Langue

COLLECTIF 07 STOP AU GAZ DE SCHISTE

Syndiquer le contenu Stop Gaz de Schiste - Collectif Ardèche
Le collectif 07 STOP AUX GAZ DE SCHISTE affirme son refus de l'exploration et de l'exploitation des hydrocarbures de roche-mère et autres hydrocarbures dits non-conventionnels (gaz et pétrole de schiste, huiles lourdes, gaz de réservoir compact, gaz de couche, sables bitumineux ...) et de tous hydrocarbures dont l'extraction nécessite l'utilisation de techniques, quel que soit leur nom, nécessitant de fracturer, stimuler, acidifier ou encore de fissurer la roche et ayant pour conséquence de porter atteinte à son intégrité.
Mis à jour : il y a 1 heure 39 minutes

NON à l'importation de gaz de schiste

jeu, 19/05/2016 - 12:14
NON à L'IMPORTATION DE GAZ DE SCHISTE

La France va désormais importer du gaz de schiste en provenance des Etats-Unis.

EDF et Engie (ex. GDF Suez) ont signé des contrats aux Etats-Unis leur permettant d'importer du gaz de schiste en France, sans que le gouvernement français, actionnaire majoritaire et de référence dans chacune de ces deux entreprises ne tente de les en empêcher.
Il faut savoir que les investissements des entreprises et des banques françaises dans le gaz de schiste (production, exploitation, services ou importations) sont encouragés et jugés de façon bienveillante par notre gouvernement.

Rappelons que faute de pouvoir investir dans le gaz de schiste en France, les compagnies pétrolières de notre pays, telles que TOTAL, ont largement investi dans le boum du gaz de schiste américain, au Nord comme au Sud de ce continent. Elles ont investi plus de 4 milliards de dollars de capitaux dans des projets d'exploitation d'hydrocarbures non conventionnels aux Etats-Unis.

La France va désormais importer du gaz de schiste en provenance des Etats-Unis,
Et pourtant, nous savons tous, gouvernants comme gouvernés, que les gaz et huiles de schiste et autres hydrocarbures non conventionnels sont une aberration économique, sanitaire et environnementale.
La preuve est que notre lutte a permis, en 2011, la promulgation de la loi Jacob interdisant la fracturation hydraulique.

De même avons-nous noté , il y a peu, que Madame Royal, Ministre de l'Environnement et de l'Energie, a réaffirmé que cette technique resterait interdite en France. Nous sommes donc bien tous d'accord.

La France va désormais importer du gaz de schiste en provenance des Etats-Unis.
Et pourtant, la France a présidé la COP21 sur les enjeux climatiques, et c'est sous sa gouverne que les 195 états représentés ont adopté un accord international qui pose le cadre d'une transition vers des économies bas-carbone, dans l'objectif de maintenir, si cela est encore possible, le réchauffement de notre Terre en deçà de 2°C.
Rappelons que les scientifiques les plus sérieux s'accordent pour affirmer que, dans cette optique, 80% des énergies fossiles ne doivent pas être extraits du sol.

La France va désormais importer du gaz de schiste en provenance des Etats-Unis
Mais le Collectif 07 continuera à affirmer haut et fort : NI ICI, NI AILLEURS.

En conséquence,il demande au gouvernement de se montrer cohérent et de tout mettre en oeuvre pour empêcher cette importation de gaz naturel américain extrait par la fracturation hydraulique.
Cela le mettrait en accord avec les engagements pris lors de la COP21 sur la transition énergétique et nous ferait entrer dans la voie vertueuse d'une véritable décarbonisation fondée sur la sobriété et l'efficacité énergétique.
N'oublions pas que nous sommes tenus, pour les générations futures, de préserver l'équilibre climatique, donc du vivant.

Largentière le 16 mai 2016

Télécharger le communiqué de presse (pdf 90 ko)

NO to shale gas import

jeu, 19/05/2016 - 12:00
NO to SHALE GAS IMPORT

France is going to import shale gas coming from the US.

EDF and Engie (former GDF Suez) signed contracts with US-based firms allowing importing shale gas in France, and the French government, major shareholder in both enterprises, did nothing to prevent them.

Keep in mind that, as they can't invest in shale gas exploitation in France, oil companies of France, like TOTAL, invested heavily in the America's shale boom, as well in the North as in the South of the continent. Together they invested more than 4 billion dollars in the exploitation of non-conventional hydrocarbons in the US.

France is going to import shale gas coming from the US.
And yet, all of us, governing as well as governed, know that shale gas and oil as well as all the other non-conventional hydrocarbons are an economic, environmental and health aberration. Proof is that our struggle permitted the adoption, in 2011, of the law prohibiting hydraulic fracturing, the law Jacob.

Likewise we noted that recently Mrs Royal, French Minister of Environment and Energy, reaffirmed that this technique is now prohibited in France and will be in the future as well. So we all agree about this point.

France is going to import shale gas coming from the US.
And still, France presided the COP21, the international conference on climate issues. It was under French leadership that the 195 represented countries adopted an international treaty which gives a framework for the transition towards low-carbon economies, aiming to keep –if still possible- global warming under 2°C. Bear in mind that scientists of the utmost integrity agree that, to reach this goal, 80% of the reserves of hydrocarbons shouldn't be extracted but stay where they are.

France is going to import shale gas coming from the US.
But the Collectif07 continues to claim high and clear : NOT HERE, NOT ELSEWHERE.

Consequently, the Collectif07 asks the French government to show coherence and do everything to prevent this import of American natural gas produced by means of hydraulic fracturing.
This action would put France in harmony with its engagements on energy-transition taken during the COP21, and would engage us on the virtuous path of real de-carbonization, based on efficiency and frugality in energy use.
Let's not forget that, for the sake of future generations, we're held to preserve the climate balance and so, life.

Largentière France, May 19th 2016

Download the Press release (pdf 90 ko)

NON à l'importation de gaz de schiste

mer, 11/05/2016 - 21:42
GAZ DE SCHISTE : POUR INTERDIRE LES IMPORTATIONS, RÉVISONS LES RÈGLES DE L'OMC

Par Maxime Combes : sortons de l'âge des fossiles !

Interrogée à l'Assemblée nationale, Ségolène Royal a annoncé vouloir interdire l'importation de gaz de schiste sur le territoire national.

L'intention est louable. Mais la proposition est contraire aux pratiques et décisions récentes du gouvernement et de la Commission européenne en la matière. Et elle se heurte de plein fouet aux règles de l'OMC. Explications.

Après la Norvège et le Portugal, la France va importer du gaz de schiste provenant des Etats-Unis. L'information n'est pourtant pas nouvelle.

Cela fait deux ans que l'on sait qu'EDF et Engie ont signé des contrats aux Etats-Unis leur permettant d'importer du gaz de schiste en France, sans que le gouvernement, pourtant actionnaire majoritaire et de référence dans chacune des deux entreprises, ne cherche à les en empêcher. Cela fait également deux ans que nous alertons sur les investissements des entreprises françaises (et notamment des banques françaises) dans le gaz de schiste (production, exploitation, services ou importation). Des investissements qui sont encouragés et jugés de façon bienveillante par le Président de la République et le gouvernement.

Interrogée sur France 2 ce dimanche 8 mai, Ségolène Royal a affirmé qu'on ne pouvait « pas interdire le gaz de schiste sur le territoire français pour des raisons environnementales graves et en même temps accepter l'importation ». C'est juste. Mais c'est pourtant ce qu'ont laissé faire le gouvernement et les services de l'Etat, en toute connaissance de cause, depuis plus de deux ans.

Autrement dit : Ségolène Royal annonce vouloir interdire les importations de gaz de schiste que le gouvernement et les services de l'Etat ont encouragées ou, du moins, n'ont pas cherché à bloquer.

En affirmant vouloir étudier « juridiquement » la façon d'interdire les importations prévues par EDF et Engie, Ségolène Royal, en plus de réagir avec retard, expose au grand jour le manque de sérieux et les négligences du gouvernement en matière de contrôle sur les choix d'investissement d'entreprises dont l'Etat est actionnaire majoritaire (EDF) et de référence (Engie). Rappelon-nous d'ailleurs que le gouvernement avait sélectionné ces deux entreprises pour être des sponsors de la COP21 au prétexte que cela les inciterait à avoir des comportements plus climato-compatibles au lendemain de la COP21 qu'avant (voir ici et ici) : il n'en est manifestement rien.

Un manque de sérieux qui se double d'une mauvaise compréhension des systèmes énergétiques.
Les contrats prévoient d'importer 100 % de gaz naturel liquéfié (GNL) provenant de la production étatsunienne, le GNL étant la seule forme sous laquelle il est possible de transporter du gaz (de schiste ou pas) à travers les océans.
Il se trouve qu'aux Etats-Unis, comme dans les autres pays, il n'existe qu'un seul système gazier d'acheminement et de distribution (gazoducs), de stockage et de traitement du gaz (usines de liquéfaction et de regazéification).

Autrement dit : à partir du moment où vous souhaitez importer du gaz naturel liquéfié d'un pays qui exploite – ou envisage d'exploiter – des gaz de schiste, vous importez (ou importerez) nécessairement du gaz de schiste !

Autrement dit bis : à partir du moment où vous souhaitez interdire l'importation de gaz de schiste, vous devez interdire l'importation de gaz de tous les pays exploitant du gaz de schiste.

Autrement dit ter : interdire l'importation de gaz de schiste tout en ayant encouragé la construction de nouveaux ports méthaniers (Dunkerque) ou l'extension de ports existants (Montoir, Fos-sur-mer) est contradictoire.

« Permettre aux entreprises européennes d'importer des ressources énergétiques et matières premières des États-Unis », telle est une des missions qu'a assigné la Commission européenne au Tafta.
Autrement dit : la Commission européenne négocie au nom du gouvernement français la facilitation des importations de gaz de schiste que Ségolène Royal annonce vouloir interdire !

Le 16 février, la Commission européenne a dévoilé de nouvelles propositions en matière d'approvisionnement en gaz : elle encourage l'UE et les Etats-membres à une importation massive de gaz de schiste venant des Etats-Unis au nom de la sécurité de l'approvisionnement énergétique des pays-membres de l'UE.

Pour des raisons techniques liées à l'interconnexion des réseaux gaziers européens, la question de l'interdiction de l'importation de gaz de schiste doit donc se poser au niveau européen, en étant accompagnée d'une proposition d'interdiction d'exploitation sur le sol européen. Si Ségolène Royal est sincère, c'est clairement la direction à suivre. La tâche est immense. De nombreux pays ne veulent pas interdire l'exploitation des gaz de schiste et les récentes décisions de la Commission européenne vont dans le sens contraire. Néanmoins, une telle proposition pourrait être soutenue par de nombreuses organisations de la société civile européenne.

Au nom du climat et de l'environnement, proposer d'interdire au niveau européen l'importation de gaz de schiste – et donc de GNL – de pays les exploitant serait une proposition courageuse et de nature à faire bouger les lignes. Une telle proposition se heurterait frontalement aux règles du commerce international qui sont consignées dans les accords de l'OMC.

Lire l'article sur le Blog Médiapart de Maxime Combes

Canada : incendie au cœur des champs de sables bitumineux

dim, 08/05/2016 - 18:15
CANADA : INCENDIE AU CŒUR DES CHAMPS DE SABLES BITUMINEUX

L'incendie de forêt qui a forcé l'évacuation de 80 000 habitants de la région de Fort McMurray, en Alberta, progresse inexorablement.
Parti dimanche 1er mai de feux de broussailles, l'incendie à Fort McMurray (province de l'Alberta, Canada) continue de s'étendre.
Vendredi 6 mai, les feux étaient passés d'une superficie de 800 km² à 1 000 km², selon Radio-Canada.

Au cœur des champs de l'industrie des sables bitumineux dont Fort McMurray est la capitale, au moins 1 600 maisons ont été détruites par le feu, qui a déjà brûlé plus de 200 000 hectares de forêt.
Le site pétrolier de Syncrude a été évacué.

Vendredi 6 mai. Pendant que les pompiers luttaient contre le gigantesque brasier pour protéger les zones d'habitations et les infrastructures stratégiques, les autorités ont déclenché vendredi matin une vaste opération, routière et aérienne, pour évacuer vers le sud de Fort McMurray, Calgary et Edmonton tous ceux qui s'étaient réfugiés dans des camps de l'industrie pétrolière et gazière au nord de la capitale de l'or noir, après l'ordre général d'évacuation donné mardi.

Sur le front de l'incendie, les nouvelles sont rassurantes pour Fort McMurray. Centre-ville, hôpital, aéroport ont été épargnés, mais « les dommages sont considérables, la ville n'est pas près d'être sécurisée et la reconstruction prendra des mois ».
Le bilan de vendredi fait état de 101 000 hectares brûlés et de deux nouveaux foyers d'incendies déclenchés par des éclairs dus au feu principal. Aucun site d'exploitation de pétrole ou de gaz n'a été touché, a encore précisé M. Morrison.

Cependant, plusieurs compagnies d'Athabasca, principale région productrice de pétrole issu des sables bitumineux, ont mis leurs installations au ralenti, avec un minimum d'employés. L'Association canadienne des producteurs de pétrole (CAPP) refusait, vendredi, d'évaluer les pertes, bien que les médias aient fait état d'une réduction de la production de 800 000 à un million de barils par jour, soit la moitié de la normale, depuis mardi. Dans le même temps, les prix du baril de pétrole clôturaient à la hausse vendredi comme la veille. Affichant une perte record de 4,8 milliards d'euros en 2015, les compagnies pétrolières canadiennes ont supprimé plusieurs dizaines de milliers d'emplois depuis deux ans à la suite de la chute des cours pétroliers.

Installé dans ce nord profond et ultraconservateur de l'Alberta, « Fort McMoney », comme on surnommait cette ville il n'y a pas si longtemps tant sa croissance paraissait sans limite, s'était mise à tourner au ralenti ces derniers mois, malgré la baisse continue des coûts d'exploitation.
A 30 ou 40 dollars le baril, le plus grand site mondial d'exploitation de pétrole, avec ses sols gorgés de sables bitumineux évalués à 170 milliards de barils (3e réserve de la planète de ce mélange de bitume, de sable et d'argile), a vu ses projets d'investissement se tarir.

Depuis les derniers mois de 2015, le temps paraissait bien fini où les travailleurs affluaient de toutes parts, attirés par les promesses de ruée vers l'or de ce « Klondike » du XXIe siècle. Oubliées les semaines où l'ouvrier qualifié était payé 4 000 dollars (environ 3 500 euros) la semaine « douze-heures-par-jour-sept-jours-sur-sept », primes comprises. Terminés aussi les petits boulots au McDonald's local à 20 dollars de l'heure, le double du salaire habituel.

Avec un tiers de ses logements vacants avant son évacuation, Fort McMurray connaissait le plus fort taux d'inoccupation du pays. Les hôtels étaient à moitié vides. Et les ambitions de production des groupes pétroliers revues à la baisse : un peu plus de 4 millions de barils par jour étaient attendus en 2030, soit 2 millions de barils de moins que les projections faites en 2014. Avant le départ des feux, les dépenses en capital de l'industrie du pétrole et du gaz avaient l'objectif d'atteindre 31 milliards de dollars cette année, soit une baisse de 62 %, par rapport au record de 81 milliards en 2014.
Aucun calcul ni aucune nouvelle projection n'ont été faits depuis les incendies. Près de 20 % de la production vient d'être arrêtée. Un chiffre provisoire tant le manque de main-d'œuvre va se faire sentir dans les jours à venir.

En un an, le secteur avait déjà perdu plus de 35 000 emplois dans la région. Le triple, si l'on y ajoute les intermédiaires et les sociétés liées à l'industrie pétrolière. Pour les groupes pétroliers, cette crise tombait d'autant plus mal que le nouveau gouvernement libéral de Justin Trudeau projetait de plafonner les aides publiques à la production des sables bitumineux et de limiter leur empreinte carbone. L'exact contre-pied des années Stephen Harper, l'ancien premier ministre conservateur, élu de l'Alberta.
Le veto de Barack Obama, en décembre 2015, au projet controversé d'extension de l'oléoduc Keystone XL, destiné à acheminer le pétrole bitumineux canadien aux raffineries texanes, avait un peu plus plongé le secteur dans le doute.

Près de 25 % de l'économie canadienne est liée à l'industrie pétrolière. Avant les feux, il en coûtait entre 40 et 65 dollars pour produire un baril de pétrole dans ces sables bitumineux. Rien ne dit si ces coûts seront maintenus une fois la situation maîtrisée sur le front des incendies.

Sur Le Monde : articles, photos, vidéos
* http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/05/06/fort-mcmurray-une-region-petroliere-en-crise-frappee-par-les-flammes_4914959_3244.html#H1Si1lkQVdrseDLX.99
* http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/05/07/au-canada-l-exode-par-terre-et-par-air-pour-fuir-l-incendie-a-fort-mcmurray_4915235_3244.html#ryJtGmJfRgwP3ulL.99
* http://www.lemonde.fr/incendie-de-fort-mcmurray/article/2016/05/08/a-lac-la-biche-l-attente-des-sinistres-de-fort-mcmurray_4915496_4915262.html#rC18d0sH98KFlp6H.99

Libérons-nous des énergies fossiles

sam, 30/04/2016 - 16:49
LIBÉRONS-NOUS DES ÉNERGIES FOSSILES
« BREAK FREE FROM FOSSIL FUELS »

DÉSOBÉISSANCE : la montée de la résistance internationale contre les combustibles fossiles

DÉSOBÉISSANCE raconte l'histoire de quatre communautés se préparant à participer à la semaine d'action Libérons-nous des énergies fossiles en mai 2016.

Du 3 au 15 mai, des actions ciblant des projets charbonniers, pétroliers et gaziers seront organisées sur tous les continents. Si Désobéissance vous interpelle, unissez-vous aux milliers de personnes qui prendront part en mai à l'intensification des actions pacifiques défendant nos valeurs.

DÉSOBÉISSANCE est un nouveau film sur la phase suivante du mouvement pour le climat : une action courageuse menée aux premières lignes de la crise climatique sur tous les continents par des personnes comme vous et moi, qui en ont assez du pouvoir de l'industrie fossile et de la pollution qu'elle engendre.

DÉSOBÉISSANCE raconte l'histoire de la lutte qui est menée pour sauver le monde.
Il raconte les combats de David contre Goliath menés par des chefs de file qui, partout dans le monde, risquent leur vie aux premières lignes pour préserver un climat vivable.
Ces scènes réelles et palpitantes entrecoupées de témoignages des plus illustres acteurs et actrices du débat mondial sur les mouvements sociaux et la justice climatique composent un récit personnel, passionné et puissant.
Difficile d'imaginer un enjeu plus décisif ni des missions plus critiques.

Le film nous emmène aux cotes des organisateurs de << Libérons-nous >> au Canada, en Allemagne, en Turquie et aux Philippines, qui se préparent à la mobilisation en vue des actions majeures du mois de mai. Désobéissance est la preuve en image que le mouvement mondial pour laisser les combustibles fossiles sous terre est en train de gagner en force, en courage et en détermination.

Vous y retrouverez Naomi Klein, auteure et activiste, Bill McKibben, co-fondateur de 350.org, Lidy Nacpil, membre du conseil d'administration de 350.org, ainsi que des dizaines d'autres voix inspirantes, qui sont aux premières lignes du combat pour la justice climatique partout dans le monde.

Durée du film : 35 minutes
Date de sortie : 29 avril 2016

Des projections sont programmées partout dans le monde dès le 30 avril afin de soutenir l'organisation qui se met en place pour venir à bout de l'industrie fossile.
Assister à une projection ou télécharger/regarder le film !
Tout savoir sur Watch Disobedience

LIBÉRONS-NOUS DES ÉNERGIES FOSSILES (« BREAK FREE FROM FOSSIL FUELS »), MAI 2016
Du 04 au 15 mai, rejoignez une vague mondiale de résistance pour laisser le charbon, le pétrole et le gaz sous terre
Tout savoir sur "Break Free"

AVION : Non à l'exploitation du gaz de couche

sam, 30/04/2016 - 13:00
AVION : NON À L'EXPLOITATION DU GAZ DE COUCHE

NON À L'EXPLOITATION DU GAZ DE COUCHE ; NI ICI NI AILLEURS
SAMEDI 07 MAI 2016 À 16H00
TOUTES ET TOUS À AVION

Rendez-vous : parc des glissoires -près de la mairie

Parcours à vélo : si vous ne voulez pas tout faire à vélo, vous pouvez nous rejoindre dans les villages, ... pique-niquer (auberge espagnole) et faire un bon bout de chemin avec les cyclistes.

L'entreprise « la Française de l'Énergie », ex EGL, veut exploiter, dans le bassin minier et dans de nouveaux territoires de la région (voir liste des villages ci-dessous*), le « gaz de couche » contenu dans les couches de charbon. Elle veut commencer à Divion et à Avion.

Les dangers de l'exploration pour le gaz de couche sont multiples :
Danger sur les nappes phréatiques qui seront traversées par ces forages.
Fuite de méthane qui est un gaz à effet de serre.
Danger pour notre santé
Danger de mouvements de terrains et de séismes.
... sans compter la dévaluation possible de la valeur des maisons.

Si ces explorations étaient « concluantes », il y aurait exploitation de très nombreux puits ... à durée très limitée.
Quand les puits ne seront plus rentables, cela se passera comme à Metaleurop.
De plus, cette industrie sale ne génère qu'un à deux emplois par puits !

« La Française de l'Énergie » sévit déjà en Lorraine : quatre puits, trois échecs ; elle est autorisée à en forer 12 nouveaux ! Elle veut prendre la main sur Gazonor, qui exploite le grisou et possède deux permis de recherche et deux concessions.

C'est un projet financier que nous dénonçons !
Pour préserver la vie sur terre
Non à l'exploitation des gaz de couche

Collectif "Tous debout ... Pour le climat, la Terre et l'humanité"

(*) En dehors du bassin minier : Ablain-St-Nazaire, Acheville, Agnez-les-Duisans, Agnières, Anzin-St-Aubin, Arleux-en-Gohelle, Aubigny-en-Artois, Bailleul-Sire-Berthoult, Bajus, Biache-St-Vaast, Bouvigny-
Boyeffles, Brebières, Camblain-l'abbé, Cambigneul, Cappelle-Fermont, Carency, Caucourt, Courchelettes, Cuincy, Diéval, Duisans, Ecurie, Esquerchin, Estrée-Cauchy, Etrun, Farbus, Férin, Fresnes-les-Montauban, Fresnicourt-le-Dolmen, Fresnoy-en-Gohelle, Frévin-Cappelle, Gauchin-le-Gal, Gavrelle, Goeulzin, Gouy-Servins, Gouy-sous-Bellone, Habarcq, Haute-Avesnes, Hermaville, Hermin, Izel-les-Equerchin, La-Comté, La-Thieuloye, Magnicourt-en-Comté, Maroeuil, Monchy-Breton, Mont-St-Eloi, Neuville-St-Vaast, Neuvireuil, Noyelles-sous-Bellone, Ohlain, Oppy, Plouvain, Quiéry-la-Motte, Rebreuve-Ranchicourt,
Roclincourt, Servins, Vimy, Vitry-en-Artois, Willerval.

Gaz de schiste : Bruxelles décide de poursuivre la Pologne

ven, 29/04/2016 - 21:04
GAZ DE SCHISTE :
BRUXELLES DÉCIDE DE POURSUIVRE LA POLOGNE

La nouvelle pourrait bien constituer un coup de grâce aux perspectives d'extraction du gaz de schiste en Pologne, déjà bien mal en point. La Commission européenne a décidé, jeudi 28 avril, de renvoyer la Pologne devant la Cour de justice de l'Union européenne pour des manquements présumés de sa législation en matière d'études d'impact environnemental concernant la fracturation hydraulique – méthode controversée d'extraction du gaz non conventionnel.

« En vertu de la loi polonaise, il est possible de forer jusqu'à une profondeur de 5 000 mètres, sans évaluer préalablement l'impact potentiel sur l'environnement, indique l'exécutif communautaire dans un communiqué. Le seuil introduit ne prend pas en compte tous les critères et les normes établies par la directive sur l'évaluation d'impact environnemental. »

La Commission rappelle que selon la législation européenne, les forages profonds doivent être évalués pour les déchets qu'ils produisent, pour leurs effets sur l'eau et le sol et leur impact sur les ressources naturelles.

« C'est un grand succès de la mobilisation antifracturation hydraulique, s'est réjoui Antoine Simon, de l'ONG Les Amis de la Terre Europe. Nous devons maintenant attendre la décision de la Cour, mais compte tenu de l'évidence de l'infraction, nous sommes sans doute proches de voir la plus haute instance européenne émettre un précédent juridique contraignant sur la fracturation hydraulique. »

Hémorragie des investissements dans le secteur
Longtemps annoncée comme un nouvel eldorado européen du secteur du schiste, la Pologne voit désormais toute perspective d'exploitation commerciale à grande échelle se réduire comme peau de chagrin.
En 2010, avec l'appui de campagnes de communication massives, le pays a traversé une véritable fièvre du schiste qui promettait de faire de la Pologne une « nouvelle Norvège ». En 2011, l'agence américaine d'information sur l'énergie avait attribué à la Pologne 5 300 milliards de m3 de réserves. Mais ce chiffre a été brutalement divisé par cinq un an plus tard par l'Institut polonais de géologie.

Le gaz de schiste polonais s'est avéré bien moins rentable que celui extrait aux Etats-Unis, surtout depuis la chute du prix du baril de pétrole.
Depuis 2012, le nombre de concessions est ainsi passé de 113 à 32, et les grandes multinationales ont toutes progressivement retiré leurs investissements. L'exode des géants de l'énergie a commencé mi-2012, quand ExxonMobil a annoncé l'arrêt de ses forages de prospection. Marathon Oil, Chevron, ENI, Talisman Energy, Canadian International Oil et le français Total lui ont emboîté le pas. Enfin, en juin 2015, ConocoPhillips a annoncé le retrait de ses trois concessions, pourtant considérées comme les plus prometteuses du pays.

Lire l'article Jakub Iwaniuk sur Le Monde.fr

Australie : pour dénoncer la fracturation hydraulique, il met le feu... à une rivière !

dim, 24/04/2016 - 22:10
AUSTRALIE : POUR DÉNONCER LA FRACTURATION HYDRAULIQUE, IL MET LE FEU... À UNE RIVIÈRE !

VIDÉO. Un député écologiste australien a mis le feu à une rivière du Queensland pour démontrer la présence d'émanations de méthane.

On se souvient peut-être en 2010 de cet activiste américain qui, dans le documentaire Gasland, mettait le feu à l'eau coulant d'un robinet pour dénoncer le danger de l'exploitation du gaz de schiste. Les images avaient marqué les esprits. Jeremy Buckingham, lui, n'a eu besoin que d'un allume-gaz, qu'il a approché de l'eau, pour voir une rivière s'enflammer devant ses yeux !

Ce député écologiste australien a fait de la lutte contre fracturation hydraulique son cheval de bataille.
Afin de dénoncer les émanations de méthane que l'on retrouve dans la nature, après les fracturations en masse menées notamment par l'Australie, l'élu s'est donc fait filmer dans une barque voguant sur la rivière Condamine, à plus de 200 kilomètres de la ville de Brisbane, dans l'État du Queensland. Lorsqu'il met le feu à de petites bulles de méthane, à la surface de l'eau, les flammes sont si fortes qu'elles entourent sa barque et frôlent ses jambes.

« Nous comprenons que cela puisse inquiéter... »

« Incroyable ! Une rivière en feu ! » s'exclame le député, devant la violence de l'incendie, qui s'est étendu à d'autres zones de la rivière et mettra de nombreuses minutes avant de s'éteindre.

L'élu a choisi cette rivière pour dénoncer les effets de la fracture hydraulique, car elle se situe, selon lui, près d'un site d'extraction, utilisé par un exploitant pour obtenir du méthane.
« J'ai été choqué par la force de l'explosion, lorsque j'ai voulu savoir si le gaz naturel de la rivière Condamine était inflammable, écrit-il sur sa page Facebook.

Il existe certaines inquiétudes sur le fait que la fraction hydraulique puisse permettre au gaz naturel de s'infiltrer dans les roches. Le méthane ne pollue pas simplement les rivières, il a aussi la capacité de retenir la chaleur. Des fuites de ce gaz pourraient contribuer à accroître le réchauffement climatique. » « La fracturation devrait être interdite. Partout. Sans « si », sans « mais », sans exception. Interdisez-la ! » s'exclame Jeremy Buckingham sur Facebook.

De son côté, Origin Energy, le groupe visé par Jeremy Buckingham, est resté de marbre. Il a indiqué dans un communiqué qu'il surveillait de près ces émanations de méthane dans la rivière. « Nous comprenons que cela puisse inquiéter, a-t-il pourtant reconnu. Mais ces émanations ne présentent aucun risque pour l'environnement ou la sécurité publique, si tant est que les gens à proximité fassent preuve de bon sens », a-t-il conclu.

Lire l'article et voir la vidéo sur Le Point

Quand forer tue

dim, 24/04/2016 - 20:10
QUAND FORER TUE :
LE SECRET BIEN GARDÉ DE L'ÉPOPÉE DU GAZ DE LACQ

C'était le plus gros site de production de gaz en France. Une fierté nationale, une mythologie fondatrice des prétendues Trente Glorieuses. Cinquante ans après son ouverture, on découvre une inquiétante surmortalité parmi les riverains du gisement de Lacq. Mais ce sujet dérange les pouvoirs publics qui ont jusqu'ici enterré ou refusé les études épidémiologiques.

Article Médiapart par Jade Lindgaard

Premier volet de l'enquête quand forer tue

Un jour, l'Amérique a surgi en Béarn. À Lacq, dans l'arrière-pays de Pau, on découvre du gaz, un gisement pléthorique. Une manne. C'étaient les années 1950. La Société nationale des pétroles d'Aquitaine (SNPA), ancêtre du groupe Elf, démarre l'exploitation d'un des plus gros gisements français d'hydrocarbures.

Chacun savait que le gisement ne serait pas éternel. Mais personne n'imaginait à quel point il serait toxique. En 2002, un demi-siècle après le début de l'épopée de Lacq, des chercheurs font une autre découverte : à proximité de l'usine, une surmortalité est détectée. Mais leur étude n'est pas transmise au grand public. Les années passent. Aucune autre enquête épidémiologique n'est initiée par les pouvoirs publics. Le secret peut bien rester gardé quelques années de plus.

C'est pour briser cette omerta qu'une association locale de défense de l'environnement, la Société pour l'étude, la protection et l'aménagement de la nature dans le Sud-Ouest (Sepanso), la publie aujourd'hui et interroge les pouvoirs publics : que faites-vous pour comprendre ce qui s'est passé autour de Lacq ? Le site de forage le plus prestigieux de la Ve République a-t-il prospéré au détriment de la vie de ses riverains ?

Que s'est-il passé ? Les chercheurs ne sont pas capables de l'expliquer. Il n'existe aucune preuve d'un lien de causalité directe entre la présence de l'usine et les morts supplémentaires du bassin de Lacq, écrivent-ils. En revanche, leurs résultats « soulèvent la question d'une possible relation » entre l'activité industrielle du bassin de Lacq et l'évolution de la mortalité, ainsi que d'un « possible impact sanitaire des polluants émis par cette industrie ». Ils appellent à conduire des travaux supplémentaires.

Pour la Sepanso, « la prétendue culture du risque industriel dont se vantent les industriels, politiques et leurs communicants, est inexistante à Lacq. Les risques sont passés sous silence » et c'est « scandaleux ». L'association réclame une nouvelle étude épidémiologique, un observatoire de la population et la délocalisation des études sanitaires hors de la tutelle de l'agence régionale de santé, « qui a failli à sa mission ».

Médecin urgentiste à Bayonne, nouvel habitant du Béarn et adjoint à la mairie de Laà-Mondrans, commune située à une vingtaine de kilomètres de Lacq, Loïc Coudry fait partie des rares élus locaux qui ont écrit à la ministre de la santé, Marisol Touraine, pour demander une nouvelle expertise sur l'impact sanitaire des industries du bassin de Lacq. « Cela fait 14 ans que l'étude de l'Isped est sortie, et personne ne s'est posé la question du lien entre les industries chimiques et la santé des gens ? En tant que médecin, ça me pose un problème.

En réalité, dès qu'ils ont découvert le gisement de Lacq, les ingénieurs en ont compris la particularité : il contient beaucoup d'hydrogène sulfuré (16 %). L'usine de désulfuration de ce gaz brut produit du soufre mais rejette beaucoup de dioxyde de soufre (SO2) dans l'atmosphère : 700 tonnes par jour.

L'État a-t-il voulu occulter leur impact sur la santé des riverains ? L'agence régionale de santé le dément et assure avoir « pris en compte » la situation du bassin de Lacq. En octobre 2015, alors qu'une association de riverains se crée pour dénoncer une vague d'odeurs très irritantes, elle saisit l'Institut national de veille sanitaire (INVS) sur l'opportunité d'une nouvelle étude épidémiologique.

Joint par Mediapart, le responsable du pôle de santé publique et environnementale de l'ARS, Michel Noussitou, nie l'existence d'une surmortalité dans le bassin de Lacq et refuse d'employer ce terme « connoté ».
Pour Michel Noussitou, de l'ARS, « ce type d'étude ne permet pas de conclure » car le bassin de population n'est pas assez important.

Pendant de longues années, la puissance publique s'en est remise aux industriels pour mesurer les émissions de substances dangereuses et garantir le respect des normes. Mais dans l'histoire récente, ils ont souvent été pris en défaut de ne pas appliquer leurs obligations. L'étude de 2002 signale de « fréquents » dépassements de seuil (de recommandation mais aussi d'alerte) de dioxyde de soufre, bien qu'il puisse causer des difficultés à respirer et des maladies respiratoires. L'Union européenne a ouvert un contentieux avec la France pour non-respect des quotas d'émissions de SO2 entre 2005 et 2008.

Le bassin de Lacq figure parmi les points noirs du Plan national santé-environnement.

Prochain épisode : La fabrique du silence.

Lire l'article de Jade Lindgaard sur Médiapart

Suisse : marche contre le forage de Noville (lac Léman)

sam, 23/04/2016 - 15:37
SUISSE : MARCHE CONTRE LE FORAGE DE NOVILLE (LAC LÉMAN)

Dimanche 08 mai 2016 à 14h00,
Marche pacifique et joyeuse de Villeneuve à Noville, au bout du lac Léman en Suisse contre un projet qui menace le plus grand réservoir d'eau douce d'Europe centrale.

Venez nombreux marcher avec nous pour découvrir le site de forage à Noville qui menace la réserve des Grangettes ainsi que ce immense stock d'eau potable qu'est le lac Léman.
L'événement sur Facebook

La compagnie Petrosvibri veut reprendre ses recherches au forage de Noville, dans le but avéré d'exploiter du gaz.
Petrosvibri veut reprendre ses recherches dans le but avéré d'exploiter du gaz !

L'exploitation du tight gas requiert de nombreux forages verticaux ; à partir de chacun des puits verticaux forés, des puits horizontaux sont alors forés en étoiles.
Lors de son premier forage, M. Petitpierre de Petrosvibri a annoncé dans la presse que huit puits horizontaux avaient ainsi été forés à partir du puits vertical.
Un incident sérieux s'était produit lors de ce forage, nécessitant l'usage de charges explosives pour dégager le train de tiges, bloqué par un effondrement.
Chacun de ces puits sera fracturé avec la technique de la fracturation hydraulique afin de produire du gaz, ou un stimulation chimique nécessitant moins d'eau et moins de pression mais plus de produit chimiques toxiques.

Monsieur Petitpierre annonçait vouloir une vingtaine de puits après la première campagne de recherche, en vue d'exploiter la zone.

Chaque forage va bétonner environ 1 hectare (+ les accès), à moins que la compagnie gazière ne se prépare à des forages offshore : quoi de plus beau et surtout de plus écologique qu'une plate-forme pétrolière sur le lac Léman à quelques encablures du château de Chillon.
Et que faire en cas de tremblement de terre, d'explosion sur la plate-forme, de fuite ?

Article et dossier sur le traitement des boues du forage de Noville lors du forage exploratoire effectué par la compagnie Petrosvibri en 2009-2010.
Lire l'article et le dossier

Informer n'est pas un délit

ven, 22/04/2016 - 22:43
INFORMER N'EST PAS UN DÉLIT :
UN LIVRE CONTRE LES CENSURES

Alors que de nombreux scandales éclatent en France, une majorité de parlementaires européens a choisi récemment d'ériger en principe le « secret des affaires », à travers le vote d'une directive qui permettra de poursuivre systématiquement et massivement désormais tous les journalistes et lanceurs d'alerte. A moins que la France et d'autres pays, via le Conseil des Etats membres ne bloquent dans les semaines qui viennent cette directive dangereuse. Mais encore faut-il avoir la volonté de défendre - avec sincérité - la liberté d'informer et le droit de savoir de 500 millions d'Européens.

INFORMER N'EST PAS UN DÉLIT : UN LIVRE CONTRE LES CENSURES

Seize journalistes racontent dans un livre collectif, Informer n'est pas un délit, dirigé par Fabrice Arfi (Mediapart) et Paul Moreira (agence Premières Lignes), les coulisses de certaines de leurs enquêtes et les embûches posées sur le chemin de la liberté d'informer.

C'est une première en France. Seize journalistes ont décidé de raconter dans un livre collectif, Informer n'est pas un délit (Calmann-Lévy), dirigé par Fabrice Arfi (Mediapart) et Paul Moreira (agence Premières Lignes), les coulisses de certaines de leurs enquêtes célèbres et les embûches posées sur le chemin de la liberté d'informer.

Préfacé par la journaliste de France 2 Élise Lucet, présentatrice du magazine d'enquête Cash Investigation, l'ouvrage aborde toutes les facettes de ces nouvelles censures qui font de la France une démocratie ni adulte ni protectrice sur le terrain du droit de savoir des citoyens : espionnage, menaces, pressions, harcèlement judiciaire, contournement du droit de la presse, secret défense, secret des affaires, poids des lobbys…

À l'occasion de la parution de l'ouvrage, qui sera en librairie ce mercredi 30 septembre, Mediapart publie le chapitre rédigé par Paul Moreira, qui démonte ce culte du secret si français qui empêche un véritable accès aux documents administratifs. Cet accès existe depuis des décennies en Suède, en Grande-Bretagne ou aux États-Unis. Sans que ces pays ne se soient soudainement transformés en dictatures de la transparence…

De la liberté d'informer
Par Paul Moreira

Journalistes et lanceurs d'alerte vivent avec la possibilité permanente de voir leurs fichiers et le contenu de leurs mails visités. Pas seulement par la NSA. J'ai appris lors d'enquêtes auprès des vendeurs d'armes électroniques qu'il n'est plus réservé aux services secrets de pénétrer les systèmes informatiques, d'observer ce que contient un ordinateur. Le marché est désormais ouvert aux privés.
Chaque communication électronique avec des géants économiques nous met en état d'insécurité. Peuvent-ils cracker mon ordinateur ? Mon téléphone ? Oui, ils le peuvent. Vont-ils le faire ? La menace plane sans cesse.
Aujourd'hui, la transparence est une arme presque exclusivement aux mains des pouvoirs économiques ou politiques. Le citoyen, journaliste ou lanceur d'alerte, n'a jamais été aussi vulnérable. Le droit à l'information, lui, est sans cesse contesté.

Pour les enquêtes touchant les multinationales, nous prenons désormais des précautions exceptionnelles. Pendant les réunions, les possesseurs d'iPhone les déposent dans une pièce suffisamment lointaine. Les autres font sauter carte SIM et batterie. Nous débranchons du réseau téléphones filaires et ordinateurs. Nous n'ouvrons jamais aucune pièce jointe qui nous paraît suspecte. Pour les points vraiment sensibles, si nous ne voulons prendre aucun risque, nous avons recours à la bonne vieille poste. Une lettre manuscrite, écrite au stylo et délivrée par un facteur, à vélo.

Voilà le monde dans lequel nous vivons. Tous, journalistes comme lanceurs d'alerte ou simples citoyens, peuvent être en permanence observés, enregistrés, traqués. Une guerre asymétrique. L'arsenal protégeant l'opacité des pouvoirs est sans commune mesure avec celui de l'accès à l'information des citoyens.

Pourtant, ce n'est pas une fatalité ...
Dès 1776, la Suède a appliqué ce principe très simple : le public a le droit de savoir. Savoir ce que les élus et fonctionnaires font de l'argent public. Savoir sur quoi ils s'appuient pour prendre des décisions d'intérêt public. Cet accès, ce droit de regard, est inscrit dans la Constitution et dans l'ADN des sociétés scandinaves.

Aux États-Unis une loi, le Freedom of Information Act, autorise n'importe quel citoyen – américain ou pas… – à solliciter des documents auprès de la CIA, du FBI, du département de la Défense. Le FOIA est utilisé quotidiennement par des milliers de citoyens pour tenter de mettre en lumière des affaires plus concrètes, liées à la pollution, la santé, l'environnement. Aussi gênante soit-elle pour le gouvernement, cette loi est devenue partie intégrante du diagramme démocratique américain et aucun homme politique n'oserait la supprimer.

Au Royaume-Uni, la première loi sur l'accès aux documents administratifs a été votée en 2005 mais Tony Blair regrette cette promesse de campagne : « On ne peut gouverner, poursuit Tony Blair dans une interview à Associated Press, le 17 novembre 2011, sans pouvoir tenir des discussions confidentielles concernant des problèmes de la plus haute importance.

En vérité, la loi anglaise, comme la loi américaine, connaît des exemptions. Si la déclassification des documents met en danger la sécurité nationale, ceux-ci devront rester secrets. Mais les demandes des citoyens sont soumises à un « test d'intérêt public ». Une notion absente du droit français. Cela signifie que si l'intérêt public est supérieur au statut d'exemption, alors celui-ci doit être levé.

En France, il existe bien une loi d'accès aux documents administratifs. Celle-ci a été votée en 1978. Mais elle connaît tant d'exclusions qu'elle est quasiment inutilisable.
Enfin – détail qui achève de vider de sens la loi de 1978 –, arguant de la nécessaire « protection de la vie privée », si la divulgation d'un document comporte un nom propre et vient à « porter préjudice » à un fonctionnaire, celle-ci est impossible.
Une instance devrait faire office de contre-pouvoir : la CADA, Commission d'accès aux documents administratifs. Formée de juristes et d'historiens, elle a été mise en place pour convaincre l'administration de respecter la loi. Mais son rôle n'est que consultatif. Elle permet de débloquer certaines situations, mais dès qu'on arrive sur des affaires vraiment sensibles, ses avis ne sont pas pris en compte. En bref, la loi de 1978 est inutilisable et inutilisée, sauf pour la transmission de dossiers médicaux et de documents du cadastre.
Il existe bel et bien un nœud français. Un accommodement avec le non-dit, l'opaque, le flou.
Voici donc circonscrit le gène de l'opacité administrative française. Lorsque la vérité surgit, c'est par accident.

On aimerait penser que la France va assez rapidement rejoindre le Royaume-Uni et les États-Unis dans une législation plus citoyenne dans l'accès aux documents et archives. Ce n'est pas le cas.

Pendant la présidence Sarkozy, une loi de programmation militaire a étendu le secret-défense à des lieux devenus inaccessibles aux perquisitions judiciaires.

À la lecture des actuelles exclusions prononcées par la CADA, on mesure à quel point une muraille de Chine sépare les citoyens de l'administration lorsqu'on évoque les documents. « La communication des documents doit être refusée lorsqu'elle pourrait porter atteinte à l'exercice des activités régaliennes de l'État. Ainsi ne sont pas communicables : les délibérations du gouvernement, le secret de la défense nationale, la conduite de la politique extérieure ; la monnaie et le crédit public ; la sûreté de l'État, la sécurité publique ou des personnes ; le déroulement des procédures juridictionnelles ; la recherche des infractions fiscales et douanières. »

En bref, l'essentiel de l'activité de l'État français devient invisible à la société civile. Il existe pourtant aujourd'hui une urgence démocratique à instituer une véritable loi d'accès aux documents.
Il est vital que la transparence devienne enfin la règle et le secret l'exception.

Sources de l'article : Médiapart

Note du Collectif 07 SGDS : dans ces conditions, les luttes telles que celles que nous menons contre les gaz et huiles de schiste pourraient devenir plus difficiles encore. Mais la détermination et le désir de justice des citoyens font que cette aristocratie ne pourra plus contenir longtemps la démocratie.

Projections-débats en Ardèche

dim, 17/04/2016 - 16:00
PROJECTIONS-DÉBATS EN ARDÈCHE

VENDREDI 22 AVRIL À CHOMÉRAC
20h00 salle du Triolet

Projection du film "No Gazaran",
Un film de de Doris Buttignol et Carole Menduni

Avec la participation du Collectif 07 SGHDS

Soirée exceptionnelle organisée par l'Amicale Laïque de Chomérac

No Gazaran, le film de Doris BUTTIGNOL et Carole MENDUNI témoigne des soubresauts d'une société prise au piège d'un modèle économique en crise en suivant pendant deux ans l'organisation d'un mouvement de résistance historique qui va faire reculer les industriels et l'état.
Lire l'article sur le film 'No Gazaran"


Et les shadocks pompaient ...

mar, 12/04/2016 - 21:23
UN PRÉSENTATEUR DE « C DANS L'AIR » TRAVAILLE AUSSI POUR TOTAL

Thierry Guerrier est le présentateur occasionnel de l'émission phare de France 5, C dans l'air. Il est aussi rémunéré tous les mois pour le travail qu'il effectue pour le groupe Total. Une double activité impensable ? Dans les faits, elle dure pourtant depuis environ trois ans. Le cas est emblématique de la stratégie offensive du groupe pétrolier, du peu de scrupules d'un grand nombre de journalistes qui contreviennent à la charte déontologique de la profession. Et du manque de vigilance des médias face à ce type de situations.

Selon Médiapart, Thierry Guerrier travaille depuis 1012 pour Total, notamment sur un nouveau site mis en place par le groupe : politiques-energetiques.com. fait des interviews pour le journal papier. Il anime des débats pour le site. Il dispose d'un bureau au 43e étage de la tour Total, d'une adresse mail et d'une ligne fixe téléphonique.

Le problème est qu'en juillet 2013, Thierry Guerrier reprend un rôle de joker pour C dans l'air, tout en continuant à travailler pour Total. Dans le jargon journalistique, c'est ce qu'on appelle des « ménages » : mettre sa notoriété au service d'une entreprise privée ou d'une institution.

C dans l'air est une émission de débats sur l'actualité avec plusieurs invités, qui se veut pédagogique et équilibrée. Elle réunit entre 10 et 17 % des téléspectateurs devant leur poste. Elle détient même le record d'audience de la chaîne, avec un pic à près de 2,5 millions de téléspectateurs en 2015. Produite par la société de Jérôme Bellay Maximal Productions (groupe Lagardère), elle constitue depuis le début des années 2000 la vitrine de la chaîne, en dépit de critiques récurrentes sur son orientation éditoriale conservatrice ou encore en raison du peu de femmes invitées.

Il n'est pas rare que l'émission aborde des thématiques touchant au climat, à l'énergie, à la géopolitique (comme cette émission présentée cet été par Thierry Guerrier et appelée « Obama, premier président vert ? »). Des thématiques qui ne peuvent laisser Total indifférent.

La charte de déontologie des journalistes prohibe ce genre d'activités.
À France 5, on se montre gêné par la situation de Thierry Guerrier.

Thierry Guerrier a également travaillé en 2015 pour le compte de LCP (La chaîne parlementaire), elle aussi financée par des fonds publics. Il animait « Causes communes », un module dans lequel il interviewait des hommes politiques sur des questions locales.

Pour le journal de Total, Thierry Guerrier interviewe régulièrement les dirigeants du groupe. Mais ces échanges peuvent se retrouver ailleurs, comme cet hiver dans la revue Politique internationale. On y trouve une interview de Patrick Pouyanné, PDG de Total, par celui qu'il paie indirectement tous les mois, Thierry Guerrier, présenté dans la revue comme « journaliste ».

Le groupe pétrolier se paie des compétences, mais aussi, une possible influence, même s'il la minimise. Il y a quelques semaines, on apprenait, par Libération, que Michel Aubier, chef du service de pneumologie-allergologie de l'hôpital Bichat, s'exprimant régulièrement sur les risques liés au diesel, était également médecin-conseil auprès du groupe pétrolier.

La problématique est assez proche. Un médecin payé par un groupe pharmaceutique peut-il se montrer indépendant et complètement libre quand il siège dans une commission ou donne un avis d'expert ? La question se pose-t-elle différemment pour un journaliste ?

Bien évidemment, Total ne s'arrête pas là dans sa politique de communication, et imagine des solutions alternatives à la publicité bête et méchante. Le groupe pétrolier a financé des forums de Libération, du Nouvel Observateur ou encore de Challenge, à hauteur de 20 000 à 30 000 euros. En échange, des dirigeants du groupe participent aux débats organisés et peuvent faire valoir leurs opinions.

Nous avons par ailleurs découvert que Total se payait la page Énergie et Climat du groupe BFM.
La plupart des contenus éditoriaux sont rédigés en partenariat. À tel point que sur certains sujets, il n'est pas écrit « Total Partenaire », mais « BFM Partenaire ». Ce qui montre bien qui a la main sur la page.

Thierry Guerrier lui-même n'a pas attendu l'offre de Total pour arrondir ses fins de mois auprès d'entreprises privées.

Parmi les nombreux employeurs mentionnés sur le CV, on trouve, outre Total, HSBC, Suez, le Medef, Pernod Ricard ou encore le LEEM (le syndicat des laboratoires pharmaceutiques). Parmi tant d'autres. Ces dernières années, on retrace en quelques clics sur Internet des dizaines d'interventions qui vont du Syndicat national des résidences de tourisme aux métiers de la boulangerie en passant par le lobby des dentistes, pour lequel il a participé à un module « C'est ma santé » lors d'une convention : un titre trop proche de ceux utilisés par France 5 pour ne pas accroître la confusion des genres. En dépit de sa proximité avec Total, Thierry Guerrier a été choisi pour animer un débat sur le changement climatique préalable à la COP21, au ministère des affaires étrangères, sous le haut patronage de l'Élysée.

Thierry Guerrier refuse de parler de ses rémunérations, « un sujet privé ». Mais il conseille surtout de s'intéresser aux autres journalistes qui cachetonnent un peu partout. Il est vrai qu'il suffit d'aller sur des sites de mise en relation des entreprises avec des journalistes pour s'apercevoir que la pratique de l'animation de débats est plus que répandue, cette conception du journalisme très partagée.

Lire l'article de Michaël Hajdenberg sur Médiapart

Pau : des ONG, militants et citoyens ont bloqué la tenue d'un sommet des plus gdes entreprises pétroliers du monde

ven, 08/04/2016 - 11:00
PAU DU 5 AU 7 AVRIL : DES ONG, MILITANTS ET CITOYENS BLOQUENT ET DÉNONCENT LA TENUE D'UN SOMMET DES PLUS GRANDES ENTREPRISES PÉTROLIERS ET GAZIÈRES DU MONDE

Des ONG, militants et citoyens, réunis à Pau, bloquent et dénoncent la tenue d'un sommet des plus grandes entreprises pétroliers et gazières du monde, du 5 au 7 avril.

Les gros pollueurs (dont Total, Shell, Exxon-Mobil, Repsol, BP, etc.) vont y débattre de forage d'hydrocarbures (pétrole et gaz) en haute mer. Leur but : explorer et exploiter toujours plus de pétrole offshore, toujours plus loin, et toujours plus profond. La recette d'un désastre climatique et écologique.

Plus de pétrole offshore, la recette d'un désastre climatique et écologique
Les projets de pétrole offshore vont totalement à l'encontre de l'accord mondial signé par les 195 pays de la planète il y a quelques mois à Paris, à la COP21. Car si l'accord de Paris est effectivement respecté, il n'y a tout simplement aucune place pour l'exploration et l'exploitation de gaz et de pétrole en eaux profondes. Au contraire, le sens de cet accord, c'est la réduction, puis la sortie rapide (à horizon 2050) de toutes les énergies sales et fossiles.

80% des réserves connues de combustibles fossiles doivent rester non exploitées dans les sous-sols, afin de respecter le principal objectif de l'accord de Paris sur le climat, qui est de contenir le réchauffement planétaire bien en deçà de 2°C par rapport à la période préindustrielle. Limiter le réchauffement à moins de 1,5°C, l'autre objectif vers lequel les pays ont décidé de tendre à la COP21, suppose de laisser encore plus d'hydrocarbures intouchés dans les sols.

Schizophrénie politique
La tenue de ce sommet révèle une nouvelle fois la schizophrénie des responsables politiques. C'est à cause de leur inaction que les entreprises continuent de prévoir de tels projets climaticides.

L'accord de Paris sur le climat n'est encore qu'un bout de papier. Il sera signé par les pays le 22 avril à New York. Quasiment dénué de contrainte juridique, ce texte n'aura de valeur que s'il est effectivement retranscrit dans les politiques nationales et locales de tous les pays, dès aujourd'hui. C'est par cette concrétisation dans l'action que cet accord deviendra, ou pas, historique.

La concrétisation de l'accord de Paris passe par un moratoire mondial sur l'exploration et l'exploitation de gaz et pétrole offshore. À commencer par la France, pays d'accueil de la COP21, qui se doit d'être exemplaire. La crédibilité internationale de la France se situe dans l'action, pas dans les belles déclarations d'intention. La lutte contre les changements climatiques exige donc que l'exploration et l'exploitation d'hydrocarbures non conventionnels (pétrole et gaz de schiste, etc.) soient interdites sur le sol français, quelle que soit la technologie d'extraction utilisée.

Total tente de noyer le poisson
Interrogé par les médias, Total, qui héberge l'événement, a indiqué que l'entreprise faisait des investissements dans la transition énergétique, mais qu'elle continuait de développer les technologies de forage en haute mer car le monde n'allait pas s'arrêter d'utiliser du pétrole du jour au lendemain.

Personne n'a dit qu'il fallait couper le robinet de gaz ou de pétrole d'un seul coup. La "transition énergétique" consiste bien à organiser et à financer le chemin qui nous mènera à la fin de l'utilisation des hydrocarbures fossiles d'ici 35 ans, et à une énergie 100% renouvelable qui préserve l'équilibre climatique. Les scientifiques ont indiqué clairement que l'exploration des réserves d'énergies fossiles, difficilement accessibles et coûteuses comme le pétrole en eaux profondes ou les sources non conventionnelles, n'a pas sa place dans cette transition. Total est impliqué dans les gaz non conventionnels un peu partout dans le monde, de l'Argentine aux Etats-Unis, de la Chine à l'Australie, en passant par l'Algérie et le Royaume-Uni. Les sources offshore et non conventionnelles sont les premières réserves qu'il va falloir renoncer à exploiter.

La fin du pétrole offshore est un test de crédibilité pour l'accord de la COP21 et son respect par les gouvernements de la planète.

Lire l'article sur le Huffington Post

LES MILITANTS CLIMAT PERTURBENT LE SOMMET DES PÉTROLIERS À PAU

Plus de 500 militants climat sont parvenus à empêcher le bon déroulement du sommet pétrolier MCE Deepwater Development, accueilli par Total à Pau.

La radicalité, la détermination, la puissance, la joie et la tendresse qui ont animé les trois jours de blocage du sommet de Pau laissent peu de place au doute : il s'agit là-aussi d'un mouvement fondateur du mouvement français pour la justice climatique.

Le Palais Beaumont qui accueillait le sommet pétrolier MCEDD s'est ouvert mardi avec des allures de camp retranché : site protégé par 155 policiers et entièrement entouré de clôtures de deux mètres de haut, rues fermées à la circulation. Ce dispositif policier a été mis en place suite à l'appel à bloquer ce sommet qui se tient du 5 au 7 mars par des militants climat, de manière non-violente et déterminée.

Mardi, une quarantaine de militants est parvenue à franchir le dispositif policier dès l'ouverture du sommet. Ils ont bloqué deux entrées du bâtiment, empêchant une partie des participants d'y entrer. Ils ont perturbé l'ouverture du sommet en déployant des banderoles, en utilisant des cornes de brume, en chantant des slogans, ou encore en frappant sur les vitres du bâtiment où les premiers congressistes commençaient à se réunir.
* Un second groupe de plus de 100 activistes a réussi à pénétrer dans le site par un autre accès. Les forces de l'ordre ont repoussé, gazé et matraqué les militants, mais ne sont pas parvenus à leur faire quitter le site.
* Trois autres militants sont parvenus à entrer à l'intérieur du bâtiment en se faisant passer pour des congressistes : certains se sont enchaînés aux tables pendant que d'autres ont pris la parole en français et en anglais pendant une bonne dizaine de minutes auprès du public dès la cérémonie d'ouverture pour dénoncer l'exploitation sans limite des énergies fossiles. Des gendarmes casqués et en tenue anti-émeute sont intervenus pour déloger les militants.

Les nombreux militants restés sur l'esplanade du Palais Beaumont ont constitué une chaîne humaine en chantant des slogans tels que « et 1, et 2, et 3 degrés, c'est un crime contre l'humanité », ou s'adressant directement aux forces de l'ordre : « la police, doucement, nous sommes là pour vos enfants ».

Mercredi matin, tous les accès au congrès sont bloqués. Aucun congressiste ne peut rentrer. 150 militant.e.s sont enchaînes aux grilles ou aux roues d'une camionnette de l'un des organisateurs du sommet.
* Ailleurs, les militants sont allongés sur la chaussée. Les congressistes peuvent passer, mais ils doivent littéralement leur marcher dessus. Chacun.e. est interpelé.e, calmement et résolument, ouvrant la porte à des dialogues parfois étonnants.
* En milieu de journée, un die-in géant est organisé. 500 personnes s'allongent devant le Palais Baumont, pour symboliser les victimes du réchauffement climatique & mettre en évidence que les coupables sont de l'autre côté des barrières, protégé.e.s par la police.

« Après la COP21, il y a des objectifs comme celui du MCEDD qu'on ne peut plus tolérer. Puisque les grandes multinationales continuent leurs politiques extractivistes criminelles et que les autorités les laissent faire et même, les protègent, ce sont aujourd'hui les citoyens qui entrent en scène pour s'y opposer et faire appliquer les engagements de l'Accord de Paris. » déclare Cécile Marchand d'ANV-COP21.

Photos en accès libre téléchargeables sur ce lien
Article sur 350.org

Les hydrocarbures non-conventionnels : un...

mar, 05/04/2016 - 21:21
LES HYDROCARBURES NON-CONVENTIONNELS : UN DÉSASTRE ÉCONOMIQUE, SANITAIRE ET ENVIRONNEMENTAL

Encore une étude qui démontre la dangerosité de l'extraction des gaz de schiste dans les séismes et les fuites de méthanes.
Les charges contre cette industrie sont de plus et plus lourdes

Les collectifs rappellent, qu'ici et ailleurs :

ces hydrocarbures non-conventionnels (gaz et pétrole de schiste, huiles lourdes, gaz de réservoir compact, gaz de couche, sables bitumineux) sont disséminés dans des roches compactes, à des profondeurs variables et et que leur extraction est impossible au moyen de méthodes conventionnelles de pompage mais nécessitent obligatoirement des techniques hautement polluantes afin de "stimuler, acidifier, fracturer, fissurer ou porter atteinte à l'intégrité de la roche".

le prix de revient élevé, la surestimation des gisements et des rendements, le rythme élevé de l'épuisement des gisements, la surestimation de la création d'emplois et les risques majeurs qui pèsent sur l'agriculture et le tourisme de notre département, et aussi sur la santé et l'environnement, font de l'exploitation de ces hydrocarbures une aberration économique sanitaire et environnementale fondamentalement dangereuse et non rentable.

LES COLLECTIFS MAINTIENNENT DONC LEUR APPEL et demandent que, en parfaite adéquation avec les décisions prises lors de la Conférence Climat et encore récemment par la Ministre de l'Ecologie :
d'abroger tous les permis de recherche en cours,
de refuser toutes les demandes de recherches à l'étude,
de refuser toutes les demandes de prolongations de permis.
de légiférer sur les hydrocarbures non conventionnels (huiles et gaz de schiste, huiles lourdes, gaz de réservoir compact, gaz de couche, sables bitumineux, forages en eau profonde, …).

Une Etude Révolutionnaire Confirme le Lien entre le fracking et les séismes

Dans une étude révolutionnaire publiée mardi dans Seismological Research Letters, on a, pour la première fois, démontré un lien entre la fracturation hydraulique pour extraire le pétrole et le gaz et les séismes.

Le rapport, intitulé Hydraulic Fracturing and Seismicity in the Western Canada Sedimentary Basin, confirme que la technique de forages horizontaux ( qui, en fait, crée un mini-séisme souterrain pour ouvrir des fissures permettant l'extraction de pétrole et de gaz ) est responsable de séismes bien au-delà de ce qui est déjà reconnu dans la littérature scientifique.

Nous savions déjà que l'injection des eaux usées de la fracturation dans des puits souterrains peut provoquer des séismes. Mais désormais, ce ne sont pas seulement les puits d'injection, mais le processus de fracking lui-même qui peut être lié à la séismicité.

Atkinson et ses collègues reconnaissent volontiers dans l'étude que cela peut sembler un pourcentage assez petit. Mais ils écrivent aussi que cela pourrait présager des incidents plus graves à l'avenir au fur et à mesure que de plus en plus de puits sont fracturés dans la région.

Traduction : Maureen Johnson

Télécharger l'article (pdf 30 ko)

D'énormes fuites de méthane provenant des sites de fracturation dans le Texas (sont) encore plus importantes que la fuite de gaz tristement célèbre de Porter Ranch

Après que la fuite colossale de méthane vomie de façon incontrôlable d'un puits endommagé du Canyon Aliso en Californie a enfin été arrêtée la semaine dernière, les habitants de Porter Ranch ont commencé à rentrer chez eux, toujours très inquiets. Les doutes qui subsistent sur la question de savoir si la compagnie de gaz Southern California Gas continuera à utiliser la zone de stockage souterraine ont fait que beaucoup de personnes se demandent si ( les autorités) prennent même en considération les soucis de sécurité – surtout quand on sait que, jusqu'à présent, la compagnie n'est poursuivie que pour « misdemeanor violations » ( violations délictueuses).

D'après les estimations, la fuite d'Aliso Canyon a rejeté un total de 96 000 tonnes métriques de méthane puissant – sans oublier le benzène, des NOx et d'autres substances nocives – dans l'atmosphère pendant plusieurs mois. L'impact de cette fuite a été si important que l'on en a comparé l'échelle à celle de la catastrophe de Deepwater Horizon, plateforme de BP dans le Golfe du Mexique.

Mais la Californie n'est pas le seul état confronté à des fuites énormes de méthane.

Le Texas est en train de s'occuper d'un désastre similaire qui a été négligé par les autorités de l'état et les médias, en partie parce que le méthane dans l'état provient de l'infrastructure d'une industrie puissante.

Traduction : Maureen Johnson

Télécharger l'article (pdf 30 ko)

Les collectifs réunis en Coordination Nationale

lun, 04/04/2016 - 22:00
Coordination nationale « des collectifs non au pétrole et gaz de schiste et de couche »

.

La coordination nationale se compose de collectifs citoyens opposés à l'exploration et à l'exploitation des hydrocarbures « non conventionnels », à la fracturation du sous-sol, aux forages extrêmes et appelant à une véritable transition énergétique pérenne.

Ces collectifs se rencontrent régulièrement en coordination nationale. Ces réunions sont des temps de débats, d"échanges, de mutualisations d' idées, d'actions et d'expertises. De ce creuset, émerge une force de proposition.

Le site des collectifs réunis en Coordination Nationale : http://www.nongazdeschiste.fr/

Communiqué de Presse des collectifs opposés au pétrole et gaz de schiste et de couche réunis en Coordination Nationale.

Le 03 avril 2016

Les collectifs opposés au pétrole et gaz de schiste et de couche se sont réunis en coordination nationale à Lyon les 02 et 03 avril 2016.

A cette occasion, cette dernière s'est élargie de militants provenant de Lacq. Cet ancien site majeur de l'exploitation du gaz en France connaît une réactivation avec de nouveaux permis d'exploration et de recherche d'hydrocarbures malgré l'impact sur la santé des riverains confirmé récemment.

Dans la continuité de la mobilisation de Barjac le 28 février dernier qui a rassemblé 15000 personnes, dont plus de 350 élus, les collectifs demandent à la Ministre de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer, Ségolène Royal, de se mettre en cohérence avec ses propos sur la fin de l'attribution de permis d'exploration et de recherche d'hydrocarbures.

"C'est à la lumière de ces nouveaux choix, consolidés par la loi de transition énergétique, que le ministère met en place un système de refus de toute nouvelle demande d'autorisation de recherches d'hydrocarbures conventionnels"
Ségolène Royal, interrogée à l'Assemblée nationale par le député socialiste
Yves Blein le mardi 12 janvier.

Les collectifs demandent donc à la Ministre de rejeter toutes les demandes, renouvellements, mutations, prolongations et prorogations des permis d'hydrocarbures liquides ou gazeux.

Parallèlement en Lorraine, les forages se multiplient, l'entreprise La Française de l'Énergie parle déjà d'exploitation pour 2018 alors que la population montre son opposition et s'organise en collectif. Une grande mobilisation se prépare dans les prochains mois.

D'ores et déjà, les collectifs soutiennent et appellent à participer au blocage du sommet du pétrole et gaz offshore qu'organise Total à Pau du 5 au 7 avril.

Face à l'urgence climatique, s'opposer à l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures extrêmes en France et ailleurs implique de construire une nouvelle organisation de société sobre en énergie hors du mythe de la croissance, fût-elle « verte ».

Contacts :

Régions Nord – Bassin Parisien - Lorraine
Christine Poilly : 06 21 68 30 87

Région Sud
Sébastien Espagne : 06 32 38 06 83

Télécharger le communiqué de presse (pdf 123 ko)

LES COMMUNIQUÉES DE PRESSE
DES COLLECTIFS ET ASSOCIATIONS PARTENAIRES
RÉUNIS EN COORDINATION NATIONALE

Lyon (69) les 02 et 03 avril 2016
Nancy les 26 et 27 septembre 2015
Lyon (69) les 22 et 23 novembre 2014
Merlieux-et-Fouquerolles (02) les 5 et 6 avril 2014
Valence les 25 et 26 janvier 2014
St Avolt les 12 et 13 octobre 2013
Lille les 07 et 08 septembre 2013
St Christol-Lez-Alès le 20 et 21 août 2013
Châteauneuf-les-Valence le 27 et 28 avril
La Ferté-sous-Jouarre le 24 et 25 novembre 2012
Ginestas le 08 et 09 septembre 2012
Lyon le 30 juin et 01 juillet 2012
Aups le 07 et 08 avril 2012
Cahors le 03 et 04 mars 2012
Paris le 14 et 15 janvier 2012
Jaujac le 05 et 06 novembre 2011
Nant le 01 octobre 2011
Lezan le 28 août 2011
Soubes le 23 juillet 2011
Lyon le 26 juin 2011
Doue le 02 avril 2011
St Marcel les Valence le 26février 2011

Italie : les liens entre une ministre et Total font scandale

lun, 04/04/2016 - 21:50
ITALIE : LES LIENS ENTRE UNE MINISTRE ET TOTAL FONT SCANDALE

À l'approche d'un référendum sur le pétrole offshore en Italie, les liens entre une ministre et total font scandale

Le 17 avril doit se tenir en Italie un référendum sur l'avenir des plateformes pétrolières et gazières dans les eaux côtières du pays (dont une partie appartient à... EDF). Alors que le gouvernement de Matteo Renzi cherche à faire échouer ce scrutin en prônant l'abstention, il se trouve aujourd'hui plongé dans une crise politique en raison du traitement de faveur réservé par l'une de ses ministres au groupe français Total.

Les Italiens sont appelés à se prononcer par référendum le 17 avril prochain sur l'avenir des sites d'extraction pétrolière et gazière offshore au large des côtes de la péninsule. La question qui leur est posée est de savoir si les sites offshore situées dans les eaux côtières (à moins de 12 miles des terres) pourront être exploités jusqu'à leur épuisement, comme le veut une nouvelle législation adoptée par le gouvernement de Matteo Renzi en 2015, ou si leur exploitation doit être limitée dans le temps.

Les liens entre gouvernement et industrie pétrolière font scandale
À l'approche du référendum, pour lequel le gouvernement de Matteo Renzi a appelé à s'abstenir afin de garder un pouvoir discrétionnaire sur le secteur, un nouveau scandale est d'ailleurs venu mettre en lumière ces liens étroits - même lorsqu'il ne s'agit pas de l'entreprise nationale Eni.
La ministre Federica Guidi a dû démissionner après qu'il ait été révélé qu'elle avait fait passer un amendement sur mesure dans la loi de finance 2014 visant à débloquer un projet pétrolier de Total, auquel son compagnon était associé en tant que sous-traitant. L'affaire a déclenché une crise politique sérieuse en Italie car elle implique également une autre ministre, très proche de Matteo Renzi.
L'amendement en question permettait au gouvernement italien d'autoriser directement l'exploitation par la firme française du gisement de Tempa Rossa, tout au sud du pays, malgré l'avis négatif des deux exécutifs régionaux concernés (Pouilles et Basilicate). Un responsable local de Total est visé par une enquête du parquet dans le cadre de cette affaire.

Une autre firme française est directement concernée par le référendum du 17 avril : EDF. À travers sa filiale Edison, active dans le domaine de l'extraction de pétrole et de gaz dans toute la région méditerranéenne et en mer du Nord, elle détient 15 des 92 plateformes offshore qui devront cesser leurs activités dans les années à venir en cas de victoire du oui au référendum.

Lire l'article de Olivier Petitjean sur Multinationales.org

Gaz de schiste : ce mois d'avril de tous les dangers !

lun, 04/04/2016 - 21:36
GAZ DE SCHISTE : CE MOIS D'AVRIL DE TOUS LES DANGERS !

L'hécatombe du secteur pétrolier entraînera-t-elle dans son sillage les établissements financiers ? Dans ce cas, les répercussions seraient mondiales.

Par Bertrand Chokrane

Le modèle économique de l'industrie du schiste a toujours été fragile, mais tant que les cours du pétrole restaient élevés, les banques et les fonds d'investissement n'étaient pas trop sourcilleux et s'engouffraient dans ce type de financement très spéculatif.

Un modèle basé sur un endettement intensif
Dans un modèle économique classique, une entreprise commence à gagner de l'argent une fois que son point mort est franchi et elle profite d'un effet cumulatif des revenus générés par l'investissement de départ.
Mais pour les gaz de schiste, c'est différent. La première année d'exploitation, le puits rapporte 70 % du pétrole qu'il contient, puis les 30 % restants sont extraits au cours des années suivantes. Autrement dit, pour maintenir sa production et rembourser sa dette, l'entreprise doit ouvrir un nouveau puits et s'endetter à nouveau... Au moment où les dettes ont été contractées, le cours du pétrole était élevé, si bien que cette particularité ne posait pas de problème aux financiers. Mais on s'est rapidement aperçu que les puits s'épuisaient plus rapidement que prévu...

Et les Shadocks pompaient, pompaient...
Le paradoxe, c'est qu'à la suite de la baisse des prix du pétrole, les entreprises ont augmenté leur production pour maintenir leurs revenus et rembourser leurs dettes et elles ont cherché des techniques d'extraction plus performantes, plus rapides avec des installations de forage moins coûteuses, arguant ainsi une meilleure rentabilité. D'aucuns y voyaient la réponse appropriée à la baisse des cours et un moyen de résistance du secteur. Mais comme les techniques sont plus performantes, les puits sont épuisés plus rapidement et il faut de nouveau en creuser d'autres et, pour ce faire, s'endetter à nouveau...

Dans le secteur du schiste, c'est l'hécatombe
À cela s'ajoute que l'endettement initial n'est pas effacé et qu'il faut bien le rembourser. Fin 2014, les assurances qui couvraient le risque de baisse des cours se sont retirées du marché. Il ne restait plus que les banquiers pour soutenir l'activité. Avec un niveau d'endettement qui dépasse sept fois leurs résultats, 60 % des sociétés du schiste ne travaillent que pour rembourser leur dette et sont incapables de se désendetter. Les dettes se sont accumulées à tel point qu'elles ne sont plus remboursables. Devant ce constat, les banques sont contraintes de cesser leur financement.

Les compagnies de pétrole traditionnelles sont affaiblies
Cette industrie bénéficie d'un modèle économique vraiment rentable, mais à ces niveaux de cours, les pertes s'accumulent aussi. Certaines n'ont plus les moyens d'investir, car elles manquent de cash et en sont réduites à fermer des gisements.

Tout le secteur pétrolier représente un risque pour la finance
Il y a un risque de propagation à toute l'industrie financière puisqu'une bonne partie de ces dettes ont été titrisées, c'est-à-dire qu'elles ont été revendues en tant qu'actifs financiers à des fonds ou des banques d'investissement. Ils sont devenus des actifs toxiques.

Et si les cours du pétrole remontaient ?
Selon la logique traditionnelle économique, la chute des plus fragiles permet d'assainir un marché. Le secteur du schiste a déjà perdu 60 % de ses capacités, mais pour autant, le marché ne sera pas assaini.

Avril, le mois de tous les dangers...
Aux États-Unis, à la fin des 4 premiers mois de l'année (le premier « quarter »), les comptes sont clôturés et les banques réexaminent leurs crédits. Elles pourraient être contraintes de couper les financements

Retour aux réalités
Ce qui est certain en revanche, c'est que l'indépendance énergétique et la réindustrialisation des États-Unis n'ont été qu'un leurre. En 2015, les États-Unis ne produisaient que 56 % de leur consommation totale et importaient le reste. Qui peut parler d'indépendance énergétique dans ces conditions ? Car la première puissance mondiale demeure, avec la Chine, le premier importateur mondial d'hydrocarbures.

Lire l'article de Bertrand Chokrane sur Le Point

Les ressources naturelles au Maghreb et les dangers de l'exploitation du gaz de schiste

dim, 03/04/2016 - 22:26
LES RESSOURCES NATURELLES AU MAGHREB ET
LES DANGERS DE L'EXPLOITATION DU GAZ DE SCHISTE

A l'initiative du FORSEM : Forum de Solidarité Euro-Méditerranéenne et de l'association Coup de Soleil en Rhône-Alpes, s'est tenu le 04 mars 2016 à l'ENS de Lyon, une journée intitulée "Les ressources naturelles au Maghreb, les dangers de l'exploitation du gaz de schiste".

Cette journée a donné à comprendre les différents enjeux que représente le gaz de schiste dans les trois pays du Maghreb.
Pour mieux comprendre les dangers que représenterait son exploitation, les différents intervenants ont apporté des clés de lecture sur les interactions existantes entre la question des ressources naturelles et la protection de l'environnement, le développement économique, les populations locales et les relations internationales.

Ce colloque avait pour but de sensibiliser un maximum de personnes sur les dégâts écologiques que les forages pétroliers renforceraient. Chaque intervenant a témoigné de la résistance locale à laquelle a pris part la population des régions concernées.

Par Hacina Zegzeg : "Nous avons troqué le gaz de schiste contre les jardins potagers"

Madame Hacina Zegzeg, une des initiatrices et organisatrices de la lutte populaire non violente, et jusqu'à présent victorieuse, de la populatio d'In Salah (petite ville du désert algérien) contre les multinationales et leurs soutiens gouvernementaux.

Son texte a malheureusement du être lu, le gouvernement algérien lui ayant refusé son passeport.
En voici son propre résumé :

« Nous sommes les femmes du désert et nous possédons cette gestion ancestrale de la parcimonie, de l'eau particulièrement, car elle est un élément vital de notre vie dans le désert.
Voici plus d'une année que nous combattons contre le développement d'un projet mortifère pour nous. Nous luttons contre la coalition d'intérêts puissants, ceux des multinationales pétrolières, nous luttons contre Haliburton, Total ou Schlumberger et nous luttons aussi contre des intérêts d'Etat.

Dans cette lutte de David contre Goliath et pour mener notre combat, nous ne disposons que de nos voix pour clamer notre rejet d'une technique d'exploitation, qui a déjà causé d'énormes dégâts ailleurs sur la planète et contre laquelle d'autres peuples que le nôtre se sont déjà soulevés.

Nous disposons également de nos bras pour soulever des banderoles et des calicots qui expriment notre colère. Nous disposons surtout de la force extraordinaire que représente la solidarité absolue qui prévaut au sein de la population de notre petite ville. Nous disposons enfin du soutien total de nos frères et sœurs de combat qui, en Algérie ou ailleurs dans le monde, affrontent le même danger.

C'est de cette lutte, de cette solidarité, des journées et des nuits que nous avons passées sur Sahat Essoumoud, des moments de doute et de nos espoirs que je voudrais vous entretenir aujourd'hui.

Ce sont tous ces moments et sentiments que je voudrais partager avec vous, tout comme je voudrais vous parler de notre résistance et vous dire enfin que je suis profondément convaincue que nos sacrifices n'auront pas été vains et que nous réussirons à vaincre les forces puissantes auxquelles nous faisons face »

Lire l'article complet de Hacina Zegzeg "nous avons troqué le gaz de schiste contre les jardins potagers"

Par Abdelkader Saadallah : "Les réserves souterraines aquifères sahariennes menacées"

Abdelkader Saadallah, Consultant et Dr en Géosciences et Président et fondateur du GASS (GeoAfricaSciences Society)

Les aquifères fossiles sahariens formés il y a plusieurs milliers d'années sont utilisées actuellement bien au-delà de leur possibilité de renouvellement.

Elles sont EPUISABLES, lentement renouvelables, avec une très faible recharge, telle est la réalité à ne pas se cacher derrière des chiffres gigantesques devenus contestables avec les progrès scientifiques et techniques qui nous obligent à reconsidérer les calculs anciens des années 1950.

Elles sont aussi VULNERABLES, polluables, malgré leur isolement, car les pollutions ayant pénétré ne sortiront pas aisément. Elles constituent en premier lieu une ressource pour le développement local et durable des régions sahariennes et dont la gouvernance et la politique devraient être sous surveillance scientifique par des organismes indépendants et dans la plus grande transparence.
Il s'agit du SASS (Système Aquifère du Sahara Septentrional) avec ses deux réservoirs : le Complexe Terminal (CT), et le Continental Intercalaire (CI), tels que les nomment les géoscientifiques, et que souvent on désigne par les eaux albiennes du Sahara.

Le CI est constitué des formations du Crétacé inférieur (Barrémien, Aptien et Albien) ; alors que le Cénomanien argileux forme le toit sur lequel repose le CT formé par le Crétacé supérieur. (Sénonien de la stratigraphie saharienne) et le reste du Cénozoïque (Eocène, le Miocène et le Pliocène-Quartenaire).

Depuis sa découverte avec les premiers forages pétroliers des années 1950, un mythe s'est créé dans l'imaginaire algérien, avec d'autres comme celui d'une richesse minière au Hoggar, basé sur ces réserves énormes et donc inépuisables.

Les chiffres dans la littérature géoscientifique, surtout grand public, révèlent des chiffres allant de 30 000 à 66 000 milliards de m3 . Or cette réserve d'eau s'écoule lentement, elle est en bonne part fossile, les aquifères ont commencé à se charger au cours des périodes humides du quaternaire, soit vers -40 000 -10 000 ans. La recharge actuelle est réduite, estimée à quelques milliards (voire 1 milliard) de m3 /an, face au développement des besoins. Alors que les prélèvements d'eau prennent de plus en plus d'importance, 2-3 milliards de m3 , plus ceux transférés vers Tamanrasset (5-33 millions de m 3 /an), plus ceux inconnus des forages pétroliers, plus le projet de faire alimenter l'Atlas Saharien,…

La pollution et la dégradation des aquifères par les accidents de forages pétroliers comme celui de Haoud Berkaoui (Ouargla), connu, sans parler de ceux qui sont maintenus dans le secret.

Et maintenant pour les gaz de schistes ! Des prélèvements qui peuvent atteindre 20 000 m3 (20 millions de l.) par forage ! En plus de la pollution que la fracturation peut causer.

Aussi, il faut au contraire se mettre dans notre imaginaire que ces aquifères sont EPUISABLES et VULNERABLES !

Le diaporama et l'intervention d'Abdelkader Saadallah sont disponibles sur son site

Par Sabrina Barka : "Le gaz de Schiste en Tunisie"

« Depuis septembre 2012, le gouvernement tunisien a affiché sa volonté d'explorer et d'exploiter le gaz de schiste.

D'après des experts américains, des milliards de m3 de pétrole et de gaz de schiste se trouveraient dans le sous-sol tunisien, de quoi tenir encore pendant des dizaines d'années.
La stratégie énergétique de la Tunisie, à l'horizon 2030, prévoit en effet le recours aux hydrocarbures de schiste comme source énergétique afin de pallier au déclin du pétrole et du gaz naturel.

Le discours officiel a, pendant un temps, présenté le gaz de schiste comme une richesse qui doperait l'économie, en augmentant la croissance, « en créant plus de 100.000 emplois » et en réduisant la dépendance énergétique du pays. Mais aujourd'hui, la question ne semble plus être à l'ordre du jour et le silence des autorités autour de la question ne laisse rien présager de bon.

Des faisceaux de preuves laissent craindre que le terrain se prépare : un nouveau code des hydrocarbures est en gestation et les multinationales communiquent clairement sur leur intention d'accéder à cette ressource.

Consciente de la gravité des conséquences environnementales, sanitaires et socio-économiques engendrées par l'industrie du gaz de schiste, la société civile tunisienne s'est mobilisée et a entrepris différentes actions militantes visant à sensibiliser non seulement le grand public, les universitaires mais aussi les décideurs. »

Par Mohamed Benata : " L'exploitation des huiles et gaz de schiste au Maroc"

Mohamed Benata, Ingénieur agronome, Président de l'Espace de Solidarité et de Coopération de l'Oriental (ESCO), Coordinateur de l'Ecolo Plateforme du Maroc du Nord (ECOLOMAN)

Suite au développement de la technologie des forages horizontaux et à la fracturation hydrochimique, l'exploitation des gaz de schiste a connu, pendant cette dernière décennie, une grande expansion aux Etats Unis d'Amérique, au Canada, et dans certains pays d'Europe notamment l'Angleterre et la Pologne. Mais des voix d'opposition à cette industrie extrêmement polluante et dangereuse se sont élevées parmi les scientifiques, les universitaires et les collectifs citoyens aussi bien aux Etas Unis, au Canada, en Europe et au Maghreb.

La résistance à cette industrie s'organise aussi bien au niveau de chaque localité qu'à l'échelon internationale comme c'est le cas de la réunion de St Christol-lez-Alès en France qui a groupé l'année passée, les représentants de plus de 25 pays Européens et Maghrébins.

La résistance civile a été couronnée avec succès par l'adoption de Loi pour interdire la fracturation hydro-chimique dans certains pays comme la France, la Bulgarie, la Suisse, la Suède ou des moratoires comme le Département du Québec au Canada et l'Etat de New York au Etats Unis.

Le Maroc, bien que doté d'un grand potentiel en énergie propre et renouvelable, est fortement lié à l'étranger pour importer des hydrocarbures pour subvenir à ses besoins énergétiques.
Les énergies fossiles occupent un grande part dans son bouquet énergétique.

Après les découvertes des grands bassins sédimentaires, le gouvernement marocain espère se lancer dans cette branche énergétique pour alléger la facture des importations et faire diversifier son mix énergétique.

Pour faire face à la volonté politique du gouvernement marocain pour explorer et exploiter les gaz et les huiles de schiste, plusieurs évènements ont été organisés par notre association, l'Espace de Solidarité et de Coopération de l'Oriental (ESCO), en collaboration avec plusieurs Universités et des associations de la Société Civile Marocaine pour sensibiliser les citoyens, les élus locaux, les parlementaires et les décideurs sur les dangers réels que représentent l'exploitation des Gaz et des huiles de schistes sur l'environnement, les ressources en eau et la santé des populations.
Cette communication se propose dans une première partie de décrire les deux faces de la politique énergétique du Maroc qui veut se faire passer pour un leader en matière des énergies renouvelables avec les grands chantiers en cours mais aussi une forte volonté de se lancer dans l'exploitation des hydrocarbures non conventionnels.

Par Hocine Malti et Robert Pilli : "La géopolitique du gaz de schiste algérien"

Hocine Malti, ex-vice président de la Sonatrach auteur de Histoire secrète du pétrole algérien
Robert Pilli, représentant ses collectifs « non au gaz de schiste Rhône-Alpes

Le gouvernement algérien vient d'annoncer qu'il renonçait provisoirement à l'exploitation du gaz de schiste.

Il justifie cette décision par la chute des prix du pétrole qui ont rendu l'opération non rentable.
Est-ce là l'unique, la vraie raison ?

L'exposé a démontré que que la situation est beaucoup plus complexe que cela.
La résistance farouche de la population d'In Salah y est pour quelque chose.
La consultation de celle d'Adrar est un autre élément important de cette décision.
Les calculs des multinationales pétrolières ont également pesé dans la prise de position de l'Etat.
Sans oublier les interventions étrangères, les relations américano-algériennes et celles avec l'Union Européenne.

Que nous réserve l'avenir ?
L'exploitation du gaz de schiste est-elle pour autant définitivement condamnée en Algérie ?
Jusqu'à quand le gouvernement va-t-il résister à la tentation de reprendre la position qui était la sienne jusqu'à ce jour ? »

Sources de cet article :
* Annie Durand, commission scientifique du Collectif 07 Stop au Gaz et Huile de Schiste et collectif "Cèze et Gagnière"
* abdelmalik.vefblog.net/

L'acidification et ses produits chimiques

sam, 26/03/2016 - 21:53
NOUVELLE ÉTUDE SUR L'ACIDIFICATION ET SES PRODUITS CHIMIQUES

Nouvelle étude : la toxicité des fluides d'acidification utilisés pour l'exploration pétrolière en Californie soulève des préoccupations de contamination de l'eau et de sécurité publique.

Traduction libre par une "Amie du Richelieu" d'une entrée du site Web ErnstversusEncana.ca

Une étude déterminante sur l'acidification dévoile que les pétrolières utilisent des douzaines de produits chimiques dangereux dans les puits en Californie.
Communiqué de presse émis par le Centre for Biological Diversity le 18 mars 2016

Les compagnies pétrolières utilisent des douzaines de produits chimiques extrêmement dangereux pour acidifier des puis en Californie, ce qui soulève des préoccupations de contamination de l'eau et de sécurité publique selon une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique Journal of Toxicological and Environmental Chemistry.

L'étude faite par l'université de Los Angeles en Californie, qui est d'une importance nationale parce qu'elle semble être la toute première à examiner la toxicité des produits chimiques d'acidification, découvre que tout près de 200 produits chimiques différents ont été utilisés durant le processus, souvent employé dans des régions urbaines du compté de Los Angeles.

Des chercheurs de l'institut Institute of the Environment and Sustainability du UCLA ont trouvé qu'au moins 28 de ces substances sont classées F produits chimiques dangereux, des carcinogènes, certains aux pouvoirs mutagènes, des produit toxiques pour le système de reproduction et de développement, des perturbateurs endocriniens ou des produits chimiques de toxicité grave et élevée. L'acide fluorhydrique, par exemple, est hautement toxique, et l'exposition à ses émanations ou un contact très court dans sa forme liquide peuvent causer des brûlures sévères.

"Cette étude inquiétante est une prise de conscience pour tous les habitants de la Californie qui habitent près d'un puits de pétrole," dit Hollin Kretzmann, un avocat du Center for Biological Diversity. "L'usage de produits chimiques cancérigènes par l'industrie pétrolière afin d'acidifier près des résidences et des écoles est une menace inacceptable pour la santé publique. Les autorités de l'état ne règlementent pas cette pratique dangereuse et nous avons besoin d'actions robustes pour protéger notre eau et notre air des risques de contamination."

L'acidification est l'un des procédés les plus utilisés pour stimuler les puits pétroliers et gaziers selon le American Petroleum Institute, mais il semblerait que ceci soit la première étude scientifique jamais faite pour examiner de près la toxicité des produits chimiques utilisés durant le procédé. La Californie est le seul état qui exige une divulgation publique des produits chimiques d'acidification, et cette divulgation n'a débuté que récemment.

Les chercheurs ont trouvé plus de 600 cas d'acidification dans le sud et le centre de la Californie entre 2013 et 2015. Les dossiers sur les puits gardés par la Division of Oil, Gas and Geothermal Resources démontrent que plusieurs puits acidifiés en Californie sont à moins de quelques centaines de pieds des résidences. (Combien sont fracturés près des communautés et des résidences au Canada ?)

L'étude souligne le fait que les produits chimiques d'acidification comptent pour jusqu'à 18% des fluides utilisés durant ces pratiques. Chaque acidification, disent les chercheurs, peut consommer jusqu'à des centaines de millier de livres de certains de ces produits chimiques. Dans le cas des substances hautement toxiques comme l'acide fluorhydrique, d'importants volumes pourraient menacer la sécurité publique. "Le transport et le stockage de si grandes quantités de HF avant de l'utiliser sont très préoccupants," disent les chercheurs.

Les produits chimiques utilisés durant l'acidification menacent les sources d'eau de plusieurs façons, lit-on dans l'étude. Les eaux usées de l'exploitation pétrolière sont déversées de façon routinière dans des bassins sans toiles d'étanchéité dans Central Valley, et des quantités considérables de ces fluides ont été injectées dans des puits d'injection se trouvant dans des nappes aquifères protégées.

Des déversements accidentels peuvent aussi contaminer l'eau. Durant une période de 5 ans, note l'étude, "423 déversements de surface dans des champs pétroliers et gaziers en Californie ont relâché presque 2,8 millions de gallons d'eaux usées, en moyenne 6,500 gallons par cas."

Le nom et les auteurs de l'étude :
Toxicity of acidization fluids used in California oil exploration by Khadeeja Abdullaha, Timothy Malloya, Michael K. Stenstroma and I. H. (Mel) Suffeta, Received : 19 Nov 2015, Accepted : 26 Feb 2016, Published online : 17 Mar 2016, DOI:10.1080/02772248.2016.1160285, Journal of Toxicological & Environmental Chemistry

Le résumé de l'étude :

Il y a un intérêt considérable du public s'intéressant à la toxicité des produits chimiques utilisés pour la fracturation hydraulique, mais on en sait très peu sur la technique semblable, l'acidification.

Peu ou pas de recherche n'a été faite sur les produits chimiques de l'acidification et quels impacts ils pourraient avoir sur les humains et l'environnement. Ce rapport discute des différences entre trois techniques d'acidification (maintenance à l'acide, l'acidification de la matrice, et la fracturation à l'acide) et quantifie les montants de produits chimiques utilisés pour chacune. L'outil utilisé est le Washington State's Quick Chemical Assessment Tool afin d'identifier les toxiques classés F qui sont des carcinogènes, des substances qui causes des mutagènes, des produits toxiques pour le système de reproduction et de développement, des perturbateurs endocriniens, ou des produits chimiques à très haute toxicité.

L'analyse de ces données démontrent qu'il y a eu plus de 600 cas d'acidification dans le sud et le centre urbanisé de la Californie entre avril 2013 et août 2015.
Bien que la plupart des produits chimiques de l'acidification sont semblables à ceux de la fracturation hydraulique, ceux employés les plus souvent sont différents. Il y a près de 200 produits chimiques spécifiques utilisés pour l'acidification, et au moins 28 d'entre eux sont dans la classe F des produits chimiques dangereux.
Certains sont souvent utilisés dans la gamme des 100 à 1,000 kg par traitement, comme l'acide fluorhydrique, le xylène, le glycol diéthylène et l'éthyle benzène.
Près de 90 d'autres produits chimiques additionnels sont identifiés avec des noms non spécifiques comme étant des secrets industriels ou rapportés sans mentionnés les quantités utilisés.

Contrairement à la fracturation hydraulique, les concentrations de produits chimiques dans l'acidification sont élevées, variant de 6% à 18%, et les déchets qui en ressortent peuvent être très acides, dans la gamme de pH de 0 à 3. Avec ce rapport, nous espérons que l'acidification fasse partie d'une discussion plus large sur les préoccupations qui viennent avec l'exploration pétrolière et soit évaluée par les autorités appropriée

Le collectif 07 STOP AUX GAZ DE SCHISTE affirme son refus de l'exploration et de l'exploitation des hydrocarbures de roche-mère et autres hydrocarbures dits non-conventionnels (gaz et pétrole de schiste, huiles lourdes, gaz de réservoir compact, gaz de couche, sables bitumineux ...) et de tous hydrocarbures dont l'extraction nécessite l'utilisation de techniques, quel que soit leur nom, nécessitant de fracturer, stimuler, acidifier ou encore de fissurer la roche et ayant pour conséquence de porter atteinte à son intégrité.