*) signées en début d'année contre le renouvellement de ce permis. Elle exposera les vives préoccupations citoyennes et insistera sur les risques environnementaux concernant ce permis.

Le nombre important de pétitions récoltées et le message porté par les délégués des collectifs ainsi que le nombre important de motions prises par les communes et portées par les maires devraient être suffisants pour manifester la volonté, la fermeté, la détermination et l'opposition de tous à une éventuelle prorogation de ce permis. Le rapport (**) de la commission scientifique des collectifs amènera les arguments nécessaires pour étayer ce refus.

Il en va de l'avenir des populations de ces territoires, de la qualité de leur environnement, de leur économie agricole et touristique et de leur santé.
Nous ne laisserons pas les compagnies détruire notre pays pour leur profit. (***)

* Pétition signée par 3600 habitants de ces 13 communes et alentour, et par plus de 10000 sympathisants sur internet.

** Le rapport remis au préfet du Gard sera consultable en ligne vendredi 19 juin.

*** Un tract contre les trois PERH du nord du Gard et du sud de l'Ardèche ( Plaine et Bassin d'Alès et Navacelles) sera mis en ligne et distribué à partir du 1 juillet 2015.

Télécharger le communiqué de presse (pdf 78 ko)

Les petites affaires d'EDF dans le gaz de schiste américain

lun, 15/06/2015 - 14:07
LES PETITES AFFAIRES D'EDF
DANS LE GAZ DE SCHISTE AMÉRICAIN

Article d'Olivier Petitjean sur l'Observatoire des Multinationales

Et si EDF, entreprise publique d'électricité française, exploitait discrètement des puits de gaz de schiste aux États-Unis ?
Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, il s'agit là d'un scénario bien réel. Alors qu'elle appartient à un État qui a interdit la fracturation hydraulique sur son propre territoire en raison des risques environnementaux, EDF a décidé d'adopter une politique exactement inverse, en achetant des puits de gaz de schiste en Pennsylvanie et au Texas.

Tout part d'une filiale d'EDF opérant loin des regards du grand public : EDF Trading. Celle-ci regroupe les activités de négoce du groupe et emploie environ de millier de personnes, principalement à Londres, où elle a son siège, et aux États-Unis. Comme beaucoup d'autres activités d'EDF hors de France, elle reste mal connue dans notre pays, et le gouvernement français semble ne s'y intéresser que lorsqu'il est temps d'encaisser les dividendes reversés à la maison mère.

EDF Trading est chargée de l'achat et de la vente de charbon, de pétrole, de gaz et d'électricité pour le compte du groupe EDF, dont elle est filiale à 100%, ainsi que du négoce des crédits carbone. Elle mène aussi des opérations de trading en son nom propre. Son chiffre d'affaires pour 2014 s'élevait à 856 millions d'euros (contre 787 millions d'euros en 2013), pour un profit net de 386 millions d'euros (373 millions en 2013), dont elle a reversé 251 millions au groupe EDF sous forme de dividendes.

Quand EDF se réinvente en pétrolier texan
Pour optimiser ses activités de négoce, EDF Trading a été amenée à acquérir des infrastructures de transport et de stockage de charbon, de gaz et d'autres matières premières. _ Et désormais, elle a choisi d'acquérir et opérer directement ses propres opérations d'extraction de gaz. Pour ce faire, EDF Trading a créé une sous-filiale dédiée, EDF Trading Resources (ou EDFTR), dont le siège social est à Austin au Texas, et qui se présente comme une « compagnie indépendante d'exploration et de production de pétrole et de gaz naturel » ! Elle est dirigée par une petite équipe de cadres issus du milieu pétrolier texan. EDFTR ne possède en fait que deux zones d'opérations, l'une dans l'Est du Texas (environ 500 puits sur 120 kilomètres carrés), l'autre en Pennsylvanie, dans le comté de Greene, qui correspond à la formation de gaz de schiste de Marcellus (sur 80 kilomètres carré).

Dans son Rapport développement durable 2014, EDF reconnaît recourir à la fracturation hydraulique en Pennsylvanie. « Le premier forage est prévu fin 2014-début 2015. Le projet est en phase de développement (préparation pour le premier forage et acquisition de droits fonciers) », précise le rapport (de manière quelque peu anachronique puisque ce document a été publié début juin 2015) [1]. Le site web d'EDF Trading Resources évoque quant à lui 45 puits en Pennsylvanie.

L'Est du Texas est lui aussi une zone d'exploitation de gaz de schiste (formation de Haynesville), mais EDF ne dit pas explicitement dans ce cas si elle y recourt ou non à la fracturation hydraulique. Ces puits ont été achetées à la firme canadienne Encana en 2012. Et d'autres investissements pourraient être sur les rails puisqu'EDF Trading a également signé en 2013 un protocole d'accord avec l'entreprise énergétique indienne GAIL pour rechercher conjointement des concessions de gaz de schiste à acquérir aux États-Unis.

Une activité controversée
EDF assure que ses forages par fracturation hydraulique seront développés « selon les plus hauts standards industriels ». Mais pour ses opérations en Pennsylvanie, il a choisi un partenaire qui n'a rien de rassurant : Alpha Natural Resources, une entreprise spécialisée non dans le gaz de schiste, mais dans le charbon. Et notamment dans la pratique dite du « mountaintop removal », consistant à faire exploser le sommet des montagnes dans la chaîne des Appalaches pour en extraire plus facilement du charbon (lire notre enquête). Alpha Natural Resources a écopé en 2014 d'une amende record de 227,5 millions de dollars, la plus importante jamais infligée dans le secteur du charbon par l'Agence fédérale de protection de l'environnement (EPA).
En cause, le déversement illégal de millions de litres de déchets toxiques dans les cours d'eau de Virginie occidentale. Ce qui n'augure pas forcément bien de l'impact environnemental des forages d'EDF en Pennsylvanie. La région de Marcellus est l'un des exemples les plus emblématiques et les plus controversés des risques de l'exploitation du gaz de schiste pour les ressources en eau. Plusieurs études ont confirmé la pollution des eaux souterraines de la région du fait de la fracturation hydraulique, et même l'Agence fédérale de l'environnement a récemment reconnu des problèmes [2]

La France, propriétaire d'EDF, a pourtant interdit la fracturation hydraulique en 2011 et, pour l'instant, le gouvernement tient bon face aux pressions des lobbies industriels qui souhaitent revenir sur cette mesure.
À l'époque où il était PDG de l'entreprise, Henri Proglio est même réputé avoir fait pression contre l'exploitation du gaz de schiste en Europe, au contraire de la plupart de ses homologues des grands groupes énergétiques du continent, apparemment parce qu'il en craignait la concurrence vis-à-vis du nucléaire. EDF est aussi ostensiblement absente du « Centre hydrocarbures non conventionnels », le lobby récemment créé par les grands groupes du CAC40 pour promouvoir la cause des gaz et pétroles de schiste en France.

Le TAFTA et les exportations de gaz en filigrane
En juillet dernier, EDF avait déjà subi une avalanche de critiques lorsqu'il avait été annoncé qu'elle avait conclu avec Cheniere un contrat d'achat de gaz naturel liquéfié en provenance des États-Unis, pour partie issu de gisements de schiste. Dans le cadre de ce contrat, EDF importera jusqu'à 770 000 tonnes de gaz à partir de 2016. Cheniere est en train d'achever la construction d'un terminal de liquéfaction géant sur la côte de la Louisiane pour faciliter ces exportations. Le secteur du schiste américain est en crise en raison de la surproduction domestique de gaz et de la chute des prix qui s'en est suivie. Les industriels misent désormais sur les marchés d'exportation, l'Asie et peut-être l'Europe, pour se relancer, suivi en cela par quelques grands groupes européens.

La question de la libéralisation des exportations de gaz est ainsi au cœur des projets d'accords commerciaux trans-pacifique (TPP), pour l'Asie, et transatlantique (TAFTA/TTIP), pour l'Europe [3]. Engie (ex GDF Suez) est partie prenante d'un autre projet d'usine géante de liquéfaction de gaz sur la côte de Louisiane, Cameron LNG. Ce secteur d'activités intéresse aussi évidemment au premier chef EDF Trading
Plus qu'un galop d'essai à visée purement expérimentale, comme le suggère la maison mère dans son rapport de développement durable, l'entrée d'EDF dans la production de gaz de schiste se veut aussi peut-être une option stratégique de plus long terme.

EDF vient de se voir désigner sponsor officiel de la Conférence climat (COP21) qui doit se tenir à Paris à la fin de l'année, malgré ses investissements substantiels dans les énergies fossiles et notamment dans le charbon [4]. Pour justifier leur choix, les autorités françaises ont argumenté qu'au moins EDF et les autres entreprises choisies avaient pris des engagements en termes de transition énergétique et de passage à une économie « décarbonée ». Avec la décision d'investir dans le gaz de schiste – qui émet autant de gaz à effet de serre que le charbon en raison des fuites de méthane-, on prend plutôt le chemin inverse.

Lire l'article d'Olivier Petitjean sur l'Observatoire des Multinationales

Shell en Arctique : la planète se meurt, alors allons y gaiment

mer, 10/06/2015 - 14:01
SHELL ASSURE QUE LA FAUNE ARCTIQUE AURA DISPARU BIEN AVANT LA PROCHAINE MARÉE NOIRE

HOUSTON - Affirmant que tout dommage sera limité à une poignée d'espèces qui auront réussi à survivre aussi longtemps, des fonctionnaires de la Shell Oil Company ont assuré mercredi au public que la majorité de la faune de l'Arctique vivant près de leur site de forage aura disparu bien avant leur prochaine marée noire.

"Après avoir mené plusieurs études d'impact environnemental, nous pouvons dire avec confiance que nos opérations de forage en mer ne posent absolument aucune menace pour les centaines d'espèces endémiques de l'Arctique, auront déjà été complètement disparu avant que toute mésaventure ou déversement de pétrole brut n'ait lieu sur les sites de forages de l'Arctique », a déclaré le porte-parole de Shell, Curtis Smith, ajoutant que des ours polaires, les morses et les baleines boréales de la région seront probablement éliminés bien avant que les premières gouttes de pétrole brut commencent à jaillir dans le Chuchki Mer par une combinaison de la surpêche, de l'acidification des océans et de la fonte des glace."

"Nous pouvons vous assurer qu'il n'y aura pas de répétition de la marée noire de BP, dans lequel, un écosystème complexe et florissante a été détruit. Tout au plus, seules certaines algues et peut-être un peu de maquereaux seront encore là quand les forages cracheront des millions de litres de pétrole dans leur habitat, et nous pensons que ces espèces approcheront de leur disparition d'ici là.

"Smith a ajouté que les risques environnementaux associés à l'installation initiale des plates-formes seront longuement étudiés et que que sera acquise l'assurance que la plupart des espèces faunistiques auront disparu avant toute future marée noire.

Lire l'article sur www.theonion.com

Note du Collectif 07 SGHDS : et la Shell Oil Company sait de quoi elle parle lorsqu'elle fait référence à des marée noires et à la disparition des espèces. Allez voir sur Google.

NOTE 2 DU COLLECTIF 07 sghds : Le journal "The Onion" est un pastiche de site d'information tel notre "Gorafi" mais l'article nous paraissant bien refléter un certain cynisme ambiant auquel nous sommes confrontés, l'article nous a plu au point de le publier

Essonne info : les anti-gaz de schiste ne relâchent pas la pression

lun, 08/06/2015 - 12:56
ESSONNE INFO : LES ANTI-GAZ DE SCHISTE
NE RELÂCHENT PAS LA PRESSION

ESSONNE INFO | Par Jérôme Lemonnier le lundi 8 juin 2015

Essonne Nature Environnement (ENE) organisait une réunion publique sur le sujet de l'exploitation du pétrole en Essonne.

Invitée, la société Vermilion propriétaire de concessions de pétrole dans le département a débattu de ses projets avec les membres du collectif anti-gaz de schiste 91 présents en nombre dans la salle, le tout dans un climat tendu.

« Du pétrole ou du gaz en Essonne ? À quelles conditions ? ».
C'est la question que posait la fédération Essonne Nature Environnement (ENE) ce jeudi 4 juin, dans le cadre d'une réunion publique. Un sujet qui s'immisce dans l'actualité du département comme le confirmait son président Jean-Pierre Moulin.
« Notre but est de débattre sur des sujets qui nous concernent tous, comme notamment les nuisances aériennes ou encore le sujet des nouvelles intercommunalités. Aujourd'hui, il nous paraissait intéressant de traiter de la question large du pétrole et de faire participer l'ensemble des sensibilités sur ce dossier », expliquait ce dernier en ouverture.

Un sujet plus que jamais dans l'actualité essonnienne puisque que l'une des demandes du groupe canadien d'hydrocarbures Vermilion est au cœur d'une enquête publique qui se tient actuellement.
Cette dernière concerne la demande d'autorisation d'ouverture de travaux d'exploitation de mines d'hydrocarbures liquides dans le sud-est de l'Essonne et la création de nouveaux puits autour de Leudeville et de Vert-le-Grand.

Pour cette conférence, la fédération qui réunit 53 associations de défense de l'environnement avait donc convié un représentant des services de la Direction régionale et interrégionale de l'environnement et de l'énergie (DRIEE), un géologue ou encore des représentants de la société Vermilion, dont le directeur de l'unité française, Darcy Kerwin.
Autres invités – indirects cette fois-ci –, les « anti-gaz de schiste ». Présents en nombre dans les locaux de l'ENE basés à Epinay-sur-Orge, ces derniers ont ainsi pu obtenir quelques réponses sur le sujet glissant d'une possible exploitation du gaz de schiste en Essonne. Outre l'obtention de réponses, les membres du collectif souhaitaient faire passer un message clair aux responsables de Vermilion.

Pas de forages avant 2016 ?

Et les inquiétudes des membres du collectif anti-gaz de schiste 91 sont grandes, notamment suite à la rupture d'une canalisation survenue le 24 mai dernier dans le secteur de Leudeville.
À ce sujet Vermilion et la DRIEE avancent que l'incident a été confiné et que « des analyses ont été faites » sur des échantillons de la terre exposée lors de cette fuite. Toutefois, cela ne rassure pas pour autant les anti-gaz de schiste qui s'inquiètent également « d'un manque de contrôle des puits et infrastructures », expliquent certains d'entre eux.
« Il y a constamment des inspections qui sont réalisées, indique Laurent Olivé chef de l'unité territoriale de l'Essonne de la DRIEE. Chaque site est contrôlé tous les quatre ans par les quatre inspecteurs de la DRIEE que compte l'Île-de-France ».
Malgré tout, le nombre d'agents et la fréquence de contrôle ne réconfortent pas certains membres du collectif. « On dirait que vous n'avez pas bien évalué la dangerosité de ces sites pour l'environnement », insiste l'un d'entre eux. Afin de rénover l'ensemble de son patrimoine en Essonne et en Seine-et-Marne, la société Vermilion dispose ainsi d'un budget s'élevant à plusieurs millions d'euros. Au total, 35 millions seront investis sur toute l'année 2015 pour rénover et entamer différents forages. Seulement, l'entreprise qui produit 1 700 barils par jour en Essonne ne prévoit pas de se servir de ce budget pour entamer les forages dans le département cette année. « Nous allons forer quatre puits en Seine-et-Marne cette année, mais aucun en Essonne pour 2015, avance Darcy Kerwin. Si l'Etat nous donne l'autorisation de forer les nouveaux puits cette année (Ndlr : qui fait actuellement l'objet d'une enquête publique), nous ne commencerons les travaux qu'en 2016, pas avant. Il s'agira de percer 1 à 3 puits ».

« Nous respectons les lois »
« Des forages dans quel but ? », s'interroge une partie des gens présents à cette conférence.
« Prolonger la durée de vie des concessions existantes, note Jean-Pascal Simard, directeur des relations publiques de Vermilion. Dans ce cadre, il fallait de nouveaux forages pour pérenniser l'activité du pétrole conventionnel, les derniers remontant à 20 ans ».

Exit donc la question de l'exploitation du gaz de schiste, dont la capacité totale est estimée « à 5 téra m3 dans les sous-sols du Bassin Parisien » par le géologue Bruno Vrielynck ?
À ce sujet, Vermilion assure que le forage d'huile de schiste et notamment la fracturation hydraulique – moyen d'atteindre ces gaz – n'est pas d'actualité. « Nous respectons les lois et les règles en vigueur en France », souligne Jean-Pascal Simard.

Pas de fracturation hydraulique donc, mais cela pourrait évoluer, c'est en tout cas ce que craignent les anti-gaz de schiste. Car la société Vermilion utilise déjà cette pratique au Canada, sur les terres de la province d'Alberta. Une région dans laquelle la fracturation hydraulique est autorisée. « On a l'impression que vous préparez le terrain en vue d'un changement de législation sur ce point ! Si vous ne voulez pas la mettre en œuvre aujourd'hui, pourquoi est-ce que vous ne l'inscrivez pas dans le marbre ? », tonne Philippe Pascot, membre du collectif.
Réaffirmant qu'elle « respecte les règles en vigueur », l'entreprise canadienne avance aussi un coût financier important pour procéder à de la fracturation qui entraînerait certainement un « manque de rentabilité ».

Bref, les heures défilent et les débats s'éternisent sur ces sujets, le tout dans un climat de plus en plus tendu. Durant cette conférence, chaque « camp » aura pu s'exprimer sans pour autant convaincre. Mais d'autres rendez-vous comme celui-ci interviendront dans les prochains jours dans le cadre de l'enquête publique. Une nouvelle réunion d'informations et d'échanges sera organisée le jeudi 11 juin de 20h30 à 22h30 dans la salle communale de la mairie de Leudeville.

Désinformation : Newsweek et Washington Times publient des titres mensongers à propos de l'étude de l'EPA sur le fracking

dim, 07/06/2015 - 21:19
DÉSINFORMATION PAR LES MÉDIAS AU USA :
NEWSWEEK ET WASHINGTON TIMES
PUBLIENT DES TITRES MENSONGERS
À PROPOS DE L'ÉTUDE DE L'EPA SUR LE FRACKING

Traduction rapide de l'article de Media Matters

Newsweek et le Washington Times ont publié des articles en ligne avec des titres mensongers disant que l'EPA (Ministère de l'environnement) déclarait que la fracturation ne pollue pas l'eau potable.

Alors que l'EPA a dit qu'il n'a trouvé “aucune preuve que la fracturation ait eu des impacts répandus, systémiques sur des ressources en eau potable aux États-Unis,” l'étude a aussi identifié “des cas spécifiques” où la fracturation “a eu un impacts sur des ressources en eau potable, y compris la contamination de puits d'eau potable."

Dans son titre, Newsweek a affirmé : "L'EPA dit que la fracturation ne pollue pas l'eau potable”.
Le titre semblable du Washington Times, “EPA : la Fracturation ne nuit pas à l'eau potable,” a été aussi repris par The Drudge Report, un collecteur de nouvelles conservateur fortement influent.
http://www.drudgereportarchives.com/data/2015/06/04/20150604_182257.htm

Mais l'étude de l'EPA n'a jamais dit cela.
Voici plutôt la conclusion de l'EPA :

De notre évaluation, nous concluons qu'il y a des mécanismes, en surface et souterrains, par lesquels des activités de fracturation hydrauliques ont le potentiel pour avoir un impact sur des ressources en eau potable. Ces mécanismes incluent les prélèvements d'eau dans des zones avec de faible quantités d'eau disponible ; les fuites de liquides de fracturation hydrauliques et eau produite (pompée) ; la fracturation directement dans ressources en eau potable souterraines ; la migration souterraine de liquides et de gaz ; le traitement inadéquat et le déversement d'eau polluée.

Nous n'avons pas trouvé de preuve que ces mécanismes ont eu un impact répandu, systémiques sur des ressources en eau potable aux États-Unis. Des mécanismes potentiels identifiés dans ce rapport, nous avons trouvé des cas spécifiques où un ou plusieurs mécanismes ont mené à des impacts sur des ressources en eau potable, y compris la contamination de puits d'eau potable. Le nombre de cas identifiés, cependant, est faible comparé au nombre de puits hydrauliquement fracturés.

Un titre plus précis de l'étude de l'EPA aurait ressemblé à celui de U.S. News & World Report, qui déclare : “EPA : la Fracturation à pollué l'eau potable, mais des problèmes existent.”

La déclaration de l'EPA indiquant que la fracturation a contaminé quelques puits d'eau potable a bien été incluse dans le corps de l'article du Washington Times. Mais un titre forme souvent la façon dont le reste de l'article est perçu et la lecture de l'article n'est souvent pas suffisante pour corriger la désinformation du titre.

En plus de détourner l'étude de l'EPA, Newsweek et le Washington Times ont aussi exclu l'explication des raisons pour lesquelles les résultats de cette étude n'indiquent pas nécessairement "une rareté des impacts sur des ressources en eau potable." L'agence a identifié plusieurs "facteurs limitants" dans son analyse, comme des données insuffisantes, le manque d'études à long terme et des informations inaccessibles. Ces limitations "empêchent toute certitude sur la détermination de la fréquence de l'impact sur l'eau potable de la fracturation." Comme le Fonds de Défense Environnemental le déclare dans un communiqué de presse à propos de l'étude de l'EPA "de meilleurs et plus accessibles données sur les activités entourant les opérations de fracturation hydrauliques sont nécessaire."

Gaz de schiste : le modèle américain du gaz de schiste ne peut guère être répliqué ailleurs

sam, 06/06/2015 - 20:27
LES DÉFIS GAZIERS AFRICAINS DÉBATTUS À PARIS

Près de 3 500 délégués ont participé au Congrès mondial du gaz, qui s'achève ce vendredi 5 juin à Paris. Parmi les sujets évoqués : l'intérêt du gaz par rapport aux autres sources d'énergie, notamment dans le cas des pays africains.

Le Congrès mondial du gaz (CMG) s'achève ce vendredi 5 juin 2015 au parc des expositions de la porte de Versailles à Paris. Cette édition a été l'occasion de débats sur l'intérêt du gaz par rapport aux autres sources d'énergies, notamment le charbon ; sur les modèles techniques et économiques adaptés aux projets gaziers africains ; et sur le gaz de schiste, alors que l'Algérie et l'Afrique du Sud veulent se lancer dans ce nouveau domaine.

Pour Roger Bounds, le patron de la branche gazière de Shell, "pour répondre à l'augmentation de la population mondiale, la seule solution va être de diversifier les sources d'approvisionnement, le pétrole et le charbon étant, seuls, insuffisants. L'énergie gazière est l'une des plus abordables et pertinentes, en particulier pour l'Asie et pour l'Afrique", a affirmé cet Australien lors de la session du CMG consacrée à l'industrie gazière dans les pays émergents.

"Le gaz présente l'avantage d'être moins polluant que le charbon, mais il faut aussi, pour nos pays d'Afrique, qu'il soit peu coûteux", a fait valoir lors de la même conférence l'égyptien Khaled Abu Bakr, président de la compagnie Taqa Arabia, basée au Caire. "Le gaz fait partie de la solution énergétique pour l'Afrique, mais il ne faut pas l'imposer comme seule la source écologiquement correcte, ou 'de transition' avant de passer au 'tout renouvelable'. Intégrer du gaz dans le mix énergétique offre une plus grande flexibilité aux autorités des pays, qui doivent pouvoir choisir, sans exclusive, entre pétrole, gaz, charbon et énergies renouvelables, en se basant d'abord sur des principes économiques avant d'être écologiques. Au Sud du Sahara, où certains pays affichent un taux d'électrification inférieur à 25 % de la population, la question du prix de l'électricité est cruciale", a-t-il rappelé.

...............

Schiste
L'intérêt et l'impact des projets non conventionnels de gaz de schiste - domaine complètement nouveau pour l'Algérie et l'Afrique du Sud qui veulent s'y lancer - ont été longuement abordés durant plusieurs conférences du CMG. Pour les experts de l'Union internationale du gaz (UIG) ayant planché sur le sujet et qui ont présenté leurs conclusions à Paris, le modèle américain de développement du gaz de schiste ne peut guère être répliqué ailleurs.

"Les producteurs de gaz de schiste américains ont bénéficié de conditions uniques pour réussir leur développement du gaz de schiste au début des années 2010 : d'abord, ils étaient en profond déficit de production, alors que leur demande intérieure était en forte croissance ; ensuite, ils disposaient de réserves facilement exploitables dans des zones peu habitées ; et enfin, ils ont bénéficié d'un environnement contractuel particulièrement favorable, faisant peser le risque sur l'acheteur", a énuméré Mikhaïl Ushkin, responsable du développement chez le russe Gazprom et membre du groupe de travail de l'UIG. "Nulle-part dans le monde nous n'avons constaté le même contexte favorable, à la rare exception de l'Australie orientale", a-t-il indiqué à l'assistance.

Les émissaires de l'algérien Sonatrach, nombreux au CMG de Paris, dont les ambitions dans le gaz de schiste sont contestées, tiendront-ils compte de cet avertissement des spécialistes ?

Lire l'article (avec liens) sur Jeune Afrique

Un site classé à l'Unesco menacé

ven, 05/06/2015 - 23:35
UN SITE CLASSÉ À L'UNESCO MENACÉ AU NOUVEAU-MEXIQUE

On pourrait penser que le classement d'un site au titre de "patrimoine mondial de l'UNESCO" sert à préserver les paysages, la mémoire et les traditions, mais l'industrie gazière utilisant la fracturation hydraulique n'en a cure.

Conscient des risques de liés à cette technique d'extraction, (N.d.T : notamment les dommages causés par des séismes induits par le fracking ) dans l'état du Nouveau-Mexique, un groupe de Navajo a demandé au tribunal de l'Etat de ne pas forer dans bassin de San Juan, car selon eux l'usage de la fracturation hydraulique pourrait endommager un site historique de l'UNESCO considéré comme sacré par les tribus Navajo, Hopi et Pueblo.

Les activistes indiens, rassemblés au sein de l'organisations Diné Citizens Against Ruining Our Environmen ("Diné" est le mot indien pour Navajo) conjointement avec d'autres groupes nationaux tels que le Conseil national de Défense des Ressources de Robert Redford, ont dénoncé l'autorité américaine qui gère les terres publiques - le Bureau of Land Management (BLM) des Etats-Unis - et le Département Intérieur pour leur manque de transparence, et ont déposé une demande pour que soient invalidés les 130 permis de fracturation délivrés par le BLM dans le non-respect de la National Environmental Policy Act et du National Historic Preservation Act.

Plus de 170 000 lettres de protestation ont également été envoyées de toute l'Amérique.

Nous sommes là dans le cour du Parc National Historique de la culture Chaco, où se trouvent les ruines d'une cité troglodyte, construite par les Amérindiens Anasazis il y a plus de 1000 ans. Cet endroit est connu comme "le berceau de la civilisation » des Indiens d'Amérique et figure dans la liste des sites du patrimoine mondial de l'UNESCO. La raison officielle de ce classement est que ce site est remarquable par ses monuments publics et ses bâtiments cérémoniels et parce que son architecture le distingue de tout ce qui a été construit dans le monde de tous temps.

Une décision du gouvernement est attendue d'ici la fin de 2015.
Article de Maria-Rita D'Orsogna sur Dorsogna.blogspot

Gaz de schiste en Suisse : des hauts et débats

ven, 05/06/2015 - 23:23
GAZ DE SCHISTE : DISSOLUTION DES SOCIÉTÉS CELTIQUE ENERGIE EN SUISSE ET DANS LE JURA

C'est le media suisse arcinfo.ch qui rapporte cette information, la société Celtique Energie Neuchâtel SA fondée en 2010, a été liquidée fin mai. Elle voulait forer au Val-de-Travers pour y trouver du gaz. Un projet avorté suite à un moratoire de 10 ans voté par le Grand Conseil en mai 2014.

Une vérification en France confirme que Celtique ferme également sa société Celtique Jura. En revanche au 3 Juin 2015, la société Celtique Rhône-Alpes ex-titulaire du permis des Moussières existe toujours.

Celtique au Val-de-Travers, c'est vraiment fini : la société fondée à Neuchâtel il y a cinq ans a été dissoute et liquidée à fin mai par décision de son assemblée générale, selon le registre suisse du commerce. Le site internet qui détaillait le projet de forage à Noiraigue a par ailleurs été désactivé tout comme celui qui faisait la promotion du projet des Moussières en France.

Pas de renouvellement du permis des Moussières mais des activités et projets en Aquitaine

Les projets de Celtique sont compromis de l'autre côté de la frontière suisse dans le Jura et le Haut-Bugey (Ain) où la demande de renouvellement du permis des Moussières a été rejetée par l'État après trois ans de lutte citoyenne.

Toutefois, dans la partie occidentale de la France, la société est titulaire d'un permis de recherche d'hydrocarbures (le permis de Claraq) sur lequel un premier forage a été autorisé et effectué en 2014 dans le Béarn sur la Commune de Fichous-Riumayou. Elle a part ailleurs fait une demande pour un autre permis celui de Séméacq (voir page 6 de ce bulletin et lire aussi).
Moratoire de dix ans dans le canton de Neuchatel

En Suisse, Celtique Energie, groupe d'origine britannique, avait fait part à l'été 2013 de sa volonté d'effectuer un forage exploratoire à Noiraigue. Il estimait que le sous-sol du collectif val de travers manif saint claudeVal-de-Travers contient une quantité de gaz gigantesque, représentant sept ans de consommation en Suisse. Les représentants de Celtique en Suisse avaient effectué un gros travail de lobbying pour convaincre le monde politique de l'intérêt de son projet, faisant miroiter des retombées économiques importante pour le Vallon. Un collectif citoyen du Val-de-Travers , inquiet pour l'approvisionnement en eau de tout le canton, avait lancé une pétition et récolté rapidement plus de 10'000 signatures. Le groupe britannique était en fait soupçonné de recherche de gaz de schiste, pour laquelle des forages par fracturation hydraulique (fracking) sont nécessaires. Le Grand Conseil avait alors voté, en mai 2014, un moratoire de dix ans sur les forages d'hydrocarbures.

Article et liens sur stopgazdeschiste.org

PROJET DE PPROSPECTION DANS LE CANTON DE VAUD

Le collectif « Halte aux forages » donne de la voix
Sa pétition contre quatre projets dans le Gros-de-Vaud a jusqu'ici réuni près de 5000 signatures.

Le cri d'alarme des quelque 80 habitants du Gros-de-Vaud monte en puissance au fil des semaines. Le texte du collectif citoyen Halte aux forages Vaud, destiné à la Commission des pétitions du Grand Conseil, en est à près de 5000 signatures, soit 2000 de plus qu'une semaine plus tôt. La participation à la manifestation du 23 mai à Morges contre la multinationale Monsanto a amené de l'eau à son moulin.

Qu'ils soient habitants de Sullens, de Thierrens, de Dommartin ou de Vuarrens, les membres du collectif ne veulent pas entendre parler des quatre puits que l'entreprise suisse SEAG et son partenaire texan eCorp (ancien PEOS) entendent forer sur leur sol en 2016 pour extraire le gaz contenu dans le sous-sol du plateau vaudois.

Le projet de la société veveysanne Petrosvibri, qui entend prospecter sous le Léman à partir de Noville, est aussi dans son collimateur.

Un débat sans nuance
Depuis sa création en mars, le collectif y va de ses communiqués. Le dernier, intitulé « Détruire le climat et menacer notre eau potable est amoral », s'est voulu une réponse à l'interview du 10 mai dans Le Matin Dimanche de Philippe Petitpierre, président de Petrosvibri.

Ce dernier y exprimait la nécessité de prospecter, car « connaître nos réserves en gaz naturel est un devoir moral ». Un avis partagé par Patrick Lahusen, vice-président du conseil d'administration de SEAG et actionnaire majoritaire. Les deux promoteurs ne se gênent pas pour tailler en pièces les arguments de Halte aux forages sur les risques environnementaux liés aux forages et vanter les bienfaits de méthodes « éprouvées » et, à leurs yeux, indolores pour la nature (lire ci-contre).

Pur mensonge selon Halte aux forages Vaud : « Les risques sont trop importants de polluer les nappes phréatiques et l'eau du Léman », lance Daniel Süri. Cet habitant de Dommartin, affilié au mouvement solidaritéS, partisan du courant de pensée écosocialisme et syndicaliste de cœur, est le visage médiatique du collectif.

« La prospection de gaz va à l'encontre de la politique énergétique du Conseil fédéral et aux principes de transition énergétique et de valorisation des énergies renouvelables, reprend-il. Et toute production supplémentaire d'énergies fossiles rime avec émission de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Nous voulons que le moratoire du Canton sur les forages d'hydrocarbures soit inscrit dans la loi. Celle sur les hydrocarbures de 1956 mérite un dépoussiérage, elle sent la naphtaline. »

Ça coince à Thierrens
Sur le terrain, dans le Gros-de-Vaud, SEAG a déjà fait procéder à des tests sismiques de surface. Des contacts ont été noués avec des propriétaires dans les quatre communes. A Dommartin, à Sullens et à Vuarrens, des accords sont sous toit en attendant les permis de forer de la part du Canton.

Il s'agit de contrats de location de neuf mois, soit le temps pour forer, de créer un gazoduc et de remettre le terrain en état, avec dédommagement en sus à la clé. A combien s'élève ce dernier ? « Le chiffre est confidentiel, mais il représente beaucoup plus que les revenus agricoles que le propriétaire peut espérer au même endroit », selon Patrick Lahusen.

Du côté de Thierrens par contre, on résiste. Deux agriculteurs ont refusé de prêter un lopin de terre. « Ils feront peut-être leur forage ailleurs, mais pas chez nous, lance Daniel Leuenberger, l'un des frondeurs. C'est trop près du village et 70 sources dorment dans notre sous-sol, dont celle de Lausanne. C'est trop dangereux. »

Pas de quoi émouvoir SEAG qui a déjà un plan B : « Une option existe dans une autre commune, mais je ne peux dire laquelle », esquive son vice-président.

La balle est dans le camp du Canton. A lui d'évaluer les rapports d'impact avant d'octroyer des permis d'exploration profonde. En attendant, du côté des Exécutifs locaux, on joue la montre tout en déplorant un certain déficit d'information, tant de la part des autorités cantonales que des promoteurs.

« Formellement, la Municipalité ne s'est pas prononcée, mais nous voulons défendre notre population, nous sommes un village de sources et l'eau est un bien précieux, argumente Véronique Gilliard, syndique de Montanaire, qui englobe Thierrens. Pour une pompe à chaleur, on réalise des enquêtes, alors à 3000 m de profondeur… Pour l'heure, je marche sur des œufs dans ce dossier. » (24 heures)

Article et liens sur 24heures.ch

Plus de gaz pour sauver le climat ? La grande offensive de greenwashing des majors pétrolières

ven, 05/06/2015 - 22:50
PLUS DE GAZ POUR SAUVER LE CLIMAT ? LA GRANDE OFFENSIVE DE GREENWASHING DES MAJORS PÉTROLIÈRES

Article d'Olivier Petitjean sur Multinationales.org

Le 26e Congrès mondial de l'industrie gazière mondiale vient de se tenir à Paris. L'occasion pour les grandes majors des hydrocarbures comme Total, Engie (GDF Suez) Chevron, ExxonMobil ou Shell de mettre en avant leur vision de la lutte contre le changement climatique et de la transition énergétique : développer le gaz, présenté comme la « moins sale » des énergies fossiles. Sauf que le gaz reste bien une énergie sale, particulièrement lorsqu'il s'agit de gaz non conventionnel, et que son développement ne peut que se faire au détriment des énergies renouvelables et d'une véritable transition énergétique.

Dans les colonnes de Libération, Coralie Schaub explique de manière très claire les « raccourcis » auxquels se livrent les majors pour présenter le gaz comme une énergie propre.

L'exemple de l'exploitation gazière de Total au Nigeria, sur le territoire du peuple Egi, suffit à montrer qu'il n'en est rien (lire notre enquête). Les problèmes sanitaires et environnementaux occasionnés par le gaz sont même potentiellement plus graves que ceux occasionnés par le pétrole, parce qu'il se diffuse plus rapidement et largement. Au Nigeria Total recourt aussi encore à la pratique controversée du torchage du gaz, source de pollution de l'air et de pluies acides (en plus de constituer un gâchis économique).

En outre, le gaz est en fait aussi polluant que le charbon lorsqu'il provient de sources non conventionnelles :
Certes, le gaz fossile "conventionnel" est moins nocif pour le climat que le charbon. Ce dernier émet « plus du double » de gaz à effet de serre, rappelle Alain Grandjean, du cabinet Carbone 4. « Le gaz est aussi préférable au fioul comme combustible dans les camions et les voitures. » Mais, précise-t-il, cela n'est valable que si celui-ci est « produit et transporté sans fuite, ce qui n'est pas le cas du gaz de schiste ». Car la fracturation hydraulique, seule technique permettant aujourd'hui d'extraire les gaz et pétroles de schiste, entraîne d'importantes fuites de méthane, qui s'ajoutent à celles qui ont lieu lors du transport, du traitement et de la distribution du gaz. Or le méthane est un gaz très réchauffant, 25 fois plus que le dioxyde de carbone (CO2). Selon des études de la National Oceanographic and Atmospheric Administration (NOAA) et de l'université de Cornell, il y a de 6 à 12% de fuites de méthane lors de la production de gaz et huiles de schiste. Or, au-delà de 3% de fuites, il est considéré que le gaz de schiste contribue autant au réchauffement climatique que le charbon ...

Gaz contre charbon
L'offensive publicitaire des majors du gaz - y compris leur plaidoyer pour la fixation d'un prix du carbone - vise surtout à promouvoir leur source d'énergie aux dépens, d'une part, de la concurrence du charbon, mais aussi et surtout d'une véritable transition énergétique. Déjà, au niveau européen, sur fond de crise diplomatique avec la Russie, principal fournisseur de gaz de l'Union, on assiste à des pressions pour diriger les investissements dans le secteur de l'énergie vers les grandes infrastructures gazières plutôt que vers l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables.

La promotion du gaz passe donc, pour les majors, par le sacrifice apparent du charbon. C'est ainsi qu'Engie (ex GDF Suez) a fini par annoncer qu'elle ne s'engagerait pas dans un projet de nouvelle centrale au charbon de Thabametsi, en Afrique du Sud, que dénonçait depuis plusieurs mois une coalition d'ONG françaises et sud-africaines (lire le communiqué de presse des Amis de la terre). Un geste positif, mais l'entreprise énergétique possède encore les centrales électriques au charbon parmi les plus polluantes au monde (lire ici et ici) et continue à construire de nouvelles centrales au charbon géantes ailleurs, comme celle de Safi au Maroc.

Hypocrisie
Quant à l'annonce par Total, le 1er juin 2015, de son « retrait » du charbon, difficile d'y voir autre chose que du cynisme. Il s'agit en effet d'une activité très marginale au sein de Total (quelques mines en Afrique du Sud), et cela fait plus de six mois que le groupe avait déjà indiqué vouloir les céder à l'entreprise sud-africain Exxaro, dans le cadre de son plan d'économies et non pour des raisons environnementales ! L'entreprise pétrolière n'a ressorti de son chapeau cette transaction - qui doit encore être validée par le gouvernement sud-africain - qu'à des fins purement publicitaires.

La direction de Total fait valoir, en cette année de Conférence climat à Paris, que le groupe produit désormais davantage de gaz que de pétrole. Mais cela s'explique surtout par le fait que la production pétrolière de Total est en chute continue depuis dix ans, malgré des investissements sans précédents pour trouver de nouveaux gisements de pétrole. Total n'hésite pas non plus à poursuivre le développement des ressources fossiles parmi les plus polluantes et les plus émettrices de gaz à effet de serre, comme le pétrole issu des sables bitumineux. (Sur toutes ces questions, voir notre « bilan annuel » de Total.)

Article (avec liens et photos) d'Olivier Petitjean sur Multinationales.org